De jour comme de nuit, la volière tanguait sous les pas de ses énormes serres. Les paysages défilaient à l’allure d’un escargot. Des forêts, surtout. Certaines plus denses que d’autres, des montagnes plus escarpées, des rivières plus larges – que la Cigogne enjambait d’un seul coup. Pas une ville, ni même un village à des kilomètres à la ronde ; seulement la nature et cette maison vagabonde. À l’intérieur, la vie continuait au rythme apaisant de sa marche. Cornélia s’adapta assez vite à sa nouvelle vie. Matin : soins en serre. Après-midi : étude des signâcles. Le soir ; bases de mathématiques, de français et d’histoire. Le mercredi, un peu de musique. Une heure durant, les veilleurs daignaient quitter leur étage et se mêlaient à la chorale que menait Arduinna. Là, en revanche, la dernière venue eut bien du mal à contenir ses rires. Qui resterait sérieux face à un groupe de canards et de poules qui se prenaient pour des chanteuses d’opéra ? Puis elle n’aimait pas trop ça, chanter devant les autres. Sitôt que quelqu’un la regardait, sa gorge se serrait et plus aucun son ne sortait. En plus, Prospérine était naturellement dispensée de cette activité.
— Le chant est essentiel à la pratique de l’aerya, répétait Arduinna dès qu’un apprenant se dissipait. Si votre augure ne chante pas, vous ne pourrez jamais activer un signâcle. La moindre des choses est d’essayer de comprendre ce que ressentent vos oiseaux.
Heureusement pour Cornélia, le supplice était de courte durée. Quelques vocalises, quelques lignes sur de vieilles partitions, quelques remontrances sur leur rythme trop mou, leur timbre trop bas et leurs respirations trop courtes, et elle se retrouva libérée jusqu’à la semaine suivante.
Du reste, elle ne rencontra pas de difficulté assez élevée pour lui faire regretter son ancienne école. Son « retard » la forçait à écrire beaucoup plus que les autres. Dès ses premiers jours, elle apprit entre autres les différents types d’oiseaux, leurs manières de voler et de faire leurs nids, leurs régimes alimentaires et ce qui pouvait les rendre malades. Même si elle s’endormait avec la migraine de ceux qui réfléchissent trop, Cornélia tâchait de faire de son mieux. De montrer qu’elle était plus qu’une simple coquille.
Madame Permelin ne lui adressa plus la parole – d’autant qu’elles ne se croisaient qu’à l’heure des repas. Celle-ci souriait souvent, pour ne pas dire toujours, mais c’était une de ces petites mimiques que l’on prêterait plus volontiers à la crispation qu’à la sympathie. En cela, elle ressemblait un peu au vautour borgne qui la suivait comme son ombre. Et puisque tout le monde courbait l’échine sur leur passage, Cornélia n’osa mentionner leur rencontre à personne – pas même à son « père », qui mangeait pourtant à la même table.
Gaspard, comme à son habitude, ne lui parlait pas. Il arriva souvent que la jeune fille l’aperçoive du coin de l’œil, lors des ateliers en serre ou à travers les verrières des salles de théorie. Mais il ne prenait jamais le temps d’une conversation. Il s’arrêtait, vérifiait seulement que tout allait bien, et passait son chemin. Le reste du temps, il restait cloîtré dans ses appartements. Puisque l’engouement autour de « la nouvelle » s’amenuisait déjà, il n’avait aucune raison particulière d’intervenir.
Le soir qui succéda à la chorale, Cornélia frappa à sa porte.
— Qui est là ? tonna-t-il depuis dedans.
— Ce… c’est moi, hésita-t-elle. J’ai… un exercice à faire pour demain. Tu peux m’aider ?
— Je n’y connais rien, désolé.
— M-mais, Oncle Gasp…
La porte s’ouvrit à la volée. Gaspard, les cernes jusqu’au centre des joues, l’attrapa à l’épaule et la tira dans sa chambre. Sitôt sa nièce entrée, il verrouilla derrière lui.
