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Tome 2, Chapitre 6 « Interlude - Monsieur Verdoux » Tome 2, Chapitre 6
L’homme est ponctuel, presque à la seconde près. Il en savourerait presque l’instant, s’il se savait capable d’effacer ce sourire qui ne manquerait pas de s’esquisser à cette pensée. Voilà qui serait du bien plus mauvais effet, eu égard à son patient qui se trouve face à lui.
    – Vous me semblez, pardon pour l’emploi de ce terme malheureux, nerveux. Quelque chose vous trouble ?
    
    « Quelque chose vous trouble ? » L’homme qui vient d’énumérer cette évidence en pleurerait presque de rire. N’est-ce pas lui qui a induit volontairement cet état chez son patient ? Mais non ! Bien sûr que non ! La déontologie le lui interdit. Il est là pour soigner son âme, non pour la corrompre.
    
    En face de lui, son patient a le regard fuyant, ou plus exactement, présente une tâche aveugle.
    – Monsieur Verdoux, murmure le médecin à son patient.
    – Pardon, pardon, marmonne l’homme. Le miroir… Je… il me met mal à l’aise. Verriez-vous un inconvénient à l’ôter ou le retourner?
    – Nullement, monsieur Verdoux. Je vous veux à l’aise et en confiance pour notre rendez-vous.
    – Merci, souffle-t-il, tandis que l’homme en face de lui se lève et décroche dans un sourire plein d’ironie, la si incommodante psyché.
    Puis, il se rassoit et offre à son patient un regard tendre et rassurant.
    – Dites-moi, monsieur Verdoux. Qu’avez-vous vu dans ce miroir ?
    
    À ces mots, l’homme tressaille avant de se ressaisir. L’espace d’un instant, une lueur anime son regard et s’éteint ; ou plutôt s’endort, car elle est toujours présente, vacillante, pareille à la lueur du soleil dans le couchant. Ses lèvres s’entrouvrent et articulent dans un murmure :
    – Le monde.
    – Et où étiez-vous ?
    – De l’autre côté du miroir, je crois.
    Les paupières de l’homme retombent et la lueur vacillante s’étouffe, souffler par le temps qui s’écoule.
    – Et qu’y voyez-vous, monsieur Verdoux ?
    
    Tic, tac, tic, tac, le balancier égrène le temps. C’est un jeu de patience entre tous les deux, entre lui et sa conscience.
    
    Dong, dong, dong, cogne l’horloge. Le temps est écoulé. Mais la graine est semée et ne demande plus qu’à émerger. L’homme se lève, paie et s’en va par la porte.

Texte publié par Diogene, 21 juillet 2016 à 20h27
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