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tome 1, Chapitre 37 « Alain Drol - Partie 7 » tome 1, Chapitre 37

Des centaines de navires. Un horizon de voiles traversées par les rayons de l’aube se levant sur l’océan. D’un bout à l’autre du port, plus loin que les quais, plus loin que le regard ne pouvait porter, ils étaient amarrés, se balançant légèrement sur les flots.

Une force de feu impressionnante.

Des dizaines de canons, trois mâts, des voiles plus que je ne saurais en nommer. De multiples équipages s’activant comme des fourmis sur les larges ponts, des ordres aboyés, répétés au sifflet par le bosco. Tous des navires corsaires, sous le commandement de l’Empereur, et bien plus encore voguant sur les mers loin de la capitale. Ceux-ci avaient été rappelés au port, pour protéger Philippe, soumettre leur butin, ou encore se faire réparer. Une activité incessante, assourdissante.

Nous étions donc cinq, les fers aux poignets, les omoplates chatouillées par les lances des soldats nous escortant. L’homme à ma droite, de faible carrure mais que je savais, pour l’avoir vu combattre, d’une habileté sans égal, remuait déjà un crochet dans ses menottes. Celui derrière-moi, plutôt musculeux, était tendu, prêt à bondir sur les gardes à la moindre occasion. Un autre encore faisait la conversation au soldat le plus proche de lui, parlant pour deux puisqu’il n’obtenait aucune réponse. Le dernier, enfin, gardait la tête droite, l’air dur, jetant des regards glacials à tous les passants. Je me retenais de ne pas rire à la réaction de ces derniers, qui s’écartaient largement de notre chemin à sa vue. Il était plutôt grand et, s’il se battait bien, il avait un grand talent pour intimider ses adversaires, ce qui contribuait à ses victoires successives. Et moi, dans tout ce beau monde, je me contentai de marcher en silence, observant les alentours, sans doute peu impressionnant à cause de l’émerveillement qui devait malgré moi briller dans mon regard.

A vrai dire, je me considérais plutôt en bonne posture. Plein de ressentiment à l’égard de l’Empereur, et de Paul bien sûr, mais ce dernier me croyait mort, or je ne l’étais pas. Mieux, je m’avançais vers le chemin de la liberté. Je savais que certains capitaines de la flotte impériale n’en faisaient qu’à leur tête face aux ordres de l’Empereur, gérant leur équipage et leurs destinations comme bon leur semblait. Aussi, de bagnard je pourrais aisément passer à corsaire libre.

J’examinai un à un les navires du port. Ils étaient tous imposant et fourmillant de marins en uniformes. Pas le genre à se défaire des règles. L’un d’eux attira cependant mon œil. Plus petits, il n’était muni que de deux mât, et sur son tribord, trois uniques canons. Peut-être autant sur le bâbord, qui était caché à ma vue. Il était trop loin pour que je puisse lire le nom qui était inscrit sur la coque, mais il me plaisait : peu d’homme en montait ou en descendaient, ils étaient tous armés jusqu’aux dents et vêtus sans faste ni ordre. Peut-être…

Soudain, les menottes du prisonnier à mes côtés s’ouvrirent sous son crochet. Les gardes ne virent rien, mais il se retourna, fit signe au gars tendu comme un arc, et passèrent tous deux à l’action. L’u donna un coup de pied à son gardien, distrayant quelques secondes celui de l’autre, qui lui donna un grand coup sur la tête. Le bavard resta quelques instants bouche bée, avant d’afficher un sourire cruel. Il se joignit à la mêlée, étranglant l’un des soldats avec ses menottes. Celui à mes côtés se précipita pour aider ses comparses, mais fut intercepté par l’homme au regard de glace.

Je fis quelques pas en arrière, loin du combat, grommelant. Voilà qui allait compliquer les choses. J’aperçus le bavard, il était en difficulté, aux prises avec un soldat. Les trois autres ne pouvaient pas l’aider. J’hésitai quelques brèves secondes. D’accord, je voulais embarquer et ces soldats allaient me livrer mon souhait sur un plateau d’argent, mais l’empereur restait mon ennemi, et ces gars-là mes compagnons de misère. Ils étaient tout près de moi, mais aucun d’eux ne me portait d’attention. Par derrière, j’enroulai mes menottes autour du coup du soldat, et alors qu’il se débattait, lui donnai un grand coup de tête à l’arrière du crâne. Il tomba raide, je le délogeai de ma prise et reculai à nouveau.

