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Tome 1, Chapitre 1 « Un Peverell à Poudlard » Tome 1, Chapitre 1
L'univers créé par la brillante J.K Rowling ne m'appartient pas, je me contente de l'emprunter. Le reste est de ma création.
    
    
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Chapitre I

    
    
Un Peverell à Poudlard

    
    La tempête battait son plein.
    
    De féroces rafales fouettaient les vitres et les toits, tournoyaient entre les innombrables tours et tourelles du château. Une pluie glacée et violente s'abattait sur le parc, et les noires eaux du lac étaient balayées par les bourrasques. Le ululement lugubre du vent dans les arbres sinistres de la sombre forêt rendait l'atmosphère particulièrement angoissante.
    
    À l'entrée de l'école, un vieux porche faiblement éclairé résistait farouchement au déluge.
    
    Trois personnes s'y tenaient.
    
    Le sévère employé du Ministère, sans un mot ni regard pour l'enfant grelottant à ses côtés, parapha le parchemin usé que lui tendait le concierge de Poudlard. Il toisa quelques secondes le chat déplumé qui miaulait en se frottant contre son maître et fit volte-face, ses pas claquant sur le pavé humide.
    
    Il quitta le couvert du porche, s'enfonça vaillamment dans la nuit, et disparu dans un tourbillon de pluie battante.
    
    Argus Rusard posa un œil malveillant sur le jeune garçon qui lui faisait face, et esquissa un sourire tordu qui dévoila une dentition inquiétante. D'un geste brutal, il lui indiqua de le suivre.
    
    L'enfant lui emboîta le pas, tirant derrière lui une lourde malle en bois. Il était trempé comme une soupe, et tout son corps était parcouru de violents frissons le gelant jusqu'à l'os. Il n'avait même pas de manteau, juste le simple uniforme de Poudlard, ce qui se révélait être de la folie en ce mois de novembre.
    
    Il suivit timidement l'homme peu avenant, essayant en vain de réprimer ses tremblements incontrôlables qu'il savait ridicules.
    
    Ils parvinrent bientôt à un grand escalier de marbre en haut duquel s'échappaient des éclats de voix.
    
    Rusard émit plusieurs sifflements rauques pour signifier au garçon de se dépêcher. Ce dernier, inquiet à l'idée de s'attirer des ennuis dès les premières minutes de son arrivée, redoubla d'efforts pour hisser péniblement sa malle. Il atteignit le haut des marches, la respiration courte et hachée, transi de froid et dégoulinant de pluie glacée.
    
    À quelques mètres, d'énormes battants en bronze étaient ouverts, et il s'en dégageait une atmosphère réconfortante, ponctuée de nombreuses conversations et de rires. Il devina qu'il devait être l'heure du dîner et c'est tout naturellement qu'il se tourna vers le concierge.
    
    « Est-ce que je peux aller me changer ? Je ne peux pas aller manger en... » s'enquit-il, regrettant les trémolos de sa voix.
    
    « Le directeur vous attends » le coupa l'homme dans un gargouillement. « J'ai pour ordre de vous mener jusqu'à la Grande Salle ».
    
    « Pouvez-vous me jeter le sort pour me réchauffer ? J'ai très froid et... ».
    
    Une fois de plus il fut interrompu par le désagréable ricanement du concierge, et décida qu'il n'était pas très aimable. Il comprit aussitôt qu'il n'échapperait pas à l'humiliation.
    
    « Non, non, non... C'est de cette façon qu'on s'endurcit, mon cher » siffla-t-il.
    
    N'eût-il pas été un Cracmol qu'il n'aurait pas daigné lancer un sort de réchauffement à ce morveux. La jeunesse n'avait plus aucune valeur de nos jours, songea-t-il en repensant avec nostalgie au temps où les élèves étaient traités avec des châtiments corporels.
    
    « Laissez votre valise ici, les elfes s'en chargeront ».
    
    Le garçon, dont les traits s'étaient momentanément figés, fut empoigné méchamment par le bras comme un malpropre et traîné jusqu'aux lourdes portes de la Grande Salle.
    
    Si l'entrée n'avait rien de fracassante en elle-même, elle était toutefois suffisamment impromptue pour être remarquée.
    
    À la table des professeurs, Severus Snape, qui subissait depuis de longues minutes déjà le monologue assommant de Pomona Chourave quant à ses difficultés à se procurer une Tentacula vénéneuse – quelle personne saine d'esprit pouvait bien s'enticher d'une plante aussi dangereuse, il se le demandait bien- fut sauvé par la distraction qu'offrit l'arrivée de Rusard agrippant sans ménagement un enfant d'une douzaine d'années.
    
    Enfant qui semblait au bord de la crise d'hypothermie, à en juger par les claquements de dents et les tressaillements incontrôlés qui secouaient le corps du nouveau venu.
    
