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tome 1, Chapitre 21 « Marley » tome 1, Chapitre 21

La nuit est tombée sur le camp, faute de place Alice et moi avons été séparées, elle a été obligée de dormir chez un vieil adjudant d’une soixantaine d’années gras comme un porc et puant comme un bouc. Pour ma part, le sergent m’a invité dans ses quartiers.

— Un verre mademoiselle ?

— Non merci sergent.

— Vous savez les nuits sont fraîches ici, si vous avez besoin de chaleur, je suis tout à fait disposé…

— Je vous demande pardon ? Dois-je vous rappeler quel est votre rang ! N’oubliez pas que je fais partit du cercle intime du président !

— Euh bien entendu… Je… Sachez que je n’avais pas de mauvaises intentions.

— Parfait n’en parlons plus alors, où vais-je dormir sergent ?

— Je vous laisse ma chambre madame je dormirais dans le canapé du salon.

— Je vous remercie sergent.

Je ferme la porte de cette chambre qui sent vraiment très mauvais, on dirait que le sergent a renversé des litres de vodka sur le sol. Mais peu m’importe je ne dormirais pas cette nuit. Je dois simplement attendre que ce grossier personnage s’endorme. Mais cela ne devrait pas être très long vu le nombre de verres qu’il s’est enfilé.

Une heure plus tard, il ronfle comme une locomotive. Voilà le moment que j’attendais. Je me concentre et en quelques secondes mon corps se déchire et laisse place à mon corps de louve. Je sors discrètement des quartiers du sergent et entame mes recherches. Je me doute que le bâtiment où dorment les prisonniers est surveillé, mais qu’à cela ne tienne je tuerais tous ceux qui se mettront en travers de mon chemin. Je déambule dans le camp vide depuis dix bonnes minutes. Je patauge dans la boue à la recherche d’une odeur qui pourrait me mettre sur la voie, mais je ne sens rien d’autre que l’odeur de la mort et des cadavres en décomposition. J’arrive par hasard devant un hangar gardé par deux casques noirs armés. Ils n’ont pas l’air très vieux et leur peur peut se sentir à des kilomètres. Je fais le tour du bâtiment pour les surprendre par-derrière, puis je bondis sur l’un des gardes. Le jeune homme est terrifié, tellement apeuré que je sens l’odeur de l’urine qui dégouline le long de sa jambe.

— Pitié ne me mange pas…

Je m’apprête à planter mes crocs dans sa gorge, mais je sens un canon froid se poser sur l’arrière de ma tête.

— Tue ce maudit loup ! supplie le jeune soldat

En un éclair, je me retourne et bondis. Le garde laisse échapper son fusil qui tombe quelques mètres plus loin dans la boue, il perd l’équilibre et tombe à son tour au sol. Je pose mes pâtes de chaque côté de son visage et je plonge mes yeux jaunes dans les siens.

« Tu n’aurais jamais dû agir de la sorte petit… »

— Tu parles ? Non c’est… C’est impossible.

Je lis une dernière fois la peur dans ses yeux et me délecte de cette panique. Je plante mes crocs dans sa carotide, le sang gicle dans la boue. Je lui arrache alors un morceau de chair et le recrache à côté de l’autre garde. Je hurle à la lune avant de le regarder dans les yeux.

« Toi ! Je te laisse la vie sauve. Va dire à tes supérieurs que Marley Corvinus est ici et que je ne partirais pas avant d’avoir libéré tous ces pauvres gens. Et que tous ceux qui se mettront en travers de ma route, je les tuerais ! »

Ils veulent du spectacle ? Ils vont en avoir. Les Galliens veulent une légende, ils l’auront. Et tous les casques noirs qui tenteront encore de se mettre entre ma famille et moi, je les exterminerais sans état d’âme. Je me faufile dans le bâtiment afin de trouver mon frère et mon père, mon odorat est un gros atout. Je tombe nez à nez avec Lucius et Will qui ont eux aussi réussi à pénétrer dans le bâtiment.

— Marley, tu en as mis du temps !

Je regarde mon cousin, un frisson me parcourt le bas du dos, ma fourrure se déchire et je retrouve ma forme humaine, plus je transmute, plus il m’est facile de passer d’un corps à l’autre.