Le bavard me remercia d’un signe de tête et d’un sourire malicieux avant de rejoindre les autres. En quelques instants, ils furent débarrassés de la soldatesque, et s’en furent prestement de par le port. Le bavard se retourna, et fronça les sourcils en voyant que je ne suivais pas. Il me fit un geste précipité, mais je déclinai en levant la main, entraînant la seconde de manière fort peu élégante. Il insista, mais je m’obstinai. Des pas précipités retentirent derrière moi, et le bagnard s’en fuit, non sans une grimace de reproche. C’étaient des soldats de la flotte impériale qui, ayant assisté de loin à la scène, accouraient. Je me retournai à demi, juste assez pour jeter un coup d’œil en arrière. L’homme le plus proche fonçait droit sur moi.

Lorsqu’il m’atteint, je fis un pas de côté et tendis la jambe. Il ne trébucha pas, mais s’arrêta maladroitement, et d’une poussée dans le dos je parvins à le faire basculer et s’écrouler à plat ventre sur le sol. Un genou sur lui, je passai mes mains menottées autour de sa gorge et lui relevai la tête.

— N’avancez plus ! intimai-je aux autres soldats. Ou je lui brise le cou !

Ils s’arrêtèrent un à un à bonne distance, hésitant. L’un d’eux lança, narquois :

— Tu crois t’en sortir comme ça ? T’es grillé mon vieux, rend-toi et ta punition sera allégée.

Je ricanai.

— Ma punition ? je suis déjà condamné au service à perpétuité, je vois comment on peut rallonger ça.

— Tu veux finir à la chiourme ? me menaça-t-il. Allez, rend-toi et laisse-nous passer. Tes compagnons se feront attraper quoi qu’il arrive.

Je levai les yeux en l’air, faisant mine d’y réfléchir.

— Hm, laissez-moi y penser un instant…

L’homme en profita pour se jeta sur moi. D’un geste sec je brisai les cervicales de mon otage et bondis vivement sur mes pieds. Mes menottes empêtrées autour de la gorge du mort, je lui arrachai à demi tête en faisant ainsi. Mon attaquant envoya son poing dans ma figure, je l’esquivai vivement d’un pas de côté. Déséquilibré, je tentai de m’éloigner de quelques pas et pris un coup de pied dans le ventre. Le reste de la garde nous dépassa en courant pour partir à la poursuite de mes compagnons d’infortune. Lorsque je relevai les yeux vers mon adversaire, le canon d’un pistolet était braqué sur moi, chien relevé. Je voulus m’éloigner pour n’être plus dans la ligne de mire, mais il tira ! Droit dans mon pied droit. Je trébuchai, assailli par la douleur, et il s’empressa sur mon dos pour me maîtriser, dague sous la gorge. Je grognai.

— Toi, mon vieux, dit le soldat, t’es bon pour les galères. Mais pas avant une petite séance d’interrogatoire. Relève-toi. Lentement !

J’obéis. Il ne s’écarta pas de moi, pas plus que la dague de quitta ma gorge. Il se méfiait maintenant.

— Avance.

Il ma fit ainsi marcher le long du quai jusqu’à être devant un grand trois-mâts, un des plus large du port. Il me poussa sur la passerelle, et nous montâmes à bord.

On m’avait fait poireauter deux longues heures. Deux heures, les mains attachées dans le dos, les chevilles liées aux pieds d’une chaise, des crampes impossibles à soulager m’assaillant. Mon humeur était au plus noir lorsque, enfin, la porte s’ouvrit.

On m’avait enfermé dans une cabine du galion, spacieuse et riche ; à n’en pas douter celle du capitaine. Sur une grande table trônait une carte des mers, l4empire et Philippe en son centre. C’était une chaise qui faisait face à cette carte que l’on m’avait ficelé, serrant les cordes à m’en faire saigner. Qui que soit le nouvel arrivant, il n’allait pas être tendre envers moi.

Des bottes claquèrent sur le parquet, un manteau noir virevolta par la porte. Un regard torve tomba sur moi. Tout dans cet homme respirait le mépris. Deux autres gaillards se tenaient derrière lui, l’un l’air attentif, voire excité, l’autre dédaigneux, ennuyé : mais ses yeux, posés sur moi, me glacèrent le sang. Il était plus impressionnant dans son indifférence que son comparse dans sa superbe.

Sans un mot, l’arrogant s’avança et, donnant un coup de pied dans ma chaise, me renversa au sol.

— Alors, petiot, on joue les durs ? On s’insurge contre les soldats ?

Il posa son pied sur ma tempe et je retins un grognement.

— Où ont filé tes camarades ? me hurla-t-il.

Je restai silencieux, il releva son pied pour m’écraser du plus belle le visage. Cette fois, je ne pus retenir le gémissement qui me vint aux lèvres. Il recula, me saisit par le col et me redressa comme si je ne pesais rien. Ce qui était sûrement presque le cas. Le moins qu’on puisse dire, c’était qu’on ne festoyait pas gras dans les cachots de l’Empire. Il écrasa son poing dans ma mâchoire.

