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Tome 3, Prologue Tome 3, Prologue
Las, je suis las, ou plutôt devrais-je l’être ; en fait, chaque jour me surprend un peu plus. Le monde tourne sur lui-même, indifférent à chacun de nos mouvements. Quel étrange manège ! Tu ne penses pas ? lI tourne sur lui-même et pourtant lorsque tu te retournes plus rien n’est pareil. Regarde autour de toi, ce coucher de soleil, cet éveil lunaire, une condamnation ; la damnation. Chacun d’entre nous n’ignore plus rien du rôle qu’il a joué. Deux d’entre nous en sont conscients, comme une marque sans cesse renouvelée par un fer porté au rouge. Qu’y a-t-il de drôle ? Il n’y a rien de drôle et tu le sais aussi bien que moi.
    Toi ? Toi, tu t’es exclu du cercle des possibles. Et le troisième, le troisième, il porte aussi la marque, même s’il en ignore encore le sens, encore. Mais cela ne saurait tarder, il le sait ; la vérité hurle jusque dans le fond de ses tripes et la nuit le lui rappelle d’une manière fort cruelle. Cependant… cependant, je ne lui jette aucune pierre. ; le miroir est une maîtresse bien trop cruelle. Nous sommes des joueurs, des joueurs qui, chaque jour, tranchent les fils qui nous relient.
    Même lui ! Oui, même lui ; lui dont le masque de cruauté revient me hanter. Derrière, j’y lis la peine, la souffrance, le poids d’une damnation volontaire. Quand il en est ainsi, il arrive qu’il prenne la fuite, parfois il demeure ; non pour se moquer ou se gausser, ni même s’excuser. Non ! La chose serait inutile. Chacun à notre manière nous avons levé le voile sur la vérité et nous avons choisi de notre plein gré ; nous avons embrassé avec ferveur le chemin de douleur ; un prix bien faible en regard de l’innommable. Là encore, nous nous faisons face ; deux sommets d’un triangle incomplet. Ignore-t-il que je ne suis pas dupe ? Ou bien feint-il ? Je ne lui poserai pas la question ; dans mes oreilles se déversent déjà les rires en cascade. Pourtant, je ne le condamne pas et je ne chercherai nulle querelle à celui que je devrais appeler mon tendre bourreau. Parfois, je crois qu’il va confier ses secrets. Pourtant, il renonce à chaque fois ; il sait, et moi aussi. En fait, nous connaissons tous deux les conséquences, alors nous poursuivons notre route sur les chemins de douleurs que nous avons choisi, de notre plein gré, d’arpenter. Quelle est donc la vision la plus terrible ? Voir l’inéluctable si nous déviions de notre chemin premier ? Ou bien le vide qui nous affecte ? Sans doute le vide est-il la chose qui nous accable le plus.
    Oh là ! Bourreau ! Qu’en penses-tu ? Nous sommes de bien pauvres choses, dissimulés que nous sommes derrière nos masques ? La douleur est encore plus vive lorsqu’on en a conscience ; chaque jour nouveau, chaque personne connut, ou non, est un effort. Ôte-le donc ! Nous sommes entre nous. Mets donc à nu cette mélancolie qui te ronge l’âme. Tu sais que j’ai raison. Ce costume que tu portes ! Que nous portons tous ! Il devient bien trop lourd. Sans doute ? Oui, nous le redoutons, car nous connaissons-nous ? Ne te l’a-t-il point asséné ? Ne l’as-tu point alors renvoyer ? Il se trompe, car tu lui as montré l’envers du songe, un mensonge. Cependant, en a-t-il saisi la nature lorsque tu lui en as présenté l’écho ? Devons-nous le plaindre ? Le prendre en pitié ? Peut-être… Que deviendra-t-il lorsqu’il découvrira la vérité ? Puisse-t-il seulement me, nous pardonner…

Texte publié par Diogene, 4 novembre 2018 à 17h58
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