Pourquoi vous inscrire ?
«
»
Lecture

Connor s’affala sur le sol, affaibli. Le sang continuait de s’échapper par la large plaie malgré les tentatives de Myria, pour endiguer le flot. Elle tentait de panser sa blessure, tout en jetant des regards épouvantés sur la porte de pierre qui tremblait sous les assauts furieux de ce qui se trouvait derrière.

— Quelqu’un frappe à la porte, murmura-t-il.

Myria lâcha un rire nerveux. À genoux de l’autre côté, serrant le coffret contre elle, Morgause le fixait avec sérieux.

Debout entre eux et le danger, son pistolet dans la main droite et son sabre dans la gauche, Epithor lança entre ses dents serrées :

— Il faut ficher le camp d’ici !

— Il ne peut pas se déplacer dans son état ! répondit sa sœur

Myria pâlit quand elle comprit la signification du regard qu’elle lui lança. Elle se tourna vers Morgause.

— Morgause…, tu ne peux pas…

La main aux doigts fins de l’ensorceleuse se posa sur celle qui tenait le bras de Connor.

— Je m’en occupe, répondit-elle d’une voix douce. Trouve-nous la sortie que le plan indique.

Myria hocha la tête et bondit sur ses pieds. Sans se préoccuper de ses mains souillées de sang, elle disparut au fond de la salle. La porte trembla une fois de plus sous les coups. Des fissures se créaient de chaque côté. Quel que soit l’enchantement qui avait permis à cet endroit de conserver sa splendeur malgré les millénaires, il n’était pas assez puissant pour contrer ce qui allait se jeter sur eux.

— Partez ! souffla Connor.

Ayant posé le coffre sur le sol, Morgause serrait la plaie d’une main et elle posa l’autre sur la joue du scribe, attirant son attention. Celui-ci sourit faiblement.

— J’avais oublié les clauses invisibles.

La magicienne fronça les sourcils, perplexe.

— Le dernier contrat que j’ai signé avec toi ne mentionnait pas le sacrifice…

— Je n’avais pas prévu que…

Morgause se mordit les lèvres.

— J’ai hésité, chuchota-t-il. Jusqu’au dernier moment. Les clauses invisibles, je connais, tu sais. Je les ai attendues toute ma vie de prêtre, pour te prouver que j’étais digne de toi, pour te rejoindre comme tu le promettais. Mais c’étaient des mensonges. La déesse Isis ne tenait pas à moi, à nous. J’ai essayé de les éviter. Mais finalement, ce sont les plus importantes.

L’ensorceleuse se figea, ses yeux s’agrandirent de stupeur. Les coups persistaient, de plus en plus réguliers. Morgause avait l’impression que son cœur battait au diapason de ce bruit.

— Depuis quand as-tu compris ? murmura-t-elle.

— Depuis que j’ai déchiffré la carte. C’est le dernier… fragment ?

— Le dernier, oui.

— Alors, tu vas enfin pouvoir passer à autre chose.

Le cœur serré, Morgause contempla le visage blafard du prêtre déchu. Connor parvenait à peine à garder les yeux ouverts. Elle serra davantage son bras blessé, mais c’était peine perdue face à la gravité de sa blessure et à la quantité de sang qui imbibait les bandages. Son regard glissa sur le coffret. Puis son visage se durcit.

— Connor, je te propose un nouveau contrat. Rejoins notre petite société d’explorateurs. Sans clauses invisibles.

Le blessé parvint à rouvrir les yeux et son regard plongea dans les prunelles pailletées d’étoiles de Morgause.

— Il y en a toujours. Et c’est un peu tard.

— Tu sais bien que non.

Soudain, le sol trembla ; l’épaisse porte se fracassa sur le sol, soulevant un nuage de poussière et de roches. Epithor poussa un cri :

— Morgause !

— Connor, c’est maintenant !

— Sankhua… Mon nom est Sankhua. Et j’accepte.

Un pas lourd résonna alors dans la salle au moment où une chaleur irradiante se répandait dans le corps du scribe. Il ne put retenir un hoquet de surprise face à la puissance qui l’envahissait. Sa plaie se referma et il se sentit rempli d’une énergie qu’il n’avait plus connue depuis très longtemps.

— Garde ça, ordonna Morgause, en lui désignant le coffre.

Puis elle se redressa. Sankhua roula sur le flanc, se souleva sur un coude et rapprocha l’artefact de lui. Myria apparut alors et tomba à genoux près de lui, les yeux écarquillés.

— Epithor, recule, lança l’ensorceleuse.

La guerrière ne parut pas entendre sa consœur, le regard fixé sur la créature. Elle écarquilla les yeux et pâlit.

— Il faut qu’elle recule, souffla le scribe en reconnaissant l’être qui s’apprêtait à se jeter sur eux.

— Epithor, insista l’ensorceleuse

Les yeux étincelants de la créature se portèrent alors sur Morgause, qui se plaça entre son amie et elle. Sa gueule s’ouvrit en un horrible rictus.

— Isis, cracha-t-elle.


Texte publié par Feydra, 14 mars 2026 à 17h52
© tous droits réservés.
«
»
Lecture
LeConteur.fr Qui sommes-nous ? Nous contacter Statistiques
Découvrir
Romans & nouvelles
Fanfictions & oneshot
Poèmes
Foire aux questions
Présentation & Mentions légales
Conditions Générales d'Utilisation
Partenaires
Nous contacter
Espace professionnels
Un bug à signaler ?
3445 histoires publiées
1508 membres inscrits
Notre membre le plus récent est Nana54
LeConteur.fr 2013-2026 © Tous droits réservés