Pourquoi vous inscrire ?
«
»
Tome 1, Chapitre 6 Tome 1, Chapitre 6
— Et de quatre ! Que Dieu me vienne en aide, comment voulez-vous que je me défende face à autant de femelles infantilisantes ?, grommelait Vince, engoncé dans le fauteuil relax où son ex-épouse avait décidé qu’il devait absolument se reposer.
    
    Marisa leva les yeux au ciel d’un air catastrophé et posa une main sur son opulente poitrine.
    
    — Dios mio , Vicente, laisse le bon Dieu s’occuper de choses plus importantes que tes problèmes d’ego masculin, tu veux ? La petite Sarah vient prendre de tes nouvelles, c’est gentil de sa part.
    
    Hé oui, pensa Sarah, qui s’était décidée à rendre visite chez lui à son vieil ami, après toutes ces années, je suis toujours « la petite Sarah » pour eux. Cela la fit sourire un instant. Elle avait grandi dans ce quartier, était souvent venue jouer avec les jumelles des Portillo – Isabel et Lisa – qui étaient pourtant six ans plus jeunes qu’elle. Elle avait eu vent des tensions et des psychodrames lors du divorce du couple, et puis elle avait vu comment les différends s’étaient aplanis avec le temps. Une bonne entente s’était installée entre les deux ex-époux, pour le bien de leurs enfants, mais pas seulement. C’était comme si Marisa et Vince avaient toujours été faits pour être amis plus qu’autre chose.
    
    Après son départ de la police scientifique, Sarah avait coupé les ponts avec le lieutenant Portillo et bien sûr, n’avait pas revu non plus la famille de celui-ci. Mais l’ex-femme de Vince n’avait probablement pas eu connaissance des tenants et aboutissants de l’histoire. L’accueil fit chaud au cœur à Sarah, même si elle n’était pas réellement venue ici juste pour visiter un vieil ami blessé. D’autant qu’il n’avait, là tout de suite, pas spécialement besoin de compagnie, semblait-il…
    
    Informée par un membre du commissariat de l’accident que son ex-mari avait eu la veille, Marisa avait en effet débarqué ce matin avec leurs deux filles, et elles étaient toutes trois bien décidées à s’assurer qu’il avait tout ce qu’il lui fallait pour sa convalescence. Vince avait donc passé les deux dernières heures à râler en sourdine contre ce maternage intempestif et à essayer d’extorquer aux trois femmes de sa vie le nom de l’abominable traître qui les avait mis au courant de sa chute. Mais elles prenaient des airs de conspirateur et résistaient à toute forme d’interrogatoire.
    
    — Inutile d’insister, nous ne te balancerons pas l’indic de maman, « lieutenant », avait dit tranquillement Isabel, tout en lissant proprement les draps d’un lit d’appoint qu’elles installaient dans le salon afin que Vince ne doive pas monter d’escaliers tant qu’il serait plâtré.
    
    — Tu n’auras qu’à réfléchir à ce mystère dans ton fauteuil ces prochains jours, ça t’occupera, avait renchéri Lisa en tapotant les oreillers.
    
    Maintenant, les jumelles entouraient Sarah et commençaient à évoquer avec elle le bon vieux temps où elles lui en faisaient voir de toutes les couleurs quand celle-ci jouait les baby-sitter. Vince souriait en les écoutant mais il se doutait que Sarah n’était franchement pas là pour ça. Car il se tenait informé des avancées de l’enquête ; et aux dernières nouvelles, Stan Hillberg avait été interrogé jusque tard dans la soirée hier et était déjà de retour au commissariat ce matin sur demande de Lawson, qui lui mettait la pression. Il y avait de quoi justifier cela, d’ailleurs : tout tendait à prouver que la victime était bien l’ex petite amie. Alexandra Lemaire ne s’était pas rendue à son travail depuis deux jours et sa voiture avait été retrouvée abandonnée à moins d’ un kilomètre de la scène de crime.
    
    — Bon, fit tout à coup Vince en frappant de sa main valide sur l’une de ses cuisses, je crois que Sarah aimerait me parler seul à seul, alors du balai, Mesdemoiselles. D’ailleurs vous êtes trop jeunes pour la nostalgie, vous allez me faire le plaisir d’arrêter de parler du passé comme si ça faisait vingt ans que vous ne vous étiez plus vues.
    
