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Tome 2, Chapitre 6 Tome 2, Chapitre 6
-Ok, on en a fini. Je crois que le résultat sera franchement pas mal.
    
    Tout en parlant, Sarah déposa son appareil photo et sourit à son modèle qui lui adressait un regard interrogateur. Vinciane lui rendit son sourire, se dirigea vers la patère et se saisit du chemisier blanc cassé qui y était accroché. Avec des gestes dont on sentait qu’il lui demandaient de la concentration, elle l’étala sur le haut du canapé tout proche, de façon à pouvoir l’enfiler sans trop se contorsionner. Ce n'était pas des mouvements si simples que cela pour Vinciane, amputée du bras droit quelques mois plus tôt à la suite d’un terrible accident de roulage. Sarah avait pu constater que les gens physiquement diminués par la maladie, les drames de la route ou les accidents domestiques, ne réagissaient pas tous de la même façon au fait d’avoir besoin d’assistance pour certains actes basiques de la vie quotidienne. Cependant, elle avait estimé d'après son attitude que Vinciane était dans une phase où elle tirait une grande fierté de son autonomie malgré son handicap. Sarah se força donc à ne pas lever le petit doigt pour l’aider à se rhabiller.
    
    -Et pour le paiement… ? , demanda la jeune femme d’une voix hésitante.
    
    -Vous ne devez pas vous en préoccuper, l’assoc’ s’en charge.
    
    Sarah ne croyait absolument pas au destin. Mais peu après qu’elle ait démissionné de la police scientifique, un vieil ami l’avait justement contactée pour lui demander de s’impliquer dans un organisme de soutien aux victimes de mutilations. Elle aurait presque pu penser alors que quelqu’un là-haut orchestrait bel et bien d’heureuses coïncidences. Le projet de cet ami, qu’elle n’avait plus revu depuis ses études de photographe, était de fonder une association à but non lucratif qui aide de diverses manières des accidentés et des malades à surmonter émotionnellement les changements de leur aspect physique.
    
    Sarah étant depuis toujours convaincue que ce sont les imperfections, les cicatrices morales ou physiques qui définissent le mieux une personne, ce projet lui avait immédiatement parlé. Alors, assez régulièrement, l’association lui envoyait des clients. Ces gens abimés par la vie, elle mettait tout ce qu’elle pouvait avoir comme talent à leur donner une autre image de leur corps. Quelque chose d’artistique, d’esthétique. La sensation d’une forme de beauté qui survit envers et contre tout.
    
    Mais ni ce genre de travail ni les autres contrats qu’elle remplissait en tant que photographe ne parvenaient ces derniers temps à la distraire bien longtemps de ses soucis. Et en particulier évidemment, de l’enquête un peu irraisonnée dans laquelle elle s’était lancée.
    
    
    
    A peine Vinciane fut-elle sortie que Sarah se remit d’ailleurs à gamberger sur le sujet. D’un œil mauvais, elle considéra le carnet où elle avait si soigneusement noté les résultats de toutes ses recherches et fut prise d'une furieuse envie de le jeter aux ordures. Car tout cela était au point mort depuis que Monsieur le roi incontesté des emmerdeurs et des mêle-tout réunis avait débarqué dans sa voiture sans crier gare quelques jours plus tôt, interrompant la filature à laquelle elle se livrait pour lui administrer un sermon bien senti sur la dangerosité de ce qu’elle tentait de faire. Et pire, il lui avait également asséné que c'était parfaitement inutile et qu'elle n'arriverait à rien.
    
    Que Sarah l’admette ou non, ces réflexions cruelles avaient fait mouche. La colère et la tristesse qu’elle avait réussi à faire passer en arrière-plan en se lançant dans l’action irréfléchie avaient refait surface. La confiance en ses chances de réussite avait d’abord hésité puis plié bagage pour laisser place au doute. Elle n’avait pas totalement stoppé ses recherches, certes, mais elle les réalisait maintenant avec une certaine frilosité.
    
    Car il avait promis, l’autre con, qu’il ne dirait rien à personne de ce qu’elle avait fait, à condition qu’elle cesse immédiatement sa petite enquête. Ce qui sous-entendait qu’il l’aurait à l’œil. Comment un lieutenant de la criminelle avec une affaire de tueur en série sur les bras pourrait-il s’octroyer le temps de la surveiller ? Mystère. Cependant elle se doutait qu’il ne plaisantait pas. Et par moments, cela la mettait en rage. Pas plus tard qu’hier, persuadée d’avoir débusqué l’importun au volant d’un véhicule garé à proximité de chez elle, elle s’était faufilée à demi-accroupie jusque-là, espérant le surprendre et lui asséner sa façon de penser à propos du temps précieux qu’il gaspillait à la suivre.
    
