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Tome 1, Chapitre 2 « Retenue et vision » Tome 1, Chapitre 2
Chapitre II

    
    
Retenue et vision

    
    
    Ce furent les chuchotements frénétiques et les bruits de rangements de ses camarades de chambrée qui le réveillèrent le lendemain matin. Engourdi par sa nuit de sommeil agitée, il se redressa, les vêtements froissés.
    
    Il écarta les rideaux de son lit à baldaquin.
    
    Aussitôt dans le dortoir, tout le monde se tût, chacun cessant ce qu'il était en train de faire.
    
    Il y eut quelques secondes de flottement où tous se dévisagèrent, attendant que l'un ou l'autre se décide à briser la glace. Ce fut le plus proche de Calixte, un garçon aux cheveux bruns emmêlés, souriant, qui pris la parole le premier.
    
    « Salut ! » lança-t-il avec amabilité. « Tu es le nouveau, c'est ça ? On a pas eu l'occasion de se voir hier, tu dormais déjà ».
    
    Calixte eu un petit sourire d'excuse, embarrassé.
    
    « Désolé, j'étais fatigué ».
    
    « Pas de problème ! Je m'appelle Priam, Priam Jameson, et toi ? ».
    
    « Calixte Peverell » répondit-il. « Mais vous l'avez sûrement entendu hier ».
    
    « Oui. D'ailleurs puisque tu en parles, tu as l'air en meilleur point aujourd'hui » remarqua le garçon, ses yeux noisettes brillant d'un éclat espiègle.
    
    Il replongea la tête sous son lit à la recherche d'une chaussette perdue.
    
    « Tu es venu à la nage ou tu es tombé de la barque ? ».
    
    Calixte se força à rire mais ne répondit pas.
    
    Il pouvait entendre d'ici les rumeurs et les conversations qui avaient dû circuler la veille face à son arrivée digne d'un survivant à un cataclysme. Ou alors, espérait-il, peut-être que tout le monde s'en fichait.
    
    Les deux autres étudiants, qui terminaient de revêtir leurs uniformes respectifs, se présentèrent timidement et s'enfuirent sans demander leur reste.
    
    « Il reste une demie-heure avant le début des cours » fit Priam en enfilant sa chaussette retrouvée. « Si tu veux je t'attends dans la Grande Salle pour le petit-déjeuner. En tout cas essaye de ne pas arriver en retard, ce grincheux de Snape n'aimerait pas que tu négliges ta toute première potion à Poudlard ! ».
    
    Calixte se souvint brusquement de l'emploi du temps que Snape lui avait remis et qu'il avait machinalement fourré dans son sac sans en détailler le contenu.
    
    Dans un sursaut de réactivité, il attrapa à la volée quelques uns des vêtements neufs et propres au couleurs de Serpentards disposés sur sa malle, et se dirigea vers un renfoncement du dortoir qui menait à ce qu'il reconnu comme étant une salle de bain. Il entendit son camarade rire alors qu'il claquait fiévreusement la porte derrière lui et se précipitait sous une douche brûlante.
    
    Il ne fallait surtout pas qu'il arrive en retard, ce serait désastreux pour lui. Pas question de se ridiculiser une fois de plus, il devait absolument faire bonne impression pour rattraper son allure d'Épouvantard détrempé de la veille.
    
    Il s'efforcerait de faire honneur à la maison Serpentard.
    
    Snape et Malfoy avaient suffisamment insisté.
    
    Au moins, il avait une nouvelle cape fournie durant la nuit par Poudlard. Elle était chaude, ça remplacerait un manteau le temps qu'il en déniche un. Il avait cru apercevoir les devantures de plusieurs boutiques dans le village où il avait transplané hier avec l'employé du Ministère, peut-être pourrait-il en trouver un.
    
    Il disciplina ses cheveux humides et fourra sa cravate vert et argent dans la poche de son pantalon. Il ne savait pas comment faire un nœud de cravate, il n'en portait pas dans son ancienne école. Il trouverait bien quelqu'un qui accepterait de lui montrer la technique. Pliant la cape noire de son directeur de maison, il quitta le dortoir, son sac de cours sur le dos.
    
    Il arpenta les cachots et remonta jusqu'à la Grande Salle, se faufilant entre des groupes d'élèves qui ne firent pas attention à lui.
    
    Ce qui l'arrangeait bien.
    
    Ça fourmillait de partout, des rires et des conversations jaillissaient ça et là. De délicieuses odeurs du petit-déjeuner lui donnait l'eau à la bouche.
    
    Esquivant agilement le battement d'aile d'un hibou au plumage clair qui s'envolait, il se faufila entre les longues tables. Il leva la tête vers l'immense plafond suspendu haut au-dessus d'eux. Il semblait magique, car il était d'un pâle bleu ciel égayé par quelques filaments de nuages, et de longs rayons de soleil illuminaient la Grande Salle par les vitraux.
    
    Il entra alors en collision avec une fille plus âgée que lui qui étouffa une exclamation de surprise.
    
    « Oh, désolée » lança-t-elle avec un regard d'excuse.
    
    « C'est ma faute, je n'ai pas fait attention » assura Calixte.
    
