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Tome 1, Chapitre 2 « Olivia » Tome 1, Chapitre 2

    Audrey emmena Olivia et Peter un peu à l’écart pour discuter plus discrètement de ce qui s’était produit. Juste au moment où Peter expliquait dans les détails comment Walter avait repéré le vortex, Nathan les rejoignit. Même sans avoir entendu le début de la conversation, il en capta très vite l’essentiel et interrompit abruptement Peter.
    
    — Comment est-ce possible ? Je croyais que le docteur Bishop avait dit qu’il fallait que la frontière entre les univers soit déjà affaiblie à un endroit donné pour que le vortex puisse la briser ? - Il fronça les sourcils avant de poursuivre - Est-ce que... est-ce que le fait que des Shapeshifters aient traversé vers notre univers ici, à Haven, a pu jouer un rôle ?
    
    Olivia ne put s’empêcher de sourire légèrement. Le lieutenant Wuornos avait décidément été non seulement un cobaye conciliant mais aussi un élève très attentif lorsque Walter l’avait assommé de ses explications embrouillées. A dire vrai, le point qu'il soulevait à présent était précisément l’une des questions qui intriguait le plus Olivia à l'heure actuelle. Néanmoins, la priorité n’était pas le « comment » de l’affaire mais plutôt ses répercussions.
    
    — Nous en savons encore peu sur ce qui est arrivé, lieutenant, répondit-elle donc d’un ton professionnel. C’est pour le découvrir et vous aider à faire face à ce qui se passera ensuite que nous sommes ici.
    
    — J’avais cru comprendre que si Archer ouvrait un vortex vers l’autre côté, ce serait un cataclysme, interrogea Audrey. Et ici, voyez vous-mêmes : on a « seulement » si j’ose dire, un morceau de bâtiment effondré…C’est impressionnant mais pour Haven, ce serait presque la routine.
    
    Elle désigna d’un geste vague les décombres. Olivia embrassa la scène d’un regard circulaire et s’arrêta sur Walter, qui n’avait pas attendu le « voyez vous-mêmes » d’Audrey pour aller effectivement voir lui-même et déranger sans vergogne les volontaires qui déblayaient. Le vieil homme se livrait à présent fébrilement à un tas de relevés mystérieux et criait par-dessus le bruit ambiant des ordres à Astrid qui déballait du matériel. Olivia vit alors une espèce de géant blond s’approcher du scientifique pour essayer de lui faire dégager le terrain. Elle s’apprêta à les rejoindre et à sortir son insigne du FBI mais Nathan l’arrêta d’un geste de la main.
    
    — C’est Dwight, expliqua-t-il laconiquement. Il nous aide à… « balayer sous le tapis », disons, les conséquences des phénomènes. Je vais aller lui dire de laisser Walter tranquille.
    
    Rassérénée, Olivia se tourna à nouveau vers Peter et Audrey.
    
    — Pour l’instant les conséquences ont l’air limitées, disait le jeune homme. Mais selon Walter, il faut s’attendre à des problèmes plus importants à court terme. Il a parlé de « répliques » possibles.
    
    — Des répliques ?, fit Audrey d’un air perplexe.
    
    Peter eut une mimique pleine d’une ironie à peine voilée.
    
    — Une analogie avec les tremblements de terre, je suppose, c'est souvent ainsi que Walter se fait comprendre. Tout le monde semble penser que j'ai une espèce de décodeur intégré pour traduire ce que raconte mon père, mais même pour moi, il n’est pas toujours clair. Ce qui est clair par contre, c’est que cette ville est particulière à plus d’un titre. Il semblerait que vos fameuses infections ne sont pas la seule curiosité locale.
    
    Audrey baissa les yeux et rejeta une mèche de cheveux en arrière.
    
    — Comme si Haven n’était pas déjà assez spéciale comme cela et n'en souffrait pas suffisamment, murmura-t-elle.
    
    Puis elle redressa la tête d’un air décidé et reprit :
    
    — Avant toute chose, il faut trouver comment ramener ici ceux qui sont passés de l’autre côté.
    
    Olivia se doutait bien que cette réaction se présenterait et en ressentit un léger pincement au cœur.
    
    — Je ne peux pas vous promettre que cet objectif sera prioritaire, dit-elle en affichant un air de compassion qui était très sincère. Mais nous ferons ce qui est en notre pouvoir, vous avez ma parole. Il nous faudra collaborer à nouveau et cela impliquera aussi certainement la coopération d’autres personnes de la ville… Je compte sur vous pour nous guider et faire comprendre aux gens que dans cette affaire, le FBI n’est pas votre ennemi.
    
    Dans le regard d’Audrey, Olivia lisait un profond désarroi et une forme de colère qu’elle comprenait trop bien. Elle aussi connaissait des moments où la frustration de n’avoir aucune maîtrise sur les événements la taraudait. Pour Audrey, habituée à gérer ce qu’on appelait ici les « infectés », la confrontation avec ce « Fringe Event » devait être passablement déstabilisante. Certes, ce phénomène était bel et bien issu indirectement d’une infection, mais cette fois les talents du lieutenant Parker ne pouvaient d’aucune façon remédier à la situation. Et de plus, le drame s’était produit en sa présence, ce qui était assez étonnant en soi, d'ailleurs.
    
    — Comment est-ce arrivé exactement ?, reprit Olivia. Vous nous aviez assuré que vous pouviez aider Archer à maîtriser ses pouvoirs.
    
    Audrey soupira.
    