    Elle s’était attendue à découvrir derrière la vitre conducteur une carrure d’athlète, un regard d'un bleu qui vous transperce et un éternel air sarcastique qu’elle aurait adoré voir s’effacer sous l’effet de la surprise. Elle n’avait finalement réussi qu’à faire sursauter un gros type que sa femme obligeait à poireauter là pendant qu’elle courait les magasins.
    
    Mortifiée, Sarah avait balbutié quelques excuses avant de s’éloigner, puis elle avait pensé que peut-être, le lieutenant ne la suivait simplement pas lui-même. Ce mari docile pouvait donc ne pas être aussi innocent qu’il le semblait. Ajoutant l’entêtement au ridicule, elle n’avait pu s’empêcher de vérifier si l’épouse finissait par revenir. Ce qu’elle avait fait une heure plus tard, les bras chargés d’une montagne de paquets. Tout en la regardant remplir le coffre que son mari s’était empressé de venir lui ouvrir, Sarah avait du admettre intérieurement qu’elle était donc en train d’ajouter la paranoïa à la liste de ses problèmes psychologiques.
    
    Elle ressassait encore et encore tout cela quand un coup de sonnette la sortit de ses pensées. Un coup d'oeil au parlophone la laissa pleine d'un certain effroi: le visiteur n'était autre que Vince. Merde ! Ca y est, l'autre a cafeté! fut la première pensée qui lui vint à l'esprit. Pendant les minutes qui s'écoulèrent entre le moment où elle appuya sur le bouton d'ouverture du bas et l'arrivée de Vince à son étage, elle débattit intérieurement de ce qu'elle allait lui dire. Ou de ce qu'elle n'allait pas lui dire. Il n'y a pas de meilleure défense que l'attaque, elle hésitait donc fortement entre garder un silence obstiné et entamer les hostilités elle-même.
    
    - Salut, fit Vince d'un ton naturel en passant le pas de la porte. Comment tu te sens ?
    
    Tiens donc. Il était seul, et il ne semblait pas être venu pour l'engueuler. Cela ne faisait certainement que remettre le problème à plus tard, bien sûr. D'une manière ou d'une autre, un jour, il saurait. Mais au moins, puisque Lawson lui faisait des cachotteries, avec un peu de chance, il se ferait sérieusement secouer lui aussi, quand le moment viendrait. Sarah se rendit pourtant compte que l'idée ne l'amusait pas autant qu'elle l'aurait cru.
    
    -Ca va, répondit-elle simplement à Vince tout en lui indiquant de prendre place sur le même canapé que l'autre fois.
    
    Il jeta un oeil aux alentours, repéra un peu de désordre -ce n'était plus l'apocalypse comme le lendemain de la mort de Stan, néanmoins - et en parût presque soulagé. Il était habitué à ce que l'environnement de la jeune femme reflète ses humeurs. Sans doute préférait-il qu'il y ait encore quelques traces visibles du chagrin de Sarah, plutôt que de la trouver installée dans une absence d'émotions qui ne serait pas naturelle.
    
    -Ecoute, dit-il une fois assis, j'ai quelque chose à t'annoncer et je ne veux pas que tu te fasses des idées ou que tu t'emballes. Mais quand ça va être rendu public, tu vas te poser des questions, alors, je préfère t'en parler maintenant... Voilà : il y a eu un autre meurtre qui ressemble à celui d'Alexandra.
    
    Sarah écarquilla les yeux. Sincèrement, elle ne s'attendait pas, ou plus, à une nouvelle de ce genre. Elle s'agita nerveusement sur son siège.
    
    -C'est vrai ? Ho mince... Et tu me dis de ne pas me faire des idées ? Mais ça va prouver l'innocence de Stan, ça!
    
    -Voilà, dit-il en levant les bras et les yeux au ciel, je savais que tu réagirais ainsi. Je te dis justement de ne pas te faire d'idées parce qu'il y a des similitudes mais aussi pas mal de différences.
    
    -Comme quoi ?
    
    Vince soupira.
    
    -Je ne peux pas te le dire, tu le sais très bien.
    
    -Ho allez, Vince, fit-elle en roulant des yeux, avant de se désigner elle-même d'un index insistant: C'est moi, enfin! Tu peux bien me donner quelques éléments.
    
    -Justement, c'est toi, répondit-il un peu sèchement. Il y a tout de même quelque chose que je peux te dire dès maintenant, parce que de toutes façons je devrai te poser la question. On a trouvé une voiture immatriculée au nom d'une certaine Juliette Masson abandonnée à proximité des lieux du crime. Il se pourrait que ce soit la victime. Est-ce que ce nom te dit quelque chose?
    
    Sarah émit un sifflement cynique.
    
    -Waw. Je vois. Pas tant de points communs que ça avec la mort d'Alexandra, pas vrai? Est-ce que la voiture n'avait pas été trouvée dans les environs de la scène de crime, cette fois-là aussi ?
    