    Sur le devant de la cape de la fille aux cheveux châtain ébouriffés, qui entourait de ses bras deux épais volumes en cuir, il remarqua un badge de préfet. Le même que celui de Malfoy à la différence qu'il était rouge et doré, entouré de la gueule d'un lion.
    
    Gryffondor, en déduisit-il.
    
    Puis il s'inquiéta. Allait-elle lui retirer des points pour cette bousculade ?
    
    « Alors Hermione on agresse les plus jeunes que soi ? » s'enquit un grand garçon roux au visage parsemé de tâches de rousseur, faisant tomber des miettes de brioche sur son pull.
    
    Il s'avança et remarqua l'uniforme de Calixte.
    
    « Oh non attends, ce n'est qu'un Serpentard, tu es pardonnée » se ravisa-t-il avec une moue un peu dégoûtée que Calixte n'était pas sûr de comprendre.
    
    « Hé Ron, c'est pas le petit nouveau de hier soir ? » intervint un autre étudiant au visage pointu qui se resservait en cornflakes.
    
    De nombreuses têtes se tournèrent, attentives.
    
    « Bien vu Seamus...Tu vis dans le lac, le nouveau ? ».
    
    « La baignade était sympa? » railla le dénommé Seamus. « Je crois que les Strangulots apprécieraient ta compagnie, t'avais l'air d'un vrai mort noyé ! ».
    
    La préfète de Gryffondor secoua la tête en levant les yeux au ciel.
    
    Un des étudiants plus âgé se moqua.
    
    « Il doit probablement avoir le sang froid pour résister aux températures glaciales du lac. Il a toute sa place chez ces sournois de Serpentards, après tout les serpents ne sont-ils pas des reptiles au sang froid ? ».
    
    Et il plissa les yeux, s'essayant à l'imitation grotesque d'un serpent en émettant des sifflements entre ses dents.
    
    Ce qui déclencha des rires à la table.
    
    Calixte remarqua du coin de l'œil que plusieurs proches Serpentards épiaient la scène, intéressés.
    
    Alors, un sourire malicieux s'étirant sur la figure, il rétorqua:
    
    « Et toi ? Tu crois qu'une vipère a sa place dans une maison qui a un lion pour emblème ? ».
    
    Il y eut quelques ricanements dans son dos.
    
    Il ne laissa pas le temps à l'autre de répondre, remontant entre les deux longues tables.
    
    Ce n'était pas le moment de s'attirer des ennuis, surtout avec des personnes en surnombre. Ignorant les protestations de l'étudiant qui ne semblait pas beaucoup aimer les Serpentard, il se glissa sur le banc à une distance respectable et bu d'un trait un verre de jus de citrouille frais.
    
    « Ne t'en fais pas », lui dit Priam, assis en face de lui.
    
    Il lui proposa une corbeille pleine d'alléchants croissants.
    
    « Les joutes verbales et les provocations sont monnaie courante entre Gryffondors et Serpentards, c'est une rivalité très ancienne. Surveille juste tes arrières quand tu te promènes seul dans le château, des sorts peuvent fuser ».
    
    « Quel genre de sorts ? » demanda Calixte en se servant du chocolat fumant.
    
    Les étudiants se livraient-il des duels dans le dos des professeurs ?
    
    « Rien de bien méchant, mais crois-moi quand tu reçois un maléfice du saucisson dans une aile isolée et que tu restes de longues heures coincées sur le sol, ça n'a rien de drôle. De toute façon on leur rend la pareille ».
    
    « Ce n'est pas très noble comme méthode », fit-il, les paroles de son préfet lui revenant en mémoire.
    
    Le noble Salazar...
    
    « C'est surtout que si on se fait prendre, on risque des retenues avec Rusard » grimaça Priam. Cette vieille gargouille n'a qu'un seul passe-temps favori dans la vie : tourmenter les élèves. Méfie-toi de sa chatte Miss Teigne, elle fouine dans tous les recoins à l'affût de la moindre incartade ».
    
    « Un peu comme Snape, non ? » devina Calixte.
    
    Dès les premières secondes il s'était douté que l'austère Maître des Potions n'était pas homme à tolérer la plus petite frasque. Il se demanda si tous les professeurs de Poudlard étaient comme ça. Après tout, la sorcière qui lui avait posé le chapeau parlant sur la tête semblait très stricte. Il s'agissait certainement de la directrice adjointe de l'école, le professeur McGonagall. Il avait reçu une lettre d'elle lui confirmant son inscription dans l'urgence.
    
    Priam s'esclaffa nerveusement devant la comparaison.
    
    « Oh non, pas du tout. Rusard est une sorte de charognard et les retenues avec lui sont désagréables mais ça s'arrête là. Snape est beaucoup plus sombre et mystérieux, il y a toujours cette aura menaçante qui plane au-dessus de lui. C'est un sorcier puissant et craint même par les Serpentards, mais personne ne se risque vraiment à le contrarier. Fais comme tout le monde ici, contente-toi de rester hors de son chemin et tu ne t'attireras pas d'ennuis ».
    
    Refermant son exemplaire de la Gazette du Sorcier dont il venait de parcourir les gros titres, il lui expliqua brièvement le chemin à prendre pour se rendre dans la salle de classe de Snape.
    
