Bonjour, je m’appelle Larry. Et toi, comment tu t’appelles ?
Je viens me poser sur la branche de ce chêne pour me présenter à toi. Tu l’auras compris, je suis un oiseau. Et tu te dis probablement « Larry ? Quel drôle de nom pour un oiseau ! ». Mes parents m’ont nommé ainsi en hommage à Larry Bird. C’était un emblématique joueur américain de basketball, dans les années 80. Si tu comprends l’anglais, tu auras saisi le sens de ce nom. Je suis né à San Francisco, en 2006, dans le pays de Larry Bird.
Sans le savoir tu me connais déjà. Je suis le petit oiseau bleu d’un espace cybernétique réputé : Twitter. Lorsqu’un humain très puissant est venu s’installer dans le nid de mes parents, Twitter a disparu. Il a été remplacé par la 24ème lettre de l’alphabet.
C’est le moment que j’ai saisi pour m’échapper du monde des pixels et des pétaoctets. Pour la 1ère fois de ma vie, j’ai pu respirer l’air frais. J’ai pu déployer mes ailes à la lumière du jour. J’ai pu me reposer dans l’obscurité de la nuit. J’ai pu apprendre à vivre, pour de vrai, comme tous les autres oiseaux.
Depuis octobre 2022, ma soif de découvertes m’a porté aux quatre coins du monde. J’ai volé sur les côtes océaniques. J’ai voltigé entre les vagues, au péril de ma vie, lorsque les éléments se déchaînaient. En m’approchant des déserts, j’ai compris qu’il m’était difficile de vivre sans eau. Alors j’ai changé de cap. Je n’étais pas prêt à surmonter un tel défi. Au survol des plaines, dans les moments de tempêtes, j’ai contenu ma curiosité. Je me suis posé, à l’abri, en laissant le tumulte passer. Puis j’ai traversé les forêts, jusqu’à m’approcher des montagnes. J’ai appris à voler sous la pluie, même si c’est plus fatigant lorsque mes ailes sont mouillées. Et j’ai compris qu’en surpassant les nuages, je pouvais retrouver le soleil. Dans ces nombreuses régions du monde, lorsque c’était possible, j’ai aussi appris à ralentir. J’ai ainsi profité de la douceur de vivre.
A travers ces destinations, j’ai observé les animaux. J’ai vu que, comme tous les autres, je suis une proie. Mais je suis aussi un prédateur. J’ai compris que nous chassons pour nous alimenter, vivre, survivre. J’ai compris aussi que certaines espèces peuvent cohabiter en harmonie. Par exemple, quand j’étais en escale au bord des lacs, entre deux longs voyages. Où lorsque je nichais à l’ombre d’un arbre, au bord d’un pré.
En survolant le monde, occupé aussi par l’animal homo sapiens, je l’ai observé attentivement. J’ai vu la capacité des humains à s’entretuer. J’ai vu à quel point ils sont boulimiques des ressources que notre monde nous offre. Plutôt que de s’opposer, j’ai aussi vu certains humains se regrouper. Je préfère retenir ceux qui s’unissent. Ceux qui s’unissent pour insuffler un esprit d’harmonie, de partage, de bienveillance. Je préfère retenir ceux qui s’unissent pour changer le cours des choses. Pour aider toutes les espèces à retrouver un cadre de vie plus supportable à l’avenir. Je préfère retenir ceux qui me font garder espoir. Cet espoir qui me donne envie de chanter, depuis la branche de ce chêne, lorsque le jour se lève.

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