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Tome 1, Chapitre 12 « Duke » Tome 1, Chapitre 12
- Il faut que tu restes près de lui, Nathan, disait une voix féminine douce mais ferme. Tu pourrais être le mieux placé pour lui parler quand il se réveillera. Et ces menottes ne sont vraiment pas nécessaires.
    
    Se débattant dans une semi-conscience, Duke se concentra pour identifier cette voix et comprendre le sens de ses paroles. Sans succès. Puis seulement, il commença à réaliser qu’il ignorait où il se trouvait. Il sentait confusément des électrodes sur son torse et une aiguille plantée dans son bras. Etait-il à l’hôpital ? Dans un effort qui lui sembla énorme, il lutta pour ouvrir à moitié les paupières. Suffisamment pour apercevoir une jolie jeune femme blonde penchée sur lui. Pas une infirmière, d’après ses vêtements. Elle portait un tailleur et une arme à la ceinture. Une flic, jugea-t-il rapidement. Ce qui semblait confirmé par le fait que Nathan se tenait auprès d’ elle. Mais celui-ci présentait un visage tellement renfrogné que Duke s’en alarma, se demandant aussitôt ce qui avait pu se produire de si terrible pour lui donner cette mine.
    
    -Je ne ferai confiance à aucune version de lui, commenta Nathan d’un ton morose à l’attention de la jeune femme.
    
    Cette remarque obscure acheva d’un coup de réveiller Duke qui s’assit brusquement.
    
    Ou du moins, il tenta de le faire. Non seulement la tête lui tournait, mais en plus, son poignet était attaché au lit métallique sur lequel on l’avait allongé.
    
    -Qu’est-ce que… ?
    
    D’un regard circulaire, il examina ce qui l’entourait. Ce n’était pas un hôpital, ou alors c’en était un de fortune, monté à la va-vite. A Haven, ce n’était pas impossible que des circonstances particulières aient exigé ce genre d’installation… A sa gauche, un vieil homme en blouse blanche lui souriait à demi, l’air très satisfait de lui-même. Il paraissait vaguement familier à Duke, sans qu’il puisse le situer exactement. Duke se tourna à nouveau vers son ami.
    
    -Nathan ? , fit-il en soulevant la main pour mettre les menottes qui l’entravaient en évidence.
    
    La jeune femme blonde lança un regard sévère à son collègue et sortit des clefs, bien décidée à détacher le captif. Stupéfait, Duke se rendit compte que Nathan esquissait un geste pour l’en empêcher. Il fouilla sa mémoire, essayant de comprendre ce qui avait bien pu causer chez son ami cette attitude hostile à son égard. Lui avait-il joué un mauvais tour récemment? Malheureusement, ses souvenirs des derniers jours étaient imprécis. Il se rappelait vaguement un incident dans une maison de retraite, une intervention de la Fringe Division, la suite se perdait dans un étrange brouillard.
    
    -Qu’est-ce qui m’est arrivé ?
    
    -Tu ne t’en rappelles pas ?
    
    A nouveau, le ton agressif de Nathan le désarçonna quelque peu.
    
    -Il serait tout à fait normal que ses souvenirs datant d’avant l’incident ne soient pas clairs, intervint le vieil homme comme pour l’excuser. Allez-y doucement.
    
    -Vous pourriez commencer par me dire qui vous êtes, fit Duke. A part Nathan, qui me fait la gueule pour une raison que j’ignore, je ne connais personne ici. Enfin, je crois. Je n’ai tout de même pas oublié une jolie fille telle que vous ?, ajouta-t-il en adressant un clin d’œil à la femme flic.
    
    Celle-ci étouffa à grand peine un petit rire, pendant que Nathan détournait la tête avec un soupir énervé.
    
    -Qu’est-ce que j’ai dit de si grave ?, l’interrogea Duke.
    
    Comme il prononçait ces mots, son regard tomba sur la chemise qu’on avait du lui ôter pour le soigner et qui était posée à côté de lui. D’un blanc immaculé à l’origine, elle présentait de petites taches , comme une fine pellicule givrée de teinte jaune orangée. Une image fugace lui traversa alors l’esprit : il était dans une pièce close et une brume diffuse de cette même couleur l’enveloppait. Il étouffait. Il essayait de trouver un moyen de sortir, mais il savait que c’était sans espoir. Au travers d’une fenêtre, il apercevait Nathan et Dwight qui tentaient de désamorcer quelque chose. Peut-être un système de mise en quarantaine. Oui ! C’était cela ! La Division avait mis la maison de retraite en quarantaine et…
    
    Un spasme brusque lui serra la gorge et il eut l’impression d’étouffer à nouveau. Il sentit ses battements de cœur s’emballer.
    
