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Tome 1, Chapitre 36 « XXXV - La Révolte - Quatrième mouvement » Tome 1, Chapitre 36
Les Anges de Col d'Argent s'étaient tous réunis au sommet de la tour, la couronnant d'une corolle d'ailes colorées et de chevelures brillantes. Angelus avait élu domicile sur un ponton en contrebas, se renfonçant dans les ombres du mur pour se faire oublier. L'un des premiers actes de Zéphyr avait été de détruire le pont qui reliait l'angèlerie au reste de la forteresse : ainsi, les humains ne pouvaient plus atteindre ni leurs anciens messagers, ni leurs chaînes, ni l'angelier retenu dans sa propre prison.
    
    Quand ils avaient réalisé que quelque chose se tramait, les guerriers de Col d'Argent s'étaient tous massés devant les vestiges du pont, discutant de la meilleure façon d'anéantir ces ailés impudents qui avaient osé se révolter. Angelus ne pouvait s'empêcher de trouver bien naïfs les Anges adultes : croyaient-ils réellement que les humains demeureraient démunis face à cette rébellion ? Qu'ils ne chercheraient peut-être pas à récupérer leur influence sur leurs anciens esclaves, mais tout au moins à venger ce qu'ils verraient comme un affront ? Tôt ou tard, le sang coulerait, celui des humains et celui des Anges, et il n'avait aucun pouvoir de l'arrêter. Il s'inquiétait pour Nuée, toujours dans son recoin, mais il n'osait quitter la tour, de crainte qu'il arrive quelque chose aux chaînes ou à l'angelier.
    
    Quelques flèches filèrent vers le sommet du bâtiment, provoquant l'envol de ceux qui s'y trouvaient. De son point d'observation, Angelus réalisa que les troupes de la forteresse tentaient de distraire leur attention, pendant qu'ils envoyaient des grappins pour tendre des cordes en travers du gouffre et parvenir ainsi à le traverser. L'un des lieutenants de Zéphyr, qui avait remarqué la manœuvre, décolla aussitôt pour saisir le filin et l'arracher d'un coup sec.
    
    Les humains se rendirent vite compte que l'agilité des Anges leur permettait d'éviter aisément leurs projectiles. Il leur suffisait de se mettre hors de portée ou de rentrer dans leurs anciens logis, à l'intérieur de la tour, pour être à l'abri. Zéphyr et ses lieutenants, une Angelle aux ailes rosées nommée Héméra et Lumen, un Ange aux plumes d'une étrange couleur plombée, s'étaient retirés afin de discuter de la meilleure stratégie à adopter. Angelus aurait voulu savoir ce qu'ils fomentaient, mais le trio n'avait invité personne à assister à leurs échanges. Il doutait de toute façon d'être perçu comme quelqu'un de confiance, après sa défense des chaînes et même de l'angelier.
    
    Profitant du fait qu'aucun des révoltés ne semblait lui prêter attention, il se glissa vers les cellules de la tour. Comme il s'y attendait, des sentinelles avaient été placées à l'entrée, leurs larges ailes bloquant presque tout l'espace. Il s'avança humblement :
    
    « Bonsoir, je voulais juste savoir si le repas des prisonniers avait déjà été apporté. Je suis volontaire pour le leur servir, si personne ne souhaite le faire... »
    
    Les deux gardes échangèrent un coup d'œil.
    
    « Nous n'avons que très peu de provisions pour nous-mêmes », répliqua amèrement une Angelle à la peau ambrée. Les prisonniers peuvent bien attendre...
    
    — Je comprends... Mais il ne faudrait pas pour autant les laisser mourir. Me permettez-vous au moins de leur apporter de l'eau ? Ils pourront tenir plusieurs jours sans à manger, mais ils doivent au moins boire... »
    
    L'autre garde, une puissante créature aux ailes émeraude, lui lança un regard sévère :
    
    « Inutile de te soucier autant d'eux. Cela ne les avancera pas plus : seul Zéphyr peut décider ce que nous en ferons. Mais si cela t'amuse, tu peux leur donner de l'eau... »
    
    Le jeune Ange hocha la tête : au moins avait-il la possibilité d'alléger un peu la souffrance de ces malheureux. Mais il avait peine à déterminer comment, puisque la source de la forteresse se situait dans la partie encore tenue par les humains. Restait la neige... Regardant autour de lui, il aperçut le petit cabanon servait de logis à l'angelier, à côté de ce qui ressemblait à un hangar à matériel. Peut-être y trouverait-il de quoi remplir la tâche qu'il s'était assigné.
    S'occuper de tous les prisonniers prendrait sans doute pas mal de temps, mais au moins, il se sentirait utile en agissant pour le bien de tous.

Texte publié par Beatrix, 4 décembre 2017 à 17h41
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