— Fais attention à ce que tu dis ! Ici, je suis censé être ton père.
Ses derniers mots abattirent un silence de mort. Le parchemin que tenait Cornélia se froissa entre ses doigts. Elle s’installa sur une chaise, si près de la poignée qu’on pourrait la croire posée là en cas de besoin de se barricader.
Cette pièce n’avait rien à voir avec le reste de la volière. Trois bougies brûlaient sur une table de verre ovale. Des draps monochromes couvraient le lit, dont le cadre métallique se confondait avec les murs d’un blanc immaculé. Pas une couleur à l’horizon ; l’extrême minimalisme de l’endroit, doublé d’une absence totale d’affaires, de souvenirs ou de papiers qui traînaient le rendait presque effrayant.
— Tu ne peux vraiment pas m’aider, ou c’est encore un mensonge ?
Gaspard reçut son regard comme deux balles en plein cœur.
— C’était il y a longtemps, expira-t-il. J’ai sans doute oublié… mais montre-moi. Je vais voir ce que je peux faire.
Il s’empara d’un stylo et déplia la boule de papier sur son bureau. Au recto, un tableau de huit cases vierges. Au verso, un drôle d’alphabet en spirale surplombait une indication qu’il lut à voix haute :
— Retracez les Huit Activants.
Son visage sembla se froisser comme le parchemin.
— C’est Darwish qui t’a donné ça ?
— Non, c’est madame Lavignon. Elle m’a demandé de finir pour demain.
Sa réflexion dura longtemps. Tellement longtemps que Cornélia finit par se lever, un peu gênée.
— Si tu ne sais pas, ce n’est pas grave… j’irais demander à Prospérine.
— C’est un exercice de Premier Vol. Bien sûr que je le connais. Elle aurait dû te…
L’expliquer. Le mot ne sortit pas. Gaspard comprit soudain que sa vieille amie n’avait pas perdu sa sale manie de garder toujours une longueur d’avance sur lui. Elle voulait le forcer à parler. À pratiquer. Aucun doute possible ; elle ne laisserait jamais une apprenante seule face à un signâcle – à moins d’être certaine qu’elle ne serait pas seule.
Il passa une paume sur ses paupières gonflées.
— Ce que l’on trace dans un signâcle, c’est une projection de notre intention. Pour influencer sur quelque chose ou quelqu’un, on doit donc utiliser l’un des Huit Activants. Comment expliquer… Tu as déjà étudié les éléments ?
— Eau, feu, air, terre, bois, métal, esprit, rétorqua Cornélia machinalement.
Elle tira un petit carnet de son sac, gonflé par un amas de feuilles volantes. Chaque page y était un chef-d’œuvre de découpage-collage, de peinture et de gribouillages. Gaspard admira un instant le journal de bord. C’était dense, pour quelqu’un qui venait d’arriver. Et plutôt joli. Le sien, à son âge, tenait plus du torchon que de l’œuvre d’art.
Un bref rictus passa sur son visage.
— Les Huit Activants fonctionnent pareil, reprit-il. Ce sont simplement les symboles qui permettent les actions primordiales : accélérer, amplifier, attirer, déplacer, ouvrir, révéler, unir… et transmuter. Avec ça, on peut tout faire. Je vais te montrer.
Cornélia retira le bout de son crayon d’entre ses canines. Gaspard s’en empara et retourna la copie. Les vingt-six lettres de l’alphabet formaient une spirale vers l’intérieur, avec le « A » tout en haut, puis le « B » à sa droite, et le « C » encore à droite… jusqu’au Z, à l’exact centre de la roue.
— C’est un peu comme si on traduisait notre langue pour l’aerya. Par exemple, si je veux ouvrir cette fenêtre, je dois d’abord me concentrer très fort, imaginer qu’elle s’ouvre. Puis je trace l’activant correspondant.
Il alluma une bougie supplémentaire et la posa tout près d’eux. Le crayon, tout petit dans sa main épaisse, traça un segment parfaitement droit d’une lettre à l’autre, si vite qu’il manqua de rompre sa mine.