— Où que vous devez vous retrouver ? parle, ou je te fais vomir tes tripes !

— Je ne sais pas ! m’exclamai-je, échauffé par la douleur qui, combinée à celle, insupportable, qui pulsait dans mon pied, poussait ma tolérance à ses retranchements.

Il me donna un autre coup de poing.

— Ouais, ouais, à d’autres ! Tu as retenu les gardes pour qu’ils filent, tout à l’heure ! c’était quoi vot’ plan ? ils sont où, c’est chien de bagnards ?

Je crachai un peu de sang, excédé.

— On n’avait pas de plan ! Ils se sont déchaînés comme ça, sans crier garde !

Il allait répliquer, lorsque l’homme derrière lui, celui au regard figeant, parla :

— Laisse-le-moi.

Mon bourreau eut une exclamation moqueuse.

— S’tu veux.

Il s’écarta pour laisser place à son comparse. Il était imposant, et je ne pus m’empêcher de ressentir une vague de respect à son égard. Ce fut avec peine que je le regardai avec défi.

— Il est temps d’arrêter de jouer, dit-il. Tu n’as plus rien à gagner en les protégeant. En revanche, tu risques de passer ta vie aux galères. Tu ferais mieux de parler.

— Je vous ai tout dit, je ne sais pas où ils ont filé, il n’était pas prévu qu’on s’enfuit, encore moins que je reste sur place puis qu’on se retrouve. Franchement, ce serait débile de croire que je ne me ferais pas choper, si ?

— Mais tu ne t’es pas enfui. Tu es donc débile ?

Je serrai les dents. Il m’exaspérait, à rester aussi calme ! On aurait dit qu’il parlait à un mur !

— Et puis, qui êtes-vous d’abord ? crachai-je, irrité.

Il eut l’ombre d’un sourire. Cela me fit encore plus peur que sa placidité.

— Je suis le capitaine Guillotin, du Fer Blanc.

Je restai figé de stupeur. Evidemment, j’avais déjà entendu parler du célèbre Guillotin, et du Fer Blanc, l’imprenable, l’invincible ! L’information absorbée, tout le respect qu’il m’avait inspiré se changea en mépris.

— Guillotin ? Alors c’est vous, l’homme le plus puissant de l’océan ? C’est votre navire, l’immortelle légende ? C’est vous, le plus gros connard de l’histoire ?!

Il haussa un sourcil.

— Faites pas l’innocent ! Oh, merde, vous êtes qu’un chien ! Vous avez le pouvoir de semer la terreur dans le monde, et vous vous laissez tenir en laisse par cette limace couronnée qu’on appelle Empereur ! Vous êtes… misérable !

Il resta figé quelques secondes, me fixant intensément. J’ignorais s’il était offensé ou s’il se moquait de mes propos. Au bout d’un temps, il haussa les épaules.

— C’est un cas désespéré. Vous ne tirerez rien de lui.

— Eh ben, très impressionnant, capitaine Guillotin, railla le premier homme.

Guillotin eut un sourire affable, mais ses yeux exprimaient son mépris.

— Dois-je vous rappeler, capitaine Cad, que mon navire à lui seul coûte plus à l’ennemi que votre entière flotte ?

Capitaine Cad ? Bon sang de bonsoir ! J’étais en présence non seulement du capitaine le plus réputé de l’Empire, mais encore de celui le plus haut gardé, à la tête de la plus grosse flotte impériale, le capitaine Cad ! J’avais offensé le gratin… j’étais fichu ! Le capitaine en question grommela dans sa barbe, vexé, et Guillotin tourna les talons pour s’en aller. Avant de passer la porte, il fit une pause, hésita, puis ordonna :

— Détachez-le. Je vais m’occuper de lui.

Puis il sortit. Comment ? Que voulait-il dire par s’occuper de moi ? Il allait me tuer ? Me livrer à un bourreau ?

Le troisième qui, malgré son intérêt manifeste, n’avait pas articulé un mot, s’avança vers moi et défit mes liens. Je ne bougeai pas. Qu’aurais-je pu faire ? Estropié, la douleur fusant dans mon crâne et ma mâchoire, je n’avais aucune chance face à Cad. Mais l’autre s’accroupit à mes côtés, passa mon bras autour de ses épaules et me fit me lever, me soutenant alors que chaque pas de mon pied blessé faisait jaillir une douleur atroce. La balle devait sûrement y être encore logée.

Il me soutint ainsi jusque sur le pont, puis le quai. Lorsqu’il se dirigea vers le bateau que j’avais repéré tantôt, je le reconnus comme étant le célèbre Fer Blanc. Et Guillotin était déjà à son bord.

— Vous… vous m’emmenez où comme ça ?

Il ne répondit rien.

— Que me veut Guillotin ?

