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Tome 2, Chapitre 14 « Evy - 3 - Une mission de routine » Tome 2, Chapitre 14
Même si Evy mourait envie de savoir ce qui s'était dit entre les deux hommes, elle avait préféré conserver une discrétion absolue. Malgré tout, elle surveillait avec une attention toute particulière les interactions entre le directeur et son subordonné. Ils avaient réussi, semblait-il, à trouver un certain équilibre et s'efforçaient de maintenant une politesse non dénuée de défiance, mais où elle discernait des signes évidents de bonne volonté, d'un côté comme de l'autre. Erasmus avait évoqué du bout des lèvres la possibilité de les envoyer ensemble remplir une mission de recherche et d'information, mais seulement si la destination restait proche et le danger très modéré.
    
    Finalement, deux jours après sa discussion avec Evy, il convoqua les deux jeunes gens dans son bureau. Ne sachant trop à quoi s'attendre, ils s'y retrouvèrent avec un peu d'appréhension. Ils hésitaient même à s'adresser la parole, peut-être, songea Evy, de crainte d'instiller à l'autre ses propres craintes. Quand le directeur leur ouvrit sa porte, ils entrèrent comme deux écoliers fautifs prêts à se faire sermonner.
    
    « Asseyez-vous », commanda-t-il sans préliminaires.
    
    Ils obtempérèrent en échangeant un regard nerveux.
    
    « Bien. En triant les rapports qui m'ont été envoyés ce matin, je suis tombé sur une affaire qui peut se révéler sans importance, comme se révéler en relation avec l'affaire d'Eilean Marbh. Des disparitions de corps ont été signalées au cimetière de Greyfriars comme à celui d'Old Calton, y compris dans des sépultures de familles notables... »
    
    Les sourcils de Swan se froncèrent légèrement :
    
    « Les cimetières d'Édimbourg ? Entre les sectes illuminées du coin et les carabins locaux, il y a de grandes chances que ce soit une fausse alerte... mais c'est en effet assez proche d'Eilean Marbh pour motiver quelques soupçons. »
    
    Il se caressa pensivement le menton, regardant le directeur sous des paupières mi-closes.
    
    « Malgré tout, je serais tout de même assez étonné que le nouveau locataire de l'île des Morts s'approvisionne là-bas. Peut-être cherche-t-il des corps d'un type particulier – des gens en bonne santé et bien alimentés, qu'ils choisiraient dans la bonne société... »
    
    Evy écouta le jeune homme avec attention, surprise de le voir tirer aussi vite des hypothèses.
    
    « À ce stade, notre informateur n'a trouvé aucune piste valable, avoua le directeur en tordant machinalement entre ses doigts la feuille du rapport. Mais nous ne pouvons pour autant négliger ces faits !
    
    — Cela va de soi... »
    
    Evy se sentait un peu perdue en écoutant leur échange ; elle avait toujours détesté qu'on évoquât devant elle un sujet dont elle n'avait pas la clef :
    
    « De quoi s'agit-il exactement ? » demanda-t-elle, un peu contrariée.
    
    Swan lança un regard à Dolovian avant de l'informer en quelques mots de l'activité insolite dans l'ancienne caserne et de la découverte du corps réanimé. Evy frémit intérieurement : elle avait entendu parler des abominations commises à la fin du siècle précédent dans ce même lieu. Mais pour avoir rencontré Lyra, dont le corps avait été ressuscité jadis par les procédés du docteur Bayler, elle savait que ces êtres revenus à la vie n'avaient rien de repoussant. Ils n'en gardaient pas d'autres stigmates que leurs yeux rouges – qui chez l'épouse de Peter tiraient vers le violet. Par contre, l'idée d'un cadavre animé comme un pantin par un étrange dispositif recelait pour elle un potentiel d'horreur bien plus intense.
    
    « Je vois », murmura-t-il en un souffle.
    
    Elle sentit la main déliée de Swan se poser sur son bras :
    
    « Mais la chance pour qu'un rapport existe demeure minime... Il s'agit sans doute d'une affaire de routine, qui aurait dû être réglée par les autorités locales. Mais les Écossais sont affreusement superstitieux...
    
    — Ou, dans certains cas, affreusement clairvoyants, objecta Dolovian. Je pense que notre contact sur place ne sera pas contre un peu de renfort... mais il ne s'agit que de l'aider à vérifier l'authenticité des allégations ou leur origine supposée.
    
    — Cela veut dire que nous sommes envoyés sur place ? »
    
    Evy s'était presque levé dans son enthousiasme. Dolovian lui lança un regard sévère :
    
    « Je l'envisage, en effet. Mais à pures fins d'investigations. En aucune façon, vous n'êtes autorisés à intervenir de votre propre chef, est-ce bien compris ? »
    
    Les deux jeunes gens se regardèrent en souriant ; Evy fut la première à répondre, en réprimant à grand-peine son excitation :
    
    « Cela va de soi ! »
    
    Elle se tourna vers Swan, les yeux brillants, attendant qu'il la suive dans ses assurances.
    
