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tome 1, Chapitre 13 « Reflets d'illusions » tome 1, Chapitre 13

Chapitre 13 : Reflets d’illusions

Agatha avait l’impression de chuter sans fin dans un puits obscur.

Avait-elle encore des yeux ?

Elle n’entendait ni Feng ni même son propre souffle.

Avait-elle encore des oreilles ?

Pas d’air dans ses vêtements ni dans ses cheveux.

Avait-elle encore un corps ?

Pourtant, elle dégringolait. C’était une certitude.

Ce fut alors que tout se figea.

Était-elle encore en vie ?

Après une éternité, il lui semblait apercevoir quelque chose… des petits points de lumière d’un bleu sombre qui se mouvaient comme les reflets d’une rivière. Des ombres griffues s’amusaient à les troubler. Agatha comprit alors qu’elle regardait le ciel, presque dissimulé par les branches des arbres de la forêt Nox. La clarté de la nuit indiquait que la lune bleue devait être pleine.

Agatha était allongée sur le dos, son corps plaqué sur une surface dure, les mains et les pieds entravés par des liens solides. Haletante, elle tenta de tourner la tête mais une douleur fulgurante lui traversa le crâne et lui brouilla la vue. Un bruissement de plumes parvint à ses oreilles. En tournant difficilement les yeux, elle aperçut un corbeau qui lui lançait une œillade moqueuse. Agatha sentit la panique l’envahir, elle tenta de tirer sur ses liens, gigota dans tous les sens mais rien n’y fit.

— À qui crois-tu échapper ? se gaussa une voix terriblement familière. Tu as eu tort de t’aventurer sur le domaine de la vieille Baba. Tu le sais, ça ? »

Des pas se rapprochèrent de plus en plus. Agatha sentit des sueurs froides perler sur son front et son cœur cogner si fort qu’il résonna dans ses tympans. Bon sang, où était Feng ?

— Ne t’agite pas comme ça. C’est inutile ! Si on m’avait dit qu’un petit rat d’égout comme toi allait me rendre un si grand service, jamais je ne l’aurais cru. »

Un bruit métallique la fit frémir. La jeune fille sentit son cœur palpiter, son souffle se couper. Elle tenta de hurler et de se débattre mais son corps ne lui obéissait plus. Il ne lui appartenait plus. Une main osseuse se plaqua sur sa gorge et la serra. Elle se sentit comme une poule à qui on allait couper le cou. La voix rauque de Baba Yaga incanta dans une langue aux accents terrifiants. Un éclat argenté étincela dans l’ombre. Elle n’entendit pas les dernières paroles de la Noxienne. Elle ne vit que le poignard qui s’avançait vers sa poitrine pour la transpercer. Elle hurla.

*****

Feng courait encore et encore, écartant les branches qui lui griffaient les bras et le visage. Elle ne savait plus pourquoi elle courait mais elle savait que si elle s’arrêtait, elle mourrait. Des ricanements terribles lui parvinrent aux oreilles. Les Cœurs-Vidés voulaient l’attaquer. Pourquoi son idiot de frère avait-il eu l’idée d’aller chercher leurs œufs déjà ? Et tout seul en plus ? Elle atterrit enfin dans un talus pendant que les bestioles poursuivaient leurs chemins en poussant des cris humains. Elle reprit son souffle. Pourquoi avait-elle été aussi lente ? Pourquoi mettait-elle autant de temps à reprendre son souffle, elle qui avait toujours été si endurante à la course ? Et surtout… pourquoi avait-elle eu cette drôle de pensée sur son frère ? Lequel ? Qilin ? Pixiu ? Aussi turbulents qu’ils fussent, aucun n’était assez fou pour aller chercher des œufs de Cœurs-Vidés dans la forêt Nox. Non, la seule folle qui s’y était aventurée, c’était elle. Un détail la fit tiquer. Ces choses s’appelaient donc des Cœurs-Vidés ? Cela leur allait plutôt bien mais comment le savait-elle ? Mais où étaient donc les Torrennias officinalis ? Les avait-il prises avec lui ? Hein ? Mais non, ce n’était pas cela qu’elle cherchait ! Elle cherchait son … mais non… sa… oui, elle cherchait Agatha !

Où était-elle ? Et si Baba Yaga l’avait attrapée ? Elle se releva difficilement et, après un long coup d’œil dans les fourrés, s’extirpa du fossé où elle s’était cachée. Ses jambes semblaient avancer sans qu’elle comprît pourquoi. On aurait dit que deux personnes se partageaient sa tête et prenaient des décisions. Cela n’avait aucun sens. Cette autre Feng savait où elle allait. Elle ne put rebrousser chemin même en apercevant l’horrible maison ! Elle était bizarre. Et… Baba Yaga tentait de tuer quelqu’un ! Quelqu’un qu’elle ne connaissait pas mais que l’autre Feng semblait reconnaître. Elle ouvrit la bouche et cria un nom… plus rien.

