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Tome 2, Chapitre 19 « Swan - 3 - Sombres pensées » Tome 2, Chapitre 19
Les adultes ne pleuraient pas.
    
    Swan l’avait compris très tôt. Durant toutes les années passées à Eilean ar Marbh, il avait cessé d’être un enfant. Il n’avait pas pleuré. Pas une seule fois, jusqu’au jour où les bras de sa mère, qui avait voyagé aux confins du monde pour le retrouver, s’étaient enfin refermés autour de lui.
    
    Pourtant, en ce jour, il ne s’embarrassait plus d’aucun principe ; ses larmes coulaient, comme un flot continu, rythmé par des sanglots déchirants jusqu’à ce que son corps fût trop épuisé, trop douloureux pour cet effort. Peut-être qu’il s’endormit par moments, ouvrant les portes de son esprit à des images sombres et angoissantes dénuées de tout sens. À un moment donné, il sentit qu’on s’occupait de lui, pour le dévêtir, le recoucher, l’emprisonner de nouveau sous les draps. Une main saisit la sienne ; il se demanda, de façon fugitive, qui éprouvait suffisamment de pitié pour le traiter en humain… John ? Vesper ? L’infirmière blonde ?
    
    En fait, il n’avait pas envie de le savoir. Quand une aiguille se planta sous la peau de son bras, il n'eut pas l’énergie de protester. Un néant blême, étrangement apaisant, l’accueillit alors.
    
    Quand Swan s’éveilla, le soir tombait déjà ; les volets de la chambre avaient été fermés et seule une applique diffusait une lumière faiblarde. Il contempla le plafond au-dessus de lui et s’étonna de sa teinte gris beige un peu sale, au lieu du blanc pur dont il se souvenait. Son corps demeurait lourd, épuisé, mais moins douloureux.
    
    Au bout d'un long moment, il s’aperçut de la présence de quelqu’un d’autre dans la pièce. Il laissa filer plusieurs minutes avant de se tourner vers le visiteur. Sans grande surprise, il découvrit John Ashley, assis à son chevet. L’homme avait appuyé sa canne contre le mur et s’était plongé, comme à son habitude, dans un épais volume relié de cuir fauve. Dans la semi-pénombre de la chambre, il avait ôté ses éternelles lunettes aux verres fumés. Sans doute avait-il hérité de sa moitié asiatique la faculté de ne pas accuser son âge ; ses cheveux demeuraient d’un noir de jais et son visage singulièrement lisse ; à peine quelques lignes au coin des yeux trahissaient un demi-siècle de vie.
    
    Même si Swan ne le rencontrait que rarement, le père de Vesper lui avait toujours fait une forte impression. Certes, ses parents l’aimaient et avaient fait au mieux, dès qu’il avait été libéré de l’enfer d’Eilean ar Marbh, pour lui offrir l'existence la plus normale possible, mais seul John Ashley lui avait donné ce sentiment étrange d’être… compris.
    
    Cette compréhension pouvait-elle perdurer, après ce qui était arrivé à Evy ? Il sentit sa gorge s’assécher ; un énorme sensation de solitude le submergea tout entier.
    
    « Paul… Je vois que tu es réveillé. »
    
    Avec les gestes soigneux qui le caractérisaient, l’ésotéricien referma son livre et le posa sur le chevet, avant de considérer gravement le jeune homme :
    
    « Pendant que tu te trouvais sous sédatif, j’ai fait venir une guérisseuse mesmérienne. Elle a rééquilibré les flux d’énergie de ton corps. Autant dire qu’elle a eu fort à faire. Pour le moment, tu dois te sentir drainé de toute énergie – ce qui est tout à fait normal, mais tu te sentiras mieux très vite. Tes capacités naturelles de guérison pourront enfin prendre la relève. »
    
    Swan acquiesça vaguement, en se demandant pourquoi John prenait le temps de se préoccuper de lui.
    
    « Vous devriez être auprès d’Evy… croassa-t-il.
    
    — Je suis resté auprès d’elle presque en permanence depuis mon arrivée. La guérisseuse s’est également occupée d’elle. Elle demeure faible, mais son état s’améliore rapidement. Elle a même repris connaissance.
    
