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Tome 2, Chapitre 8 « Anha - 3 - Le départ » Tome 2, Chapitre 8
Les voix résonnaient jusque dans la bibliothèque ; celles de deux femmes qui se disputaient ardemment, au point qu’il était impossible aux occupants de la résidence d’y rester sourds. Anha, qui avait passé la nuit à compulser divers ouvrages sur les Titans, les Douze et autres Âmes éveillées, hélas sans grande avancée, décida de quitter la pièce afin de découvrir ce qui pouvait bien se passer. Une fois dans le parc, elle repéra clairement l’origine des chamailleries.
    
    Le son venait d’un balcon du premier étage ; elle reconnut aisément les deux silhouettes visibles comme Evelyn et Hadria Ashley, lancées dans le type de disputes épiques qui ne pouvaient survenir qu’entre mère et fille :
    
    « Il est hors de question que tu partes maintenant, Evy ! Je te rappelle que tu es censée rester ici avec nous durant deux semaines encore, le temps que ton frère soit prêt à rentrer chez nous !
    
    — Vesper n’a pas besoin de tout ce temps. Il est plus fort que tu ne le penses… C’est vous qui en avez besoin. Mais lui et moi, nous nous comprenons très bien !
    
    — Laisse-moi en douter. Personne ne pourrait comprendre une capricieuse et une tête de mule comme toi !
    
    — Je te retourne le compliment…
    
    — Tu n’es qu’une petite insolente !
    
    — Non, je suis parfaitement franche. Et de toute façon, père aussi m’approuve.
    
    — Laisse ton père en dehors de cela !
    
    — Pourquoi ? Tu ne supportes pas qu’il ne soit pas d’accord avec toi, pour une fois ? Tu sais que la plupart du temps, il préfère se taire plutôt que te contrarier ? »
    
    Anha s’attendait à entendre le bruit d’une gifle retentissante, l’étape suivante, logiquement, à cette gradation dans l’affrontement de deux logiques bornées, mais il n’en fut rien. Une voix plus calme intervint dans la conversation, celle de la raison, en la personne probable de John Ashley.
    
    « Hadria, Evelyn… Que se passe-t-il ? »
    
    Les doléances respectives de la mère et de la fille s’élevèrent, pour être aussitôt coupées par leur mari et père :
    
    « Non, chacune votre tour. Hadria ?
    
    — Ta fille souhaite abandonner son frère pour se rendre au siège londonien. Elle n’a même pas d’arguments valides.
    
    — Vraiment ? Evy ? »
    
    Grâce à ses perceptions sensibles d’esprit, Anha entendit la jeune fille grommeler à voix basse avant de déclarer :
    
    « Bien sûr que j’ai des arguments valides. Une mission d’envergure se prépare. Même si je sais que je ne suis pas encore prête pour le service actif, je pourrai tout au moins assister aux préparatifs et me montrer utile. Je n’ai pas pu le faire pour le Titan de métal… J’aurais peut-être plus de chance cette fois-ci ?
    
    — Et tu en as parlé à Erasmus ? demanda son père, dont la voix contenait un petit écho amusé.
    
    — Eh bien… Il sera d’accord, non ? répondit la jeune fille avec hésitation.
    
    — C’est ce que je disais ! intervint sa mère. Aucun sens commun. Ce n’est pas la peine que tu embarques sur ce zeppelin pour te faire renvoyer dans l’autre sens dès ton arrivée. »
    
    John laissa passer un temps de silence avant de répondre d’une voix douce :
    
    « Hadria… Je sais que sa décision peut sembler un peu… précipitée, mais elle n’a pas tout à fait tort. Que risque-t-elle ? À part, comme tu le dis, se faire renvoyer dans l’autre sens ?
    
    — Et si Gladius Irae lui confie un rôle actif ? Elle n’est pas du tout préparée à cela !
    
    — Hadria… Evy a dix-neuf ans ! Ce n’est pas l’âge auquel tu m’as été adjointe en tant que partenaire ? »
    
    Un silence éloquent suivit à cette remarque. Anha ne put s’empêcher de sourire intérieurement. Evy lui semblait de plus en plus sympathique ; elle avait envie de mieux connaître la jeune fille brune.
    