— O-u-v-r-e. Comme ça. Puis je ferme le cercle, mon augure chante, et comme je ne suis pas trop mauvais, la fenêtre s’ouvre.
— Et si je veux la fermer ?
— Tu traces le symbole à l’envers.
— Quoi, c’est tout ? gloussa Cornélia.
— Bien sûr !
Un coup de gomme et Gaspard, les deux coudes sur la table, recommença la démonstration.
— O-u-v-r-e. C’est ouvert. E-r-v-u-o ; et paf ! C’est fermé. Ça peut paraître bizarre au début, mais ça devient vite une habitude.
La lueur vacillante peignait de grandes ombres dans les creux de sa mâchoire. Ses yeux brillaient. Il souriait, et Cornélia lui sourit en retour.
Ça dura longtemps. Le temps que le soleil tombe tout à fait, et que l’odeur vanillée de la bougie ne commence à chatouiller leurs narines.
— Dis, oncle Gaspard… si tu étais ami avec monsieur Basri et madame Lavignon… pourquoi tu n’as pas d’augure ?
Les ténèbres enveloppèrent le visage du policier. Son dos craqua alors qu’il se redressait vivement pour s’appuyer contre un mur, à bonne distance de sa nièce.
— J’étais lié à une tourterelle. Ton père l’avait appelé Tulipe. Grâce à lui, j’étais devenu la risée de ma volière. Mais les harpies… quand elles ont… attaqué… cet été-là…
Ses mains s’animèrent tout à coup. Il les frotta, les secoua et expira une grande bouffée avant de revenir auprès de Cornélia, repliant son exercice pour mieux l’insérer entre les pages de son journal de bord.
— Mal-de-poule ! Mais qu’est-ce que je fais !? Ce n’est pas le moment de discuter, tu as ton devoir à finir ! Si tu crois que je vais le terminer à ta place, ma grande, tu te mets le doigt dans l’œil !
Avant même qu’elle ne puisse réagir, Cornélia se retrouva poussée dans le couloir, sous les regards intrigués des apprenants qui passaient par là.
— Au fait, lança Gaspard depuis l’entrebâillement. Continue comme ça. Je... suis fier de toi.
Et la porte se referma sous son nez.
Le lendemain matin, Cornélia rendit son devoir sans faute, avec la certitude qu’elle ne demanderait plus l’aide de son oncle.
Une semaine passa. Les plaines à l’herbe jaunie par l’été caniculaire avaient peu à peu cédé leur place à d’interminables pans rocheux. La Cigogne montait et montait encore le long d’un sentier sinueux. Le vent hurlait contre les vitres. Parfois, un morceau de pierre tombait contre la toiture et toute la maison accusait le choc. Interdiction absolue d’aller dans le jardin ; depuis les salons du rez-de-chaussée, on apercevait bien assez les ravins qui bordaient la route.
Le hasard – qui se nommait en réalité Karl Müller – finit par attribuer un groupe de corvées à la nouvelle. À la Cigogne, tout le monde mettait la main à la pâte. Cornélia se retrouva donc, le mercredi qui suivit, à préparer le repas de midi en compagnie de Cassandre et quelques autres filles, avec qui elle avait assez peu discuté jusqu’ici.
Une forte odeur de chou embaumait la pièce, malgré les hublots grands ouverts. La fine équipe s’affairait autour des casseroles d’où s’échappaient des amas de vapeur. Ilona, la plus petite d’entre elles, pleurait devant un oignon à moitié coupé. Méline jetait de gros dés de légumes dans le bouillon avec une assurance qui effraya jusqu’au cuisinier.
— Attention aux éclaboussures, quand même ! Ne va pas te brûler…
— J’ai fini de hacher l’ail !
— Quelqu’un a vu la dernière corbeille de pain ?
— J’ai besoin d’un relais pour monter les blancs en neige !