    — Disons qu’il y a eu… un malentendu. Duke était présent et Archer s’est imaginé des choses qui n’avaient pas lieu d’être, affirma-t-elle avec une conviction discutable.
    
    Olivia se demanda si le lieutenant Wuornos aurait la même version de l’affaire et machinalement, elle jeta un coup d’œil à ce dernier. Il venait de se faire embrigader par Walter pour donner un coup de main à Astrid et ne prêtait pour l’instant plus oreille à leur conversation. Les bras déjà chargés d’échantillons en tous genres, il tentait de suivre les desiderata du vieux scientifique du mieux possible, tout en essayant de ne pas se casser la figure tous les deux pas. C’est que patauger dans les gravats avec les mains pleines, quand on a le sens du toucher complètement hors service, ce ne devait pas être facile.
    
    — Archer a dû être vraiment très effrayé, dit Peter. Les relevés que nous avons vu à l’écran étaient impressionnants.
    
    Audrey haussa les épaules avant de répondre et Olivia vit qu'elle grimaçait légèrement, sans doute à cause d'une douleur consécutive à son séjour sous les décombres.
    
    — C’était la première fois qu’il reprenait conscience après ce que les Shapeshifters lui avaient fait subir. Je crois que cela a joué sur son état de stress.
    
    Olivia se contenta d'un haussement de sourcils en retour.
    
    — Il me faut un laboratoire !, asséna soudain Walter d’une voix forte en revenant vers eux.
    
    Il avait parlé d’un ton impérieux et calme, comme quelqu’un à qui il semble naturel d’être obéi immédiatement. Audrey se tourna vers lui, avec un air presque soulagé qu'il les interrompe ainsi .
    
    -Je suis sûre qu'on peut vous arranger cela, docteur Bishop, déclara-t-elle de suite.
    
    Elle pivota sur elle-même, balayant du regard les alentours à la recherche de quelqu'un ou de quelque chose puis émit un petit « ha » satisfait et fit un grand signe de la main aux deux journalistes qu'Olivia avait aperçus plus tôt. Comme il se devait pour des hommes de presse, ils étaient bien entendu restés fouiner à proximité même après avoir été évincés de la conversation des forces de l'ordre. Et comme il se devait également, ils ne se firent pas prier lorsqu'Audrey les convoqua de cette façon cavalière.
    
    -Les frères Teagues, commenta celle-ci pendant qu'ils approchaient. Haven et ses habitants n'ont pas de secrets pour eux. Si seulement l'inverse était aussi vrai, ajouta-t-elle avec une pointe d'aigreur dans la voix.
    
    Olivia faillit lui demander ce qu'elle voulait dire mais les deux hommes étaient à présent tout près.
    
    -Dave, Vince, dit Audrey sans faire de chichis pour les présentations, voici l'agent Dunham, le docteur Walter Bishop et son fils Peter. Ils sont ici pour nous aider et Walter aurait besoin d'un lieu approprié pour établir un laboratoire. Si quelqu'un peut lui trouver cela, c'est bien vous, pas vrai.
    
    Dave prit une mimique solennelle et ouvrit la bouche, pour acquiescer peut-être ou pour poser une question, mais que ce soit l'un ou l'autre, il n'en eut pas l'occasion.
    
    -Il faudra aussi prévoir le matériel de base, intervint en effet Walter d'une voix grave. Microscope à cohérence optique, des échantillons de sang de donneurs anonymes, 20 kilos de silicone et un Bos taurus de deux ans, pur-sang, avec un taux de graisse moyen de 2,37%.
    
    -Un quoi ?, demandèrent Dave et Vince à l'unisson.
    
    -Une vache, fit tranquillement Peter. Et en voyant l'air stupéfait des deux hommes, il ajouta : Ne me dites pas que vous n'avez rien d'autre que des homards, dans le Maine ?
    
    - Idéalement j'aurais emmené Gene avec moi mais il semble que c'était impossible, intervint Walter d'un ton plein de regrets.
    
    -Le voyage aurait été stressant pour elle, Walter, lui rappela gentiment Olivia.
    
    Dave regardait les autres d'un air suspicieux.
    
    -Hé bien, finit-il par dire, oui, bien sûr, il nous reste des vaches.
    
    A la façon dont il avait formulé cela, Olivia pensa que de malheureux bovins avaient dû faire régulièrement les frais des curiosités locales de Haven.
    
    -Fantastique, lança Walter avec un enthousiasme non-feint. Dans ce cas, mon cher, vous serez bien aimable de me préparer tout cela sans attendre. Et si vous pouviez rajouter à la liste deux douzaines de pigeons, de la ginger ale et un stock de caramel. Je meurs de faim.
    
    Sur ce, il s'éloigna rapidement pour retourner à ses relevés. Dave avait l'air aussi estomaqué que s'il avait mangé sa casquette et qu'il en avait avalé un morceau de travers.
    
    -Mais pour qui il se prend, ce vieux fou ?, ne put-il s'empêcher d'éructer.
    
    Olivia se retint à grand peine de sourire et vit qu'Audrey faisait pareil. Mais leur amusement fut de courte durée. La sonnerie du portable de Nathan se fit entendre. Lorsqu'il décrocha, sa mine déjà fermée sembla s'assombrir encore plus. Où ça ?, demanda-t-il à son correspondant. Et le regard lourd de sens qu'il posait sur Audrey ne laissait aucun doute : quelque soit ce que Walter entendait par « répliques », cela venait de commencer.

Texte publié par Spacym, 9 juillet 2015 à 14h54
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