*****

Agatha ouvrit les yeux. Des flaques de lumière bleue dansaient, charriées par des branches dénudées. La lune bleue était pleine. Elle était allongée sur une surface dure, les mains et les pieds attachés. La voix de Baba Yaga lui serra la gorge et leva son poignard. Elle hurla et…

Elle ouvrit les yeux, des flaques de lumière bleue dansaient. Oui oui, elle se souvenait. Elle était ligotée pour être sacrifiée une nuit de pleine lune par Baba Yaga. Cela suffisait maintenant ! Elle n’allait pas se laisser faire une troisième fois ! Mais… pouvait-on mourir plusieurs fois poignardée ? Non cela n’avait aucun sens. Agatha vivait la même scène en boucle. Un sacrifice une nuit de pleine lune… de pleine lune ? Non, la lune bleue avait été pleine trois jours auparavant, le soir de la Cérémonie. Astrion lui avait même tenu la jambe parce que la pleine lune affichait une lumière rouge. Des branches dénudées ? Comment était-ce possible en plein été ? Déboussolée, elle se tortilla pour échapper aux liens, sans succès. Pourquoi son corps avait-il l’air aussi long ? Le corbeau ricana, la main de la sorcière s’écrasa sur sa gorge, le poignard se leva et s’abaissa sur son cœur.

— Siobhaaaaaaaaaaaan !

Une voix de garçon. Agatha avait une voix d’adolescent en train de muer. C’était pour cela qu’elle avait l’impression d’avoir des bras et des jambes qui faisaient le double de leur longueur habituelle. C’était pour cela que son souffle était si rauque. Elle était… un garçon. Du moins, dans la tête d’un garçon. Voilà pourquoi elle ne pouvait pas s’exprimer comme elle voulait le faire. Le croassement moqueur du corbeau lui vrilla les oreilles une fois de plus.

— À qui crois-tu échapper ? se gaussa une voix terriblement familière. Tu as eu tort de t’aventurer sur le domaine de la vieille Baba. Tu le sais, ça ? »

Baba Yaga lui parlait… enfin plutôt au garçon. Où était Siobhan ? Elle devait s’occuper des œufs de Coeurs-Vidés, elle avait insisté. Lui devait s’occuper des Torennias Officinalis… mais comment Agatha le savait-elle ?

La voix de Baba Yaga, plus proche cette fois, lui dit alors :

— N’aie pas peur, petit rat. Tu ne souffriras pas. Ta mort servira la plus grande cause du Vieux Monde et de l’Outremonde. Ton petit sacrifice servira au bien de toute l’humanité ! »

À nouveau, la main se plaqua sur sa gorge. Siobhan, aide-moi, je t’en prie. Je n’aurais pas dû t’embarquer là-dedans ! Le garçon connaissait-il donc sa mère ? Les pièces du puzzle s’assemblèrent. Quand sa mère s’était aventurée dans la forêt Nox, elle était accompagnée de…

— Siobhaaaaaaaaaaaan !

Des flaques de lumière bleue dansaient, charriées par des branches dénudées. La lune bleue était pleine. Encore raté !

*****

Feng courait encore et encore, comme si elle était poursuivie par des démons. Ou plutôt des Coeurs-Vidés. Ils étaient revenus et lui volaient après pour lui gober les yeux. Pourquoi son idiot de frère avait-il eu l’idée d’aller chercher leurs œufs déjà ? Et tout seul en plus ? Elle atterrit dans un talus pendant que les bestioles poursuivaient leurs chemins en poussant leurs horribles cris humains. Elle reprit difficilement son souffle. Eh ! Mais elle avait déjà vécu cette scène peu de temps avant… une infinité de fois même ! Elle se rappela enfin. L’autre Feng qui savait où elle allait, Baba Yaga qui allait sacrifier un garçon. Il avait crié un nom. Lequel déjà ? Feng contempla aussitôt, ses mains, son corps, ses cheveux. Sa taille s’était épaissie, sa peau avait blanchi, toute parsemée de taches de rousseur sur les bras, ses mains étaient potelées et à la place de ses longs cheveux noirs se trouvaient deux tresses rousses. Elle se rappela du cri du garçon au moment du sacrifice. Elle était Siobhan ! Siobhan adolescente !

