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Tome 1, Chapitre 45 « XLIV - Dans la forteresse - Quatrième mouvement » Tome 1, Chapitre 45
Horrifié, Angelus se tourna vers la fenêtre, pour apercevoir un vol d'Anges qui encerclait la tour. Il pivota vers le seigneur, juste à temps pour le voir se précipiter vers lui avec le tisonnier en main. Grâce à son agilité naturelle, il esquiva aisément l'attaque, mais comment fuir cette pièce ? Avec ses ailes, il pouvait difficilement passer par la fenêtre et de l'autre côté de la porte, se tenaient les gardes, prêts à l'arrêter s'il sortait, ou pire... Il se trouvait tout simplement piégé avec un Arol fou de terreur.
    
    « Aidez-moi ! pleurnicha le seigneur. Il va me tuer !
    
    — Vous savez que c'est faux ! »
    
    Mais ses paroles ne pouvaient atteindre l'homme paniqué. Angelus s'écarta prudemment. Les Anges pouvaient mourir, s'ils étaient trop gravement blessés. On racontait qu'ils renaissaient aussitôt au Paradis, mais Angelus n'y croyait plus vraiment.
    
    Il fut tenté de se réfugier dans le coin le plus éloigné de la pièce, de s'asseoir et attendre son destin. Mais il avisa alors le lit surmonté d'un large baldaquin. Arol, tout à sa terreur, ne le regardait plus. S'aidant de ses ailes, il bondit sur le dais, qui supportait sans peine son corps si léger, et se glissa sous le plafond.
    
    Tenant toujours en main son arme improvisée, le seigneur tourna les yeux vers la porte et se rappela sans doute qu'il portait la clef à la ceinture. Sans réaliser que l'Ange avait disparu, il fila pour ouvrir aux soldats qui se déversèrent dans la pièce.
    
    « Où est l'emplumé ? » s'étonna Arol.
    
    Sur son perchoir, Angelus n'osait même plus respirer, mais personne ne le chercha à cet endroit. Les quatre gardes encerclaient comme une muraille humaine le seigneur, qui regardait frénétiquement autour de lui :
    
    « L'Ange, où est l'Ange ?
    
    — Nous ne voyons personne, déclara le plus âgé des soldats, avec une expression de surprise.
    
    — Il était... Juste là... Où est-il passé ?
    
    — Il n'y a personne. »
    
    Profitant du rassemblement maladroit à l'autre bout de la pièce, Angelus se laissa glisser au sol et se faufila silencieusement vers la porte. Son cœur pesait dans sa poitrine : l'enfer s'était déchaîné et il était impossible désormais de revenir en arrière. Tandis qu'il descendait les escaliers et courait dans les couloirs, croisant des serviteurs trop surpris pour réagir, il se demanda ce qu'il pourrait faire quand il sortirait du château. S'enfuir à tire d'ailes ? Filer droit vers Catena, l'emmener loin de ces hommes cruels ? Pour aller où ? En aurait-il seulement la force ?
    
    Autour de lui, il entendait la rumeur de dizaines d'ailes et les cris des gardes. Et chaque seconde, il se sentait mourir un peu plus...
    
    Mais il ne devait pas abandonner. Il s'en voudrait trop de ne pas avoir essayé.
    
    Alors qu'il arrivait à la porte de service qui donnait sur la cour, il ressentit soudain une étrange dépression, comme si un grand vide se créait à l'intérieur de lui-même. Il trébucha, tombant à quatre pattes sur les dalles. Tremblant, il s'assit, ramenant ses genoux contre sa poitrine tandis que ses yeux s'emplissaient de larmes.
    
    Catena... Solia avait cessé de faire partie de lui.
    
    

Texte publié par Beatrix, 4 mai 2018 à 13h26
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