— Depuis quand êtes-vous ici ?

— Depuis la tombée de la nuit, nos quartiers n’étaient pas surveillés, me répond Will

— Mon frère vous l’avez vu ?

— Oui il est au fond de l’allée B. Lit 253

Je m’emplis d’espoir et m’empresse d’aller en direction de cette allée.

— Marley attend… La chambre du garde !

Mais trop tard, le garde est réveillé et braque son revolver sur moi.

— Qui êtes-vous ? Qu’est-ce que vous foutez ici ?

La voix rauque du garde réveille tous les prisonniers et en quelques secondes un attroupement se forme autour de nous.

— Retournez tous dans vos lits ! Quant à vous, répondez à ma question !

— Je suis Marley Corvinus, fille de Victor et Alexandra Corvinus, descendante d’Alexandre Corvinus, comtesse des terres d’Arcadia. Et je suis ici pour libérer mon peuple ! Et je vais te tuer comme j’ai tué tes hommes !

— Tu bouges et tu te retrouves avec une balle dans la tête !

D’un geste rapide, je décale le canon de son revolver et le repousse d’un coup de pied dans le plexus. Je me concentre et transmute à nouveau, mon corps de femme se déchire à une vitesse extraordinaire et les lambeaux de chair sont projetés un peu partout autour de moi. En louve noire je bondis sur le garde, mes mâchoires se referment sur son bras jusqu'à ce que le sang ruisselle et qu’il lâche son arme, il hurle de douleur et me supplie d’arrêter. Je relâche ma prise recule et reprends mon apparence humaine afin qu’il voie mon visage. Le vieil homme appuie sur sa blessure pour éviter l’hémorragie.

— Maintenant, tu connais la douleur que tu leur infliges tous les jours !

Je vois un jeune garçon sortir des rangs et s’approcher de nous, c’est Ryan, je lis la rage et la colère dans ses yeux. Mon frère me pousse et ramasse l’arme tombée au sol, il la pointe sur le vieux garde à l’agonie.

— Tu vas crever sale con ! dit-il entre ses dents

— Ryan !

Mon frère qui ne m’avait pas reconnue se retourne et me regarde.

— Marley… Tu es venu me chercher…

— Je te l’avais promis.

Je m’approche de mon frère et le serre dans mes bras.

— Ryan, il va mourir de toute façon, il n’en vaut pas la peine.

— Mais il a tué papa !

— Je sais Ryan, mais je ne veux pas que tu aies les mains sales.

— Mais il doit mourir !

— Regarde-moi, Ryan regarde-moi.

Je resserre mon étreinte autour de mon frère, mes mains se posent sur son visage. Son bras est toujours tendu en direction du garde.

— Tout ira bien petit frère, je suis là.

Son regard n’est plus celui du garçon qui m’a été enlevé, il est devenu plus dur, plus noir.

— Tu sais ce qu’ils nous font subir chaque jour ? Tu sais ce que nous avons dû faire pour survivre ? Marley, il doit mourir !

— Alors, fais-le, mais sache que ça ne fera pas revenir papa, et tu te sentiras bien après, mais ça ne durera pas.

Mon frère me regarde en pleurant, son doigt presse la détente et la détonation résonne dans le bâtiment. Il lâche l’arme qui tombe au sol dans un bruit sourd. Ryan pose sa tête sur ma poitrine et se met à pleurer comme un enfant. Je prends quelques instants pour le rassurer en caressant sa petite tête rasée et si maigre, puis je m’écarte de lui et monte sur une table pour que tout le monde puisse m’entendre.

— Écoutez-moi ! Je sais que vous ne me connaissez pas, mais je suis venue de Lutz pour vous sortir de là. Comme vous avez pu le voir je peux me transformer en loup, mais n’ayez pas peur je ne vous ferais jamais de mal. Je veux juste libérer notre pays de l’oppression et lui redonner sa prospérité et son éclat d’autrefois !

— Mais comment sortir d’ici ? demande une vieille femme d’un ton glacial.

