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Tome 1, Chapitre 26 « XXV - Les Derniers Anges - Troisième mouvement » Tome 1, Chapitre 26

    Le jour brasillait de toute sa splendeur dorée quand les quatre anges s'envolèrent de la place désertée, suivi des deux khaïtes montés par leurs cavaliers. Aïzie put constater que la cité avait été édifiée sur une île, cernée par cette étrange mer nuageuse qui moutonnait sereinement autour de ses rivages. Un peu plus loin, la terre reprenait ses droits, ou du moins ce qui en faisait office : une étendue nacrée aux doux reliefs, dont la faune et la végétation ne ressemblait à rien de ce que le garçon connaissait, même après avoir longuement parcouru le ciel.
    
    L'ombre de Rafale se projeta sur un champ de fleurs qui lui firent penser à des pissenlits quand leurs graines étaient prêtes à voyager, s'agitant en larges vagues sous la caresse du vent. De hauts arbres bleutés, dont le feuillage semblait aussi éthéré que du duvet, élevaient çà et là leurs troncs argentés ; des bosquets irisés marquaient le paysage de taches pastel. Ils traversèrent une nuée de créatures qui ressemblaient à des oiseaux dotés d'ailes de papillons translucides.
    
    Les Anges volaient un peu au-devant d'eux, planant gracieusement dans les courants ; Aïzie, qui évoluait en surplomb, pouvait admirer tout à loisir la somptuosité des plumages d'or, d'azur, d'argent, de rubis. Il n'avait jamais songé qu'ils pouvaient présenter une telle gamme de couleurs : il se les imaginait tous comme Luciellus, voire comme Aeria.
    
    Enfin, ils aperçurent un arbre gigantesque, semblable à ceux qu'on trouvait en ces terres, mais d'une taille impressionnante ; en se rapprochant, Aïzie constata qu'il s'agissait en fait de plusieurs arbres qui avaient poussé si près les uns des autres qu'ils avaient fusionné en un seul. Par endroit, les troncs s'écartent pour ménager une ouverture, partiellement colmatée par un treillis de ramures souples. Des branches avaient été ployées pour former des balcons et des plates-formes naturelles. Même si l'ensemble lui parut gracieux et agréable à l'œil, ce n'était ni aussi vaste ni aussi solennel que la cité de l'île. Était-ce là que les Anges s'étaient réfugiés ?
    
    En se rapprochant, Aïzie constata que contrairement à la ville, cet endroit montrait des preuves de peuplement et d'activité : des Anges aux ailes de différentes nuances tournoyaient autour du gigantesque tronc, dans la musique majestueuse du vent dans la ramure bleutée. Des lueurs palpitaient par les ouvertures, dans des couleurs plus douces encore que celles du ciel. Aeria fit signe aux khaïtes de se poser à proximité, dans le champ d'argent mouvant au pied du refuge. Celestia descendit vers le sol avec eux, tandis que les autres Anges allaient prévenir leurs frères.
    
    « Je suis navrée de ne pouvoir vous faire entrer, déclara-t-elle d'un ton attristé, dès qu'ils furent à terre. Il faut que vous obteniez l'autorisation de notre conseil. »
    
    Elle se tourna à demi vers l'arbre-ville, en ajoutant :
    
    « J'espère que nos sages se montreront équitables avec vous. Notre peuple a connu de grandes souffrances ; parfois, ils en oublient la voie lumineuse que nous étions censées parcourir... »
    
    Les deux jeunes gens la remercièrent d'un hochement de tête, un peu rassurés d'avoir au moins l'appui et la compassion de l'Angelle aux cheveux bleus. Ils descendirent de leurs montures, les laissant s'installer confortablement sur le tapis d'herbes duveteuses, et s'assirent côte à côte. Ils restèrent un long moment silencieux ; Aïzie contemplait pensivement l'arbre :
    
    « Tous les Anges des Cieux habitent ici ? demanda-t-il brusquement.
    
    — Oui, jeune humain, répondit Celestia, c'est à présent notre demeure.
    
    — Pourquoi avez-vous quitté cette grande et belle cité que nous avons découverte à notre arrivée ?
    
    — Tout simplement... parce que nous n'étions plus assez nombreux, expliqua l'Angelle tristement. Tout semblait si vide, triste et désolé.
    
    — Mais que sont donc devenus tous les autres ? insista Ivara en secouant sa tête blonde. Les Cieux ne sont-ils pas l'endroit où vivent tous les Anges ?
    
    — Cela l'était, jadis. Mais plus maintenant. Nous sommes... ceux qui restent... »
    
    Alors qu'elle prononçait ces paroles mystérieuses, Aeria, Brunea et Etheris réapparurent à leurs côtés, le visage grave :
    
    « Le Conseil des Cieux accepte de vous entendre. Venez avec nous. Celestia restera avec les Nés du Ciel. »
    
    Aïzie et Ivara échangèrent un regard tout à la fois inquiet et empli d'espoir, avant de suivre les trois Anges vers l'arbre-ville.
    
    

Texte publié par Beatrix, 7 avril 2017 à 14h29
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