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Tome 1, Chapitre 15 « XIV - Le retour - Premier mouvement » Tome 1, Chapitre 15

    L'heure du départ arriva vite... un peu trop vite au gré d'Angelus. Il se consola en songeant qu'il retrouverait bientôt Catena. Un peu avant que l'heure ne sonne, Aïzie le tira à part et lui murmura d'un ton empressée :
    
    « Je sais que c'est très risqué... Si risqué que personne ne l'a évoqué ! Mais au lieu de la renvoyer, cache Nuée dans un endroit où personne ne la trouvera. Fais monter ton amie sur son dos avant de la renvoyer vers l'île. Elle sera à l'abri ainsi, et si tu peux partir avec elle, n'hésite pas une seconde ! »
    
    Il s'éloigna avant qu'Angelus ne puisse répondre.
    
    Tous les habitants de l'île, les semeurs de tempêtes comme les autres, se rassemblèrent pour saluer son départ. Comme il l'avait espéré, Aïmara avait libéré son aile, non sans un long discours de recommandations qui lui avait paru interminable. De toute façon, même s'il parvenait à la bouger correctement, elle demeurait trop faible et engourdie pour le porter. Il devrait encore attendre pour retrouver ses forces.
    
    Afras lui saisit l'épaule chaleureusement, Aïmara caressa sa joue en lui souhaitant bonne chance, Ivara déposa un baiser sur le front – ce qui le fit rougir comme un coucher de soleil... Quant à Aïzie, il serra longuement sa main avec une expression décidée :
    
    « Fais au mieux », lui souffla-t-il.
    
    Puis Afras accompagna l'Ange jusqu'au ponton où l'attendait Nuée ; la khaïte l'accueillit d'un doux regard de ses grands yeux sombre. Il ressentit une impression étrange en se mettant en selle : celle de plonger dans l'inconnu le plus total, même s'il rentrait dans le lieu où il vivait depuis des années... Mais il n'y était pas chez lui. Il n'y serait jamais. D'ailleurs, cela faisait des années, des siècles peut-être qu'il n'avait pas éprouvé le moindre sentiment d'appartenance... à part sur cette île, parmi ses habitants si chaleureux.
    
    « Je reviendrai », se promit-il en son for intérieur.
    
    D'un bond puissant, la khaite s'élança dans le ciel paisible et fila dans un grand arc de cercle au-dessus de la tour. Plusieurs des créatures volantes se chauffaient au soleil sur les pontons. Elles saluèrent le départ de Nuée de leur doux mugissement, tandis que l'ombre de la monture et de son cavalier s'agitait tel un sombre papillon sur le sol en dessous d'eux.
    
    Bientôt, les petites maisons carrées, les jardinets et les larges allées blanches devinrent minuscule comme un jeu d'enfant. La course de Nuée s'écarta des terres volantes, emportant Angelus vers Cimes.
    
    L'instinct du jeune ange n'avait pas le moindre mal à le diriger vers l'énorme forteresse qui se dressait au-dessus des pics déchiquetés, loin à l'ouest de l'île voyageuse. À présent qu'il s'était arraché à son précédent séjour et à sa douceur, Catena avait de nouveau envahi ses pensées.
    
    Le ciel était calme : l'ombre de la khaïte dansait sur le flanc des montagnes, les parois de roc et de neige, et, plus rarement, les villages en terrasses qui s'étageaient sur les pentes abritées. Parfois, Angelus se demandait ce qu'il pouvait bien exister plus bas... En dessous de l'étendue de nuages, là où tombaient les torrents. Le vide et les ténèbres, ou bien... autre chose ?
    
    Il fut tenté de regagner le sol pour que la kaïthe puisse se reposer, mais elle ne semblait montrer aucun signe de fatigue. Il décida donc de la laisser poursuivre le trajet à son rythme. Au fur et à mesure que le temps passait, en dépit du vol puissant et régulier de Nuée, il commença à se demander s'il parviendrait à Cimes avant le coucher du soleil, assez tôt pour que Catena soit sauvée des menaces de l'angelier. La khaïte était moins rapide qu'un Ange, même si elle montrait plus d'endurance.
    
    Le ciel se teintait de rose et de violet quand, enfin, les hauts remparts se profilèrent à l'horizon, encore lointains même si l'acuité de son regard d'Ange les détaillait parfaitement. Sans doute Aïzie n'aurait-il pas hésité à presser sa monture d'un coup de talon, mais il préféra la laisser approcher à son rythme. Il choisit de lui faire faire un large arc de cercle qui les ramena vers une section de roche qui formait comme terrasse en contrebas de la forteresse.
    
    A partir de là, même son aile blessée pourrait le porter jusqu'au sommet des murs, afin que personne ne sache comment il était revenu...
    

Texte publié par Beatrix, 9 avril 2016 à 00h25
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