— En nous battant ! (Alice vient d’entrer dans le bâtiment et avance vers moi d’un pas assuré.) Pardonne-moi Marley, mais le vieux porc ma donnée du fil à retordre.

— Marley qui est-ce ? demande alors mon frère qui sort petit à petit de sa stupeur.

— Ryan voici Alice la sœur de Logan, Lucius notre cousin et Will un très bon ami.

— Enchanté Ryan, heureux que tu sois sauf, je ne voudrais pas presser tout le monde, mais nous devrions nous bouger, dit Lucius impatient.

— Oui, allons-y, venez avec nous. Je ne vous promets pas la vie, je vous promets de tout faire pour que vous la gardiez, je ne dis pas que ça sera sans danger, vous devrez vous battre pour votre survie et vous ne devrez jamais abandonner ! Nous vous protégerons et nous vous apprendrons à vous battre pour défendre vos familles et vos vies !

Nous sortons du bâtiment, Alice et moi ouvrons la marche, mon petit frère est à mes côtés et ne lâche pas ma main. La nuit est complète et il pleut à présent. Nous devons traverser le camp le plus rapidement possible si nous ne voulons pas être vus… Mais c’est impossible. Nous sommes tellement nombreux que le bruit de succion de nos pas dans la boue ne passe pas inaperçu. Avant d’avoir pu faire vingt mètres, un escadron complet nous barre le passage. Ils sont armés de leurs fusils d’assaut et les pointent dans notre direction, le sergent est en avant le visage encore endormi.

— Mademoiselle Valentino, si j’avais imaginé une seule seconde que vous étiez une traîtresse je n’aurais pas hésité une seconde à vous loger une balle dans la tête. Vous espériez sauver ses pauvres gens ? Non vraiment ? Vous pensez réellement pouvoir les sauver ?

— Je peux toujours essayer sergent… Et je ne m’appelle pas Mina Valentino, mais Marley Corvinus !

Je lâche la main de mon frère et ordonne aux autres de se cacher derrière le bâtiment qui se trouve à notre gauche. Mon corps se déchire laissant place à la louve noire, je retrousse les babines, me mets à grogner tout en bondissant sur le sergent qui reste surpris de cette transmutation. Nous tombons au sol devant le reste de la garnison qui ne sait pas quoi faire. Les yeux d’Alice deviennent rouges et une boule de feu jaillit de ses mains, en un éclair elle créer une barrière de feu empêchant les soldats d’avancer.

« Adieu sergent ! »

Mes crocs se plantent profondément dans sa chair, celui-ci hurle de douleur et tente de se débattre, mais ma prise est trop forte pour lui, je bois son sang comme pour m’abreuver de sa force et je sens peu à peu son pouls diminuer puis s’arrêter complètement.

— Alice la clôture ! hurle Lucius

Aussitôt, Alice envoie l’une de ses boules de feu en plein milieu de la clôture électrique, celle-ci fond instantanément. Will attrape le bras de mon frère et guide les prisonniers jusqu'à cette sortie. Alice Lucius et moi continuons de lutter face aux soldats. Ils sont tous terrifiés et pourtant nous ne sommes que trois. Soudain l’un d’entre eux cris d’une voix tremblante.

— Soldats… En joue !

C’est le moment de réagir, nous ne réfléchissons plus, Alice envoie ses boules de feu avec autant de dextérité que lorsqu’elle lance les couteaux. Lucius a déjà glissé au sol pour récupérer le fusil du sergent, il se relève avec une souplesse inouïe et abat deux soldats ; chacun d’une balle en pleine poitrine. Mais les autres casques noirs ont déjà commencé à tirer dans notre direction. Les balles ricochent un peu partout, cinq prisonniers tombent sous le feu des soldats. Nous n’avons pas le temps d’aller les chercher, il faut quitter ce lieu maudit au plus vite. Je prends appui sur la paroi d’un hangar et sectionne deux carotides, les casques noirs tombent les uns après les autres dans la boue. La scène est des plus sanglante ; Alice et Lucius n’avaient jamais tué de leur vie et voilà qu’ils massacrent tout un peloton de soldat. Le silence de la nuit a laissé la place aux cris d’agonies. À l’odeur de la boue se mêle une odeur de sang et de mort. Alice Lucius et moi nous regardons un instant ce piteux champ de bataille puis Alice envoie plusieurs boules de feu sur les bâtiments afin de réduire ce camp de la mort en cendre, ces hommes ont vu nos visages, nous ne pouvons pas les laisser en vie, ils doivent tous disparaître. Après nous être assuré qu’il ne reste plus un survivant dans le camp, nous disparaissons dans la forêt. Après une vingtaine de minutes à suivre la trace de mon frère et de Will, nous retrouvons enfin le groupe de rescapés. Nous sommes dans la forêt la plus dense de cette île, personne ne peut déceler notre présence. Mon frère se dirige vers moi en courant, je reprends mon apparence humaine et il me prend dans ses bras.