    « Je ne peux pas vous faire une telle promesse, monsieur le directeur, répondit gravement le jeune homme. Si je vois les responsables de ces exactions menacer un innocent, ou s'ils attentent à la vie d'Evy ou à la mienne, je n'hésiterai pas à intervenir. »
    
    Dolovian fronça les sourcils en grommelant :
    
    « Cela va de soi. Mais quoi qu'il arrive, veillez à ne pas exposer la vie d'Evy.
    
    — Soyez tranquille sur ce point, monsieur le directeur. Compte tenu de sa jeunesse, de son inexpérience, elle est forcément plus vulnérable que je le suis, et c'est tout naturellement que je me sacrifierais s'il le faut... »
    
    Le sourire léger qui flottait sur ses lèvres semblait ambigu à souhait... et Evy pouvait lire dans son esprit comme en un livre ouvert : même s'il parlait en cet instant en toute sincérité, il avait interprété les paroles du directeur comme l'assurance que sa vie représentait pour lui une quantité négligeable. Elle supposait que d'une manière un peu perverse, il y voyait la preuve que son existence ne valait décidément pas grand-chose.
    
    « J'espère bien que cela n'ira pas jusque-là ! », s'empressa-t-elle d'affirmer, le cœur battant.
    
    Même s'il ne devait rester qu'un ami pour elle, elle n'envisageait certainement pas de le perdre.
    
    « Elle a raison, personne ne vous en demande autant, grommela Dolovian. Ce n'est pas parce que vos cicatrices finissent toujours par disparaître qu'il faut vous sentir obligé de vous faire trouer la peau ni amocher d'aucune autre façon que ce soit... »
    
    La remarqua se révéla efficace. Swan piqua du nez, confus, et Evy applaudit en silence. Elle se promit de veiller sur lui comme il veillerait sur elle, de lui prouver qu'il était important et plus brillant qu'il ne se l'imaginait.
    
    Et pour cette entreprise, Édimbourg représentait le cadre parfait.
    
    
***

    
    D'une manœuvre audacieuse, Swan gara son Austin 7 rouge et noir devant l'hôtel où la fondation leur avait réservé des chambres. Il récupéra leurs valises entreposées sur le siège arrière, refusant galamment à Evy de la laisser porter la sienne. Avec son long par-dessus chamois, ses gants de cuir blond et ses lunettes fumées, il pouvait difficilement rester inaperçu ; les passants étaient peu nombreux, mais il accrocha plus d'un regard féminin. Evy grimaça légèrement ; à côté de lui, dans sa tenue de voyage de tweed Prince de Galles, elle ressemblait à une écolière.
    
    L'hôtel, une ancienne résidence du XVIIIe siècle aux lignes pures et élégantes, s'élevait sur l'une des terrasses suivant la crête naturelle qu'escaladait la ville. Quand ils entrèrent dans le bâtiment, elle demeura bouche bée : les pièces s'agençaient autour d'un vaste espace central, surmonté d'un dôme de verre coloré. Même si le luxe ne lui était pas étranger, elle trouva l'endroit particulièrement spacieux. Le jeune homme récupéra leurs clefs à la réception avant de s'engager derrière elle dans l'escalier.
    
    « Deux chambres adjacentes ; nous respectons les convenances. Tu vas avoir le temps de te reposer un peu avant de rencontrer notre contact. »
    
    Evy s'en sentait presque déçue. Même si le train aurait été plus confortable, Swan avait choisi de prendre sa voiture, qui leur permettrait de circuler à Edimburg de façon plus autonome. Certes, elle n'avait pas pu se reposer au fil du voyage, mais elle avait apprécié les moments intimes partagés au long du trajet.
    
    Ce n'était pas la première fois qu'elle visitait la capitale historique de l'Écosse ; elle y avait passé plusieurs séjours dans son enfance. Quand elle contemplait la ville avec des yeux d'adulte, elle découvrait un profond romantisme entre les murs de cette cité ancienne. Elle brûlait de la parcourir à loisir, même si elle savait que le temps lui ferait défaut. Comme pour un voyage d'affaires, songea-t-elle en souriant intérieurement. Est-ce que cela faisait d'elle quelqu'un d'important ?
    
    Une fois seule dans la chambre vaste et claire, elle prononça une incantation à mi-voix, afin de s'assurer qu'aucune influence négative ne stagnait en ces lieux. Parfois, des menées troubles pouvaient laisser des auras néfastes dans un très large périmètre.
    