Il haussa les épaules, et me jeta un regard empli de pitié. Cependant, il se refusait toujours à me parler. Ça n’annonçait rien de bon.

Nous montâmes à bord et il m’entraîna, non pas dans la cale pour être mis au fer comme je le craignais, mais jusque dans une cabine à trois lits.

— Reste ici.

Ah, au moins n’était-il pas muet ! Il sortit en fermant la porte derrière lui. Je me levai douloureusement et actionnai la poignée. Il n’avait pas fermé à clef. Je pourrais essayer de m’enfuir… Mais je n’irais pas bien loin, dans mon état.

Le temps de me décider, j’entendis des pas non loin. Ils avaient fait vite. Je reculai loin de la porte, mais restai debout malgré mon pied qui me lançait. La porte s’ouvrit sur Guillotin. Un autre gars se tenait derrière lui, une petite boîte à la main. Tous deux entrèrent.

— Assieds-toi, me commanda le capitaine.

Je refusai de la tête.

— Bêche.

L’autre homme ouvrit la boîte qu’il tenait. Dedans se trouvaient… des bandages ?

— Assied-toi, dit à nouveau Guillotin.

J’hésitai quelques secondes. Le type avec la boîte s’avança et commença à me pousser vers un matelas. Je grognai, le repoussai et m’assis de moi-même. Il commença à s’affairer, retirant ma chaussure de mon pied blessé, sans faire preuve de la moindre délicatesse. Je serrai les dents pour me retenir de grogner. Puis je détournai mon attention de lui et du malheureux spectacle qu’offrait mon membre déchiqueté pour regarder Guillotin.

— Qu’est-ce que vous me voulez ? Ça rime à quoi tout ça ?

— Ce n’est pas pour mon bon plaisir que tu es là, répliqua-t-il.

Mais je ne l’en crus pas. Dans ses yeux brillait clairement de la malice, il se moquait de la situation.

— J’ai perdu beaucoup d’hommes ces temps-ci, même si notre efficacité n’en a pas souffert, et j’ai reçu l’ordre de sa majesté de faire embarquer de la nouvelle graine. Il m’a dit qu’arrivaient cinq hommes prometteurs, mais je sais d’où ils viennent, ces hommes. Je n’en voulais pas, mais contrat oblige… Et puis, tu m’as l’air de bien supporter la douleur. Tu serviras au moins à ça.

— Vous voulez dire que… OUAILLE ! hurlai-je.

L’autre homme venait d’enfoncer des pincettes dans ma blessure. Elles n’y restèrent que quelques secondes, qui me semblèrent durer une éternité, avant de ressortir couverte de sang, avec la balle de pistolet qui m’avait frappé.

— Espèce de… grognai-je.

Je serrai les poings lorsqu’il vida de l’alcool sur la plaie. Putain, que ça faisait mal ! ce type faisait pas dans la douceur.

— Oui, reprit Guillotin. Je veux dire que tu es recruté sur le Fer Blanc, et qu’au moins tu devrais mettre un peu de temps à mourir face à l’ennemi.

— Donc, dis-je en lançant un regard noir à celui qui bandait maintenant mon pied, vous faites de moi un corsaire ?

— Tu étais bien là pour ça, non ? railla-t-il. On ne va te tuer maintenant, ce serait du gâchis.

Eh bien, il n’était pas rancunier. Dire que je venais de l’insulter du plus gros connard de tous les temps et que je m’en tirais vivant… L’autre gars finit de nouer le bandage, se leva et sortit sur un signe du capitaine.

— Et je suis… enfin, je veux dire, je ne suis pas juste de la chair à canon ? Je ne suis pas… prisonnier ? Après ce que j’ai fait sur les quais ? Après les crimes que j’ai commis ?

— Pourquoi, tu préfèrerais ?

Je secouai la tête. Guillotin jeta quelque chose par terre, à mes pieds.

— Voilà pour toi.

C’était un ceinturon et un baudrier ! Avec sabre et poignard ! Je le regardai avec incrédulité.

— Ecoute-moi bien. Ici, tu n’es plus personne. A bord de mon navire, il n’y a plus ni passé, ni avenir. Vous êtes tous des corsaires, destinés à mourir. Vous valez pas mieux les uns que les autres, votre vie n’est rien dans cette guerre.

Il se tut. Je le fixai quelques instants encore, puis ramassai les armes. Je sortis le sabre de son fourreau, sa lame étincelant à la lumière du soleil pénétrant par le hublot. Je me levai.

— Je ne comprends pas, dis-je. Vous n’avez pas peur… que je vous tue ?

Une main sur la garde de son propre sabre, un immense sourire éclaira son visage.

— Je n’attends que ça.


Texte publié par RougeGorge, 12 mai 2026 à 18h59
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