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Tome 1, Chapitre 6 « Anha - 5 - Une Solution imparfaite » Tome 1, Chapitre 6
Cela faisait à présent une bonne vingtaine de jours qu’Anha avait rejoint la « Tanière », comme l’appelaient ses compagnons. Un nom qui convenait parfaitement à ce petit espace clos aménagé dans les profondeurs de la Troisième Côte. La jeune femme avait fini par en apprécier l’étrange chaleur tout comme la compagnie de ses habitants. Elle en connaissait les moindres recoins, qu’elle explorait à ses moments perdus – même si elle était parfois retenue par le sentiment de se conduire avec indiscrétion.
    
    Elle avait découvert la pièce en dessous de l’habitacle principal, où quelques cages à lapins et un poulailler exigu étaient soigneusement entretenus par les trois locataires. L’élevage survivait grâce aux déchets de la maisonnée et aux végétaux maraudés dans les serres, mais aussi grâce aux propres cultures des trois hors-la-loi. La Tanière était directement branchée, par les bons soins de Malvin, sur les systèmes d’électricité, d’eau et d’évacuation de Skellet. Anha avait appris incidemment que la serre « morte » était le résultat de sabotages répétés et si discrets que la Haute Administration avait conclus qu’il était plus simple d’abandonner l’espace défaillant.
    
    Dans une autre cache installée dans les profondeurs des structures étaient stockés les cristaux, chargés ou vierges, que récupérait Vertigo lors de ses sorties. Un jour, l’esprit avait osé en toucher un : elle avait ressenti un léger choc tandis que la figure d’une femme d’une quarantaine d’années était brièvement apparue devant elle, lui offrant un triste sourire avant de retourner à son sommeil. D’autres fois, elle avait surpris le jeune homme debout face aux rangées de joyaux rouges sur leurs présentoirs métalliques, le visage grave et peiné.
    
    Comme Anha l’avait réalisée à son arrivée, son véritable nom n’était pas « Vertigo », le pseudonyme qu’il employait pour désigner le justicier en armure de cuivre qui défiait les lois de la pesanteur, mais Ash ; ses deux vieux amis ne l’appelaient jamais autrement. Elle avait donc décidé de les imiter, sans que cela ne semble pas troubler son sauveur ; l’habitude était vite rentrée.
    
    « Parfois, lui avait-il avoué un soir, je ne me sens pas meilleur que les Capteurs. Je soustrais les esprits errants aux installations de Skellet, mais que puis-je leur offrir en échange ? Je suis incapable de les aider à « passer ».
    
    — Vous faites ce que vous pouvez et c’est déjà très bien, l’avait-elle rassuré. Mais pourquoi ne tentez-vous pas d’alerter les habitants de la ville sur ce qui se passe ? Peut-être qu’alors, les choses changeraient… »
    
    Il s’était tourné vers elle, le visage sombre :
    
    « Je n’aurai jamais la force de dissiper cette chape d’illusion et de persuasion sous laquelle vivent les gens de Skellet. Je suis incapable de retrouver mes propres souvenirs de ma vie d’avant… Et j’ignore tout de la façon dont je suis arrivé ici… »
    
    Elle s’était approchée de lui, plaçant une main sur son épaule ; même s’il ne pouvait pas sentir son contact, elle espérait lui faire comprendre qu’elle le soutenait et qu’elle lui faisait confiance.
    
    Phyra et Malvin ne se posaient pas autant de questions, probablement parce qu’ils vivaient sur du temps volé aux dures lois de Skellet. La vieille femme semblait heureuse d’avoir de la compagnie et de s’occuper des autres à la mesure de ses forces, tandis que Malvin partait en expédition dans les boyaux de Skellet afin de récupérer des matériaux lui permettant de se livrer à sa frénésie de création. La défunte électricienne était admirative des talents mécaniques du manchot. Son bras artificiel était aussi habile qu’un membre réel ; il pouvait y greffer toutes sortes d’outils.
    