    Le concierge l'emmena avec lui, longeant les tables de Gryffondor et de Poufsouffle, alors que les discussions se tarissaient et que les visages se tournaient vers eux, curieux et perplexes. Il s'arrêta devant les quelques marches en haut desquelles figurait, exceptionnellement, un tabouret doté d'un vieux chapeau noir rabougri et rapiécé.
    
    Snape perçu clairement l'agacement de Minerva McGonagall lorsque, après avoir échangé un bref regard surpris avec lui, elle quitta hâtivement la table du personnel et se rendit au-devant de Rusard.
    
    « Merci, Argus » dit-elle sèchement à l'attention du concierge. « Vous pouvez le lâcher, maintenant ».
    
    Ce qu'il fit de mauvaise grâce, non sans avoir accordé un coup d'œil malveillant au jeune garçon.
    
    La mine pincée, McGonagall étudia ce dernier de la tête aux pieds, considérant l'inappropriée tenue en pareil temps. Il ne soutint pas le regard perçant et ne put inconsciemment s'empêcher de se frissonner, s'enlaçant de ses bras pour frotter ses vêtements trempés, dans le futile espoir de se réchauffer.
    
    Snape entendit quelques murmures amusés parcourir la Grande Salle devant cette arrivée inopinée, bien qu'à son ample avis cela n'eusse rien de drôle.
    
    Il étudia le garçon, son doux visage pâle presque bleui, ses fins cheveux dorés plaqués contre son front qu'il devinait glacé, ses yeux implorant une quelconque source de chaleur.
    
    Il fronça les sourcils.
    
    On aurait dit un mort-noyé repêché du fin fond des eaux glaciales du lac.
    
    Pourquoi n'avait-il sur le dos que l'uniforme de Poudlard ? À son âge ne savait-il pas qu'il était peu recommandé de s'aventurer sous la pluie sans un minimum de protection ? Ou n'avait-il tout simplement pas de cerveau ? Cela n'aurait rien d'étonnant avec l'ancien directeur que ce gamin avait eu, songea-t-il en réprimant un ricanement moqueur sous l'œil intéressé d'Albus Dumbledore.
    
    McGonagall mit fin à son supplice en séchant ses habits d'un coup de baguette magique, et Snape cru un instant que l'élève allait en défaillir de reconnaissance. Il le vit pousser un léger soupir de soulagement et remercier la professeur de Métamorphose du bout des lèvres, appréciant clairement la vague de chaleur qui s'emparait de son corps et chassait ce froid et cette humidité.
    
    Puis l'enseignante se tourna vers la Grande Salle, et d'une voix autoritaire rappela à l'ordre les étudiants les plus dissipés. Elle balaya les quatre maisons d'un regard sévère et un silence solennel s'installa.
    
    « Ce jeune homme, ainsi que vous le savez tous depuis quelques jours, intègre Poudlard en cours de deuxième année suite à l'attaque de l'Académie de Ster-Elorn. Le professeur Dumbledore a accepté la requête de son tuteur de l'envoyer poursuivre sa scolarité en sécurité dans ce lieu magique hautement protégé. Il va de soi que j'attends de vous un accueil respectueux, traitez-le comme votre camarade qu'il est désormais ».
    
    Son intervention était brève et concise. Il était inutile d'en rajouter.
    
    Tout le monde était au courant, il n'y avait rien de plus à préciser.
    
    L'assaut violent dont avait fait l'objet l'établissement de Ster-Elorn en France le mois dernier avait secoué la communauté magique et plusieurs familles avaient décidé de retirer leur enfant de l'école. Celui qui, perdu et mal à l'aise, se tenait devant les longues tables, était le seul à avoir été expédié à Poudlard.
    
    « Peverell, Calixte » appela McGonagall comme si elle organisait là une cérémonie de répartition ordinaire.
    
    Elle souleva le Choixpeau afin que le jeune garçon prenne place sur le tabouret.
    
    Ne s'attendant manifestement pas à figurer dans une scène aussi incongrue, l'enfant franchit prudemment les quelques marches qui le séparaient du chapeau noir, l'œil méfiant. Nerveux, il se raidit quand McGonagall le coiffa du Choixpeau, et attendit que cet étrange être le répartisse. Il se souvenait avoir lu un livre sur les différentes maisons de Poudlard et leurs diverses caractéristiques.
    
    Soudain, une voix rocailleuse s'éveilla dans sa tête.
    
    « Hum, un Peverell... Cela faisait longtemps, très très longtemps. C'est extrêmement curieux, je croyais que la lignée était éteinte ? ».
    
    Le chapeau pensait. En fait, il semblait parler dans ses pensées. Devait-il lui répondre ?
    