    Une fois ses garde-chiourmes sorties de la pièce, il se tortilla pour attraper sur la table basse la télécommande du fauteuil afin de le redresser, tout en marmonnant « satanées bonnes femme. Suis pas un invalide, quand même… ». Se faisant, il heurta du coude le petit guéridon posé à côté, poussa un cri car c’était son bras blessé qui en avait pâti, et son mouvement en réaction à la douleur faillit envoyer valdinguer une tasse que Sarah rattrapa de justesse.
    
    — Merci, grommela Vince. Mais tu pouvais la laisser s’écraser par terre sans remords. C’est du thé. Du thé, tu imagines ? Marisa dit que c’est excellent pour ma santé. Je n’aurais jamais cru dire ça un jour, mais le café du commissariat va me manquer.
    
    — Tu reprends le travail quand ?, demanda Sarah en réprimant difficilement un sourire.
    
    — Ha tu me comprends, toi, au moins, répondit-il avec une note de soulagement dans la voix. Tout le monde me casse les pieds à répéter que je dois rester au repos, et toi tu es impatiente que je retourne au boulot. Mais c’est un peu intéressé, pas vrai ? Tu préfèrerais que ce soit moi qui gère l’affaire de ton copain ?
    
    Jusque-là, Sarah se demandait si elle faisait bien d’être venue. Elle se tenait debout, mains dans les poches, à danser d’un pied sur l’autre. Pouvait-on vraiment balayer deux ans de silence, de rancœur mal placée et de de non-dits lourds de sens, d’un revers de main ? Même pour quelqu’un d’une nature aussi compréhensive que Vince, c’était beaucoup. Mais lorsqu’ils s’étaient parlé sur cette scène de crime, et aujourd’hui encore, tout dans l’attitude très naturelle de Vince montrait que tacitement, il acceptait de remettre les éventuelles explications houleuses à plus tard. Il y avait une autre priorité pour Sarah, qu’il comprenait parfaitement. Si le contact devait se renouer à plus long terme, ils auraient tout le temps pour une bonne engueulade quand la situation serait moins grave.
    
    Sarah prit donc le parti de se conduire naturellement elle aussi. Elle s’affala sur le bras d’un fauteuil et soupira bruyamment.
    
    — Ton nouvel équipier est un parfait emmerdeur, déclara-t-elle avec humeur. Qu’est-ce que tu as fait de Thomas ?
    
    — Il a été muté, je te l'ai dit. Et Lawson est un bon flic, quoique tu en penses. Il y a des tas de raisons de soupçonner ton copain, il ne fait que son job en creusant là-dessus.
    
    Sarah afficha une mine boudeuse. Les bras croisés, ses doigts jouaient machinalement avec les plis de sa veste.
    
    — Stan est plus fragile que sa carrure le laisse supposer. Ton Lawson va le démolir.
    
    — Ha, c’est donc ça, marmonna Vince en haussant les sourcils. Je me demandais si ce Stan était ton petit ami ou quoi, mais maintenant je comprends mieux.
    
    — Qu’est-ce que tu comprends, au juste ?, répliqua sèchement la jeune femme. Stan a quinze ans de plus que moi, je ne couche pas avec lui.
    
    — Ca ne t’a pas toujours arrêtée, ce genre de détail chiffré – Sarah le fusilla du regard et ouvrit la bouche pour protester – Attends, attends, je ne dis pas que tu es sa maîtresse. Je te crois si tu me dis que ce n’est pas le cas. Mais tu as un faible pour les gars fragiles, on est d’accord ? Les écorchés vifs, c’est ton genre depuis toujours. Déjà gamine, c’était un peu dans le même style : tu ramenais à tes parents un tas d’animaux blessés ou égarés.
    
    Elle roula des yeux désapprobateurs.
    
    — N’importe quoi. – Il y eut un moment de flottement et elle finit pas continuer.- Oui, j’en ramenais. Je voulais un animal de compagnie parce que je me sentais seule, sans frère ni sœur, et puis si tu réfléchis deux secondes…
    
    Elle s’interrompit, comme si la suite de sa phrase venait de lui faire penser à un truc désagréable, fronça les sourcils et changea de sujet.
    
    — J’ai crû comprendre que tu as parlé de moi à ton super nouvel équipier, au fait ? Qu’est-ce que tu lui as raconté ?
    