    Au fil des jours, l’existence d’Anha changeait également. Sa condition d’esprit prenait progressivement le pas sur les souvenirs de sa vie passée. Elle devait lutter pour garder les sensations qu’elle avait si nettement perçues au tout début de sa « non-vie » : essentiellement les odeurs et les contacts ; sa vue et son ouïe ne semblaient heureusement pas altérées. De plus en plus souvent, ses mains s’enfonçaient à travers ce qu’elle essayait de toucher et elle lévitait plus fréquemment qu’elle ne marchait. Un jour, elle s’aperçut qu’elle commençait à sombrer dans le sol. Terrorisée, elle s’imagina en train de couler dans les épaisseurs de métal, jusqu’au fond de Skellet, pour finalement se trouver bloquée par la barrière qui devait cerner la ville de toutes parts.
    
    Fort heureusement, un peu de volonté fut suffisante pour juguler le phénomène ; mais elle devait à présent faire un effort délibéré pour demeurer au niveau du plancher. Elle faisait de son mieux pour affiner toutes ses perceptions. Un jour, elle réalisa qu’elle pouvait ressentir – même si c’était de façon floue et imparfaite – les états d’âme et les sentiments de ceux qui l’entouraient. Ce qui la conforta dans ce qu’elle avait cru saisir des caractères respectifs de ses hôtes. Elle devint d’autant plus sensible aux humeurs négatives d’Ash, à ses accès de mélancolie ou de découragement.
    
    Ce matin-là, Phyra préparait le petit déjeuner en lui parlant de tout et de rien, même si Anha ne pouvait pas lui fournir de réponses audibles. La veille, Ash était rentré dans un triste état de son équipée quotidienne : son armure cabossée témoignait d’une rencontre plus violente qu’à l’accoutumée avec les Capteurs. Il souffrait de sévères ecchymoses et probablement de quelques côtes fêlées, qui le retiendraient loin des parois vertigineuses de Skellet pendant quelque temps. Avec une véhémence inhabituelle, Phyra et Malvin lui avaient imposé un repos complet.
    
    Ash demeurait allongé sur son lit, quelques lignes de douleur altérant la jeunesse de ses traits, tenant entre ses mains un vieux livre à la couverture à demi-déchirée qu’il n’avait pas fait mine d’ouvrir. Son regard de jade restait fixé sur le plafond de la Tanière, comme s’il était plongé dans ses pensées au point d’oublier tout ce qui se passait autour de lui.
    
    Anha vint s’installer à côté de lui, dans l’espoir qu’il ne rejetterait pas sa compagnie. Après tout, il était peut-être temps qu’elle serve à quelque chose dans cette maisonnée, et si c’était de garde-malade, ça lui convenait très bien. Au bout d’un moment, sentant de nouveau de sa part des ondes empruntes de tristesse, elle finit par intervenir :
    
    « Est-ce que… ça va ? »
    
    Ash sursauta légèrement, avant de répondre d’un ton un peu précipité :
    
    « Oui, ne vous inquiétez pas…
    
    — Vous ne dites pas la vérité. »
    
    Un léger sourire se peignit sur ses lèvres :
    
    « Alors c’est vrai… Vous ressentez les émotions des autres, n’est-ce pas ? »
    
    Elle baissa les yeux, un peu gênée, avant de les relever, scrutant son visage :
    
    « Comment le savez-vous ?
    
    — C’est un trait courant des esprits. »
    
    À son expression déçue, le jeune homme éclata de rire :
    
    « Vous pensiez être la seule ? Désolée. Je ne voulais pas briser vos illusions.
    
    — On ne peut pas dire qu’il m’en reste beaucoup, répondit-elle d’un ton résigné. Mais ce n’est pas important. Vous n’avez pas trop mal au moins ?
    
    — Non. Tant que je ne bouge pas et que je ne respire pas trop fort, ça va.
    
    — Reposez-vous. Vous en avez besoin. »
    
    Elle se tut, gardant le silence un moment avant d’avouer :
    
    « C’est ce qui est étrange ici. Et agréable finalement. Le fait de prendre soin les uns des autres. Je ne me souviens pas avoir vu qui que ce soit le faire parmi les gens que je connaissais… Ni mes formateurs, ni mes collègues ne se sont jamais inquiétés de moi, du moment que j’étais capable de faire mon travail. Et même moi… Je ne leur voulais pas de mal, mais je ne me préoccupais pas d’eux. Même quand je suis… morte… »
    
    Elle garda le silence un instant, avant d’avouer enfin :
    