    Elle ne parvint pas à en percevoir la moindre trace. Pourtant, il s'agissait d'un site ancien, chargé en énergie et d'une histoire qui n'avait pas dû être toujours positive. Peut-être était-elle tout simplement trop fatiguée pour obtenir un résultat... Elle décida de s'étendre un peu sur le lit et de se détendre un peu ; un sourire éclaira son visage quand elle repensa au voyage qui les avait réunis, Swan et elle. Elle avait tenu à jouer les copilotes, même s'il pouvait visiblement s'en passer. Ils avaient plaisanté, ri, chanté... Il possédait une belle voix, juste, franche et enjouée. Evy aurait voulu que le trajet dure plus longtemps...
    
    Elle se laissa aller pendant un instant, les yeux fermés, respirant les odeurs de lavande et d'encaustique qui flottaient dans la chambre...
    
    L'homme la fixait de ses yeux pénétrants... Des yeux couleur de jais, si sombres que la pupille se fondait dans les iris ténébreux. Si sombre qu'ils semblaient ouvrir droit vers le néant...
    
    « Voici donc le fameux Odoïporos... Le dernier éveillé majeur arrivé en ce monde... »
    
    Elle se redressa brutalement ; désorientée, elle mit un certain temps à comprendre où elle se trouvait. La vision restait gravée dans son esprit, lancinante.
    
    Odoïporos... En grec, ce mot signifiait « voyageur ». Le dernier éveillé majeur... Celui que l'homme mystérieux avait évoqué pouvait-il être... Swan ?
    
    Quelques coups contre la porte la tirèrent de ses réflexions.
    
    « Evy ! lança la voix familière de l'autre côté du battant. Est-ce que tout va bien ?
    
    — Oui, je viens... juste de me réveiller... »
    
    Un peu engourdie, elle se dirigea vers la salle de bain pour passer un peu d'eau sur son visage. Que signifiait ce rêve étrange ? N'était-elle pas juste victime de ses inquiétudes ? Après tout, elle ne faisait que débuter... Il était normal que cela lui semble très impressionnant, même si c'était une simple mission d'information.
    
    Elle termina d'arranger sa mise avant d'aller rejoindre Swan.
    
    
***

    
    Leur contact leur avait donné rendez-vous dans la cour du château d'Édimbourg. Bonne marcheuse, Evy n'avait pas vu d'inconvénient à grimper dans les hauteurs de la ville. L'édifice qui s'étirait tout le long de la crête n'avait rien de merveilleux ni de féerique : des bâtiments gris, solides, mais sans grâce, surplombaient les murailles qui se fondaient dans le pic rocheux. Mais elle le trouvait bien assorti à cette pointe de sauvagerie qui perdurait même si l'homme avait depuis longtemps colonisé la place.
    
    C'était une belle journée de printemps ; le soleil illuminait le paysage magnifique qui s'étendait sous leurs yeux, dominés par les clochers effilés ou de couronnes de pierre. Swan lui montra le monument à sir Walter Scott, en lui promettant qu'ils iraient le voir de plus près quand elle s'enthousiasma pour son architecture néo-gothique.
    
    « Mais nous aurons tout le temps de voir cela quand nous aurons réglé cette affaire », déclara-t-il, confiant.
    
    Evy songea à sa vision de la nuit, mais elle l'écarta rapidement de ses pensées.
    
    « Aux frais de Gladius Irae ? remarqua-t-elle avec amusement. Je doute que cela améliore ton image auprès du directeur.
    
    — Ce serait vrai si je profitais honteusement de la manne de la Fondation... Et non le contraire.
    
    — C'est une question de principe, c'est ça ? Tu préfères en être de ta poche plutôt que dépendre de Gladius Irae ? »
    
    Le visage du jeune homme se ferma :
    
    « Il y a de cela. J'ai une paye régulière en tant qu'agent, comme ce sera ton cas bientôt. Je ne remets pas cela en cause. Je ne remets même pas en cause l'origine des fonds dont dispose largement Gladius Irae. Après tout, elle en fait bon usage. »
    
    Cette remarque laissa la jeune fille perplexe. Elle s'était parfois demandé d'où venaient les finances apparemment sans fin de Gladius Irae. Les missions, les moyens matériels et techniques, les voitures, bateaux, avions et autres zeppelins... Elle avait imaginé un vaste réseau d'investissements, de donations... Mais cela restait effectivement mystérieux.
    