    « Bien sûr que je pense, je suis un objet pensant, jeune enfant » sembla s'offusquer le Choixpeau, avant de reprendre. « Et je n'imaginais pas voir ressurgir un tel nom, c'est très surprenant...oui, cela me rend perplexe. Oh, je sens beaucoup d'angoisse dans ton cœur... ».
    
    Il monologua quelques minutes, pesant le pour et le contre, avant d'en déduire que la maison la plus appropriée était celle de...
    
    « Serpentard ! » chantonna le vieux bout de tissu décoloré, au grand désespoir de Snape qui avait espéré passer une soirée tranquille, sans à devoir présenter la maison vert et argent à un gamin surgi des profondeurs du lac.
    
    Il arbora une moue désapprobatrice tandis que les Serpentards se répandaient en applaudissements nourris mais polis.
    
    Polis, car en sa qualité de directeur de la maison Serpentard , il n'admettait aucune sorte de comportement ridicule en public. Ils n'étaient pas des sauvages, un minimum d'éducation s'imposait.
    
    Il vit le jeune garçon hésitant et maladroit se diriger vers la tablée auto-désignée où il fut accueilli par des poignées de mains qu'il accepta -heureusement pour lui.
    
    Et il soupira de lassitude.
    
    Il priait pour qu'il ne fut pas une copie conforme de cet imbécile de Londubat, merci bien, il avait déjà assez à faire avec les Gryffondors. Maugréant, il refusa sèchement une coupe de jus de citrouille que lui tendait Chourave et trancha sauvagement son morceau de viande, ratant de ce fait le regard calculateur que Dolorès Ombrage posait sur le nouveau venu.
    
    À la fin du repas, Snape quitta précipitamment la table des professeurs et, faisant voler sa cape noire derrière lui, se dirigea derrière Peverell. Il le pria froidement de le suivre. Ce que l'enfant fit, sans poser de questions, semblant tout de même abandonner son plat de pâtes avec regret.
    
    L'homme fit ensuite quelques pas et s'arrêta brièvement aux côtés du jeune Malfoy pour lui murmurer une instruction, avant de mener le garçon à son bureau.
    
    Les cachots aux murs de pierre étaient froids et humides, et il ne jugea pas utile d'allumer un feu pour l'entrevue avec le jeune Serpentard. Celui-ci ne tarda donc pas à se remettre à trembler de tous ses membres sur le fauteuil au fond duquel il était installé, alors que Snape s'avisait de lui expliquer le fonctionnement de la maison, accompagnant le tout de nombreuses directives.
    
    Et le claquement de dents incontrôlé l'agaça rapidement.
    
    « Auriez-vous l'obligeance de cesser ce bruit insupportable ? » s'enquit-il doucereusement, perdant patience.
    
    L'enfant se raidit quelques secondes, comme s'il venait d'être frappé d'un sortilège d'immobilisation et cligna des yeux, l'air incrédule. Puis recommença à trembler de plus belle, à la plus grande exaspération de Snape, qui plissa les yeux d'un air mauvais.
    
    « Êtes-vous si peu attaché à l'intégrité physique de votre propre personne pour papillonner en pleine tempête dans cette tenue ? » reprit-il d'une voix aux accents mortels.
    
    Le gamin grelottant s'entoura les épaules de ses mains glacées et cru bon ne pas répondre.
    
    « Peverell ! Croyez-vous que je m'amuse à soliloquer ? » s'énerva Snape. « Lorsque je pose une question, j'entends obtenir une réponse !».
    Une expression interrogative passa brièvement sur le visage pâle du jeune garçon, qui visiblement n'avait jamais entendu ce verbe de sa courte vie.
    
    « Non » murmura-t-il timidement.
    
    « Pourquoi ne portez-vous pas de manteau ? Ne savez-vous pas que les températures sont basses dans cette partie du pays ? » susurra le Maître des Potions sur un ton dangereux, se demandant fugacement si les cheveux trempés de l'enfant allaient se durcir avec le froid.
    Son tout nouveau Serpentard tressaillit et ses joues se teintèrent légèrement de rose.
    
    « Je l'ai oublié » avoua-t-il piteusement.
    
    « Oublié ? » répéta lentement Snape, réfrénant l'envie impérieuse de secouer ce petit idiot.
    
    Il avait beau considérer les élèves à qui il enseignait comme étant particulièrement stupides, c'était bien la première fois qu'on lui annonçait un tel oubli. La bêtise avait de grands boulevards devant elle.
    
    « Vous êtes dans les Highlands, sombre inconscient. Pas sous les tropiques. À quoi pensait votre cerveau dénué d'intelligence ? »
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    Il observa son jeune hôte durant de longues secondes. L'enfant tremblant leva nerveusement ses yeux bleus et rencontra les prunelles noires et inquisitrices de l'homme. Ce dernier fit volontiers durer le malaise, et obtint la satisfaction de voir le gamin se dérober à son regard, contrit.
    
