La sonnerie retentit à six heures, mais j’ai vraiment du mal à émerger. Je me prépare pour la journée : une douche rapide. Je commence ma garde à huit heures.
Déjà sept heures… je dois filer. J’attrape mes clés au passage et je me précipite vers la voiture. Je démarre.
En roulant, je réfléchis et je commence à stresser : il y a énormément de circulation dans Paris. Il ne faut pas plus de cinq minutes pour se retrouver dans un bouchon. Ce qui me met les nerfs à vif et m’empêche de me retenir de crier.
— Allez, avance ! Il y en a qui travaillent !
Une personne sort alors de sa voiture.
— Tu vas arrêter de râler !
Je me tais par peur et je prends mon mal en patience… quelle lenteur.
Avec une demi-heure de retard, j’arrive enfin à l’hôpital. Logiquement, à peine arrivée, je suis convoquée par la responsable de service.
Elle entre après avoir frappé à la porte.
— Entrez.
— Bonjour, Madame Deplanque.
— Oui, prenez une chaise. On va discuter.
— Oui, pas de souci.
— Votre responsable m’a informée d’un retard ce matin. Vous pouvez m’expliquer ?
— Oui, il y a des soucis de circulation. À Paris, les gens roulent comme des tortues, ce n’est pas ma faute.
— La prochaine fois, arrivez à l’heure. Ici, on n’aime pas ça. Ici, on doit être à l’heure, vous avez compris ?
— Oui.
— Alors, à votre poste. Et je n’entends plus parler de vous.
— Oui, Madame.
Je sors de son bureau. Je me suis retenue de pleurer tout au long de l’entretien, mais je sais que ça va sortir.
Et j’avais raison : à peine sortie du bureau, les larmes commencent à couler. Et malheureusement pour moi, c’est à ce moment-là que je tombe sur Thomas.
— Tu es là, Thomas… désolée si je pleure.
— Pourquoi tu pleures ? Si tu veux en parler, je suis là.
— Oui… je suis arrivée en retard ce matin, la direction m’a convoquée, et elle n’est pas contente.
— Laisse cette histoire de côté et continue à faire ce que tu aimes : aider les autres.
— Merci, Thomas. Tu sais, je viens du Nord… ce n’est pas si simple, la vie parisienne.
— Oui, je le sais. Quand je suis arrivé ici, j’étais comme toi : perdu. Je ne savais pas comment faire ni comment comprendre les gens.
— Oui, ici à Paris, les gens ne pensent qu’à eux quand ils roulent. C’est le contraire du Nord, où les gens sont respectueux.
— Désolée, je te laisse, je dois prendre mon poste.
— On se dit à ce soir.
— Avec plaisir, me répond Thomas.
La journée débute, et les premières galères commencent. Madame Caron n’arrête pas de sonner pour rien. Après une nouvelle sonnerie, je me dirige vers sa chambre.
Toc toc.
— Entrez, me dit Madame Caron.
— Bonjour, comment ça s’est passé, votre nuit ?
— J’ai bien dormi, me répond-elle.
— Pourquoi avez-vous sonné depuis un moment ?
Et là, cette dame me sort :
— Où est mon mari ?
Madame Caron a la maladie d’Alzheimer. Je me demande comment lui dire que son mari n’est plus parmi nous, sans la bouleverser.
— Madame Caron, je suis désolée, mais votre mari est décédé il y a quelques années… Vous ne vous en souvenez pas.
Elle me regarde, puis me répond tranquillement :
— Oui… je le sais. Je suis bête, Madame.
Je souris. Au fond de moi, je rigole doucement. Elle est trop marrante, cette dame.
— Madame, je vais demander au docteur de venir vous voir.

| LeConteur.fr | Qui sommes-nous ? | Nous contacter | Statistiques |
|
Découvrir Romans & nouvelles Fanfictions & oneshot Poèmes |
Foire aux questions Présentation & Mentions légales Conditions Générales d'Utilisation Partenaires |
Nous contacter Espace professionnels Un bug à signaler ? |
3414 histoires publiées 1495 membres inscrits Notre membre le plus récent est Matt |