On le voyait, de ses long bras puissants, écarter les herbes jaunies par le soleil, le regard perçant dans ces champs lointains où le grain dort depuis si longtemps. On le voyait, se hisser convenablement sous les vents et s'approcher, le regard vif, les main parcourus de lignes incertaines et durcis par le temps, les doigts frôlant les cordes soigneusement tendus de son arc, une flèche logée entre le bois frêle d'un érable soigneusement taillé. Il regardait également. D'un geste brusque il le leva. Son bras faillit alors qu'il s'apprêta à tirer, scarifiant sa chair par quelques brûlures mais parvint jusqu'à sa cible, ayant parcourut quelques mètres et se plantant dans un meuglement sec, logée dans son flanc droit. Cette flèche mal assénée ne permit à la bête que d'hurler et faillir dans un bruit sourd, la gueule pourtant grande ouverte. Elle tenta de se lever, désespérément, et son fossoyeur accourra jusqu'à elle, terrifié, maintenant son poing levé et pourvus d'une lame. Le coup fatal au bout des doigt cornu de son créateur, il contempla la bête, le bras hésitant, le regard dans le vide. Il ferma les yeux. Le coups tomba sur le chassé, la bête était morte. Un rire lui échappa.
Il ne lui semblait pas que le jours fut aussi sombre, il ne restait que le champ morne et le vent qui sonnait l'hallalis. La constante universelle des prés fut rétablit, le chaos n'est jamais éternel et succède plus convenablement le silence, aussi terrible puisse-il être. Il scruta la créature, la contempla, dans ses moindres plis, dans la moindre de ses jonctions, ses muscles encore haletant. Un sanglot léger, emporté par la brise, des larmes ruisselant sur son visage de mate. Rapidement, il se leva, découpa à la hâte une partie de son repas et l'accrocha à l'aide d'une corde à l'arrière de son sac. Il jeta un dernier regard, les herbes pliés autours du cerf était dressées en couronne et semblait déjà l'inviter dans les chaudes entrailles de la terre.
D'un coup de botte, son regard était déjà dirigé loin, il courut sur des kilomètres, caché par les herbes, les fourrés. Traversant une rivière aux roches asséchés, sautant au dessus d'une autre alors qu'un maigre filet d'eau se freillait un chemin entre les pierres boueuses. Sa course continuant jusqu'à ce que le jours et le sommeil le rattrapa, il s'arrêta nette, haletant lentement, son dos mutilé par le poids de son fardeau: la mort se posait encore non sans mal sur ses épaules alors qu'il décrochait la corde qui le reliait au morceau de cerf, déposé dédaigneusement sur une bâche qu'il avait sorti alors qu'il contemplait son berceau pour la nuit. C'était une forêt défrichie qui ouvrait généreusement sur ces champs de soleil duquel les herbes pouvaient vous recouvrir entièrement.
Il s'installa dans une sorte de trou que l'environnement lui offrait. Il se disait: La nuit noircit le ciel alors que le soleil, comme dans un dernier geste d'amour, s'empare de la forêt, déposant délicatement un fin draps d'été et d'orange. Il se souvenait enfin: Ce drap délicat, frais du matin, n'étais ce pas là ce qui laissait espérait enfin un sommeil tranquille dans le monde passé ? La journée peut-être, mais avec la nuit ne s'évanouissait pas toujours les ardeurs du soleil, et bientôt souillé dans ces longues nuits d'été de sueur et d'insomnie, on fustigeait la nuit et priait le jours. Ces draps ne sont plus désormais, et les nuit trop courtes pour les gaspiller à ne rien y faire: Il priait la nuit, fustigeait le jours, et s'allongea sur la bâche qu'il avait installé tout en posant son sac au pieds de son lit de mousses et de terre. Il rêvassa quelques minutes, une gourde à ses lèvres gercées et craquelées par la soif. Il manquait d'eau, et tout ce qu'il venait de boire furent les dernières gouttes qu'il pût espérer. Le regard dans la vague, les lèvres à peine abreuvées, il déboita lentement la chaussure de son pied et révéla ces chaussettes noir de terre et de sang coagulés. Elle formait cette pate noirâtre qui rendait toute tentatives pour la dévêtir difficile, et douloureuse. Il descendit délicatement, les yeux fermés: caressant son tibia. Les dents serrées: sa cheville, puis dans un sanglot soudain il arrêta sa course. Il prit une de ses grandes inspirations par lequel on anesthésie les brûlures et décolla le tissu de ce qui ne ressemblait plus qu'à une sorte de morceau de chair brûlé. Ne brillait au soleil que cette bouche béante qui donnait un air de figue coupée en deux, déversant son amertume au fil de ses veines apparentes. Quelques bandes soigneusement découpées et trempées dans un alcool très fort, voilà le traitement qu'il choisit pour guérir, le seul d'ailleurs.
Il noya lentement sa douleurs dans ce flot d'alcool, dont il n'était même plus sûre si il pouvait en boire. La nuit tâcha le ciel comme de l'encre sur une page blanche. On voyait encore, derrière tout ces flots, une pointe d'intelligence: Il regardait encore le ciel, et quelques flocons de lumière s'était déposait sur cette toile engluée. Il voyait des histoires dans ce ciel, des histoires qui n'avaient jamais été raconté par une voix d'homme. Comme la sienne d'ailleurs. Ca l'avait ému, il s'endormit. Oui, ces draps n'étaient plus désormais, leur blancheur ne recouvreront plus jamais son corps, pas même celle d'un linceul. Comme autant de proie, il vit ses dernières heures s'écouler avant de lui aussi, sombrer dans la constante des prés. Il avait chaud désormais.

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