    — Elle s’est réveillée… »
    
    Swan sentit de nouveau une de ces larmes embarrassantes couler le long de sa joue. Il leva sa main valide pour l’essuyer, gênée de se montrer si faible et émotif. John ignora sa réaction et poursuivit, toujours aussi méthodiquement :
    
    « Elle s’inquiète pour toi. Je lui ai dit que tu n’étais pas gravement blessé, mais que pour le moment, tu restais confiné dans ton lit. J’ai persuadé Hadria de ne pas me contredire et, surtout, de ne pas te blâmer devant elle, pour éviter de lui causer la moindre détresse. Pour être franc, Evy se sent sans doute aussi coupable envers toi que toi envers elle, et je pense que ce n’est pas sans raison. Mais je vois une différence de taille : elle est entourée d’attention et d’affection, au lieu d'être livrée à elle-même avec ses démons. »
    
    Surpris, le jeune homme ouvrit la bouche pour protester, pour expliquer qu’il n’en méritait sans doute pas plus, mais John n’avait pas l’intention de le laisser faire :
    
    « Lorsque tu as été blessé lors de ta mission à Skellet, ton état est resté plusieurs jours des plus sérieux… mais après en avoir discuté avec Vesper, j’ai été frappé d’apprendre que personne n'avait jugé bon de t'entourer d'attentions, alors même que ton état restait des plus fragiles. Bien sûr, dès qu'il est arrivé, ton père t’a témoigné son affection, mais trop tard pour t’aider à surmonter un sentiment de solitude extrême qui t’est hélas coutumier. Il ne s’agissait pas d’une attitude délibérée, mais des conséquences d’un mécanisme que j’ai pu observer. Tout en espérant l’attention des autres, tu les repousses sans même t’en rendre compte. Une attitude que je peux comprendre… Je l’ai vécu par le passé, même si je l’exprimais de façon très différente. Mais j’ai surmonté ce travers voilà très longtemps.
    
    — Et… comment avez-vous fait ? » laissa échapper Swan, surpris.
    
    L’Eurasien sourit :
    
    « Deux personnes m’ont beaucoup aidé… La première était ma partenaire : elle refusait de me laisser me terrer dans mon antre chaque fois que j’étais blessé, physiquement ou moralement. La seconde est ma sœur, Jane. Avant même de se consacrer à cette carrière, elle montrait déjà un grand talent pour confronter les autres à ce qu’ils tentent de fuir… C’est pour cela que je vais la faire venir dès que possible, afin qu’elle puisse se charger d'Evy et de toi. »
    
    Swan détourna les yeux, gêné ;
    
    « C’est inutile… Je ne fais plus partie de Gladius Irae… »
    
    L’ésotéricien se pencha légèrement vers lui, perplexe :
    
    « Qui t’a dit cela ?
    
    — Le directeur… et votre épouse, ils… »
    
    John laissa échapper un petit rire :
    
    « Ne t’inquiète pas pour cela, j’en fais mon affaire. Je m’oppose rarement à Erasmus, mais cette fois, je n'ai pas hésité à lui expliquer en détail ce que je pensais de son attitude. Il a été tellement surpris qu’il s’est refermé comme une huître. Il a accepté de ne plus aborder le sujet pour le moment. Quant à Hadria, elle a besoin de blâmer quelqu’un… Cela finira par lui passer ! »
    
    Swan en doutait, mais il n’avait pas envie de contredire John et d’aller à l’encontre de ses paroles réconfortantes.
    
    « Dès que votre état vous permettra de voyager, reprit l’ésotéricien, vous serez tous les deux renvoyés à Col-Dormont. Je m'arrangerai pour faire venir tes parents, mais je préfère garder ta sœur à l'écart ; elle ne pense sans doute pas à mal, mais son attitude envers toi n’est pas des plus salutaires. »
    
    Le coeur de Swan se serra d’émotion ; il y avait bien longtemps qu’il ne s’était pas senti aussi soutenu. Il éprouvait la sensation de marcher sur la terre ferme et non sur des sables mouvants qui menaçaient de l’engloutir à chaque instant. Tout ne se résoudrait pas si facilement, mais au moins entrevoyait-il un espoir.
    
    « Pourquoi faites-vous tout cela pour moi, John ? demanda-t-il d’une voix tremblante. Alors que je suis responsable de ce qui est arrivé à Evy ? »
    
    Les yeux couleur de jade se firent sévères :
    
    « Je ne dirai pas que tu ne l’es pas, Paul. Ta part de responsabilité dans l’affaire reste indéniable, même si je l’attribue plus à une erreur de jugement qu’à une volonté délibérée de prendre des risques. Mais Evy l’est tout autant, sinon plus, pour s’être précipitée à ton secours en dépit de tes mises en garde. Et même Erasmus, pour vous avoir envoyés sur cette mission sans avoir pris la mesure d’un risque réel. Cela dit, toute existence implique des risques. Vous êtes tous les deux vivants et vous pourrez apprendre de vos erreurs. »
    
    Il se pencha pour prendre sa canne et se leva d’un mouvement fluide :
    
    « J’ai demandé à Vesper de passer du temps avec toi ; quand tu restes seul, tu réfléchis beaucoup trop. Et je m’arrangerai pour que tu aies l’esprit occupé le reste du temps. Est-ce que tu te sens capable d’écrire ?
    