    Et il quitta la table, prétextant un saut aux toilettes du premier étage.
    
    Terminant sa tartine de confiture de groseilles, Calixte promena son regard sur la table des professeurs et y vit le Maître des Potions, l'air grincheux, plongé dans une tasse de café fumant.
    
    Ce qui lui rappela qu'il devait impérativement lui rendre sa cape.
    
    Et vu l'humeur de l'enseignant, il préférait éviter de le faire maintenant. Il n'avait pas non plus envie de faire jaser ses camarades en la lui rendant devant toute la classe. Il refusait de passer pour un imbécile incapable de prévoir les basses températures du Nord de l'Écosse.
    
    D'accord, il était sûrement passé pour un imbécile, mais ce n'était pas une raison pour montrer ses failles.
    
    C'est pourquoi il se leva et se dirigea vers le professeur McGonagall qui distribuait des rouleaux de parchemins à quelques étudiants.
    
    Il attendit patiemment qu'elle eut terminé et s'approcha, souriant.
    
    « Professeur McGonagall » la salua-t-il poliment avec un léger hochement de tête.
    
    Elle se tourna vers lui et le considéra d'un regard vif et sévère.
    
    « M. Peverell, je constate que vous avez meilleure mine que hier soir. À quoi diable pensiez-vous donc en faisant votre valise ? Vous devriez vous montrer plus consciencieux ».
    
    Elle étudia l'air navré du garçon et parut se radoucir.
    
    « Que puis-je faire pour vous ? ».
    
    « Le professeur Snape m'a prêté sa cape hier dans son bureau. Pouvez-vous la lui rendre ? Je préfère ne pas le déranger pendant qu'il prend son petit-déjeuner, je ne veux pas le contrarier ».
    
    Il lui tendit le vêtement.
    
    « C'était très prévenant de sa part » remarqua la directrice adjointe.
    
    Elle avait l'air étonnée.
    
    « Dites-moi M. Peverell, pourquoi n'étiez-vous pas plus chaudement habillé ? ».
    
    « C'était juste un oubli » mentit une fois de plus Calixte.
    
    Il ne pouvait pas lui confier la vérité, quitte à passer pour un idiot complet. Il ne fallait pas que l'on découvre dans quelles conditions le traitait son tuteur M. Baptist.
    
    Et puis, ce n'était pas vraiment un mensonge, après tout l'employé du Ministère de la Magie avait omis - volontairement, mais omis tout de même – de passer dans une boutique de vêtements.
    
    Le professeur McGonagall tomba dans le panneau tête la première.
    
    « Si vous n'êtes pas plus attentif, cela continuera à vous jouer des tours » l'avertit-elle.
    
    « Je ferai attention, promis. Savez-vous où je pourrais trouver un manteau d'hiver ? ».
    
    « Le village de Pré-au-Lard tout près d'ici sera tout à fait approprié à votre demande, à condition toutefois d'avoir fait signer par vos représentants légaux une autorisation de sortie. Elle a été élargie à tous les étudiants, ne l'avez-vous pas trouvée dans les documents qui vous ont été envoyés il y a quelques jours ? ».
    
    Bien sûr que non.
    
    M. Baptist ne lui avait laissé lire que la lettre de bienvenue. Saisissant la moindre occasion pour s'acharner sur lui, il avait très certainement fait disparaître l'autorisation de sortie.
    
    « Oui, nous l'avons reçue » s'entendit-il répondre sur un ton qui sonnait faux.
    
    Il vit les yeux étincelants de l'enseignante se plisser et eu un instant l'impression d'être un piètre manipulateur.
    
    Ce qu'il était probablement.
    
    « Mais je crois que mon responsable ne l'a pas signée ».
    
    « Dans ce cas vous ne pourrez pas vous y rendre ».
    
    « Les professeurs ne peuvent pas autoriser les étudiants à sortir ? ».
    
    Elle secoua la tête négativement.
    
    « Le personnel de Poudlard n'est pas habilité à le faire. Demandez à votre tuteur de vous envoyer l'autorisation par hibou ».
    
    « Je n'ai pas de hibou » fit Calixte.
    
    Et même s'il en avait un, ça ne changeait rien au problème.
    
    « La volière vous offrira ce dont vous avez besoin » répliqua le professeur McGonagall avant de changer de sujet « Qu'avez-vous fait de votre cravate ? ».
    
    « Je ne sais pas comment la mettre » répondit-il.
    
    Il se sentit tout à coup très stupide.
    
    « Vous devriez vous dépêcher de savoir comment en nouer une, certains professeurs sont très à cheval sur l'uniforme et les règles de Poudlard. Demandez donc à votre préfet de vous aider ».
    
    « Drago Malfoy ? » fit Calixte en plissant ses yeux avec suspicion.
    
    Il fouilla des yeux la table des Serpentards mais ne repéra pas les cheveux blonds très pâles de son préfet.
    
    « Par exemple ! » décréta le professeur McGonagall en esquissant un sourire.
    
    Et, sans lui laisser le temps de placer un mot, elle le congédia aimablement, lui rappelant de se hâter pour son premier cours.
    
