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Tome 3, Chapitre 4 « Interlude » Tome 3, Chapitre 4
Regarde-toi ! Regarde-nous ! Nous ne sommes plus que des ombres.
    Et lui ? Qu’est-il devenu ?
    Sa tête a chu et les hommes n’en ont retenu que les mots, les non-mots. Pas tous ! Mais ils sont rares. Encore plus rares sont ceux qui auront entrevu la vérité à l’envers du voile, car il l’aura désiré.
    Par trop hélas, il n’est que l’avant-garde, une porte sur l’hiver, une porte sur les ténèbres.
    Malheur à moi, car je n’aurai de cesse de désirer le repos, que vous me tourmenterez toujours. Pauvres fous, pauvres sots, vous voici esclave de vos passions, aveuglé par une fausse raison devenue vraie religion, vous voilà engagés sur un chemin d’où l’on ne revient jamais.
    Les plaies ne se sont jamais refermées ; les hommes l’ont oublié. Elles ? Non ! Je les entends qui grondent derrière la porte. Parfois, l’une d’entre elles s’échappe et c’est un de plus qui entre dans leurs rangs, convaincu du bien-fondé de leur pensée.
    Regardez-vous ! Vous êtes presque des dieux alors que vous demeurez des enfants, extasié par l’illusion de la puissance que vous avez libérée.
    Je ne vous blâme pas, pourtant je devrais vous maudire. En fait, je vous exècre et vous admire tout à la fois. Capables de magnifiques prouesses, vous ne vous élevez pas quand s’en vient la garde prétorienne. Obéissants aveugles, vous participez de la mort. Je ne vous condamne pas, malgré le sort cruel qui est le mien.
    Certains savent, mais ils préfèrent ne point voir.
    Mais que vous refusiez et je vous aurai renvoyé. Je garderai pour moi mon secret, car je suis l’un de ceux, l’un d’entre eux.
    Et toi ? Fourbe, cruel, manipulateur, sadique, n’es-tu point là ?
    Ne réponds pas ! Je connais la couleur au fond de ton cœur, parce que tu es un dieu, tu as vécu. Ô bourreau involontaire ! Tombe le masque en ma présence. Je ne t’y oblige pas, il n’y a que nous. Je ne te supplie pas ! Je te prie ! Cruel est le chemin que nous avons choisi d’arpenter. Mais si tel est la voie à suivre, alors j’embrasse mon sort avec volupté. Et toi ? N’es-tu point las, fatigué de ce jeu qui n’a que trop duré ? Beaucoup voit en toi un prince du mal. Moi ! Je te contemple en rempart. Sans doute, ne suis-je pas le seul. Dante t’a célébré, dansant sur le trône de cristal. Goethe a fait de toi un cœur révélateur. Poe ? Un oracle au noir ramage. À combien d’autres es-tu apparu ? Des légions ? Des poignées ? Combien ont vu la vérité dissimulée derrière ton masque de cruauté ? Combien sont tiens ? Ah ! Penses-tu mener la danse, ou bien échoueras-tu avant son terme ? Le train du progrès accélère sa course si fière !
    Nous le savons, nous le devinons. Mais lui, quelle sera sa décision ?

Texte publié par Diogene, 8 juillet 2019 à 17h55
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