    -Astéroïde, s’exclama le vieil homme en s’adressant à une personne qui était hors du champ de vision de Duke, passez-moi la seringue. Pas de panique, c’est une réaction physiologique tout à fait normale, mon garçon. Ca va passer.
    
    Il disait vrai. Quelques secondes et une piqure plus tard, la respiration et le pouls de Duke retrouvèrent un rythme plus calme. Mais les idées se bousculaient dans sa tête.
    
    -Je devrais être mort, déclara-t-il tout à trac à la jolie blonde qui lui demandait comment il se sentait. Cette saloperie d’ambre m’a eu.
    
    Il regarda à nouveau autour de lui et un doute terrible commença à s’insinuer dans son esprit. Il y avait des rumeurs pas plaisantes du tout à propos de l’ambre. Certains disaient que son effet était réversible, mais que la Division le taisait pour ne pas causer de remous, car les zones de quarantaine restaient celées indéfiniment et que le public réagirait mal en apprenant que les gens coincés dedans étaient vivants. On racontait même que des scientifiques en libéraient parfois certains sujets pour s’en servir comme cobaye.
    
    Est-ce qu’il était aux mains de la Fringe Division ? Et est-ce que Nathan aurait pu être impliqué là-dedans? Ca paraissait impossible. Nathan ne lui aurait pas fait cela.
    
    -Où est-ce que je suis et qui êtes-vous ?, répéta-t-il un peu plus sèchement.
    
    Nathan et la jeune femme blonde se jetèrent des regards hésitants, puis le jeune homme se décida à répondre.
    
    - Voici Audrey, Walter et Astrid. Quant à moi, je suis bien Nathan, mais je ne suis pas exactement celui que tu connais.
    
    Duke le détailla des pieds à la tête. Non, aucune différence notable sauf qu’il continuait à tirer une tête d’enterrement.
    
    -Je veux bien te croire, ironisa-t-il. Mais laisse-moi deviner, quand tu dis que tu n’es pas "exactement" le Nathan que je connais, tu veux dire qu’on t’a greffé un balai dans le derrière récemment ?
    
    Nouveau soupir énervé.
    
    -L’ambre dans laquelle tu te trouvais s’est retrouvée aspirée vers un univers alternatif, si tu veux tout savoir, cingla Nathan qui semblait ne plus vouloir prendre de pincettes. Je suis donc une version alternative de celui que tu connais.
    
    Stupéfait, Duke refusa d’y croire. Tout cela n’était qu’une gigantesque plaisanterie, forcément.
    
    -C’est cela, s’exclama-t-il. Tu essaies de me jouer une farce. Ce n’est pas drôle du tout, Nathan. Et si c’est pour te venger de l’affaire des décorations de Noël qui ont fleuri en ville en plein mois de juillet, je t’ai dit mille fois que ce n’était pas moi ! C’était une anomalie ! Une bizarre, je te l’accorde, mais je n’avais rien à voir avec ça !
    
    -C’était effectivement un phénomène, laissa échapper la dénommée Audrey à mi-voix, l’air pensif. Mais Nathan dit vrai : tu n’es pas dans ton univers. C’est … disons… une anomalie, justement, qui t’a amené ici.
    
    Bon. Soit tout le monde était complice pour se payer sa tête, soit il y avait autre chose là-dessous. Quoiqu’il en soit, il n’avait pas rêvé s’être fait ambrer. Et quel genre d’esprit tordu irait faire une blague douteuse à quelqu’un à qui ce genre de truc vient d’arriver ? Avec effort, il se redressa, s’assit et toisa tout le monde du regard.
    
    -Parfait. Je suis dans une autre réalité, c’est cela ? Alors il doit y avoir une autre version de moi-même ici. Pourquoi ne pas me le présenter ?
    
    Audrey se mordit la lèvre et croisa les bras.
    
    -Ca va être compliqué. Le même genre de phénomène qui t’a amené ici l’a envoyé, lui, dans ton univers.
    
    -Comme c’est commode, railla Duke.
    
    Des pas se firent entendre derrière la jeune femme et Duke vit apparaitre un visage familier. Au sens littéral, car seul le visage était effectivement tel qu’il le connaissait. Quant au reste…
    
    -Dwight ? , fit-il en fronçant les sourcils. Qu’est-ce que c’est que ce look, mon pote ?
    
    Oubliés la coupe de cheveux stricte et la tenue conventionnelle d’un lieutenant de police, voilà que ce bon vieux Dwight se pointait avec une tignasse en pagaille aux longues mèches indomptées, et une chemise à carreau rouge digne d’un bûcheron du grand Nord.
    
    -Je pourrais t’en demander autant, répliqua le géant blond d’un ton amusé.
    