    « Mais ce n’est pas tout à fait pareil, reprit enfin sa mère. Je n’ai pas eu le choix, et puis… c’était une autre époque.
    
    — Hadria. Reconnais que nous avons affronté bien des situations dangereuses !
    
    — Peut-être, mais tu étais là pour moi. Tu n’aurais jamais permis qu’il m’arrive quoi que ce soit. Tu as bien souvent pris les coups à ma place.
    
    — Eh bien, peut-être que Gladius Irae lui choisira un partenaire capable de la protéger !
    
    — Je suis capable de me défendre seule ! protesta Evy.
    
    — Evy, dans certaines situations, on ne peut s’en sortir seul, déclara Ashley gravement. Sur le terrain, on a toujours besoin de quelqu'un sur qui compter. Si ton frère a réussi de tels exploits à Skellet, ce n’était pas seulement grâce à ses talents ; mais aussi parce qu’il possédait des compagnons sur qui il pouvait s’appuyer. »
    
    Anha fut touchée par cette approbation indirecte. Elle se sentait un peu coupable d’assister à une conversation qui ne la regardait pas, mais il s’agissait d’une occasion inespérée d’en apprendre plus sur les gens qui l’entouraient.
    
    « Des personnes fiables, renchérit Hadria Ashley. Tu devrais montrer plus de soin dans le choix de ceux à qui tu veux accorder ta confiance.
    
    — Parce qu’en plus, je manque de discernement ?
    
    — J’en ai bien l'impression. J’ai bien vu comment tu regardais le jeune Mercury ! »
    
    L’esprit s’attrista de cette remarque sévère, mais elle ne s’en étonna guère.
    
    « Mère… je connais Paul depuis l’enfance. C’est un peu normal que je m’inquiète de lui.
    
    — Tu es consciente de ce qu’il est ?
    
    — Oui, et alors ? Pour parler franchement, je suis une sorcière. Est-ce que cela fait de moi quelqu’un de moins fréquentable ?
    
    — Cela fait de toi une humaine. Ces êtres sont…
    
    — Ce sont aussi des humains, Hadria, intervint John d’un ton sévère. Certes, des humains dont les dons dépassent de loin les nôtres, mais ils n’en restent pas moins semblables à nous… »
    
    Cette discussion ne devait pas être la première sur le sujet. Pendant que ses parents poursuivaient leur échange, Evy était sortie de la pièce pour venir s’appuyer sur le balcon. Anha se renfonça un peu entre les arbres, craignant que la jeune fille ne la repère.
    
    « Nous ne serons jamais d’accord là-dessus. Et de surcroît, ce garçon est une espèce de dandy sans consistance… On m’a dit qu’à Paris, il a mené une vie débridée !
    
    — Ce qui est le cas de beaucoup de jeunes gens, Hadria. Demande à Erasmus de te parler de sa jeunesse… Il n’a pas fait que tuer des monstres !
    
    — Ça ne m’intéresse pas vraiment, John, répliqua Hadria sèchement. Nous parlons de notre fille, pas de ton ancien tuteur. »
    
    Evy se retourna vers ses parents :
    
    « Oui, vous parlez de votre fille. Et j’ai très bien compris, mère, que tu es incapable de me faire confiance. En passant, oncle Erasmus se trouve à Londres, justement. Il sera capable de veiller sur moi, sur mes fréquentations, sur ma vertu, mieux que personne d’autre, vous ne croyez pas ? »
    
    Anha sourit intérieurement : elle serait ravie d’avoir Evy comme compagne de voyage – si la jeune fille ne se montrait pas trop désarçonnée par sa présence.
    
    Mais elle n’en oubliait pas pour autant ses propres soucis, qu’elle espérait pouvoir régler aussi rapidement que possible.
    