    « Je n’éprouvais rien envers moi-même. Un peu de tristesse, un vague regret. Mais rien de plus. Je sais que ma mort m’a délivré en grande partie de l’emprise de Skellet… mais vous trois, vous êtes vivants ! Comment avez-vous réussi à le faire ? »
    
    Il posa le livre et se laissa retomber sur son oreiller, fermant brièvement les yeux. Anha se demanda si elle avait commis un impair :
    
    « Si cela vous dérange, se hâta-t-elle d’ajouter, vous n’êtes pas obligé de me le dire. C’est juste que…
    
    — Je vous intrigue ? »
    
    Il haussa les épaules, frémissant légèrement quand le geste réveilla la douleur dans son corps meurtri.
    
    « C’est légitime. Vous aussi, vous m’intriguez… Vous êtes différente. Aucun esprit n’est resté aussi longtemps. Vous vous êtes manifestement… attachée à nous. À vrai dire, cela me fait de la peine pour vous. Dans votre monde d’origine, vous auriez sans doute été quelqu’un de singulier. Mais en ce qui me concerne… »
    
    Il marqua une pause avant de poursuivre :
    
    « Je pense qu’aucun d’entre nous ne vient de ce monde. Nous sommes arrachés, vers l’âge de treize ou quatorze ans à notre lieu de naissance. La plupart d’entre nous, pour servir de travailleurs et faire vivre la ville et, quand cette existence de peine est terminée, l’alimenter en énergie grâce à nos esprits. Tout ce lieu n’est qu’une seule machine, que gouverne la Tête et que fait fonctionner le Cœur. Nous n’en sommes que des rouages. Par contre, j’ignore totalement à quoi cette machine peut servir. Ou du moins, j’en ignore l’usage précis. »
    
    Il la fixait du regard, comme pour être sûr qu’elle suivait et comprenait chacun de ses mots.
    
    « Je ne sais depuis combien de temps elle existe. Phyra a fait le décompte des années qu’elle a passées ici. Elle a plus de quatre-vingts ans : à supposer qu’elle soit arrivée parmi les premiers, quand elle était une toute jeune fille, cela veut dire que cet endroit remonte à plus de soixante-dix ans. Peut-être les premiers habitants l’ont-ils bâtie ; au fil du temps, toujours plus de monde y a été emmené pour l’agrandir et l’entretenir. »
    
    Anha secoua la tête, impressionnée : jamais elle n’aurait eu l’idée de faire autant de recherches et de déduction sur l’existence de Skellet.
    « Il y a encore pas mal de mystères, poursuivit-il, mais je pense que nous pourrons tirer cela au fil du temps. Pour le moment, tout ce que je sais, c’est que nous ne sommes pas tous capturés et conduits ici pour les mêmes raisons : ma destinée était clairement de devenir capteur. »
    
    À cette révélation, elle ne put s’empêcher de reculer machinalement, les yeux agrandis par la surprise.
    
    « Mais je suis totalement réformé, je vous rassure, ajouta-t-il d’un ton pince-sans-rire.
    
    — Je suis désolée, bafouilla Anha, c’est juste que je ne m’y attendais pas…
    
    — Il n’y a pas de mal, la rassura-t-il. Le premier souvenir qui me reste en mémoire, c’est de me réveiller dans une pièce aux murs métalliques, revêtu d’une simple tenue de toile, et de voir des hommes en train de porter mes affaires vers un incinérateur. Même si je ne savais plus mon nom ni d’où je venais, j’étais conscient de ce qu’ils essayaient de faire et j’ai bondi pour leur reprendre mon sac et ma veste. Personne ne s’attendait à ma réaction. Je me suis enfui à travers la ville. Je pense que la seule raison pour laquelle je n’ai pas été repris, c’est qu’ils n’avaient jamais dû voir quelqu’un se rebeller et encore moins s’échapper dès son arrivée. La chape d’oubli fonctionnait sur moi, mais pas celle d’obéissance, étrangement ! Je sentais bien cette influence qui tentait de me contraindre, mais je la rejetais parce qu’elle n’était pas… »
    
    Il fronça les sourcils, comme pour chercher un mot qu’il trouva finalement :
    
    « Elle n’était pas normale. »
    
    Le mot aurait pu sembler faible, mais à travers la voix d’Ash, il portait un poids non négligeable. Anha hocha la tête pour l’enjoindre à poursuivre.
    