Elle se rappela alors les paroles de Patte-en-Bois, la veille… ou un siècle auparavant : « Il y avait une petite rouquine, comme toi, répondit-elle en désignant Agatha. Mais elle était plus rondelette et avait de longues tresses. Et il y avait un garçon tout maigrichon à côté, si mal habillé qu’on l’aurait presque pris pour l’un des nôtres. Si je n’étais pas intervenue pour les cacher, la vieille Baba les aurait dévorées toutes crues. »

Elle revivait le souvenir de Siobhan, peu de temps avant l’intervention de Patte-en-Bois. Elle devait agir et sauver Toren. C’était lui qui était menacé par Baba Yaga, si elle parvenait à le sauver, peut-être pourrait-elle retrouver Agatha ? Elle laissa les jambes puissantes de Siobhan la porter jusqu’au domaine de Baba Yaga. Sur la droite, les crânes l’observaient. Elle vit l’adolescent se débattre. Elle courut vers lui :

— Siobhaaaaaaaaaaaan !

— Toren ! »

Feng courait encore et encore, comme si elle était poursuivie par des démons. Ou plutôt des Coeurs-Vidés. Oh non ! Cela recommençait. Elle avait été si près du but ! Qu’est-ce qui n’allait pas ? Devait-elle chercher Patte-en-Bois ? Elle se jeta dans le talus pour échapper une nouvelle fois aux oiseaux hurleurs. Non… Siobhan ne connaissait pas encore la Gardienne. Et si elle avait bien compris, il fallait reconstituer le souvenir emprisonné dans le miroir. Siobhan était bien allée sauver Toren, non ? Bizarrement, le nom de Toren lui parut étrange, cela lui évoquait plutôt autre chose, Torennias Officinalis. Instinctivement, elle se rappela d’une chose, des fleurs qui gisaient aux pieds de Baba Yaga. Des fleurs indigo au cœur jaune, juste sous le volet où un corbeau était gravé sur la gauche. Feng ne connaissait pas les Torennias mais Siobhan les avait reconnus, ils devaient sûrement être importants. Elle courut une nouvelle fois vers la maison de Baba Yaga qui lui paraissait toujours aussi étrange. Devait-elle d’abord chercher ces drôles de fleurs ? Non, Siobhan serait forcément allée chercher en priorité… Oh ! Elle avait compris. Toren n’avait pas toujours porté ce nom ! Mais quel nom avait-il alors ? Même Jin, son père, ne l’avait jamais appelé autrement aussi loin que remontaient ses souvenirs. Baba Yaga sortit un poignard d’un étui qui pendait sa ceinture. Feng sentit alors qu’elle devait laisser jaillir les pensées de Siobhan. Non ! Elle allait sacrifier son frère ! Elle n’aurait jamais dû le laisser aller dans la forêt Nox. Elle l’avait suivi pour le protéger mais elle aurait dû l’arrêter. En parler à maman ? Non elle avait attrapé la fièvre ! Papa ? Non, son état était bien plus grave… des larmes coulèrent sur les joues de Feng… non de Siobhan. Je ne veux pas te perdre et nous sauverons le village de l’épidémie, je ne te laisserai pas mourir…

— Siobhaaaaaaaaaaaan !

— THOMAS ! »

Siobhan fonça aussitôt sur Baba Yaga, profitant de l’effet de surprise pour lui lancer un sort qui la projeta dans sa propre maison. Un grand bruit de marmite et de casseroles résonna au loin. Le corbeau s’était enfui. Encore secouée par l’émotion, Siobhan détacha les liens de Thomas avec un petit couteau qu’elle avait gardé dans sa besace. Le jeune homme semblait mal en point mais il n’avait pas rien de grave. Juste un peu sonné. Heureusement, il recouvra vite ses esprits.

— Merci ! s’écria-t-il d’une voix étranglée. J’ai eu si peur ! On doit y aller, vite ! » Siobhan l’entraîna à sa suite mais le garçon s’arrêta et repartit en arrière.

— Mais enfin, qu’est-ce que tu fais ? cria Siobhan.

 — Les Torennias ! Il en faut absolument pour fabriquer le remède contre la fièvre !»

Baba Yaga surgit aussitôt, armée de son sceptre et s’apprêtait à lancer un sort. Thomas esquissa un geste complexe pour tracer une rune et une barrière de ronces s’éleva entre lui et la sorcière. Siobhan courut le chercher pendant qu’il ramassait le bouquet de fleurs.

— Viens, on s’en va ! »

Ils coururent alors le plus loin possible, en esquivant les sorts de feu de la sorcière qui les poursuivait :

— Maman ! Elle nous rattrape ! cria soudainement Thomas.

« Maman ? » Feng avait compris.

— Agatha ! C’est toi ? Je te cherchais partout !

