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Tome 1, Chapitre 42 « XLI - Dans la forteresse - Premier mouvement » Tome 1, Chapitre 42
Il était encore tôt ; en dépit de la situation tendue, seule une poignée de gardes surveillait la forteresse de Col d'Argent. Angelus la survola un moment, espérant découvrir le moyen d'entrer dans les appartements seigneuriaux. Si les bâtiments se présentaient comme ceux de Cimes, ils devaient se trouver dans la partie la plus élevée, qui était flanquée d'une tour abritant l'escalier.
    
    Il tourna plusieurs fois en cercles autour du château, cherchant une issue : il repéra finalement une fenêtre ouverte à l'arrière du corps principal. Quand il se rapprocha, le jeune Ange vit qu'elle donnait sur une lingerie que les servantes avaient voulu aérer en cette belle matinée. Le passage était étroit, mais en plaquant ses ailes contre son dos, il pourrait s'y faufiler.
    
    Il finit par y parvenir, non sans y laisser quelques plumes ; il ramassa avec précaution celles qui étaient tombées dans la pièce, afin de ne pas alerter de sa présence. Il n'avait pas les moyens de dissimuler son apparence ; même relativement petites, ses ailes attireraient l'attention.
    
    Néanmoins, sa vivacité et ses sens aiguisés d'Ange lui permirent de se mouvoir avec suffisamment de furtivité pour de pas être repéré par les domestiques qui s'affairaient dans les appartements seigneuriaux. La chance le favorisa quand il perçut une conversation entre une servante et un valet au ton harassé.
    
    « Le seigneur Arol souhaite que tu viennes l'aider à se vêtir.
    
    — Mais c'est beaucoup trop tôt !
    
    — Il y a quelque chose qui se passe, semble-t-il. Avec les Anges.
    
    — Ces emplumés causent plus de problèmes qu'ils ne rendent service, grommela le valet. Ils devraient trimer comme nous autres : ils verraient la différence ! »
    
    Angelus n'était pas vraiment surpris par ces paroles : les seigneurs n'avaient-ils pas travaillé à dresser Anges et humains les uns contre les autres ? La porte s'ouvrit et un homme mince au regard inquiet et fatigué sortit de la pièce, un trousseau de clefs à sa ceinture. Le jeune Ange lui emboîta le pas, toujours attentif à rester discret.
    
    Le domestique le conduisit vers une grande porte ouvragée, à laquelle il toqua :
    
    « Entre », répondit la voix irascible du seigneur.
    
    Il déverrouilla la serrure et pénétra dans la pièce, sans prendre la peine de refermer derrière lui. Angelus patienta quelques instants, l'oreille aux aguets, attendant que les deux hommes soient occupés pour manoeuvrer doucement la poignée et se faufiler dans la chambre. Heureusement pour lui, le seigneur Erol exigeait un entretien parfait du bâtiment. Le battant tourna sans bruit sur ses gongs, lui permettant d'entrer discrètement et de gagner un coin d'ombre où il se tient en silence.
    
    Le valet était en train de revêtir le seigneur Arol d'une riche robe de poil de cornu d'un pourpre profond, bordée d'une broderie d'argent figurant des nuages.
    
    Mais les plus magnifiques habits ne pouvaient faire oublier la mollesse et l'embonpoint d'Arol ; quand Angelus était encore Luciellus, sur les pentes de Mi-Haut, il s'étonnait parfois de la façon dont le corps humain pouvait ainsi se modifier : les Anges demeuraient toujours sveltes par nature. Tout comme il s'émerveillait de la complexité de leurs vêtements, même s'il comprenait qu'elle était due au peu de résistance des hommes au froid.
    
    Tout du long, Arol ne cessait de récriminer et d'insulter son serviteur. Finalement, alors qu'il pensait que la séance ne se terminerait jamais, le valet chaussa son maître de souliers de cuir souple.
    
    Le seigneur alla s'asseoir à une petite table, juste devant la fenêtre :
    
    « Va dire aux cuisines que je veux mon déjeuner dans dix minutes !,
    
    — Oui, messire... »
    
    Le serviteur s'inclina avant de se hâter vers la sortie. Angelus se recula dans un coin d'ombre et attendit que la porte soit refermée, puis s'avança vers Arol.
    
    

Texte publié par Beatrix, 6 avril 2018 à 22h59
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