    « Il y a à Skellet ce qu’on appelle des Réguleurs. Les habitants ne les voient pas plus qu’ils ne voient les Capteurs. Leur travail est de s’occuper des vivants, comme les capteurs s’occupent des morts. Ils traquent tous ceux qui échappent à cette chape qui endort les consciences, mais aussi tous ceux qui sont trop vieux ou trop faibles… voire trop rebelles, ou trop incompétents. Peu importe à la Haute Administration, du moment qu’elle garde un quota suffisant d’ouvriers formés pour faire tourner la ville. Elle dispose sans doute d’une réserve infinie d’esclaves là où elle va les chercher. Personne n’est de trop : celui qui n’a pas su se montrer utile de son vivant le sera dans la mort. Et même si je suppose que les capteurs potentiels sont plus rares et plus précieux, j’aurais sans doute terminé dans les ateliers alimentaires et les cristaux d’énergie si je n’avais pas réussi à me réfugier dans les serres… »
    
    Anha frémit à cette pensée.
    
    « Et c’est là que vous avez trouvé les autres ?
    
    — En effet. Malvin et Phyra y vivaient déjà. Ils faisaient partie des rares personnes qui avaient réussi à rejeter la chape de manipulation et à faire jouer leurs instincts de survie. Je n’avais pas plus de quatorze ans, j’étais aux abois… Ils m’ont accepté et protégé autant qu’ils le pouvaient. Puis j’ai rencontré des âmes et j’ai assisté à leur capture. Et j’ai compris peu à peu ce que je devais faire pour empêcher, à ma petite échelle, ces drames de continuer.
    
    — C’est ainsi qu’est né Vertigo ?
    
    — Tout à fait. Il fait savoir qu’à Skellet, la pesanteur est simulée par les systèmes de la ville. Malvin a mis au point un dispositif qui permet de la modifier localement.
    
    — Ce qui vous permet de courir sur n’importe quelle surface !
    
    — Tout à fait. C’est très pratique pour échapper aux Traqueurs comme aux Réguleurs », ajouta-t-il avec un demi-sourire.
    Elle rit doucement, en se souvenant comme il l’avait surpris, la première fois qu’elle l’avait croisé.
    
    « Je sais que ce n’est qu’une goutte d’eau dans une citerne, poursuivit-il, mais cela me permet de ne pas me sentir trop inutile. En attendant de mettre en route notre grand projet…
    
    — Un grand projet ? répéta la jeune femme avec enthousiasme.
    
    — Nous pensons que la chape de manipulation qui couvre Skellet est elle aussi alimentée par les dispositifs du Cœur. Si nous parvenons à détruire le système central, les gens retrouveront, sinon leur mémoire, au moins leur libre arbitre. Nous devons également trouver cette porte qui permet à de nouveaux ouvriers d’arriver… et pas seulement. C’est de là que viennent des matériaux irremplaçables, comme l’eau : elle est recyclée dans la ville, mais on ne peut éternellement vivre sur une quantité limitée. Le métal dont tout est constitué, aussi. Sans oublier tout ce qui ne peut être produit ici, comme le bois, le cuir, le papier… Je suis persuadé qu’il y a des livraisons régulières. Si cette porte est ouverte au moment où les gens reprendront conscience, il suffira que quelqu’un les guide dans la bonne direction… »
    
    Anha resta silencieuse un moment, avant de demander d’une voix incrédule :
    
    « Mais… vous voulez faire ça… seul ?
    
    — Non, je ne suis pas seul. Malvin parcourt régulièrement tous les boyaux de service de la ville et travaille à créer des accès vers le Cœur, ainsi que du côté de la forge et des hangars, pour repérer de quel côté la porte peut logiquement se trouver. Mais ce n’est pas une issue ordinaire… Je pense que Skellet n'appartient pas au monde dont nous venons. Il fait perpétuellement nuit, ici. Et même sans mes souvenirs, je sais que ce n’est pas naturel. »
    
    Pensive, Anha laissa errer son regard sur les murs de la Tanière – les étagères surchargées d’objets récupérés partout par Malvin « au cas où », les rangées de livres glanés dans la ville, témoin de la soif d’apprendre d’Ash, même sur des sujets qui ne le touchaient que de très loin. Elle se sentait très mal à l’aise en écoutant ces dernières révélations et elle ne mit pas longtemps à comprendre pourquoi.
    