    Résigné, le garçon l'observa remettre en mains propres sa cape au professeur Snape, qui, pour une raison qui lui échappa, leva la tête vers lui et lui lança un regard noir furieux. Puis, maugréant contre sa collègue, il se redressa dans un brusque mouvement de robes et quitta la Grande Salle par une porte dérobée située derrière la table du personnel.
    
    Calixte arriva pile à l'heure pour le cours de Potions.
    
    Il se glissa furtivement au fond, à l'ombre d'un épais pilier, sur le même plan de travail que son camarade de chambrée Priam. Dans la classe flottait une atmosphère feutrée troublée par les chuchotis prudents des élèves.
    
    Soudain, la porte derrière lui claqua brutalement, et Snape fit une entrée magistrale, intimidante.
    
    Le silence fut instantané.
    
    Indéniablement efficace pour asseoir son autorité d'une main de fer.
    
    Des inscriptions s'affichèrent aussitôt sur le tableau en lettres fines et serrées.
    
    Snape, rigide, se tourna vers la classe et commença le cours d'une voix grave et doucereuse.
    
    « Vous allez aujourd'hui préparer un philtre de Confusion également appelé potion d'Embrouille, dont les effets entraînent chez la personne qui le boit un comportement téméraire et impétueux, bien qu'à titre personnel je qualifierais plutôt ces effets d'écervelés et débridés ».
    
    Et comme pour appuyer ses mots, il fit glisser son regard sur les visages inquiets des deuxièmes années pour s'arrêter sur celui de Calixte.
    Ce dernier vit un sourire narquois étirer les lèvres du professeur, qui reprit avec onctuosité.
    
    « Cette décoction exige rigueur, excellence et délicatesse, aussi ne saurait-elle souffrir de la médiocrité d'esprits inaptes et négligents. Comme je vous l'avais indiqué la semaine dernière, vous m'en remettrez en fin de séance un échantillon témoignant ou non de votre justesse. Les instructions sont précisément énoncées au tableau comme dans votre manuel de pratique ».
    
    Il marqua un court silence et sa voix claqua plus sèchement:
    
    « Qu'attendez-vous ? ».
    
    Sous l'œil inquisiteur de Snape la classe se mit à fourmiller.
    
    Les étudiants se servirent en ingrédients le longs des étagères et commencèrent leur travail. Après avoir copié les gestes de ses camarades en visualisant les rangements de chaque élément nécessaire à la potion, Calixte ouvrit son livre neuf de préparation qu'il avait eu le temps de feuilleter rapidement la veille de son départ pour Poudlard.
    
    Le professeur était un Maître des Potions, ce qui signifiait que son éminence et ses qualités étaient reconnues par ses pairs. Ce titre était un privilège rare accordé à un cercle restreint d'experts renommés.
    
    Or l'école dans laquelle étudiait Calixte jusqu'à présent n'avait qu'un potionniste, une personne étant loin d'avoir les habilités requises pour leur dispenser un enseignement aussi rigoureux que celui que Snape semblait vouloir requérir.
    
    Il était un élève sérieux et assidu, et même s'il n'était pas certain de se montrer à la hauteur des exigences du directeur des Serpentards, il était déterminé à s'appliquer et prouver qu'il avait parfaitement sa place.
    
    Il s'attela donc à la préparation du philtre de Confusion.
    
    Snape quant à lui arpentait lentement la salle de Potions, rôdant entre les tables, distillant quelques sarcasmes, corrigeant les erreurs des étudiants, évitant d'inopportunes et potentielles explosions. Il surveillait du coin de l'œil le jeune Peverell, curieux malgré lui de connaître son niveau parmi cette bande de cornichons irréfléchis.
    
    Il s'approcha derrière lui avec une discrétion absolue et observa le garçon concentré sur son chaudron.
    
    Les feuilles de livèches étaient soigneusement coupées et les pattes de scarabée d'Égypte finement réduites en poudre.
    
    Les gestes étaient précis mais prudents. Peverell respectait attentivement les délais, jetant et mélangeant fébrilement les divers ingrédients. Les mouvements n'étaient pas fluides et un peu trop abrupts selon Snape, mais il devait admettre qu'avec un peu plus de précision il s'en sortirait à merveille.
    
    Quittant l'ombre, il contourna la table.
    
    Surpris, Jameson sursauta et renversa maladroitement un peu de sa préparation. La flaque de potion rose vif rampa sur le bureau et vint s'attaquer aux vivaces achillées des marais dans un bruit de crépitement agressif.
    
    « Quand cesserez-vous donc de folichonner pendant mes cours, M. Jameson ? » gronda Snape.
    
    Le garçon baissa la tête.
    
    « Retenez une bonne fois pour toutes que mes ingrédients ne sont pas des jouets et demeurent des outils destinés à un usage sérieux et respectueux de la part des étudiants, avez-vous seulement la moindre idée des conditions de collecte de ces fleurs pour qu'elles parviennent jusqu'à vos mains assassines ? ».
    
    Il vit l'élève piteux éponger avec frénésie le plan de travail et tenter en vain de sauver les plantes calcinées.
    
    Quelques blancs pétales qui achevaient d'agoniser se fanèrent misérablement.
    