    
***

    
    Il se passa bien cinq jours avant que la femme-automate ne se décide à réunir Ash, Malvin et Vesper dans la bibliothèque, qui était devenue son sanctuaire, pour leur parler de son départ imminent. C’était plus facile de leur annoncer à tous la nouvelle, que de s’adresser en particulier à Ash. Seule avec lui, elle n’aurait sans doute pas été capable de maîtriser les émotions qui l’envahissaient à l’idée de s'éloigner de lui. Dès leur première rencontre, le jeune homme avait pris une importance majeure dans son existence. Ils s’étaient plus d’une fois sauvés l’un l’autre et se comprenaient de façon profonde et instinctive – du moins l’espérait-elle.
    
    « Une mission ? Si tôt ? »
    
    Le regard de jade du jeune homme se posa sur elle, débordant d’une incompréhension peinée.
    
    « Et tu le sais depuis longtemps ? »
    
    Elle baissa les yeux vers ses mains de métal, sagement croisées sur ses genoux :
    
    « Cinq jours…
    
    — Et tu ne le dis que maintenant ?
    
    — Cela n’aurait rien changé, argua-t-elle vivement. Swan part aussi… Ils ont besoin de lui.
    
    — Swan… »
    
    Le front lisse d’Ash se plissa de rides soucieuses :
    
    « Ils vont l’envoyer sur une mission, si tôt ? Il n’est pas en état…
    
    — C’est ce que je me disais, confirma la jeune femme. Mais a priori, il va juste servir d’expert, ou quelque chose du genre. Il restera au siège et fera juste partager son expérience.
    
    — C’est mieux ainsi, remarqua Malvin d’un ton soulagé. Ce garçon file un mauvais coton, si vous voulez mon avis.
    
    — C’est un jeune homme bien poli, ajouta la vieille Phyra avec son à-propos habituel. Mais il semble toujours un peu triste, non ? En tout cas, vous allez pouvoir prendre soin de lui, puisque vous partirez aussi à Londres. Vous devrez faire attention à vous… Les nuits sont fraîches là-bas ! »
    
    Malvin et Ash éclatèrent de rire, même si le jeune homme demeurait visiblement préoccupé. Il se leva de son fauteuil pour venir poser ses deux mains sur les épaules métalliques d’Anha et plongea son regard vert dans ses yeux facettés :
    
    « Je suis triste de te perdre. J’espère de tout cœur que tu seras prudente… Je te rejoindrai dès que j’aurais le droit de quitter cet endroit. J’ai accepté de travailler pour Gladius Irae. Peut-être qu’avec un peu de chance, tu n’auras pas encore quitté Londres quand j’arriverai ? Je vais faire tout mon possible pour partir plus tôt que prévu ! »
    
    Anha doutait de sa capacité à fuir les attentions de sa famille et les autorités de Col-Dormont, mais la réaction émue du jeune homme lui réchauffait un cœur qu’elle n’avait plus.
    
    Le temps qui restait passa à toute allure. Anha n’avait pas beaucoup d’affaires à préparer, pas plus que Swan. Pour tromper son impatience, elle gardait un oeil sur lui, mais aussi sur Evy : elle ignorait toujours si la jeune fille aurait le droit de les accompagner. L’esprit se demandait si la mère d’Evy avait vu juste en suggérant qu’elle éprouvait quelque chose pour Paul Mercury. Elle semblait n’entretenir avec lui que des relations de courtoisie élémentaires ; il leur arrivait souvent de se lancer des regards à la dérobée, mais cela ne prouvait pas grand-chose.
    
    Deux jours après sa discussion avec ses compagnons de Skellet, au milieu de la matinée, le zeppelin atterrit enfin sur la large plate-forme du séjour alpin. Tous ses amis étaient présents pour lui faire leurs adieux. Indifférents à la dureté et à la froideur de son enveloppe, Malvin, Phyra et même Ash la serrèrent longuement dans leurs bras. Le jeune homme roux posa gentiment la main sur sa joue cuivrée en murmurant :
    
    « Souviens-toi que tu m’as promis de ne pas prendre de risques inconsidérés ! »
    