Aussitôt le pied de Thomas-Agatha heurta une drôle de statuette qui se brisa et dégagea une vapeur noire. Baba Yaga poussa un cri de rage :

— Vous allez me le payer, toutes les deux ! Toi, la petite grosse et toi, le bâtard d’inquisiteur ! »

Le temps sembla se figer. Baba Yaga lança une énorme boule enflammée dans leur direction. La peur les fit basculer en arrière et elles tombèrent dans le vide. Agatha rouvrit brusquement les yeux. La grande et forte silhouette de sa maman adolescente laissait place à une silhouette petite et menue, aux longs cheveux d’ébène et aux yeux en amande. Elle même avait retrouvé ses petites mains et ses cheveux tout frisés. Elle se jeta dans les bras de son amie.

— On a réussi, Feng ! »

— Tu sais, le roux te va beaucoup mieux, rit Feng soulagée.

Elle se séparèrent doucement puis se rendirent compte qu’elles n’étaient plus dans la forêt Nox. Elle étaient dans une sorte de grande salle circulaire baignée d’une lumière bleuâtre. Tout autour se dressaient des arcades qui donnaient sur des ombres.

— Mais on est où ? demanda Agatha. Et qu’est-ce qui s’est passé ? Et comment tu as su comment s’appelait le garçon que j’étais ? Et c’est quoi le truc que j’ai cassé sans le faire exprès ! Oh ! Trop de questions, j’ai mal à la tête.

— Si j’ai bien compris, répondit Feng, on était dans un souvenir commun à trois personnes. Baba Yaga, ta mère et ton oncle Toren. Il s’appelait Thomas à l’époque.

— Ah oui ! Je l’avais oublié, maman me l’a dit il y a longtemps. Mais elle ne m’a jamais dit ce que Baba Yaga a failli lui faire ! Et pourquoi ce souvenir ? »

Feng demeura silencieuse. Tout ceci était si étrange.

— Tu as vu la fumée de l’horrible statuette que j’ai… enfin qu’oncle Toren a cassé ? s’enquit Agatha. Il y avait la même dans le potager de Marisa quand les monstres sont venus. Et il y avait la même quand les grosses pattes ont tracé le message de Baba Yaga tout-à-l’heure.

— C’est vrai, tu as raison. Elle a bien commis un acte de magie noire. Mais pourquoi la Relique n’a-t-elle alerté personne à, l’époque ? Même sans les jin chan, les Gardiennes auraient dû savoir que Baba Yaga avait rompu sa promesse envers Nox !

— Elle a trouvé un moyen de tricher, c’est sûr. Elle a dû avoir avec elle un truc qui paraît inoffensif mais qui peut l’aider à faire de la magie noire sans qu’on s’en rende compte.

— Le miroir ! s’écria Feng. Tu n’as pas pu le voir car tu étais attachée sur une pierre mais la maison m’avait paru bizarre quand je m’en suis approchée. En fait, elle était inversée. Les crânes étaient à gauche et le corbeau gravé sur un volet à droite.

— Hein ?

— Tu t’en souviens ? Quand on est entrées tout à l’heure, les crânes étaient à droite et le corbeau sur le volet à gauche !

— Tu es drôlement observatrice. Donc, on était déjà dans le miroir ?

— C’est ça, acquiesça Feng, Baba Yaga a ensorcelé son miroir pour commettre un sacrifice à l’intérieur. Je ne sais pas si c’était voulu ou dû au hasard mais Siobhan et Toren ont été momentanément piégées dedans.

— Et quand oncle Toren a brisé la statuette, Baba Yaga a tenté de les tuer toutes les deux et c’est pour ça qu’on a basculé dans le vide. Elles ont quitté le miroir sans le faire exprès ! s’exclama Agatha. Donc si j’ai bien compris, Baba Yaga a déjà essayé d’invoquer les démons en tentant de sacrifier oncle Toren.

— Si on fait attention à la fumée de la statuette, oui cela doit être ça. Elle a dû se procurer autre chose pour accomplir son rituel.

— Mais alors, qui a-t-elle sacrifié cette fois-ci ? »

Une secousse les interrompit dans leur réflexion. Une ombre terrifiante se projeta au-dessus d’elle. Elles ne virent rien d’autre que deux yeux semblables à ses boules de feu et un bec immense, prêt à les engloutir. Elles regardèrent autour d’elles, cherchant une issue.

— Qu’est-ce qu’on fait ? s’écria Agatha.

— On fuit ! N’importe où mais on ne se lâche pas !

Elles s’élancèrent alors dans l’ombre de l’une des arcades tandis que la chose qui les menaçait fondit sur elles. L’obscurité était totale. Elles coururent, les bras droit devant elles pour prévenir les obstacles. Au fond, un miroir luisait sous une faible lueur.

— On continue ? demanda Agatha, à bout de souffle.

— On n’a pas le choix ! Mieux vaut Baba Yaga que cette chose. »

Elles traversèrent le miroir comme elles auraient traversé un lac gelé.


Texte publié par Les Carnets d’Outremonde, 14 mars 2026 à 17h42
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