    « L'achillée sternutatoire pousse essentiellement dans les zones humides ou marécageuses uniquement à la saison estivale. Afin d'optimiser la puissance de leurs propriétés magiques, elles doivent impérativement être cueillies lors du point de rosée matinal sous peine de voir se flétrir l'efficience de leurs vertus. Alors je ne permets pas que l'inattention d'étourdis comme vous anéantisse ces délicates fleurs, m'avez-vous compris ? ».
    
    « Oui Professeur ».
    
    « M. Jameson, vous me rendrez pour la prochaine séance un rouleau de parchemin sur l'importance de préserver les qualités des ingrédients végétaux dans le cadre de la préparation d'un philtre de Confusion, et je veux que vous me détailliez en particulier les trois éléments principaux que sont l'ache des montagnes, la cochléaire officinale ainsi que l'achillée sternutatoire. M. Peverell, laissez donc votre camarade se débrouiller avec ses fleurs ruinées et concentrez-vous plutôt sur votre potion qui est à mon goût un peu trop écarlate ».
    
    Le breuvage de Peverell était d'un rouge très soutenu virant presque sur le bordeaux, signe qu'il avait mis trop de racines de livèche.
    
    Il vit le garçon réfléchir à toute vitesse et jeter dans son chaudron un morceau globuleux de Véracrasse. Aussitôt, la potion reprit une teinte plus nuancée, conforme à ce que Snape attendait sur cet exercice.
    
    « Soyez plus vigilant, M. Peverell » commenta-t-il froidement.
    
    « Oui Monsieur ».
    
    L'idée d'ajouter du véracrasse pour adoucir la décoction était un réflexe intelligent que nombre d'étudiants de cette classe devraient s'empresser d'imiter, songea Snape en considérant le garçon avec scepticisme.
    
    Finalement, peut-être n'était-il pas aussi cornichon qu'il ne l'avait d'abord pensé.
    
    Un pâle rayon de soleil s'infiltra dans la classe par une basse fenêtre et traversa le plan de travail. Il croisa les prunelles bleues étincelantes du deuxième année et le fusilla du regard de longues secondes, avant de remarquer un détail perturbant.
    
    « Où est votre cravate, M. Peverell ? Vous croyez-vous au-dessus des codes de cette école ? ».
    
    L'élève parut déstabilisé mais réagit rapidement.
    
    « Non Monsieur. J'ai juste...oublié de la mettre », éluda-t-il. Il fallait absolument qu'il trouve Malfoy avant la fin de la journée.
    
    Snape recourba ses lèvres dans un sourire narquois.
    
    « Décidément, vous oubliez beaucoup de choses. Trois points en moins pour Serpentard, je ne tolère pas les tenues débraillées. Et j'espère que ceci restera gravé dans votre courte mémoire ».
    
    Et il fit volte-face, allant retirer quelques points à un Serdaigle qui discutait avec sa voisine, afin de rééquilibrer un peu les sabliers.
    
    
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    La matinée se déroula sans encombres en enchaînant avec les cours de Sortilèges et enchantements.
    
    L'après-midi promettait d'être tout aussi enrichissante.
    
    Mais lorsque le sourire hypocrite du professeur Ombrage qui, debout devant sa classe silencieuse de deuxièmes années, s'accentua quand son regard se posa sur lui, Calixte eu comme un mauvais pressentiment.
    
    La bouche de l'enseignante s'élargit, ce qui lui rappela une étrange impression de déjà-vu.
    
    La femme trapue et toute de rose bonbon vêtue avait des cheveux châtains courts et bouclés.
    
    Tout dans son attitude évoquait une volonté de dominer, d'écraser et dompter ses sujets.
    
    « Bonjour, mes chers enfants » commença-t-elle sur un ton affecté.
    
    « Bonjour, professeur Ombrage » répondirent en chœur les voix mécaniques des élèves, à l'exception de Calixte, qui les dévisagea avec une stupeur non-dissimulée.
    
    Il surpris les soupirs d'ennui qui s'échappèrent des lèvres de ses camarades.
    
    « Je vois qu'un nouvel étudiant s'est joint à nous pour le reste de l'année » reprit chaudement la professeur de Défense Contre les Forces du Mal. « Et vous êtes monsieur ? »
    
    « Peverell, Madame. Calixte Peverell » répondit le garçon poliment, sans prêter attention aux têtes curieuses qui se tournaient vers lui.
    Il se demande brièvement combien de fois il lui faudrait se présenter dans les prochains jours, sachant que tout Poudlard connaissait déjà son identité.
    
    « Je regrette l'attaque perpétrée sur votre ancienne école de sorcellerie, croyez-le bien » fit l'enseignante, bien que son regard globuleux indiquât le contraire. « S'en prendre à un château d'une si belle architecture, seuls des criminels pouvaient faire ça. La soif de l'argent leur a fait faire des actes insensées » poursuivit-elle sur un ton faussement désolé.
    
    La soif de l'argent ? Calixte fronça les sourcils.
    
    Quelque chose clochait.
    
    Les partisans du Mage noir n'avaient pas attaqué l'établissement pour ses richesses. Le château était simple et n'avait rien d'un palais aux mille et une nuits.
    
    « Je pense que ces voleurs... »
    
    « Ce n'était pas des voleurs » fit machinalement Calixte. « Mais des Mangemorts ».
    