    Il accorda également une longue accolade à Swan, qui se tenait un peu à l’écart, avec une expression résignée. Angelia prit le temps de débiter à son frère une série de recommandations dont Anha ne comprenait pas la moitié, avant de déposer sur sa joue un rapide baiser qui eut l’air de le surprendre. Deux des serviteurs de la résidence les avaient accompagnés pour monter leurs bagages à bord du zeppelin. Soudain, une voix retentit :
    
    « Attendez, j’embarque aussi ! »
    
    Evy venait de faire son apparition, suivi d’un troisième domestique qui portait sa lourde valise en carton bouilli. Derrière elle, Anha aperçut son père, sa mère et sa sœur, arborant des expressions variées. Le visage d’Hadria Ashley demeurait fermé, celui de Jany plutôt neutre et celui de John serein. Tandis que le bagage de la jeune fille était hissé à bord, elle embrassa son frère et sa sœur et reçut avec résignation l’étreinte farouche de sa mère. Son père la prit par les épaules et plongea son regard dans le sien :
    
    « J’ai toute confiance en toi et en tes capacités, Evy. Écoute bien ce qu’Erasmus te dira, mais suis aussi tes propres intuitions quand cela te semblera préférable. »
    
    Il se tourna vers Swan, à qui il tendait une main cordiale :
    
    « Je vous souhaitai bonne chance pour la suite des évènements, jeune homme.
    
    — Je vous remercie, John », répondit l’intéressé avec un sourire plus sincère qu’à l’accoutumée.
    
    Bien tôt, les trois jeunes gens montèrent dans le zeppelin ; l’engin était de dimension plus réduite que celui qui les avait amenés à Col-Dormont, mais d’un modèle similaire : argenté et fuselé, avec un habitacle englobé par l’immense enveloppe allongée. L’intérieur montrait un aménagement austère, mais distingué, avec des meubles profilés, des parois blanches et des espaces aérés et agréables. On attribua à chacun une cabine pour la durée de la traversée, qui n’excéderait pas deux jours.
    
    Anha s’installa au mieux dans la sienne. Malvin l’avait aidé à faire sa valise. Contrairement à celles des autres passagers, elle ne contenait pas de linge ni d’objets de toilette, mais des produits d’entretien pour le métal et quelques pièces de rechanges pour ses parties les plus fragiles. Elle avait également emporté des livres, qu’elle avait eu le droit de prélever dans la bibliothèque de la résidence. Étant donné le poids de son bagage, elle aurait pu le porter elle-même dans sa cabine, mais elle avait décidé pour une fois de se laisser servir, comme si elle avait été quelqu'un de « normal ». Elle se doutait qu’une fois à Londres, elle ne pourrait plus entretenir cette illusion. Au moins, à Col-Dormont, elle pouvait sortir et circuler sans attirer d’attention particulière.
    
    Lentement, l’aérostat commença à s’ébranler, puis à prendre de l’altitude. Anha s’assit dans un fauteuil fixé à côté de la baise vitrée, observant en contrebas le magnifique paysage alpin se révéler dans toute sa splendeur, sous le soleil éclatant de la matinée. Elle n’avait pas envie de quitter l’endroit, encore moins ses amis… mais elle pourrait se rendre utile en affrontant un autre Titan dont les machinations menaçaient le monde.
    
    Mais quel était celui qui relevait à présent la tête ?
    
    Pas Cronos, leur meneur, renvoyé dans les limbes...
    
    Pas Ceos, le plus intelligent d’entre eux, vaincu à Skellet par leur petit groupe.
    
    Alors, qui ?
    
    Hyperion, qui connaissait si bien les astres et leur révolution ?
    
    Océan, le roi des Abysses ?
    
    Japet, le maître des Morts ?
    
    Ou encore Crius, le plus faible d’entre eux qui, malgré ses dispositions plus pacifiques, était peut-être assez loyal pour se laisser entraîner par ses frères ?
    