    Vince éluda d'un revers de main.
    
    -Pas si près que cela. Et tu n'as pas répondu à ma question.
    
    -Non, ça ne me dit rien. Mais évidemment, ce qu'il faudrait, ce serait savoir si Alexandra la connaissait.Il faut que vous interrogiez leurs proches respectifs.
    
    -Tu ne vas pas m'apprendre à faire mon job, maintenant, si? fit Vince d'un air à moitié sérieux.
    
    -Ca non, soupira-t-elle. On n'apprend pas à un vieux singe à faire des grimaces, comme on dit. Tu as d'autres questions ?
    
    Vince, les mains posées sur les cuisses, agita les doigts en rythme comme s'il hésitait à se lever et à prendre congé.
    
    -Oui, finit-il par dire. J'ai une autre question. - Il marqua à nouveau une pause- Comment tu vas, Sarah ?
    
    -Tu me l'as déjà demandé en entrant.
    
    Elle savait à sa façon de prononcer ces mots qu'ils n'avaient plus la même portée cette fois-ci. Même si elle avait fait semblant de ne pas l'avoir compris, elle reprit:
    
    -Ca va bien mieux qu'il y a deux ans, en tous cas.
    
    Un silence assez long ponctua cette phrase. Ils étaient à un cheveu de se parler. De vraiment se parler. De combler en pointillés deux ans de silence absolu. Surtout, ils étaient sur le point de sortir des oubliettes où ils dormaient les mots très durs qu'ils s'étaient lancés à la tête à l'époque. Et peut-être, en mettant enfin les choses à plat, ils s'apprêtaient à tenter de renouer une forme d'amitié.
    
    -Tu vas certainement dire que ça ne me regarde pas, fit Vince lentement, mais l'autre jour tu as mentionné que tu t'étais fait soigner. Et j'aimerais savoir ce que tu entendais par là.
    
    Sarah opina de la tête comme pour signifier que maintenant, elle admettait que cette question était inévitable et qu'il avait parfaitement le droit de la poser.
    
    -Je n'ai rien de grave, fit-elle simplement.
    
    -Je suis heureux de l'entendre. Mais j'ai besoin de comprendre, tu vois ? J'ai jamais totalement digéré cette histoire. Si maintenant tu saisis mieux ce qui t'est passé par la tête, j'aimerais savoir de quoi il retournait.
    
    Sarah détourna le regard un instant. Elle tendit la main vers le paquet de cigarettes qui était jeté au hasard au milieu de la table, mais ne le prit finalement pas.
    
    -Ecoute... Après ma démission, je suis allée vivre quelques temps chez mes parents. Ils m'ont convaincue de voir un spécialiste. Sauf que,... Quel genre de spécialiste il me fallait, c'était toute la question. Alors j'en ai essayé quelques-uns, dans plusieurs domaines. Parmi lesquels le neurologue chez qui j'ai croisé Stan, d'ailleurs.
    
    - Oui, tu nous en avais touché un mot. C'est lui qui a pu t'aider ?
    
    Sarah passa la main sur son front, ramena ses jambes sous elle dans le fauteuil.
    
    -Non, il n'a pas vraiment trouvé quoi que ce soit qui cloche, physiquement ou physiologiquement parlant. Au bout d'un moment, c'est un psy que j'avais aussi commencé à consulter qui a émis un diagnostic. Il a parlé de trouble d'ordre bipolaire. Et plus spécifiquement de cyclothimie. - Elle vit que Vince fronçait les sourcils - Je me doute que ça ne te plait pas, comme explication.
    
    -Je connais pas grand chose sur le sujet.Tu sais bien que moi et le baratin de psy, ça fait deux, sourit Vince. Mais ça a quelque chose à voir avec des changements d'humeur, ça je le sais. Alors, je ne vais pas prétendre que ça ne te correspond pas. Bien au contraire. Seulement je ne vois pas le lien entre ce trouble et toi en train de...
    
    Il s'arrêta un instant, choisissant soigneusement des mots qui sonneraient de toute manière comme des accusations.
    
    -...En train de harceler un suspect, finit-il par achever.
    
    Sarah soupira. Ce serait si simple s'il y avait une définition nette et précise qu'elle pourrait lui sortir comme ça. Il en existait, des définitions, bien sûr. Elle en connaissait certaines par coeur à force d'avoir elle-même cherché à comprendre. Cyclothimie : trouble de l'humeur dans le spectre de la bipolarité, au cours duquel les périodes euphoriques et les périodes dépressives et d'irritabilité se succèdent. Mais c'était une pathologie sur laquelle même les spécialistes ne s'entendaient pas entre eux, alors comment l'expliquer à ceux qui ne la vivaient pas?
    