    — Ce qu’il avait besoin de savoir sur ton passage à la scientifique. Et je lui ai également dit que Sarah est ton deuxième prénom et que tout le monde t’appelle ainsi depuis très longtemps parce que tu n’aimes pas le premier. Ce qui n’est pas faux. Pas eu d’autres choix que de lui en parler, il te cherchait dans nos fichiers.
    
    Sarah fila un grand coup de poing à l’accoudoir du fauteuil.
    
    — Quel sale fouineur !
    
    Vince ne put s’empêcher de sourire.
    
    — L’un des défauts qui font un bon flic, ma grande. Qu’est-ce que tu attends de moi exactement ?
    
    — Rien de particulier, fit-elle tout en caressant l’accoudoir du bout des doigts comme pour se faire pardonner son mouvement d’humeur auprès du canapé. La vérité c’est que j’ai encore accompagné Stan au commissariat ce matin et j’ai dû dégager car ton copain le bon flic a menacé de me mettre en cellule si je ne me tenais pas tranquille. Tout ça parce que je lui ai demandé pourquoi il n’avait pas les cou… enfin… le courage de demander carrément une garde à vue s’il était aussi sûr de lui.
    
    — Une fille aussi calme et mesurée que toi, ça m’étonne de ta part, ironisa Vince.
    
    — Va te faire voir, Portillo, fit-elle en prenant un air faussement vexé.
    
    Vince eut une mimique amusée et la jeune femme également. Mais cela ne dura pas longtemps. L’inquiétude s’inscrit à nouveau sur les traits pâles et tirés de Sarah.
    
    — Sérieusement, combien de fois Lawson va l’interroger ? Lui poser les mêmes questions d’un tas de façons différentes jusqu’à ce qu’il s’embrouille ? Je sais comment tout ça fonctionne, Vince.
    
    — Ecoute, Sarah, d’après ce que je sais, ils ont trouvé des vêtements dans le trou où je suis tombé. Ils analysent tout ça, et les empreintes dans la voiture d’Alexandra Lemaire. Si ton Stan est innocent, ça va sûrement l’aider à le prouver.
    
    Sarah ne trouva pas réellement l’apaisement qu’elle cherchait, au fil de la conversation qui dura encore un petit moment. Tout au plus l’opinion de Vince sur son équipier la rassura-t-elle légèrement et elle repartit avec l’espoir que celui-ci finirait bel et bien par foutre la paix à Stan.
    
    
    
    Et les évènements ne lui donnèrent raison qu’à moitié. Le lendemain, alors qu’une fois de plus elle se trouvait au commissariat, attendant, aussi calmement que possible, des nouvelles de son ami qu’on interrogeait à nouveau, Lawson se pointa dans le hall, un dossier en main, et lui fit signe de le suivre. Il l’emmena jusqu’à la salle où se trouvait Stan. Le pauvre avait les yeux rougis et Sarah tourna un regard interrogateur vers le lieutenant.
    
    Celui-ci, debout, bras croisés et air grave, lui annonça alors ce que les preuves matérielles avaient révélé.
    
    — Comme je viens de le dire à M. Hillberg, nous avons reçu à l’instant les retours d’analyses du labo. Les parents de Mlle Lemaire étaient effondrés et n’ont pas pu nous donner une identification à cent pourcents certaine. Mais les résultats ADN ont confirmé son identité. Je suis désolé.
    
    Il fit une pause. Sarah s’approcha de Stan, qui cachait maintenant son visage entre ses mains, et effleura son épaule.
    
    — Les autres analyses sur le véhicule et les vêtements de la victime semblent disculper Monsieur Hillberg, reprit Lawson. Il se peut toujours que j’aie besoin de lui dans la suite de mon enquête, mais pour l’instant il peut s’en aller.
    
    Ces mots auraient dû être une délivrance.
    
    Pourtant ils annoncèrent le début du vrai cauchemar. Sarah ramena Stan chez lui, et dès qu’ils furent dans la voiture, il craqua et se mit à pleurer comme un enfant. Tout en conduisant, Sarah cherchait les mots pour lui dire à quel point elle était désolée. Elle ne l’avait plus vu dans un tel état de détresse depuis longtemps. Depuis le jour de leur rencontre, en fait.
    