    « Oublier son manteau au mois de novembre par le temps qu'il fait est la justification la plus absurde qu'il m'ait été donné d'entendre » articula-t-il finalement sur un timbre velouté. « J'espère que vous montrerez plus de concentration et de perspicacité dans le cadre de vos études à Poudlard. Sachez que je ne saurai tolérer l'idiotie »
    
    « Je...je suis désolé » lâcha l'autre entre deux claquements de dents.
    
    « Oh oui, vous risquez de l'être ».
    
    « J'ai tellement froid ».
    
    « Pour votre bêtise aveuglante, vous ne méritez rien d'autre que de rester debout toute la nuit dans le froid afin de vous faire réfléchir aux conséquences de votre négligence » fit tranquillement Snape, faisant pâlir davantage l'enfant à cette idée. « Néanmoins » se reprit-il en étirant interminablement le mot, « Le professeur Dumbledore, qui est le directeur de Poudlard, m'en tiendrait rigueur si je laissais mourir de froid l'un de ses étudiants, fût-il Serpentard et stupide ».
    
    Appuyant ses mains contre son bureau, il se pencha lentement, considérant les frémissements frigorifiés et inquiets du garçon, ravi de constater que sa puissance d'intimidation ne perdait rien de son efficacité.
    
    Et, brusquement, il se redressa, contourna agilement le meuble, fondit sur l'enfant comme un aigle sur sa proie. Il sursauta brutalement, et cela n'avait rien à voir avec le froid cette fois. Snape vit les yeux bleus s'écarquiller de peur et ses traits se décomposer.
    
    Il s'arrêta devant lui, le dominant de toute sa taille, et le toisa avec un regard moqueur.
    
    Il détacha sa lourde cape en laine d'un geste vif et la jeta sur les épaules du garçon, qui manqua s'effondrer du fauteuil.
    
    « Vous me la rendrez demain. Ne vous risquez pas à la salir ou l'abîmer, les conséquences seraient...désastreuses » menaça-t-il pour bien lui faire comprendre qu'il n'agissait ainsi que pour éviter de s'attirer les foudres du directeur.
    
    Il ne voulait avoir sur les bras un étudiant mort d'hypothermie, ça jaserait.
    
    Pas qu'il se souciât des commérages, cela dit.
    
    Mais il avait des responsabilités.
    
    « Merci » souffla le garçon, son visage blême s'illuminant soudain de reconnaissance.
    
    Il ferma presque les yeux d'extase en enveloppant la chaude cape noire autour de son corps gelé, et le soulagement détendit ses traits crispés.
    
    Snape grimaça, poussant un soupir méprisant, et lança un sort de séchage sur les cheveux blonds glacés. Minerva avait manifestement oublié ce point-là.
    
    Logique typiquement gryffondorienne, ricana-t-il. Surpris, le jeune garçon rouvrit les yeux et, pour la première fois de la soirée le professeur le vit esquisser un sourire spontané, les yeux d'un bleu lagon brillant de reconnaissance.
    
    D'un geste sec, il fit apparaître une tasse de chocolat chaud dans les airs. Il voulait éviter que le gamin n'attrape quelque chose de mauvais. Pas question qu'il rate les premiers cours le lendemain, il avait certainement du retard à rattraper. Pas d'excuse pour faire l'école buissonnière, il ne compterait pas sur son statut de transféré.
    
    « Buvez » ordonna-t-il.
    
    Une expression de méfiance remplaça la joie de l'enfant lorsqu'il se saisit de la tasse pour l'approcher de ses lèvres. Il étudia longuement le liquide fumant, renifla précautionneusement la vapeur sucrée qui s'en échappait, et lança un regard soupçonneux.
    
    Snape l'observa avec un intérêt qu'il dissimula soigneusement sous un masque rigide et sévère. Le gamin se méfiait de la tasse. Il n'était peut-être pas si idiot qu'il ne le paraissait. D'aucuns auraient bu sans réfléchir, y compris ses Serpentards les plus avisés.
    
    « Un problème M. Peverell ? » s'enquit-il sur une tonalité doucereuse.
    
    « C'est du chocolat ? » demanda le garçon, l'air soucieux.
    
    « Si j'avais voulu me débarrasser de votre insignifiante personne, vous n'auriez pas eu le temps de cligner les yeux que vous convulseriez déjà au sol » répondit Snape à voix basse. « De surcroît, sachez que je ne gâcherais jamais mes précieuses fioles de poison pour vous ».
    
    Se détendant, Peverell consentit à prendre une gorgée de chocolat chaud.
    
    Il resta immobile quelques secondes, comme s'il attendait à tomber raide mort, foudroyé par un poison extrêmement douloureux. Constatant qu'il ne se passait rien, il s'empressa de boire avidement le reste de la boisson, sous l'œil narquois de Snape.
    