    — Bien sûr… répondit Swan, un peu perplexe.
    
    — Je vais te faire porter des livres pour t’aider à passer le temps… Et une écritoire. Je veux que tu établisses le rapport exact de ce qui s’est passé. Et surtout, le plus objectif possible, en te limitant aux faits. Mais avant tout, tu dois être affamé : cela va faire plus de vingt-quatre heures que tu n’as rien avalé. Un repas va t’être bientôt apporté, et tu as intérêt à lui faire honneur. Tu as besoin de reprendre des forces. »
    
    John se redressa et lui adressa un sourire empli de bienveillance… Même si Swan aimait profondément Henry Mercury, il le savait atteint, bien que dans une moindre proportion, de travers similaires aux siens. Le jeune homme enviait à Evy, Jany et Vesper leur chance de bénéficier d'un père aussi sage que perceptif. Il éprouvait envers lui une infinie gratitude, pour lui avoir ouvert la porte et offert une place – certes, minime, temporaire et peu méritée – dans ce cercle de confiance et d’affection.
    
    Swan parvint à esquisser un petit sourire en retour.
    
    « Merci, John… »
    
    Il ferma les yeux, bien décidé à se reposer pour fournir à l’ésotéricien ce qu’il lui demandait, du mieux qu’il le pouvait.
    
    
***

    
    Swan se trouvait à présent depuis deux jours dans cet hôpital, même si son état physique ne le justifiait plus. De toute évidence, John tenait à ce qu’il y restât pour garder un œil sur lui, mais aussi pour surveiller sa condition psychologique.
    
    Sans grande surprise, la demande de John Ashley avait été salutaire. Réfléchir aux événements, de façon aussi rationnelle que possible, ne lui avait pas permis d'oublier ses erreurs tragiques, mais tout au moins avait-il compris leur cause. Il s'était résolu à ne rien cacher de sa rencontre avec la femme qui s’était présentée comme Mary MacAllen. Le mystère de son identité le perturbait toujours.
    
    Mises en rapport avec les paroles de Japet, il avait fait naître dans son esprit de folles hypothèses, qui l’avaient laissé pensif, sans voix, et étrangement indécis. Mais une supposition avait supplanté toutes les autres, si vertigineuse qu'il préféra l'écarter de ses préoccupations du moment.
    
    Un peu plus libre de ses angoisses et en dépit de la frustration liée à l’enfermement, Swan avait fini par trouver la situation plutôt confortable. Même à Col-Dormont, personne n’avait ainsi veillé sur lui. Bien que temporaire, cette prévenance reposait enfin son cœur et son esprit. Il attendait avec docilité l'instant où il pourrait voir Evy, mais il persistait dans l'idée qu'il ne le méritait pas. Malgré tout, à force de patience et d’attention, Vesper et John l’avaient convaincu de l'importance d’une visite qu'elle espérait tout autant que lui. Même si elle demeurait trop affaiblie pour imposer sa volonté, elle réussirait bien à persuader sa mère de montrer plus de mansuétude. Oui, les choses ne se présentaient pas si mal…
    
    Jusqu’au moment sa mémoire lui restitua une terrible réalité.
    
    Alors qu’il consignait sa rencontre avec Japet et ses conclusions sur l’implication du Titan dans les événements d’Eilean ar Marbh, la mission d'Anha lui revint en tête. Le jeune homme écarta l’écritoire de ses genoux, soudain fébrile. À présent qu'il connaissait le rôle de Japet dans cette affaire, la situation de la femme-automate lui semblait des plus périlleuse. Il était sans doute le seul à pouvoir l'en tirer, mais dans son état et sa position précaire, personne ne le laisserait se joindre à une expédition de sauvetage.
    
    Submergé par l’impuissance, Swan faillit envoyer son matériel d’écriture contre le mur, mais il domina cette pulsion. Il ne pourrait pas agir sans assistance. Il devait attendre le retour de Vesper. Sans nul doute, son ami se montrerait assez sensible au danger que courait l’Esprit pour accepter de l’aider. Ne partageait-il pas avec Anha un lien aussi fort que singulier ? Le jeune homme roux devait se trouver avec sa sœur et le reste de sa famille ; Swan se contraignit à patienter.
    
    Afin de calmer ses nerfs effilochés, il s’obligea à fermer les yeux et respirer lentement et régulièrement, en prenant soin de ne pas trop tirer sur ses côtes blessées. La douleur commençait à devenir plus supportable, autant grâce aux visites de la guérisseuse qu'à ses propres capacités.
    
    Enfin, la porte s’ouvrit, livrant passage à son ami. Le jeune Ashley hésita à l'entrée de la pièce, les sourcils froncés, et scruta le visage de Swan :
    
    « Que se passe-t-il ? Tu ne te sens pas bien ? Tu veux que j'appelle quelqu’un ?
    