    C’était environ un an et demi plus tôt, dans la salle d’attente du Dr Ménard. Elle s’en rappelait distinctement. Le docteur avait pris pas mal de retard dans ses consultations, faisant ainsi s’entasser des patients dans la petite salle qui empestait déjà le renfermé. Sarah, qui tentait de maitriser une envie de sortir une cigarette, et Stan, visiblement nerveux lui aussi, avaient posé la main en même temps sur l’un des magazines défraichis qui trainaient sur la table en verre au centre de la pièce. Ils s’étaient fait tellement de politesses ensuite qu’aucun des deux n’avait finalement pris le bouquin. Et Sarah avait trouvé cela d’autant plus étrange qu’elle se demandait ce qu’un type avec l’allure de celui-là pouvait, au départ, trouver d’intéressant à un exemplaire de « Vogue ».
    
    Mais la réponse à cette interrogation était simple : Stan n’avait pas réellement envie de lire un magazine. Stan avait, en fait, rendez-vous ce jour-là chez son neurologue pour recevoir des résultats d’examens qui annonceraient plus que probablement une très mauvaise nouvelle. Il ne cherchait qu’à tromper son anxiété dans cette salle d’attente et en fin de compte, une conversation avec Sarah avait bien mieux fait l’affaire qu’une panoplie de mannequins et de pubs pour cosmétiques sur papier glacé. Le hasard les avait remis en présence quelques semaines plus tard, au même endroit. Un courant de sympathie était passé entre eux. Elle, qui s’extirpait tant bien que mal d’une période de repli sur soi consécutive à sa démission. Lui, qu’un diagnostic difficile à encaisser était en train de faire plonger vers le même genre d’abîme que celui dont elle sortait à peine. Quelque part, ils étaient faits pour s’entendre.
    
    C’était à ces moments que Sarah repensait maintenant tout en le regardant essuyer ses larmes avec la manche de son sweat-shirt. Tu as un faible pour les écorchés vif, avait dit Vince. C’était faux. Sarah avait surtout besoin, par périodes, de s’attacher à des gens plus mal dans leur peau qu’elle-même. Parce que, quand elle devait être forte pour quelqu’un d’autre, curieusement, elle y arrivait très bien. Et elle en oubliait son mal-être plus facilement. Voilà tout. Et là, elle était tristement gâtée. Se montrer solide pour soutenir Stan dans cette épreuve n’allait pas être une mince affaire.
    
    Ils arrivèrent au petit appartement qu’il louait, dans une ancienne demeure cossue qui avait été scindée en plusieurs logements. L’endroit donnait bien, vu de l’extérieur, mais une fois passé le seuil de la porte en chêne massif qui faisait belle impression, on se rendait compte que le propriétaire négligeait depuis longtemps l’entretien des lieux. Du regard, Sarah fit le tour du minuscule salon, pendant que Stan s’affalait sur le canapé et s’y prostrait. Elle n’avait jamais pris conscience jusque-là que plusieurs photos d’Alexandra trônaient encore en bonne place sur le buffet.
    
    — Dis donc, finit-elle par lancer pour tenter d’entamer une conversation, les travaux que ton proprio a promis ne sont toujours pas faits, on dirait ?
    
    Le ton interrogateur était de pure forme. Les fissures qui lézardaient l’un des murs, encore plus visibles que la dernière fois qu’elle était venue, répondaient toutes seules à la question.
    
    — J’ai encore demandé y’a quelques semaines, marmonna Stan d’une voix sans timbre. Il doit me recontacter.
    
    — Ton voisin du dessous a les mêmes dégâts chez lui, non ? Toi, tu es toujours trop gentil quand tu réclames. J’espère que lui insiste un peu plus.
    
    Il y avait fort à parier que c’était le cas. Sarah connaissait très peu ce voisin, Olivier Bussi, mais on voyait tout de suite qu’il avait plus de tempérament pour défendre ses droits que ce pauvre Stan qui était influençable et acceptait toutes les excuses réelles ou imaginaires des autres trop facilement.
    
    Cette gentillesse rendirent les jours qui suivirent d’autant plus rudes pour lui. Les parents d’Alexandra n’arrivaient pas à se défaire de l’idée que c’était Stan qui l’avait tuée. Ils l’appelèrent à plusieurs reprises pour l’agonir d’insultes. Mais bien sûr, Stan n’avait même pas l’audace de leur raccrocher au nez. Et quand ce n’était pas eux au bout du fil, la majorité des appels qu’il recevait étaient du lieutenant Lawson, voire de Vince (lequel reprit finalement le travail une semaine après son accident, avec une béquille et malgré les protestations véhémentes de son supérieur).
    