    Le jeune homme se détourna, les mains dans les poches comme à chaque fois qu'il abordait un sujet épineux :
    
    « Est-ce que le nom de Van der Allen te dit quelque chose ? »
    
    — Van der Allen... ? »
    
    Elle réfléchit un moment : où avait-elle entendu ce nom ? Cela lui revint, confusément : en regardant des coupures de presse conservées par son père, elle était tombée sur un article relatant le destin tragique de l'homme. Un magnat des transports, le genre de personnage à qui semblait tout réussir : charismatique, puissant, impitoyable, résolument tourné vers l'avenir... Jusqu'à ce que le sort s'acharnât sur lui : il avait perdu son plus jeune fils dans un déraillement en 1900. Puis l'aîné en 1912... Juste avant de trouver lui-même la mort dans un terrible accident dont les circonstances n'avaient pas été intégralement éclaircies. Certes, il n'avait pas laissé d'héritier... Mais comment sa fortune avait-elle pu être transférée à la fondation ?
    
    Swan pivota de nouveau vers elle :
    
    « Mais ce sont de vieilles histoires, tout cela ! lança-t-il d'une voix faussement joviale. Nous devons chercher notre contact ! Il devrait déjà être là, en théorie ?
    
    — Il est déjà là, en effet », déclara une voix douce, mais ferme.
    
    Evy sursauta légèrement et se tourna vers la personne qui venait d'intervenir : il s'agissait d'une femme d'âge mûr, aux cheveux gris coupés court et vêtue d'un long manteau noir. Elle les observait avec un mélange de curiosité et d'amusement.
    
    « Si vous êtes bien Evelyn Ashley et Paul Mercury... »
    
    Swan ôta son chapeau et s'inclina gracieusement ; il avait déjà repris son attitude charmeuse.
    
    « Pour vous servir... madame ?
    
    — Mary MacAllen. Enchantée de vous rencontrer. Puis-je vous proposer d'aller discuter de notre affaire dans un lieu plus confortable ? »
    
    Evy approuva cette proposition avec ferveur ; même en cette saison printanière, le vent se faisait un peu frais dans les hauteurs de la ville.
    
    « Ce sera bien volontiers, répondit son compagnon avec enthousiasme. Nous vous laissons nous guider, madame MacAllen ! »
    
    Un quart bon d'heure plus tard, ils entrèrent dans un pub de Victoria Street, aux parois entièrement recouvertes de boiseries ; afin de trouver un peu de calme, ils s'installèrent sur une mezzanine qui dominait le reste de la salle et n'accueillait qu'une seule table ronde.
    
    Evy se sentit un peu frustrée devant son verre de limonade – et le sourire en coin du serveur ; elle aurait voulu tremper ses lèvres dans le whisky ambré commandé par Swan, ou la bière rousse de Mary. Mais bientôt, elle oublia cette légère contrariété, fascinée par la voix grave et le visage aux traits accusés, mais élégants de la femme, dès qu'elle commença à leur narrer les débuts de l'affaire.
    
    « Tout a commencé par des plaintes de famille auprès des autorités des différents cimetières de la ville, bientôt relayées par les prêtres de plusieurs paroisses. Au départ, elles n'ont pas été prises au sérieux... dans la mesure où n'y avait pas de saccages apparents, comme si les tombes avaient été ouvertes avec un soin méticuleux, au lendemain même des inhumations. Il ne s'agissait que de caveaux préexistants, d'ailleurs. Les familles impliquées prétendent avoir découvert les faits parce que les esprits des défunts leur sont apparus, dans une situation de détresse extrême... comme terrorisés. Dans d'autres lieux, ces affirmations n'auraient peut-être pas été prises au sérieux, mais nous sommes en Écosse. Quelques un de nos « sympathisants » dans la police locale ont fini par me faire passer le mot... Je participe à beaucoup de bonnes œuvres dans le quartier et le fait que je sois un tant soit peu médium ne semble pas tellement troubler les gens dans ce pays... Les familles étaient heureuses de trouver enfin une oreille compréhensive. Certaines ont loué les services d'hommes courageux, décidés à passer une nuit dans un cimetière réputé hanté... Mais lendemain matin, ils ont été retrouvés inconscients et couverts d'ecchymoses. Certains mettent cela sur le compte des esprits dont le corps a été volé... Mais d'autres l'attribuent à ces mystérieux voleurs de corps. »
    
    Elle regarda tour à tour les deux jeunes gens :
    
    « Je ne m'attendais pas à ce que ma requête soit si rapidement traitée, avoua-t-elle, et moins encore de vous recevoir, monsieur Mercury. Les affaires qui bénéficient de votre expertise sont généralement plus prestigieuses...
    
    — Disons que ma dernière mission a été un peu... plus éprouvante que prévu, expliqua diplomatiquement le jeune homme. Disons que je suis... presque en congé ! Ce séjour devrait me paraître plutôt reposant !
    
    — Reposant n'est pas le terme que j'aurais employé, jeune homme, décréta Mary, un peu sarcastique. Vous verrez par vous-même ! En tout cas, je vous souhaite la bienvenue à Édimbourg. »
    

Texte publié par Beatrix, 4 avril 2019 à 01h11
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