    Vince allait se renseigner, c'était certain, maintenant qu'elle avait lâché le morceau. Elle se le représentait déjà très bien derrière son écran, la langue dépassant légèrement entre ses lèvres sous l'effet de la concentration, l'air sévère et incrédule. Oui, elle le voyait d'ici, ce bon vieux flic bourru et réfractaire aux analyses psychologiques, surfant sur le web à la recherche d'une explication claire et rationnelle à ce terme qu'il devinait sorti tout droit de la bouche d'un psychiatre imbu de sa personne. Il n'avait pas tort sur ce dernier point, car celui qui avait collé cette étiquette à Sarah, le docteur Huismans, n'était pas mal du tout dans le genre compétent mais terriblement arrogant.
    
    -Ce n'est pas qu'une question d'humeur, ça c'est juste l'aspect que l'entourage remarque... Je ne sais pas comment je peux te l'expliquer clairement. -Elle fit une pause et prit une grande inspiration- Il y a des moments où je vois tout en noir, sans sombrer complètement dans la dépression tout de même, la cyclothimie ça reste un trouble relativement léger. Et il y a d'autres périodes où j'ai l'impression d'avoir une vision très claire de ce qui m'entoure. D'avoir le contrôle sur tout, d'être capable de déplacer des montagnes.
    
    Elle tendit à nouveau la main vers la table, et cette fois, elle s'empara du paquet de cigarettes.
    
    -Et d'être assez maligne pour arrêter toute seule des tueurs qui échappent à la justice, ajouta-t-elle avec une note d'aigreur dans la voix.
    
    Vince sembla analyser le raisonnement quelques temps; un air des plus sceptiques plaqué sur la figure.
    
    -Je savais bien que tu réagirais ainsi, dit Sarah en souriant légèrement.
    
    -Ne te méprends pas, je veux bien que ça explique certaines choses. Mais tu te souviens de ce que je t'ai dit à l'époque ? Tu n'as pas aimé mon explication, mais je crois toujours qu'il y a du vrai là-dedans.
    
    -Vince, ... commença Sarah d'un ton froid.
    
    Mais il l'interrompit.
    
    -Non, je sais ce que tu vas dire. Je crois que je vois à peu près ce que cette histoire de cyclothimie implique. Mais ces espèces de crises, ou de phases, appelle ca comme tu veux, Il faut bien qu'elles aient un élément déclencheur. Et là, j'ai la sensation que tu ne veux pas vraiment creuser sur ce qui avait déclenché celle-là.
    
    Sarah leva les mains au ciel.
    
    -C'est justement le problème, tu sais. On ne voit jamais ce qui déclenche ça exactement. - Elle ne lui laissa pas le temps de répliquer et continua précipitament: Quoiqu'il en soit, ce qui est important, c'est que ce job dans la police n'était pas fait pour moi. Ca a aggravé les choses. Tant que j'évite les sources de stress importantes, je gère. J'ai un traitement qui peut m'aider à réguler mes humeurs en cas de phases dépressive ou hypomaniaque trop marquée. Le reste du temps... Hé bien... Le reste du temps, je suis seulement la Sarah un peu fantasque et changeante que tu connais bien.
    
    Elle le regardait avec un pâle sourire aux lèvres. Il agita la tête d'un air grave.
    
    -Et avec toute cette histoire, Alexandra, Stan... Tu prends ton traitement ces temps-ci, j'imagine ?
    
    -Bien sûr, affirma-t-elle sans sourciller.
    
    
    
    Plus tard, bien après le départ de Vince, la facilité avec laquelle ce mensonge était sorti de sa bouche la dérangea quelque peu. Enfin, un demi-mensonge, plutôt. Elle prenait bien ses médocs, mais pas de façon régulière. Pas les jours où l'image de la main inerte de Stan tenant un révolver la harcelait. Pas quand elle avait la sensation d'être la seule à se préoccuper de rétablir l'innocence d'un mort.
    
    Elle avait été soulagée quand ce psy avait mis des mots sur son problème, mais elle s'était vite aperçue que ça ne réglait pas grand chose. Diagnostiquer un trouble psychologique à quelqu'un, c'est comme le mettre dans une petite case. Sauf que les limites entre les petites cases sont bien floues et que personne ne rentre jamais complètement dans aucune d'entre elle. Chaque cas est unique, et Sarah savait que dompter ses démons à coup de substances médicamenteuses équivalait à mettre sous cloche une partie d'elle-même, de sa détermination, de sa clairvoyance, de ce "coup d'oeil" particulier sur le monde qui était le sien... Toutes choses dont elle aurait besoin pour innocenter Stan.
    
    Toutes choses qui l'avaient pourtant mises dans le pétrin deux ans plus tôt.

Texte publié par Spacym, 21 octobre 2015 à 19h59
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