Cornélia, qui n’avait jamais touché à un fouet, aida Cassandre à terminer le dessert. La jeune fille, plus âgée d’un an ou deux, lui montra comment tenir la cadence, bien doser le sucre et le citron, rouler le biscuit et caraméliser la meringue. D’abord, Cornélia craignit de se ridiculiser. Mais puisque Cassandre ne lui tint pas rigueur de ses maladresses, elle en conclut que ce jour-là, quand elles se sont rencontrées, elle devait simplement être de mauvaise humeur – ce qui pouvait arriver à n’importe qui. Ensemble, elles achevèrent de préparer le repas, le servirent, et le débarrassèrent à la fin. Comme si cela ne suffisait pas, elles devaient aussi se charger du nettoyage du réfectoire. Certes, chaque tablée y allait de son coup d’éponge, mais à la fin, il restait tout de même les poubelles à sortir, les assiettes à plonger et le sol à récurer.
Cornélia tira un balai d’un placard dissimulé derrière une tapisserie. Des morceaux d’écorce tombaient de son manche lourd et sinueux, et il n’avait pour rassembler la poussière qu’un fagot de brindilles maintenu par une cordelette. Un petit grelot attaché à son sommet s’agitait à chaque coup contre le parquet. « Si ça, ce n’est pas magique… » songea Cornélia. Mais puisqu’elle n’avait pas augure, et qu’elle n’aperçut aucun signâcle, elle se contenta de l’utiliser comme n’importe quel autre balai.
— Madame a l'intuition fine, à ce que je vois…
Cassandre, l’épaule appuyée contre l’ouverture qui menait à la cuisine, repliait négligemment une pile de torchons inutilisés.
— Ce balai, ce n’est pas n’importe quoi.
« J’en étais sûre » sourit Cornélia à l’intérieur.
— Ah oui ? dit-elle.
Cassandre abandonna sa corvée et se dandina jusqu’à la petite nouvelle, pour lui murmurer à l’oreille :
— Ça se voit, non ? Puis, il y en a quinze autres, dans le placard. Si c’est celui-ci que tu as pris… c’est peut-être parce que tu as senti que… qu’il…
— Quoi ? Tu crois qu’il peut…
L’emprise de Cornélia se serra sur le morceau de bois. C’est vrai qu’elle sentait des choses. Plus qu’avant. Et plus fort. Plus que n’importe qui d’autre. Les sons. Les odeurs. Les sensations. Briar avait dit que l’aerya pouvait se manifester à l’intérieur de certains êtres – mais pas des humains. Mais elle n’était pas tout à fait humaine. Peut-être que les harpies, qui ressemblaient quand même à des oiseaux, n’avaient simplement pas besoin d’augures ? Peut-être que leur aerya était assez forte pour pratiquer la magie ?
— J’ai entendu dire qu’avant les volières, les oiseliers devaient utiliser d’autres formes de transports, renchérit Cassandre. Mais ça s’est perdu, avec le temps. Il paraît qu’il y en a plein qui ont essayé depuis, mais que personne n’a réussi… mais toi, t’es différente, pas vrai ? Ce ne serait pas incroyable ? Tu devrais essayer !
Cornélia rougit.
— Je ne sais pas…
— Allez, essaie !
— Mais comment je…
— Tente un truc, n’importe quoi !
Souffle court, la dernière venue s’écarta de quelques pas. Ni trop près des fenêtres, ni trop près des tables et des chaises. Ce n’était pas le moment de tout casser. Mais si c’était une occasion d’impressionner tout le monde, alors mieux valait tout donner. Un véritable balai volant. Et elle, la première à réussir à le faire décoller. Prospérine serait fière d’elle – et Briar serait sans doute sans voix. Comment était-ce censé marcher ? Gaspard avait dit que les signâcles fonctionnaient à la force de l’intention. Alors elle empoigna le manche à deux mains, le brandit devant elle et ferma les yeux très fort. Elle s’imagina en train de décoller. Elle pouvait presque le sentir. Le vent dans les cheveux. L’apesanteur. L’appel de la gravité. L’adrénaline. La liberté absolue.
Un éclat de rire l’arracha à sa concentration.