    -Notre invité a du mal à accepter qu’il n’est pas chez lui, expliqua Audrey au nouvel arrivant. Peut-être peux-tu nous aider à le convaincre ?
    
    Dwight haussa un sourcil.
    
    -Pour commencer, baladez-le en ville et il verra comment réagissent ceux qui connaissent notre Duke, rien qu’en le voyant sapé ainsi, proposa-t-il en souriant.
    
    -C’est une idée, fit Audrey pensivement.
    
    -Non, c’est hors de question, intervint Nathan.
    
    -On le garderait à l’œil, évidemment, répliqua la jeune femme. Walter, ajouta-t-elle en s’adressant cette fois au vieil homme, pensez-vous qu’il serait en état de marcher et de nous accompagner assez rapidement ?
    
    Ledit Walter posa à nouveau un regard plein d’assurance sur son patient.
    
    -Le temps de lui faire passer quelques tests par précaution, ma chère, et il sera tout à vous.
    
    D’un geste, il invita son assistante à approcher avec du matériel de prélèvements, pendant qu’Audrey, Nathan et Dwight s’éloignaient pour aller continuer leur conversation à quelques mètres de là. Et cela paraissait assez animé. Duke n’entendait pas ce qui se disait mais il n’avait pas vraiment besoin de sous-titres pour en saisir l’essentiel : cette Audrey était d’avis de lui accorder une certaine confiance, Nathan non. Et cette constatation le perturbait.
    
    En attendant, avec adresse, Astrid l’avait débarrassé des électrodes et de la perfusion, puis elle s’était mise en devoir d’effectuer les prélèvements réclamés par Walter.
    
    -Voyons si vous tenez debout, fit-elle ensuite.
    
    Il appuya avec prudence ses pieds sur le sol et sentit brièvement ses jambes flancher. Astrid lui prit le bras avec douceur, puis le relâcha en constatant qu’il ne vacillait plus.
    
    -Ca va aller, merci.
    
    -Vous êtes sûr ?
    
    Oui, il en était sûr. Il ne savait pas exactement ce que ce Walter avait fait, mais il se sentait maintenant tout à fait bien, sur le plan physique du moins. Il tourna un regard curieux vers Astrid.
    
    -Vous le connaissez, mon soi-disant double dans ce soi-disant univers alternatif?
    
    Astrid eut une moue empreinte d’approbation, comme si elle était contente de le voir commencer à croire ce qu’on lui avait raconté.
    
    -Très peu, mais je l’ai rencontré, oui.
    
    -Et c’est quel genre de type ?
    
    Il soupira tout en posant cette question, réalisant qu’il était en train de réellement ajouter foi à cette histoire de fous. On était à Haven, après tout. Le voyage vers d’autres univers serait une nouveauté en termes d’anomalies mais, entre les gens figés dans le temps, les pluies de grenouilles et les phénomènes électro-magnétiques inexpliqués, il restait certainement de la marge pour quelques autres bizarreries.
    
    Astrid parut réfléchir quelques instants à la réponse adéquate, puis elle sourit.
    
    -Il se définit lui-même comme un criminel avec un cœur de bisounours. Et pour le peu que je l’aie côtoyé, je crois que c’est assez vrai.
    
    -C’est tout à fait vrai, intervint Audrey qui revenait vers eux. C’est un ami et nous travaillons d’ailleurs activement à une solution pour le récupérer.
    
    -Nous ?, fit Duke d’un ton dubitatif en fixant des yeux Nathan qui sortait du bâtiment. Est-ce que lui, là, est vraiment pressé de le récupérer, mon double ?
    
    Audrey suivit son regard et haussa les épaules.
    
    -Ils ont un passif tous les deux, commenta-t-elle. Ne me demande pas quoi, si je le savais précisément, je les aurais déjà empoignés chacun par une oreille et je les aurais obligés à mettre les choses à plat une bonne fois pour toutes.
    
    Duke grimaça un demi-sourire.
    
    -Avec « mon » Nathan, fit-il en mimant les guillemets avec les mains, j’ai eu quelques embrouilles aussi . Mais là ça a l’air plutôt sérieux.
    
    Tout en parlant, il avait dénoué ses cheveux et tenté d’en faire tomber quelques pellicules d’ambre qui y étaient collées avant de les rattacher à nouveau . Après quoi, il ramassa sa chemise et se mit en devoir de l’enfiler pendant qu’Audrey s’asseyait à côté de lui.
    
    -Nous ne sommes pas spécialistes en univers alternatifs, dit-elle doucement. Walter nous a expliqué que ce qui différenciait deux réalités étaient des choix différents que les gens faisaient. Mais que grosso modo, les traits de caractères dominants restaient semblables entre plusieurs versions d’une même personne. Pour Nathan, ça signifie que tu es forcément malhonnête, par exemple.
    