— J’ai eu si peur que tu ne reviennes pas !

— Ne crains rien petit frère, je suis là.

Je suis si heureuse de l’avoir retrouvé sain et sauf, je le serre fort contre moi, et même si je sais que nous ne reverrons jamais notre père nous pouvons veiller maintenant l’un sur l’autre.

— Il faut quitter cette île au plus vite, la nouvelle va se répandre et nous serons trop vite retrouvés ici, dit Lucius en venant vers nous.

— Nous venons de nous sauver de ce camp, laisse-nous savourer cette liberté ! crache Ryan en direction de notre cousin.

— Ryan, je sais que tu n’as confiance en personne ici, mais crois-moi, nous sommes là pour aider tous ces pauvres gens, toi y compris.

— Très bien « cousin », explique-moi comment tu veux nous faire quitter cette île qui est au milieu de nulle part ? Vas-y, éclaire-nous !

Je me suis trompé, mon petit frère n’est plus le même. Il n’a pas changé seulement physiquement, il est devenu plus dur et plus froid, je ne le reconnais plus. Mon frère a toujours treize ans, mais ce qu’il a subi ici l’a changé pour toujours, il n’est plus le petit garçon insouciant qui a grandi avec moi. Aujourd’hui, Ryan est un enfant à qui l’on a volé son innocence.

— Ryan, ces gens sont mes amis, ils ont mon entière confiance, ils m’ont sauvé de Marsilla, tu peux avoir confiance en eux.

Mon frère me regarde avec insistance, il n’y arrivera pas de suite, il a appris à se méfier de tout le monde, mais je sais qu’un jour il leur fera pleinement confiance.

— Vous avez vu le quai par lequel nous sommes arrivés ici, dit Lucius.

— Celui au nord de Kilmoon ?

— Oui Alice celui-ci. Nous devons y retourner et trouver un bateau pour quitter cette île maudite.

— Et les casques noirs tu y as pensé Lucius, ils vont très vite s’apercevoir que le camp ne répond plus à la radio, les gardes de la journée vont vite comprendre ce qui s’est passé en voyant le camp en cendre.

— Oui Marley je sais tout ça c’est pour cela qu’il faut partir maintenant avant que la relève ne débarque !

— Tous ces gens qui vous ont suivi sont morts de peur et de froid en plus certains n’ont rien mangé depuis plusieurs jours ! Et tu veux les faire marcher jusqu’au bord de mer !

— Ryan c’est notre seule option …

— Moi qui croyais que ma famille défendait les pauvres gens…

— Écoute-moi bien maintenant Ryan ! (Lucius a perdu patience avec mon frère. Il est vrai que je ne comprends pas vraiment à quoi il joue. Il fait le difficile alors que nous n’avons pas le choix. Lucius colle son visage aussi près que possible de celui de mon frère et plonge ses prunelles brunes dans les yeux fatigués de mon frère) Tu crois que ce que tu as vécu est horrible ? Je te l’accorde c’est répugnant ce qu’ils vous ont fait subir, mais ne crois pas que de retour en Gallia la vie sera plus simple ! Quand nous serons rentrés, tu devras te battre tous les jours pour ta survie et celle de tes proches, tu auras tous les jours peur de te faire chopper par les casques noirs ! Ta vie sera rythmée au son des patrouilles, et tu devras même tuer pour survivre.

— J’ai déjà tué !