    Son enseignante avait dû rater l'histoire complète.
    
    Il n'y avait rien de grande valeur à dérober à Ster-Elorn.
    
    Pas comme à la riche Académie de Beauxbâtons, connue pour son raffinement et ses excentricités. On lui avait un jour expliqué que l'école était perchée entre les sommets et sapins enneigés de hautes montagnes françaises, et que des orfèvres réputés avaient décoré le château avec des sculptures en glace et des ornements précieux.
    
    En tout cas, de nombreux étudiants se figèrent à ses mots. La bouche d'Ombrage s'étira plus largement.
    
    Un crapaud, s'illumina soudain le jeune Serpentard. Voilà ce qu'elle lui évoquait : un gros crapaud visqueux. Il esquissa presque un sourire.
    Qui se ternit, sous l'œil mauvais du professeur.
    
    « Vous faîtes erreur, jeune homme. Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom n'a jamais donné l'ordre d'attaquer cette école. Comment le pourrait-il d'ailleurs, puisqu'il a disparu de la surface de la Terre? ».
    
    La question n'appelait évidemment pas de réponse, mais Calixte, contrairement aux autres élèves qui connaissaient Ombrage depuis deux mois, ne pouvait pas deviner les idées de la femme en rose quant au prétendu retour de Voldemort.
    
    Aussi répondit-il instinctivement « C'étaient des Mangemorts, j'ai vu leurs masques ».
    
    « Vous avez dû être très perturbé » objecta Ombrage avec un sourire mielleux. « Il n'y a plus de Mangemorts, ni en Angleterre ni ailleurs ».
    
    « Je les ai vus attaquer Ster-Elorn » contra-t-il poliment, de plus en plus surpris par ce déni. « Ils n'étaient pas venu voler quoi que ce soit, ils voulaient se venger des propos de notre directeur ».
    
    Il avait encore en mémoire les silhouettes noires surmontées d'horribles masques en argent dont les orbites rappelaient des puits sans fond.
    Et pas qu'en mémoire, d'ailleurs.
    
    « Des voleurs, rien de plus » répliqua la femme en faisant un geste évasif de la main comme pour chasser une vilaine mouche. « Allons, vous ne voulez certainement pas finir comme Potter, mon enfant ? » lui demanda-t-elle, horriblement sucrée.
    
    « J'étais aux premières loges » fit Calixte, sentant l'exaspération monter en lui.
    
    Il n'était pas son enfant.
    
    « Ils n'ont rien volé ! Ils ont juste...tout brûlé, détruit, cassé, ruiné...tué... ».
    
    Sa voix mourut dans sa gorge, brisée.
    
    « Balivernes ! » fit soudain Ombrage d'une voix forte, son sourire mou s'effaçant de sa flasque figure. « Je n'accepte pas, M. Peverell, que quiconque raconte des inepties dans ma classe ».
    
    Calixte se redressa sur son banc, ignorant les regards sidérés des Serpentards et Gryffondors.
    
    « Je ne suis pas fou, je... ».
    
    « Votre insolence me déplaît » l'interrompit Ombrage en se raidissant et serrant ses poings.
    
    Le jeune Serpentard, effaré, se tourna vers ses voisins de table et les interpella.
    
    « Vous l'avez vu dans la presse ! Tout le monde en a parlé ! Non ? ».
    
    Avant qu'un membre de sa maison, une fille aux longs cheveux noirs, ait le loisir de lui répondre, le professeur Ombrage s'énerva pour de bon et émit un étrange glapissement suraigu.
    
    « Retenue ! » s'écria-t-elle avec un sourire onctueux malveillant.
    
    Elle avait des liens de parenté avec l'homme qui l'avait traîné hier dans la Grande Salle, pensa Calixte, inquiet. C'était certain.
    
    « Vous commencez très mal votre scolarité à Poudlard, M. Peverell. Je ne tolérerai pas que vous teniez des propos qui semblent sortir tout droit de la bouche de Potter ».
    
    « Je ne connais pas Harry Potter » se défendit le jeune Serpentard sans animosité.
    
    Pas personnellement, du moins. Comme tout un chacun il en avait entendu parler dans la presse.
    
    « Je ne sais pas ce qu'il dit. Madame, je... ».
    
    « Retenue vendredi. Dès 19 h » le coupa Ombrage, un sourire triomphant s'étalant sur son visage. « Cela vous passera l'envie de vous montrer impertinent dans mes cours ».
    
    Puis elle se tourna vers le reste de la classe et, sur un timbre de voix parfaitement normal, fit:
    
    « Veuillez ouvrir vos manuels au chapitre 9 et le lire en silence ».
    
    Avant de retourner fièrement s'installer sur son bureau, d'où elle toisa Calixte avec ravissement.
    
    Le garçon détourna le regard, sentant l'inquiétude s'insinuer dans ses veines.
    
    Il avait réussi à obtenir une retenue le lendemain de son arrivée à Poudlard, battant probablement le record de la punition la plus rapide de l'histoire. Qu'avait dit le professeur Snape hier soir, déjà ? Ah oui.
    
    J'attends de vous une attitude exemplaire.
    