    « Qui donc aurait intérêt à vous empoisonner ? » railla-t-il, moqueur.
    
    Une ombre étrange voilà les prunelles de l'enfant, et, malgré l'épaisseur de la cape en laine, il perçut le raidissement de ses épaules.
    
    Curieux.
    
    Non, ridicule, personne n'aurait eu un quelconque bénéfice à retirer de l'empoisonnement d'un petit idiot.
    
    Dans ce cas, pourquoi cette attitude ?
    
    Il voulait sans doute se rendre intéressant, conclut Snape.
    
    Oui, c'était évident. Non?
    
    Il attendit que Peverell eût terminé de boire son chocolat sans poison, puis haussa les sourcils d'un air supérieur.
    
    D'un mouvement du bras, il lui intima de le suivre. Il devait le conduire à la Salle commune de Serpentard, et ne tenait pas à ce qu'il se perde dans les couloirs du château. Il aurait certes pris un malin plaisir à le voir errer tel une âme en peine dans les cachots labyrinthiques effrayants, néanmoins l'enfant avait sa cape sur le dos et il entendait bien la récupérer dès le lendemain.
    
    Ils marchèrent d'un pas rapide quelques minutes dans un silence monacal et s'engagèrent dans un long couloir éclairé par de lourdes torches enflammées. Snape s'arrêta devant un mur en pierre nu et prononça distinctement le mot de passe pour ne pas avoir à se répéter:
    
    « Lacertae sanguinis ».
    
    Le mur pivota.
    
    Il se tourna vers l'enfant et le regarda de haut quelques secondes.
    
    « J'attends de vous une attitude exemplaire, c'est-à-dire digne de la maison Serpentard. Tout écart de conduite sera sanctionné avec la sévérité qu'il se doit. Quant à votre tenue, c'est la dernière fois que je vous reprends. Vous êtes en âge de savoir vous habiller décemment et je n'accepterai pas que autrui puisse penser que cela résulterait d'une négligence de ma part ».
    
    Le garçon hocha la tête.
    
    « Ce sera ''Monsieur'' ou ''Professeur'' lorsque vous vous adresserez à moi, Peverell » reprit Snape d'une voix où perçait l'agacement. « Je ne suis pas l'un de vos camarades, aussi exigé-je un minimum d'éducation et de respect de mes étudiants. Est-ce bien clair ? ».
    
    « Oui Monsieur » répondit l'enfant en levant ses prunelles de saphir vers lui.
    
    Le Maître des Potions plissa les yeux, pinça les lèvres avec une moue dégoûtée en remarquant sa cape en laine trainer sur le sol, et fit volte-face dans un tourbillon de robes noires.
    
    Il se remémora la réunion qui avait eu lieu trois semaines plus tôt dans le bureau de Dumbledore. Le directeur avait convoqué l'ensemble du personnel de Poudlard, et c'est lorsque Snape avait remarqué que l'homme n'avait pas proposé ses bonbons acidulés au citron qu'il avait compris que quelque chose de grave s'était passé. Dumbledore ne commençait jamais une entrevue sans offrir une de ses sucreries infâmes.
    
    Il avait posé son regard sur chacune des personnes conviées, l'air grave et solennel. Puis leur avait appris l'attaque de Ster-Elorn, l'une des trois Académies de Magie Française. L'école était tombée. Snape se souvenait encore du silence choqué et des réactions horrifiées qui avait suivi l'annonce laconique. Inutile de préciser que lui-même s'était abstenu de toute jérémiade.
    
    Question d'honneur. Il n'était pas un Poufsouffle, Merlin merci.
    
    Ster-Elorn était un fort breton qui enseignait la magie, bien moins grand que Poudlard, et beaucoup moins protégé. Son directeur avait publiquement ridiculisé Lord Voldemort, le Seigneur des Ténèbres, en le qualifiant de ''pantin ridicule'' qu'était ''saint Voldy''.
    
    Il avait cher payé son mépris.
    
    Pas qu'une bonne partie de l'opinion sorcière eût été en désaccord avec ses propos, seulement la suffisance désinvolte qu'il avait affiché était parvenue jusqu'aux oreilles du Mage noir lui-même. Dans un accès de colère que Snape avait deviné démentiel et plus aigu qu'à l'accoutumée, il avait lancé ses partisans sur la petite école.
    
    Ce que ses fervents admirateurs dépliés en France s'étaient empressés de faire. Et dans les règles de l'art, je vous prie, avait songé le Maître des Potions lorsque la Gazette du Sorcier avait rapporté l'assaut le lendemain. Il ne restait plus que des ruines fumantes de Ster-Elorn.
    
    Plusieurs professeurs avaient été tués, un traitement spécial étant réservé au directeur : cloué au cœur sur le portail d'entrée, sous les armoiries de l'école.
    