    Duke ne demanda pas de précisions sur ce que Nathan appelait « malhonnête », il termina de boutonner sa chemise et jeta un regard en biais à la jeune femme.
    
    -Et pour toi ?
    
    -Moi, je préfère parier que, comme le Duke que je connais, tu as un bon fonds et que tu es assez malin pour reconnaitre un deal intéressant quand on t’en propose un.
    
    -C’est donc cela. Tu as un deal à me proposer.
    
    Il esquissa un geste l’invitant à le lui exposer.
    
    -On a tout intérêt à travailler ensemble, tu ne penses pas ? Comme je te l’ai dit, on veut récupérer notre ami. Seulement, on ignore à peu près tout de ton Haven, en quoi il est pareil au nôtre et en quoi il ne l’est pas, cela va rendre difficile nos recherches pour le retrouver. D’une certaine manière, tu es lui. Réfléchis à ce que tu ferais si tu étais dans sa situation. Indique-nous des endroits où tu aurais cherché refuge, des noms, des lieux. Fournis-nous des informations, et nous on te permet de rentrer chez toi.
    
    Si c’était une ruse pour lui arracher l’une ou l’autre information, elle était élaborée et Duke ne voyait pas bien à quoi aurait rimé cette comédie. Il resta pensif un moment, cherchant l’astuce sans l’entrevoir.
    
    - Est-ce que ça marche, ce genre de plan, avec mon double ?, dit-il d’un ton mi-sérieux mi-taquin. Tu lui fais ton plus beau sourire et tu l’embobines ? Ou il te demanderait tout de même des preuves de ce que tu lui racontes, non ?
    
    -Tu sais, je t’emmènerais avec plaisir faire un tour de la ville histoire de t’apporter quelques preuves, comme je le disais plus tôt à Dwight, mais la situation est assez compliquée pour le moment. Ton arrivée ici n’est pas la seule anomalie qu’on ait connue. C’est comme si deux réalités étaient en train de complètement se mélanger . Là, Nathan est reparti parce qu’on a eu un incident au port. Figure-toi qu’un bateau fantôme en a percuté un autre avant de disparaitre à nouveau. Et les marins prétendent s’être vus eux-mêmes dans l’autre navire. Tu vois le genre ?
    
    Duke haussa les épaules.
    
    -Je vois surtout que vous n’avez pas plus de contrôle sur ce qui se passe ici que nous n’en avons sur les anomalies qui se produisent de notre côté. Mais je suis censé croire que vous savez comment me renvoyer chez moi ?
    
    -J’ai l’impression que les anomalies fonctionnent assez différemment chez toi, fit Audrey. Et ça change tout.
    
    Elle lui fit signe de la suivre et ils se dirigèrent vers une autre partie de l’entrepôt dans lequel ils se trouvaient, accompagnés par Walter et Astrid. Plusieurs personnes travaillaient là-bas à assembler de petits appareils électroniques. Un homme et deux jeunes femmes discutaient à quelque distance. C’est vers eux qu’Audrey le guida.
    
    -Voici Peter, le fils de Walter. Et Olivia, fit-elle en désignant deux de ces personnes.
    
    -Et Sélina Archer, compléta Duke lui-même. Elle, je la connais.
    
    Ladite Sélina afficha un air étonné.
    
    -Je ne me souviens pas vous avoir rencontré. Je ne vis plus à Haven depuis longtemps, ajouta-t-elle en manière d’excuse.
    
    -Un choix diffèrent d’une réalité à l’autre, commenta simplement Peter.
    
    -Dans cet univers-ci, continua Audrey, la famille de Sélina peut causer accidentellement des phénomènes du genre de celui qui t’a amené ici. Son cousin a, bien involontairement, déclenché tout ce qui se passe ces jours-ci. Et il s’est retrouvé dans ton univers, lui aussi.
    
    Duke fronça les sourcils. Il commençait à voir où la jeune femme voulait en venir.
    
    -Donc, vous pensez que Sélina pourrait me ramener chez moi ?
    
    -Non, intervint Walter. Pas seulement elle. Elles trois.
    
    Il désigna d’un geste ample Audrey, Olivia et Sélina avant de continuer avec emphase.
    
    -Ce sont les dons spéciaux de ces trois merveilleuses jeunes femmes qui vous ramèneront chez vous.
    
    Le vieil homme affichait un sourire extatique presque effrayant. Et curieusement, les trois merveilleuses jeunes femmes en question avaient l’air nettement plus inquiètes que flattées.
    

Texte publié par Spacym, 20 août 2015 à 10h29
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