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Tome 1, Chapitre 16 « XV - Le retour - Deuxième mouvement » Tome 1, Chapitre 16

    Docilement, sous la direction d'Angelus, la khaïte vint se poser sur l'avancée rocheuse et replia soigneusement ses ailes. L'air était frais, glacé même ; l'Ange le supportait habituellement sans problème, mais cette fois, il ne se sentait pas assez fort pour l'endurer. Il s'assit contre la masse douce et chaude de la créature volante, se laissant un moment pour reprendre un peu de contenance.
    
    Après ce séjour sur l'île, il n'avait plus envie de retrouver la cruauté des humains de Cimes, la froideur, voire l'hostilité des autres Anges. Mais il n'avait pas le choix : le temps pressait et la vie de Catena se trouvait dans la balance. Il s'obligea à se relever, levant les yeux vers les épaisses ceintures de remparts qui entouraient la forteresse. Son regard voyagea en direction de l'avancée où se dressait l'angèlerie, avec sa terrasse qui donnait directement dans le vide.
    
    Sa vue perçante d'ange repéra quelque chose... Un objet qui le saisit d'inquiétude et d'horreur : au-dessus du gouffre, retenue par une chaîne qui paraissait bien fine pour la supporter, pendait une cage... Et dans cette cage, se trouvait une petite silhouette gracile, aux longs cheveux sombres...
    
    Pouvait-il s'agir de... Catena ?
    
    Il murmura quelques mots hâtifs à Nuée, la suppliant de demeurer immobile tant qu'il ne lui ferait pas signe, puis s'élança vers la plate-forme...
    
    Son aile blessée était raide et engourdie, et peinait à le porter, le précipitant dans un vol spiralé et inconfortable... Il espéra que les os n'allaient se briser de nouveau sous l'effort. Enfin, il atteignit la cage et s'y accrocha avec toute l'énergie qu'il pouvait invoquer. La jeune fille était endormie, recroquevillée dans l'espace qui n'était pas assez grand pour qu'elle s'allonge ou qu'elle s'assoie, mais le balancement soudain l'éveilla. Elle tourna vers Angelus un visage sur lequel le soleil rougeâtre du soir faisait briller de longs sillons humides.
    
    « An... angelus ? »
    
    Sans mot dire, il passa sa main à travers les barreaux. Catena la saisit de ses doigts sales et maigres, avec une force née du désespoir.
    
    « Je... Je pensais que tu ne reviendrais pas, balbutia-t-elle. Ils ont dit que quand le soleil serait couché, ils me précipiteraient dans le vide... »
    
    Le jeune ange sentit la culpabilité lui saisir le cœur : pendant qu'il passait un séjour confortable et chaleureux sur l'île volante, sa Chaîne était soumise de nouveau aux cruels tourments de Cîme !
    
    « Je... je suis désolée... »
    
    Elle le regarda attentivement, remarquant la façon dont son aile blessée était douloureusement repliée sur son dos :
    
    « Tu es blessé ? souffla-t-elle, les yeux élargis par l'inquiétude .
    
    — Ce n'est rien, je t'assure... c'est presque guéri.
    
    — Tu n'aurais pas dû revenir, murmura-t-elle tristement.
    
    — Tu sais bien que jamais je n'aurais pu te laisser, rétorqua-t-il. Ne t'inquiète pas, je suis là à présent... tout va s'arranger ! »
    
    Le soleil déclinait vite : il fallait que rapidement, il fasse connaître sa présence.
    
    « Je dois aller les voir, murmura-t-il hâtivement. Ils vont te remonter, je te le promets... »
    
    Il n'y avait que quelques mètres entre la cage et le haut de la falaise, mais il se sentait trop affaibli pour voler de nouveau ; il décida de grimper le long de la chaîne, ce que son corps léger lui permettait de faire sans trop de mal.
    
    La prise n'était pas facile à assurer, en raison du métal rouillé des maillons qui s'écaillait sous ses doigts en lui écorchant la peau, mais il réussit à se hisser sur la plate forme ; un crochet fixé au milieu des dalles retenait la chaîne ; l'angelier n'était nulle part en vue.
    
    Il parvint à prendre pied sur l'avancée et leva les yeux vers la tour des Anges ; un sourire amer étira ses lèvres quand il réalise à quel point elle ressemblait à la tour des khaïtes sur l'île du ciel... Elle était plus épaisse, plus grossière et élevée dans une pierre grise et triste. Tout près, se trouvait le corps de bâtiment qui servait de logement à l'angelier et à ses acolytes. Plutôt que rester à côté de la cage, l'homme avait dû partir s'asseoir devant une chopine en attendant l'heure fatidique.
    
    Il se dirigea vers la porte de fer clouté et actionna le heurtoir, dans l'espoir d'une réponse... Il demeura longtemps immobile... une éternité, peut-être. Le soleil déclinait et la forteresse se noyait progressivement dans la pénombre. Le ciel était lavé de ses couleurs ; il étendait une voûte d'argent terne sur les formes massives et déchiquetées de Cimes. Enfin, un pas lourd se fit entendre, et le battant s'ouvrit sur l'angelier, débraillée et le visage empourpré.
    

Texte publié par Beatrix, 9 avril 2016 à 12h48
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