    Cruel, mais pas inattendu.
    
    Moquer et insulter ouvertement le Seigneur de Ténèbres lorsque l'on était directeur d'une école de magie, de surcroît peu protégée, trahissait purement et simplement un manque total de discernement.
    
    Dumbledore les avait informés que parmi les étudiants de Ster-Elorn, renvoyés chez eux, certains chercheraient certainement à venir se réfugier et poursuivre leur scolarité à Poudlard, lieu le plus sécurisé au monde. La majorité s'était rendue dans les deux autres académies française. Un seul avait été expédié à Poudlard.
    
    Et il avait été placé à Serpentard, termina Snape en parvenant enfin à ses appartements. Il fit machinalement apparaître un feu ronflant dans la cheminée, ce qui lui rappela que ce petit idiot de Peverell n'avait décidément aucun instinct de survie.
    
    
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    Le repas ne devait pas être tout à fait terminé pour la majorité des étudiants car seules trois personnes étaient présentes dans la Salle commune de Serpentard.
    
    Elles ne lui prêtèrent pas la moindre attention, ignorant sans doute qu'il était nouveau.
    
    La pièce était vaste et longue, avec de hauts plafonds en pierre brute. Les murs étaient sombres, caractéristique typique d'une salle souterraine puisque à en juger par les escaliers qu'il avait franchi avec son directeur de maison, Calixte se trouvait manifestement dans les cachots, quelque part dans les sous-sols du château. De grandes fenêtres semblables à celles que l'on trouvait dans les cathédrales diffusaient une douce lumière verte.
    
    Un feu flamboyait dans l'imposante et sculpturale cheminée, sur laquelle reposaient d'étranges objets.
    
    Autour du foyer étaient disposés de larges canapés en cuir noir, agrémentés de lourds tapis en laine vert sapin. D'épais rideaux et pans de tissus de la même couleur égayaient la Salle commune.
    
    Serpentard ne semblait pas tolérer d'autres couleurs plus fantaisistes songea Calixte.
    
    De nombreuses tables et fauteuils étaient dispersés dans toute la pièce, et une bibliothèques dotée de livres à la couverture sombre occupait même un pan entier de mur.
    
    Il avait pensé que la température serait aussi glaciale que dans le bureau qu'il venait de quitter, mais à son plus plus grand étonnement -et ravissement, il y faisait doux. Sans doute grâce, aussi, aux torches enflammées accrochées aux parois.
    
    C'est sûr, il avait connu lieu plus chaleureux, mais il s'y habituerait rapidement.
    
    Derrière lui, la porte de la Salle commune coulissa à nouveau et un étudiant grand et mince, plus âgé que lui, pénétra dans la pièce. Il était revêtu de l'uniforme de Poudlard aux couleurs de Serpentard ainsi que d'une élégante cape noire dotée d'un col en fourrure. Les cheveux blonds presque blancs soigneusement coiffés, son visage pointu et pâle exprimait clairement l'agacement.
    
    Il vint au devant de Calixte et le toisa de la tête aux pieds, les lèvres pincées.
    
    « Peverell, c'est ça ? » s'enquit-il d'une voix traînante.
    
    Le deuxième année acquiesça, l'œil attiré par l'insigne étincelant vert et argent épinglé sur le torse de son aîné. Il représentait un grand P majuscule entrelacé de serpents.
    
    L'étudiant tendit la main et se présenta « Drago Malfoy. Je suis le préfet de la maison Serpentard ».
    
    Croisant les yeux froids et gris du préfet, Calixte esquissa un léger sourire et lui serra la main sans hésitation.
    
    La poignée était ferme, et l'autre eut l'air satisfait.
    
    « Suis-moi » ordonna-t-il en lui passant devant.
    
    Il le mena dans un coin de la Salle commune et s'engouffra dans un spacieux escalier, franchit plusieurs volées de marches et finit par entrer dans une grande pièce circulaire où étaient disposés quatre lits. Là encore, la décoration était à dominante verte avec des touches d'argent, mais il y faisait plus froid. Le préfet lui indiqua un lit à baldaquin au fond du dortoir et Calixte reconnu sa lourde malle en fer, sagement entreposée sur un tapis noir.
    
    Drago Malfoy se tourna vers lui, un air dédaigneux affiché sur le visage.
    
    « Snape t'a déjà expliqué les règles de l'école et de Serpentard, je suppose ? ».
    
    « Oui, à l'instant » répondit Calixte en songeant à l'inquiétante entrevue avec ce mystérieux individu. « Il n'a pas l'air très commode ».
    Le préfet ricana.
    
    « Tiens-toi en au règlement et tout se passera bien ».
    
    Derrière lui, de l'autre côté de la haute fenêtre verdâtre, une grosse forme opaque passa avec lenteur.
    
    « Qu'est-ce que c'est ? » demanda-t-il, curieux.
    