    Elle s’était attachée à Ash ; elle avait fini par apprécier les deux versants de sa personnalité : l’homme d’action intrépide, doté d’une incroyable audace, comme le garçon grave et mélancolique, qui réfléchissait un peu trop et ne voulait laisser aucun mystère inexploré. Elle était tombée sous le charme de ce marginal aux cheveux flamboyants et aux yeux de jade, au regard rêveur et au sourire discret. Et surtout, elle était profondément touchée par sa capacité à être attentif aux autres, à les faire passer avant lui. Jamais elle n’avait fait l’objet de l’intérêt de qui que ce soit.
    
    Même si Anha était morte, il lui avait tendu la main, tout comme son étrange « famille ». Elle existait plus à leur yeux qu’elle n’avait existé à cux d’Avram, d’Alduin, de Trévor, de Saskia, de…
    
    Elle avait déjà de la peine à retenir leur nom… Et puis quelle importance après tout ?
    
    « Et si vous mourez ? demanda-t-elle d’une voix légèrement tremblante.
    
    — Eh bien… J’éviterai les Capteurs et je reviendrai ici », répondit-il sereinement.
    
    Ce n’était qu’une bravade, mais elle la laissa sans voix. Le silence emplit de nouveau la pièce, étrangement calme et confortable. Ash ne tarda pas à s’endormir, épuisée par les péripéties de sa dernière sortie et l’inconfort de ses blessures. Elle se leva pour le contempler, rageant de ne pouvoir lui prendre son livre pour le ranger ni tirer la couverture sur lui… Elle se contenta de poser brièvement une main sur son front, sentant le contact ténu de sa peau sous ses doigts, la chaleur un peu trop intense d’un état légèrement fiévreux.
    
    L’irruption de Malvin dans la pièce la fit légèrement sursauter ; elle se tourna vers le mécanicien, encore graisseux et dépenaillé de son travail dans l’atelier :
    
    « Anha ? Tu es là, gamine ? Je sais que tu m’entends. »
    
    Elle soupira de soulagement : elle avait oublié un instant qu’il n’avait pas pu voir son geste un peu trop tendre.
    « Viens avec moi, j’ai une chose à te montrer. Je viens juste de la terminer. Ça va résoudre nos problèmes. Si ça marche. »
    
    Elle était persuadée qu’il avait passé tout ce temps à réparer l’armure de Vertigo : s’était-il donc penché sur une autre tâche ? Elle se leva et flotta jusqu’à sa hauteur ; quand il eut intuitivement capté sa présence auprès de lui, il se dirigea vers son atelier ; elle le suivit jusque dans son sanctuaire.
    
    Elle pénétrait rarement dans cet endroit : cette pièce appartenait à Malvin, de la même façon que la petite serre privée sous la tanière était l’endroit préféré de Phyra. Grâce à ses connaissances d’électricienne, elle était capable de comprendre certains de ses assemblages, mais d’autres lui semblaient totalement étrangers. Des bricolages mécaniques créés à partir de pièces récupérées çà et là trônaient un peu partout sur des établis de fortune, au milieu des outils qui avaient été, selon toute vraisemblance, subtilisés dans les divers ateliers de Skellet.
    
    Le regard étincelant d’expectative, il lui fit signe d’approcher d’un objet mystérieusement dissimulé sous une bâche, à peu près haut comme un être humain et qui semblait en avoir la corpulence. Utilisant sa main mécanique, il tira sur la toile épaisse, dévoilant son secret.
    
    Anha demeura bouche bée, partagée entre l’enthousiasme et une certaine crainte. Elle sentit battre à toute allure un cœur qu’elle ne possédait plus. Elle esquissa un sourire ; quand elle vit Malvin sourire en retour, elle comprit qu’il avait perçu sa réaction. Une vie nouvelle s’offrait à elle, plus intéressante qu’elle avait pu l’espérer.
    

Texte publié par Beatrix, 5 août 2015 à 18h42
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Tome 1, Chapitre 6 « Anha - 5 - Une Solution imparfaite » Tome 1, Chapitre 6
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