    C'était gagné. Il serait sans doute le premier informé. Avait-il déshonoré la maison Serpentard ? L'homme semblait y attacher tellement d'importance...
    
    Son voisin de table Priam lui refila un coup de coude dans les côtes et lui mit le manuel de Défense Contre les Forces du Mal entre les mains.
    
    « Évite de te faire remarquer » chuchota-t-il en se penchant vers lui. « Je pense que tu n'aimerais pas qu'elle s'acharne sur toi comme elle le fait avec Potter ».
    
    Il haussa les épaules et ouvrit l'ouvrage pour tomber sur un chapitre intitulé ''Modes de vie des créatures des marais : Pitiponks, Boullus, Fangieux et autres espèces magiques''.
    
    L'illustration d'un Boullu, gros poisson en forme de ballon de baudruche doté de longues et frêles pattes palmées, parvint à lui arracher un léger sourire, et il s'attaqua à sa lecture dans le silence monacal de la salle de classe.
    
    Et il en fut ainsi jusqu'à la fin des deux heures de cours. Personne ne se risqua à troubler le calme tendu imposé par le professeur Ombrage, laquelle travaillait à son bureau, un air condescendant sur le visage. Il avait pensé qu'il y aurait un peu plus d'action, un peu de pratique alliée à la théorie, mais visiblement il s'était trompé. Nombre de ses camarades de classe relisaient le chapitre ou fixaient de leurs yeux vitreux et blasés les mêmes phrases.
    
    Alors il soupira et, veillant à ne pas se faire remarquer, commença à reproduire fidèlement le dessin du Boullu sur une feuille, sous le regard attentif de son voisin, qui y vit là une distraction des plus intéressantes.
    
    
ooo

    
ooo

    
    Ils se trouvaient dans une sorte de grande maison.
    
    Une petite forteresse, plus précisément. Isolée sur un îlot minuscule au milieu d'une étendue d'eau.
    
    Un lac ? Une mer ?
    
    Il distingua des montagnes loin derrière, un ciel et un paysage gris.
    
    Puis il fut projeté à toute vitesse à l'intérieur d'un donjon. Dans le château, certainement, à en juger par les étroites meurtrières qui laissaient passer de faibles rais de lumière.
    
    Une pièce ronde et sombre.
    
    Sur un vieux fauteuil au centre de la pièce se tenait une mince silhouette.
    
    Elle parlait à une seconde personne tapie près d'une sinistre cheminée qui crachait de pâles flammes. En dépit du feu, il n'y voyait pas grand chose dans cette pénombre.
    
    Néanmoins il reconnu instantanément la voix douce mais à la fois glaciale qui s'éleva du fauteuil.
    
    « ... sera donc bientôt prêt. Excellente nouvelle, fidèle serviteur. Il me tarde de revoir nos anciens camarades trop longtemps injustement bridés ».
    
    Un frisson d'horreur lui remonta le long de la colonne vertébrale et lui glaça les entrailles.
    
    « Qu'en est-il de notre jeune ami ? » reprit le timbre d'une suavité mortelle en rivant ses pupilles rouges et verticales vers l'ombre massive dissimulée contre la cheminée.
    
    « Je m'en occupe personnellement, Maître » certifia la silhouette.
    
    Elle émit un grognement grave où perçait un appétit déplaisant.
    
    « Il nous a filé entre les doigts alors que nous allions lui mettre la main dessus, mais vous avez l'assurance de notre détermination pour le retrouver et... ».
    
    « Poursuivez vos recherches mais ramenez-le moi en vie. Je désire m'en charger moi-même ».
    
    « Comme il vous plaira, Maître » répondit l'homme en s'inclinant dans une attitude servile. « Nous avons déjà repéré un membre de son entourage proche, il n'y a plus qu'à le cueillir ».
    
    « Il tentera sûrement de vous résister ».
    
    « Oh, il parlera » ricana l'homme. « Avec le respect qui vous est dû, Maître, vous n'ignorez pas quelles sont mes méthodes ».
    
    Le rire aigu de son interlocuteur déchira l'air comme un couteau, lui fendant le crâne.
    
    Et le rire s'accentua dans une folie hystérique.
    
    Encore et encore.

    
    Il sursauta brutalement, envoyant ses ouvrages se fracasser à terre.
    
    La transe n'avait duré que quelques secondes et pourtant c'était comme s'il ressortait d'un cauchemar interminable. Tremblant, le front trempé de sueur, ses yeux verts éclatant papillonnèrent fébrilement le long des étalages de livres. La respiration haletante, il prit une grande goulée d'air.
    
    Il s'efforça de se calmer.
    
    Il était à Poudlard.
    
    À la bibliothèque.
    
    Et Mme Pince n'allait sûrement pas tarder à apparaître en criant comme un vautour.
    
    Tout allait bien.
    
    Les rayons du soleil réchauffaient doucement la longue table en bois vernis sur laquelle il avait installé ses affaires. Il était seul dans cette section, en train de réfléchir à son prochain devoir de Potions, dans une ambiance studieuse et apaisante. Il n'était pas dans un lugubre donjon coincé avec Voldemort et son serviteur inconnu.
    
    Un Mangemort, certainement.
    
    Tout allait bien, se répéta-t-il en essuyant les mèches de cheveux noirs collées contre sa cicatrice qui le picotait.
    