    Malfoy se retourna.
    
    « Une tortue marine » répondit-il machinalement comme s'il était tout à fait normal qu'un animal marin se ballade derrière les vitres du dortoir.
    Puis, sous l'air incrédule du plus jeune, ajouta en levant les yeux au plafond:
    
    « Les quartiers de Serpentard sont sous le château orientés sur les profondeurs du lac, tu t'attendais à voir quoi ? Une saleté d'hippogriffe ? ».
    
    Il eu une moue dégoûtée, comme s'il se remémorait un souvenir particulièrement désagréable avec cette créature ailée. Ce qui n'aurait rien d'étonnant, Calixte avait lu un jour que les hippogriffes étaient extrêmement dangereux et susceptibles.
    
    « Et il y a quoi d'autres dans le lac ? » demanda-t-il avec intérêt.
    
    « Toutes sortes de bestioles peu affriolantes, si tu veux mon avis. Sans oublier cet empoté de Calamar géant ».
    
    Un Calamar géant ? Calixte espéra que si le monstre existait vraiment, ses tentacules ne viendraient jamais onduler derrière la fenêtre. Il ne tenait pas à se réveiller un matin en croisant les énormes yeux globuleux du gigantesque mollusque.
    
    Les vitres étaient de toute façon sûrement magiquement protégées. N'est-ce pas?
    
    « En tout cas c'est moins dangereux que dans la Forêt Interdite, c'est certain » continua le préfet de sa voix nonchalante.
    
    « Pourquoi ? »
    
    « Elle est truffée d'animaux sauvages et sanguinaires. Il y a même des loup-garous, mais ça ne me surprend pas quand on sait que ce vieux loufoque de Dumbledore engage des professeurs hybrides » rétorqua Malfoy avec arrogance. « Mon père n'a jamais compris pourquoi il s'échinait à mettre en danger les étudiants de Poudlard, si ça ne tenait qu'à lui il y a longtemps que le château aurait été débarrassé de tous ces cinglés ».
    
    « Des loup-garous ? » répéta Calixte, sentant soudain sa gorge se nouer.
    
    Les yeux métalliques du préfet se plissèrent.
    
    « Il n'y a rien à craindre si tu ne franchis pas le couvert des arbres, il n'y a que ce maudit garde-chasse pour s'y aventurer, peut-être escompte-t-il y retrouver ses semblables de trolls » hasarda-t-il avec une pointe de mépris dans la voix.
    
    Il retourna vers la porte et, observant Calixte, bomba le torse, un petit sourire suffisant étirant ses lèvres.
    
    « N'oublie pas les valeurs de Serpentard, Peverell. Honneur, ambition, ruse et intelligence. Ici à Poudlard, il y a les Serpentards et il y a les autres. Sois digne de la maison du noble Salazar ».
    
    « Qui ça? ».
    
    « Salazar Serpentard, l'un des fondateurs de l'école, le meilleur d'entre eux. Les murs de notre salle commune illustrent les légendaires exploits de ce grand sorcier ».
    
    Il observa un court silence.
    
    « Au fait » rajouta-t-il avec un air soudain énigmatique peint sur ses traits aristocratiques « Je ne me souviens pas avoir un jour entendu parler de ton nom qui, et je ne crois pas me tromper en l'affirmant, n'a rien de français. De quelle lignée est issue la famille Peverell ? ».
    
    « Pourquoi tu veux savoir ça ? » demanda aussitôt Calixte avec méfiance.
    
    La dernière personne à s'être intéressé à son nom de famille n'était pas quelqu'un qu'il souhaitait rencontrer de nouveau.
    
    « Le fondateur Serpentard accordait de l'importance au rang des familles sorcières et notamment à la pureté de leur sang. Et si cette valeur s'est dépravée aujourd'hui à cause des amis des Moldus, il n'en demeure pas moins qu'elle reste significative et influe sur ton rôle dans la société magique ».
    
    « Tu considères que les familles sorcières de sang pur prévalent sur les autres ? ».
    
    « Tout à fait » rétorqua le préfet avec arrogance. « N'es-tu pas d'accord ? ».
    
    « Je n'en pense rien ».
    
    « Tu ferais mieux d'avoir un avis, et le bon, Peverell » fit Malfoy, dédaigneux. « Si tu ne veux pas te mettre certaines personnes à dos. Ou alors, contente-toi de te taire plutôt que de clamer des choses qui pourraient déplaire ».
    
    « C'est une coutume de menacer les nouveaux étudiants dans ce château ?! » se défendit brusquement Calixte en fermant les poings.
    
    « Une mise en garde fraternelle, tout au plus. Alors ? Tu ne m'as pas répondu ».
    
    Le deuxième année observa quelques secondes son préfet et répondit avec amertume.
    