    — Non, ça ira, se hâta de répondre l'intéressé. Il faut que je te parle… maintenant. »
    
    Perplexe, Vesper vint s’asseoir à côté du lit. Aussi brièvement que possible, Swan lui relata sa rencontre avec la mystérieuse « Marie » et le sinistre MacDan.
    
    « Il ne fait aucun doute que MacDan n’est autre que Japet, conclut-il. Il l’a pour ainsi dire avoué. Quant à Mary… »
    
    Le jeune homme sentit sa bouche devenir sèche ; sa main se referma machinalement sur une poignée de draps. Évoquer la femme mystérieuse suscitait en lui des émotions complexes, non dénuées de confusion.
    
    « Je peux me tromper… Mais je crois qu’elle n’est autre que… Rhéa. »
    
    Un silence stupéfait plana dans la pièce… Enfin, Vesper murmura d’un ton incertain :
    
    « Rhéa ? Comme… l’épouse de Cronos ?
    
    — Si tu connais d’autres Rhéa dans l’entourage des Titans, il faudra m’en parler, répliqua-t-il avec humeur.
    
    — Swan… le reprit son ami d'un ton de léger reproche.
    
    — Pardonne-moi, c’est juste que… »
    
    Le jeune homme blond se mordilla la lèvre ; il ne se sentait pas prêt à livrer quelque chose d’aussi intime. Pas encore.
    
    « Mais peu importe… Ce qui est intéressant, c’est qu’elle a parlé de la dame de Lumière. Le nom traditionnel de Phœbé. Je pense qu’il s’agit d’Anha. »
    
    Vesper resta muet, mais son regard vert, si semblable à celui de son père, s’inonda d’un mélange de compréhension et d’incrédulité. Au bout d’un moment, il murmura :
    
    « Tu crois vraiment qu’Anha… Qu’elle est en fait Phoebe ?
    
    — Je ne le crois pas. J’en suis certain. Après tout, c’était l’épouse de Ceos, non ? Les Titanides n’approuvaient pas les actes des Titans et n’ont pas été inquiétées par la première génération des Douzes, même si elles ont perdu leur place dominante dans la hiérarchie des Éveillés. Pour peu qu’elle se soit opposée aux desseins de Ceos, elle en a subi les conséquences. Il a réussi à la piéger dans une vie ordinaire, après lui avoir fait perdre la mémoire. Et rappelle-toi sa profession…
    
    — Électricienne… souffla Vesper.
    
    — Une cruelle ironie, non ? »
    
    Son ami se leva pour s’avancer vers la fenêtre. Il demeura immobile, les mains dans les poches, regardant à travers la vitre une vile dont il ne devait rien voir. Swan se demanda ce qu’il éprouvait envers l’esprit. Un peu plus que de l’amitié, sans doute… Mais au vu de la situation particulière de la jeune femme, rien ne s’annonçait facile;.. sans compter les sentiments d’Angelia pour Vesper, qui risquaient de s’immiscer dans l’équation !
    
    « Tu comptes faire quoi ? finit par demander le jeune homme roux d’un ton las.
    
    — Aller la chercher. »
    
    Vesper se retourna d’un bloc et le fixa d’un regard éberlué :
    
    « Mais tu n’y penses pas… Tu viens de te faire piéger par Japet, et tu vas partir l’affronter dans son antre ?
    
    — S’il le faut. »
    
    Le jeune homme roux leva les yeux au ciel :
    
    « Aux dernières nouvelles, tu as toujours deux côtes cassées, elles ne se sont pas ressoudées par magie… On n’a même pas encore retiré tes fils, sans parler de ton bras. Tu n’es même pas convalescent !
    
    — Mais nous manquons de temps, plaida-t-il. Tu n’as pas peur pour Anha ? »
    
    Le dilemme s’affichait clairement sur le visage de Vesper.
    
    « Nous pouvons en parler à mon père et à oncle Erasmus...
    
    — Ton père n’acceptera jamais que j’y aille ! Quant au directeur… »
    
    Il esquissa une grimace éloquente.
    
    « Je te demanderai juste de m’accompagner jusqu’à North Uis ! reprit-il.
    
    — Mais s’il utilise des sceaux mystiques, comme il l’a fait dans cette ville ? Tu n’auras aucun recours ! Je ne peux pas te conduire à la mort !
    
    — Je pense que nous aurons de l’aide, murmura-t-il. Celle d’une certaine personne… même si je dois la supplier pour cela ! »
    
    Il releva la tête avec détermination :
    
    « C’est mon devoir, Vesper ! Je n’ai pas réussi à protéger Evy, mais je ramènerai Anha, avant qu’il ne soit trop tard ! »
    

Texte publié par Beatrix, 13 décembre 2019 à 00h02
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