    Il était vrai que des traces d’ADN et des empreintes d’un homme non identifié avaient bien été retrouvées dans la voiture et sur le cadavre, et que cet inconnu avait l’honneur de figurer en tête de liste des suspects potentiels. Mais en l’absence d’une identification, Stan restait toujours un outsider possible et fut encore interrogé plusieurs fois. Ce qu’il accepta à chaque fois de bonne grâce, à nouveau. Persuadé qu’il aidait peut-être l’enquête à avancer et que sa bonne volonté finirait par convaincre totalement les flics de son innocence. Par moments Sarah avait envie de le secouer pour qu’il se rende compte de ce qui se passait, ou de lui arracher le téléphone des mains et répondre à sa place.
    
    Elle passait autant de temps que possible avec lui, s’efforçait de se contenter de le soutenir et pas de fourrer son nez dans l’enquête. Mais même si son travail de photographe lui permettait d’aménager son horaire à sa guise, elle n’était pas là pour lui en permanence. Un soir, mûe par une idée soudaine, elle passa chez son voisin du dessous. Bussi était un type un peu bizarre, mais il savait se montrer sympathique. C’était un prof qui avait tout lâché à un moment donné pour trouver « sa véritable voie ». Celle-ci mettant du temps à se dessiner apparemment, en pratique, Bussi était toujours « entre deux jobs », tentant une multitude de formations et de petits boulots qui ne le satisfaisaient jamais longtemps. Du coup, il était souvent chez lui et au courant de tout ce qui se tramait dans le coin. Après quelques explications sur la situation de Stan, elle lui donna son numéro et lui demanda d’appeler chez elle si quoi que ce soit de bizarre se produisait. Elle craignait en effet un retour surprise des flics, ou une visite inamicale d’un parent ou ami d’Alexandra.
    
    
    
    Et deux semaines jour pour jour après la découverte du corps ; la police fut effectivement de retour chez Stan.
    
    Olivier prévint Sarah, comme convenu. Elle fila à toute allure jusque chez lui, lançant son portable au hasard sur le siège passager, lequel sonna presque sans interruption pendant tout le trajet. Elle l’ignora complètement, trop bouleversée par ce que Bussi venait de lui dire. Si elle avait jeté un œil à l’écran, elle aurait su que c’était Vince qui tentait désespérément de la joindre. Il était précisément là-bas, dans l’appartement de Stan, et s’inquiétait qu’elle ne lui réponde pas.
    
    — Ca ne sert à rien que tu l’appelles, je crois que le voisin d’en bas l’a avertie, disait Lawson à son équipier. On doit s’attendre à la voir arriver d’une minute à l’autre, à mon avis.
    
    Comme il achevait sa phrase, la voix de l’agent Berroyer, qui gardait la porte, s’éleva distinctement.
    
    — Mademoiselle, attendez, vous ne pouvez pas… Lieutenant Lawson ! Lieutenant Portillo ! se mit-il ensuite à glapir, ne sachant trop s’il devait la retenir de force ou pas.
    
    Sarah surgit dans l’appartement comme une furie, jeta un regard autour d’elle et repérant du bruit de ce côté, fila sans hésiter vers la chambre à coucher. Elle stoppa une demi-seconde sur le pas de la porte, murmura un « Non ! Non ! » étouffé et repartit de plus belle vers le lit. Lawson se mit en travers de son chemin et l’attrappa fermement par le bras alors qu’elle n’était plus qu’à deux mètres de ce qu’elle voulait atteindre.
    
    A deux mètres du cadavre de Stan, dont la main droite tenait encore l’arme qu’il avait utilisée pour se faire sauter la cervelle.
    

Texte publié par Spacym, 16 février 2015 à 19h20
© tous droits réservés.
«
»
Tome 1, Chapitre 6 Tome 1, Chapitre 6
LeConteur.fr Qui sommes-nous ? Nous contacter Statistiques
Découvrir
Romans & nouvelles
Fanfictions & oneshot
Poèmes
Foire aux questions
Présentation & Mentions légales
Conditions Générales d'Utilisation
Partenaires
Nous contacter
Espace professionnels
Un bug à signaler ?
1653 histoires publiées
748 membres inscrits
Notre membre le plus récent est elitajazz
LeConteur.fr 2013-2021 © Tous droits réservés