    « Puisque tu es si intelligent, tu devrais savoir d'où vient mon nom ».
    
    « Que veux-tu dire ? ».
    
    Malfoy plissa ses yeux gris, inquisiteur.
    
    « Mon père ne m'a jamais parlé d'une noble famille qui porterait ton nom. Mais peut-être es-tu de sang-mêlé, ou alors un né Moldu ? ».
    
    « Demande à ton père, lui qui sait tout sur tout » se moqua malgré lui Calixte.
    
    Il se souvint trop tard qu'il s'adressait à son préfet, et si ce que le professeur Snape lui avait dit était exact, les préfets qui faisaient régner l'ordre et la discipline à Poudlard étaient également en droit de venir se plaindre de certains étudiants auprès de leur directeur de maison.
    
    Mais Malfoy ne sembla pas s'en formaliser, se fendant d'un sourire malsain.
    
    « Je n'y manquerai pas, Peverell. Ici à Serpentard il n'y a de secrets pour personne, sache-le ».
    
    Et d'un bref salut de la tête, il disparu derrière la porte de bronze, laissant Calixte seul.
    
    Celui-ci resta de longues minutes immobile dans la pièce, écoutant le doux clapotis des eaux du lac contre les vitres.
    
    Puis, avec de lents gestes, il défit la lourde cape du professeur Snape. Écartant une draperie verte brodée de fils argentés représentant l'emblème de sa nouvelle maison, il se laissa tomber sur le grand lit. Il avait l'air moelleux. Dénouant sa cravate, il reposa sa tête contre la poutre en bois à l'angle du baldaquin et ferma les yeux.
    
    Les derniers jours avaient été épuisants.
    
    M. Baptist, son référent tuteur au sein de l'établissement de Ster-Elorn avait profité à mauvais escient du vent de panique ayant suivi l'attaque pour l'envoyer dans l'école de sorcellerie qui disposait de la meilleure sécurité qui soit, Poudlard.
    
    Ce qui fut unanimement salué par les membres de l'ancienne Académie comme une décision sage et réfléchie masquait un prétexte fallacieux. Le cynique homme entendait en vérité de débarrasser de lui. Il ne l'avait jamais aimé et c'était là une occasion en or de ne plus l'avoir dans les pattes.
    
    M. Baptist le détestait et le lui témoignait... avec force.
    
    À choisir, et pour être tout à fait honnête, Calixte préférait encore être expédié dans le Nord des Highlands au milieu d'inconnus. L'idée lui avait parut de prime abord effrayante, puis il avait tenté de faire face à cette réalité. Après tout, le Royaume-Uni ne lui était pas inconnu, son tuteur le trimballait chaque été dans une demeure poussiéreuse et mortellement ennuyeuse de Londres.
    
    Même s'il ne s'était cependant pas attendu à être congédié si loin, seul.
    
    Ce n'est que le jour-même du départ pour Poudlard que tôt le matin un employé du Ministère de la Magie britannique l'avait pris avec lui pour le conduire jusqu'à Londres au moyens de plusieurs Portoloins aussi insolites les uns que les autres. Le menant au Chemin de Traverse, l'austère homme lui avait à peine adressé la parole, ne parlant que pour lui dire de se hâter dans ses achats et refusant de faire un détour dans une boutique pour dénicher un manteau ou une chaude cape en prétextant un retard.
    
    C'est ce refus qui expliquait qu'à leur arrivée le lendemain au village en contrebas de Poudlard, il avait dû marcher sous une pluie battante et glacée.
    
    Mais ça, le professeur Snape ne le savait pas, songea Calixte avec amertume.
    
    Il était fatigué. Il y a plusieurs jours qu'il dormait mal, l'angoisse et la peur lui tenaillant le ventre. C'était à cause de M. Baptist -évidemment, de son arrivée dans une autre école, de l'attaque de Ster-Elorn, et de ceux qu'il avait croisé ce jour-là. Rien que le fait d'y penser le rendait nauséeux.
    
    Il n'avait pas d'attache ici, et l'accueil de son directeur de maison n'avait pas été des plus chaleureux. Pas plus que celui du préfet de Serpentard, qui avait très tranquillement insinué que des gens pourraient lui chercher personnellement des noises s'il s'avisait de prendre des positions inconvenantes.
    
    Que de gentillesses... pensa-t-il tristement.
    
    Un nœud de désespoir lui serra la poitrine et lui comprima la gorge.
    
    Il n'avait personne.
    
    Abandonnant la colonne de bois contre laquelle il était appuyé, il retira ses chaussures et, sans prendre la peine de se changer, referma les rideaux émeraudes autour de lui. Puis il ferma les paupières et s'endormit rapidement.

Texte publié par Vibrato, 4 août 2015 à 18h20
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Tome 1, Chapitre 1 « Un Peverell à Poudlard » Tome 1, Chapitre 1
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