Cassandre se tenait le ventre, à demi pliée contre le vaisselier le plus proche. Elle coassait si fort que les autres filles, alertées par le vacarme, déboulèrent dans le réfectoire.
— Zoé ! Méline ! La nouvelle se prend pour Merlin l’Enchanteur ! Hé, Ilona, viens voir !
— Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ?
Cornélia lâcha le balai qui s’écrasa au sol. Les rougeurs sur ses joues laissèrent place à une pâleur de cimetière. Ses membres ne répondaient plus. Chaque gloussement ajoutait un peu plus de plomb dans le creux de son ventre. Elle contint tant bien que mal le brouillard humide qui se formait sous ses paupières. Mais tout ce qu’elle voulait, à présent, c’était disparaître.
Cassandre, qui n’en avait pas fini, retourna le bas de son gilet sur sa tête pour s’en faire un faux capuchon.
— Hocus Pocus, Nostradamus et Alakazam ! À bras-le-balai et Ram-zam-zam !
— Oooh, Cassie… souffla Méline en tâchant de dissimuler son sourire. Ce n’est pas très gentil… tu vas la mettre mal à l’aise !
L’autre cessa aussitôt ses moqueries – mais ne s’empêcha pas de ricaner pour autant. Un ricanement qui arrachait les oreilles de Cornélia.
— Rigole, coquille. C’est juste une blague.
— C’est quoi, à la fin, une coquille ? explosa-t-elle.
Les larmes qu’elle ravalait tant bien que mal éraillaient sa gorge. En retrait, les autres membres du groupe de nettoyage ne s’amusaient plus du tout. Et au milieu de tout ça, devant Cornélia qui serrait les poings, Cassandre goba un réglisse tiré de sa poche.
— Tu sais… les gens qui vivent dans des grosses villes, toute la journée devant leurs ordinateurs, à s’occuper d’on-ne-sait-quoi… tellement focalisés sur leurs petits problèmes qu’ils en ont oubliés comme manier l’aerya. Des carapaces vides et sans intérêt.
— C’est une insulte ?
— Mhm, non… oui… non, pas vraiment. Mais si tu te sens insultée, en vérité, je te comprendrais.
Quelque chose gonflait à l’intérieur, à l’endroit où Cassandre venait de tout effondrer. Là, tout de suite, elle ferait n’importe quoi pour qu’elle se taise. Sa colère prenait plus vite qu’un brasier. Souffle après souffle, elle sentait sa peau brûler. Ses ongles tirer. Ses dents s’acérer. Cornélia n’avait jamais ressenti ça avant. Même devant la harpie. Parce que devant le monstre, elle avait eu peur. Là, elle ressentait de la rage.
Un tintement de cloche résonna depuis le couloir, bien plus petite que celles du beffroi. Le son s’approcha à toute vitesse. Bientôt, une tête passa sous les arches du réfectoire. De grosses lunettes, un nez aussi large que plat, de petits yeux globuleux et quelques mèches grises qui dissimulaient mal les premiers signes d’une calvitie. Le portrait craché du cuisinier.
— Où est Karl ?
— Au garde-manger.
— Très bien. Je voulais vous prévenir que la volière va s’arrêter. Faites attention avec la vaisselle.
— D’accord, Lark, répondit le petit groupe massé autour de Cassandre.
Sitôt le message passé, l’homme s’en retourna par où il était venu, agitant sa clochette en hurlant à travers le manoir :
— Prochain arrêt : Aucun ! Prochain arrêt : Aucun !
La plus jeune des filles, qui comptait parmi les Premiers Vols, se retourna vers les autres apprenantes.
— Aucun… ? Ça veut dire qu’on ne s’arrête pas ?
Cassandre lui tapa sur la tête.
— Mais non ! Aucun-sur-Boularic, idiote ! Tu as ouvert le carnet de voyage, ou tes parents ne t’ont même pas appris à lire une carte ?
Le quatuor s’en retourna dans les cuisines, où les éclats de joie ne tardèrent pas à reprendre de plus belle.
Cornélia resta là, dans le réfectoire.
Seule.

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