    Bien sûr que non, ça n'allait pas.
    
    Du moins, pas pour quelqu'un.
    
    Qui était ce jeune ami évoqué par Voldemort ? Était-ce lui-même ?
    
    Peu de risques, balaya-t-il. Le Mage noir et ses partisans savaient très bien qu'il était en sécurité à Poudlard, sous la protection de Dumbledore, nul besoin de faire des investigations. Ils recherchaient quelqu'un d'autre, une personne en danger.
    
    Il se baissa sous la table et ramassa les livres, étonné que Mme Pince n'ait pas encore surgit pour l'incendier.
    
    Une sourde angoisse lui serra la poitrine.
    
    Il n'avait pas eu de visions ces temps-ci. Depuis la mort de Cédric Diggory, en fait. Oh, les cauchemars et les réveils en sueur la nuit survenaient régulièrement, lui gâchant le sommeil. Mais pas de visions comme celle-ci. Et pour se baser sur celles qu'il avait eu l'année dernière lorsqu'il voyait Voldemort et Barty Croupton Junior comploter, il y avait de grandes chances pour que la scène qu'il venait de subir soit réelle.
    
    Il se dépêcha de ranger ses affaires avant de tomber sous la main de l'acariâtre bibliothécaire et se réfugia fiévreusement dans le couloir, s'adossant contre un mur frais.
    
    Devait-il en parler à Dumbledore ? Le directeur était très certainement occupé à des considérations plus importantes qu'une simple vision. Il avait le sentiment qu'il ne pouvait pas faire comme si de rien n'était ni ignorer les plans que préparait Voldemort, mais en l'absence de davantage de détails il lui était impossible de réagir.
    
    Et puis, l'Ordre du Phénix n'était-il pas au courant de ses intentions ? Oui, évidemment, eux étaient sur le terrain.
    
    Il en toucherait deux mots à Sirius dans une missive.
    
    « Harry ! » l'appela une voix féminine qui s'approcha de lui à pas pressés.
    
    « Hermione... ».
    
    Son amie s'arrêta et l'observa d'un air scrutateur, le front plissé.
    
    « Tu vas bien, Harry ? Tu es tout pâle » s'enquit Hermione Granger, les bras croulant sous des rouleaux de parchemins de diverses tailles.
    
    Il lui raconta sa vision et elle tomba d'accord avec lui pour en parler à Sirius.
    
    Compte tenu de sa réticence à l'égard de tout ce qui se rapprochait de près ou de loin à la Divination, elle n'était pas convaincue qu'il faille avertir le Dumbledore en personne pour des informations aussi vagues.
    
    « Mes visions ne m'ont pas trahi l'an dernier » objecta tout de même Harry, quelque peu agacé. « Je ne suis pas fou, ce que je vois est réel Hermione ».
    
    « Il vaut mieux éviter de se précipiter » répondit-elle d'un ton ferme. « Au moins nous sommes certains que ce n'est pas de toi dont il s'agit, et nous n'avons aucune idée de l'identité de la personne que recherche Tu-Sais-Qui, en quoi ça pourrait faire avancer les choses ? ».
    
    « Tu n'étais pas là » bougonna son camarade en se détachant du mur.
    
    Il balança son sac sur ses épaules.
    
    « Il y avait quelque chose de dément, de victorieux dans son rire hystérique. Sadique comme il est il a dû se trouver une nouvelle victime à tourmenter et je ne supporte pas l'idée de rester là à ne rien faire ».
    
    « Écoute, tu vas écrire à Sirius ce soir et il en parlera à l'Ordre, d'accord ? ».
    
    « Et pour ce que projette Voldemort concernant ses anciens partisans ? Que crois-tu que ça puisse être ? Tu ne penses pas qu'il chercherait à reprendre contact avec les Mangemorts qui s'étaient ralliés à sa cause avant sa chute ? C'est ce que je ferais, à sa place ».
    
    Hermione haussa les épaules, indécise.
    
    Puis elle répondit d'une voix basse et soucieuse:
    
    « Tu n'en as pas entendu ou vu suffisamment pour en tirer des conclusions, Harry. Il vaut mieux attendre et surveiller de près ce que dit la presse, peut-être en saurons-nous bientôt davantage. Et tu oublies l'Ordre, ils ont des informations que nous n'avons pas, tu t'en doutes ».
    Harry émit un petit sifflement désapprobateur en frottant sa cicatrice par réflexe.
    
    « Hermione, à chaque fois que j'ai eu des visions, elles se sont révélées vraies ! Il faut se dépêcher, quelqu'un est en danger, et puis il y avait ce quelque chose de triomphant dans la voix de Voldemort... ».
    
    Un frisson glacé lui remonta la colonne vertébrale.
    
    Que préparait ce fou pour être aussi heureux ? Qu'est-ce qui, à propos de ses anciens partisans, pouvait être source de cette joie malsaine ?
    Ça n'avait rien de rassurant.
    
    Il devait absolument écrire à Sirius.
    
    

Texte publié par Vibrato, 4 août 2015 à 21h09
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Tome 1, Chapitre 2 « Retenue et vision » Tome 1, Chapitre 2
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