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Les enquêtes du détective John Johnny
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volume 1, Chapitre 2 « Tête-bêche » volume 1, Chapitre 2

John Johnny contemplait son café en sirotant le coucher du soleil par la fenêtre de son bureau. John Johnny est parfois poète. Plutôt deux fois qu’une. Poète poète. Et un camion passe.

« Patron !

— Fletcher !

— Oui, patron ?

— Mes réparties sont trop subtiles. Qu’y a-t-il, Fletcher ?

— Il y a là un monsieur qui veut vous voir.

— Donnez-lui une photo de moi.

— Il en a déjà une, monsieur.

— Alors, que me veut-il ?

— Vous parler, monsieur.

— Ah ! Nous y sommes. Ce monsieur ne veut pas me voir, ce monsieur veut me parler. Ce n’est pas la même chose. Soyons précis !

— C’est pour ça que vous êtes détective et que je ne suis que Fletcher.

— Faites entrer ce monsieur, il n’a que trop attendu. »

Mouvement rapide de caméra, genre zouf… zouf… On voit le type entrer, on revient sur John Johnny, on retourne sur le type. C’est très rapide. Ça se fait, dans le cinéma moderne.

« Monsieur Johnny, je viens vous voir pour…

— N’en dites pas plus, je sais déjà tout. Vous êtes monsieur Yamamoto, né à Tokyo le jour de votre naissance. Vous avez fait vos études en France, vous adorez le jazz, vous détestez le bleu et vous avez une bêche fichée dans le crâne.

— Comment avez-vous su pour la bêche ?

— Le flair. L’intuition. La clairvoyance. Le génie. Le hasard. Peu importe, je le sais, c’est tout.

— Savez-vous pourquoi je suis venu ?

— Aucune idée.

— Je suis venu pour savoir qui m’a fichu cette bêche dans le crâne.

— Là, je dois avouer que vous m’avez pris de court, je ne m’y attendais pas.

— Pouvez-vous mener votre enquête ?

— L’enquête est déjà bouclée, monsieur Yamamoto.

— Diantre ! Plus rapide qu’une valise.

— Ou qu’une ceinture.

— Et quel est le nom du coupable, je vous prie ?

— Sidney, votre jardinier.

— Ça se tient.

— Non, Sidney, pas Sébastien.

— C’est ce que je n’ai pas dit.

— Mille excuses.

— Et comment êtes-vous parvenu à cette conclusion, monsieur Johnny ?

— Quand vous étiez chez vous, tout à l’heure, dans votre salon, vous écoutiez du jazz.

— C’est exact.

— Et pendant ce temps, Sidney bêchait.

— Je comprends mieux.

— Un homme qui écoute du jazz pendant que son jardinier jardine, on jase, vous comprenez ? Et ça suscite la haine.

— De mieux en mieux.

— Donc, c’est clair : le jardinier, dans le salon, avec la bêche.

— J’ai tout compris.

— Il n’était cependant pas seul.

— Que voulez-vous dire ?

— Quelqu’un d’autre était de mèche.

— De mèche avec la bêche ?

— Aussi vrai que la flèche qui lèche l’Ardèche empêche la bobèche qui assèche la pimbêche.

— C’est remarquable !

— De remorquage.

— Et qui est le complice ?

— La jardinière.

— De légumes ? Mais elle était dans la cocotte !

— On s’égare. Faites-moi confiance. Ça sera 500 dollars.

— Je vous fais un chèque.

— Je vous fais un shake ?

— Avec deux glaçons.

— En fait, non, allez plutôt chez le coiffeur.

— Pourquoi ?

— La bêche, là, ça vous fait un vilian épi derrière.

— Bien sûr, où avais-je la tête ?

— Sous la bêche. »

Bientôt, une autre aventure de John Johnny ?


Texte publié par memenne, 11 janvier 2026 à 21h26
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