    Quelle pouvait être la position de leurs compagnes respectives ? Elles n’avaient jamais autant prisé l’opposition et la révolte des Titans, n'était-ce que pour le bien de leur progéniture. Rhéa n’avait pas aidé Cronos dans son entreprise folle, du moins, pas à sa connaissance. Quant à l'épouse de Ceos, Phoebée, la porteuse de lumière… Jamais elle n’aurait approuvé Skellet. Elle aurait lutté corps et âme pour contrer Ceos dans ses projets… Elle…
    
    Un choc la ramena à la réalité. Celui de sa main de contre la paroi ; heureusement, elle n’avait touché que la plaque métallique, qui portait un léger enfoncement, et non le verre de la baie. Que se passait-il en elle ? En savait-elle plus qu’elle ne le croyait ? Possédait-elle, comme Swan, un lien avec les Titans ?
    
    La jeune femme n’en avait aucune idée. Elle ne se souvenait même pas de ses parents. Par défaut, elle restait Anha de Skellet, l’électricienne devenue esprit puis, par la force des choses, une créature de métal. Pour l’instant, cela devrait suffire.
    
    Sitôt l’engin dans les airs, sans grande surprise, Evy s’était rapprochée de Swan, même si leur relation conservait une parfaite correction. La jeune fille avait vite trouvé le moyen de rompre la chape d’isolement que leur ami s’était imposé, en l’entraînant dans des discussions animées sur tout ou rien : l’art, la littérature, l’histoire, les sciences ésotériques… Le gentleman qu’il s’efforçait d’être ne pouvait refuser la conversation et y prenait visiblement plaisir. Mais il gardait toujours une certaine distance, comme s’il avait peur de se brûler s’il se rapprochait trop. Probablement un effet de la phobie de l’abandon qu’Anha subodorait.
    
    Même si elle craignait de s’imposer, ses compagnons de voyage l’intégraient avec facilité – voire soulagement, dans le cas de Swan. La jeune fille brune se montrait parfaitement chaleureuse à son égard, comme si ses « particularités » lui semblaient de peu de conséquence. L’esprit se sentait souvent desservi par son absence de connaissances générales : des bribes de savoir impromptues lui revenaient parfois, mais elle manquait de culture essentielle sur nombre de sujets, et ses lectures intensives des dernières semaines ne pouvaient pallier toutes ses lacunes. Surtout face à deux personnes qui présentaient une éducation aussi parfaite. Malgré tout, ni l’un ni l’autre ne se montraient condescendants à son égard. Au contraire, ils s’empressaient de lui expliquer les choses avec patience autant que passion.
    
    Finalement, Anha aurait voulu que le voyage s’éternise… Mais quand les contours de la capitale britannique apparurent à travers les baises, elle dut se résigner à endurer ce qui l’attendait dans cette ville un peu effrayante.
    
    
***

    
    Le zeppelin ne fit que survoler Londres ; assise dans la salle commune en compagnie d’Evy et de Swan, Anha contempla avec un mélange de crainte et d’émerveillement les quartiers qui s’étendaient de part et d’autre de la Tamise. La rivière brillait doucement sous la brume omniprésente, d’où émergeait l’horloge de Big Ben, la majestueuse tour Victoria, le clocher rouge de Westminster, que lui désignaient avec enthousiasme ses deux compagnons. Elle vit le soleil accrocher les parois de verre de Crystal Palace et illuminer les parcs qui rompaient la monotonie des bâtiments… Puis, lentement, la vision s’éloigna pour laisser place, progressivement, à une campagne verte quadrillée de haies, sillonnée de routes et de voies de chemin de fer.
    
    Finalement, dans l’enceinte d’un haut mur de briques, apparut une grande demeure edwardienne, édifiée dans le même matériau et rehaussée de calcaire blanc, à laquelle une façade crénelée et un porche antique prêtaient une allure tout à la fois solennelle et prétentieuse. D’énormes rhododendrons inondaient le parc, pas encore fleuris à cette latitude et cette époque de l’année. Une large pièce d’eau renvoyait l’éclat du ciel, chevauchée par un petit pont chinois peint en vert, qui menait à une gloriette aux airs de mausolée.
    
    Cet endroit lui offrirait peut-être autant de tranquillité qu’à Col-Montdor. En tout cas, Anha espérait y recevoir un aussi bon accueil.
    
    

Texte publié par Beatrix, 13 janvier 2019 à 20h12
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