— Tu veux parler de l’homme que tu as abattu dans le hangar ? Oui, tu l’as abattu, mais il était déjà à terre ta sœur avait déjà fait le gros du travail, son sort était déjà scellé. Mais quand tu devras regarder un homme dans les yeux et te dire que c’est toi ou lui, et que tu lui transperceras le cœur pour assurer ta survie, alors ce jour-là tu sauras quel effet ça fait. Maintenant, pousse-toi et cesse de faire ton rebelle, nous avons besoin d’unir nos forces pour vaincre l’oppression, nous ne devons pas nous diviser !

Ryan se tourne vers moi pour que j’intervienne, mais je n’en ferais rien, Lucius a raison et mon frère va devoir faire avec. Il n’a pas le choix, nous n’avons plus le choix si nous voulons vaincre.

***

Après une longue marche, nous arrivons sur le quai nord. Il nous faut attendre plusieurs heures qu’un bateau pointe le bout de son nez, quand la chance nous sourit enfin. Le bateau de ravitaillement arrive toujours au milieu de la nuit et c’est la nôtre chance. Quand le petit bateau accoste et que le capitaine du navire sort en compagnie d’un seul casque noir, il ne nous faut que quelques secondes pour neutraliser les deux hommes. Nous montons à bord et Alice qui a des notions de navigation nous fait traverser jusqu'à la côte. Lucius a eu une bonne idée de traverser la nuit, tous les casques noirs en poste dorment et ne sont même pas au port, nous pouvons donc débarquer en toute discrétion. Malgré la fatigue, il faut continuer de marcher jusqu’à la forêt des Esprits ; Lucius s’est bien renseigné avant de nous rejoindre et il a découvert l’existence d’une forêt au sud de Durtown, cette forêt est réputée pour être hantée par des esprits, par conséquent, personne n’ose s’y aventurer et certainement pas les casques noirs qui sont de véritables trouillards superstitieux. Mais c’est une aubaine pour nous, car nous allons pouvoir tirer profit de ce lieu afin de nous cacher le temps de trouver un moyen de quitter définitivement l’Iridia. Ce n’est pas sans une certaine crainte que nous nous aventurons dans cette forêt hantée, mais les esprits semblent cléments avec nous et nous laissent nous installer. Nous construisons des abris de fortune dans un premier temps, mais les températures nous mettent à l’épreuve et nous devons rapidement trouver une solution où nous mourrons. Mon frère et moi sommes installés dans un arbre où nous avons une vue panoramique sur les alentours, même si nous sommes cachés, nous scrutons quand même l’horizon juste par habitude.

— Marley, tu crois que nous allons nous en sortir ?

— Je te mentirais si je te promettais de te mettre à l’abri, mais je vais tout faire pour qu’il ne t’arrive rien.

— Marley tu sais même au camp nous avions des informations qui nous venait de Lutz, les casques noirs parlent beaucoup entre eux. Peux après notre arrivés, papa et moi avons entendu parler d’une attaque de loup qui avait coûté la vie à Roseline Blate, alors papa m’a tout expliqué sur notre famille et sur ta faculté à te changer en loup. Puis les casques noirs ont commencé à avoir vent d’un gros groupe de rebelles qui leur donnait du fil à retordre à Lutz et enfin ton nom a été prononcé un jour par l’un des gardes qui nous surveillaient le soir. Alors nous avons su que tu étais vivante et à Lutz, papa a écrit cette lettre et l’a donné à Chip, juste avant qu’elle ne monte dans le camion pour le retour à Lutz. Nous avons espéré des jours et des jours et puis nous avons entendu parler que le convoi où était Chip avait été attaqué par des rebelles et que tous les casques noirs du convoi avaient été tués. Alors nous avons compris avec papa que tu allais venir nous chercher, et puis un matin il a pris ma défense et ils l’ont abattu. J’avais perdu tout espoir, je pensais que j’allais moi aussi mourir ici et puis tu es venu nous chercher. Je ne te remercierais jamais assez pour ce que tu as fait pour nous grande sœur.

— Je t’avais promis que je viendrais vous chercher.

— Et tu as tenu ta promesse. Marley, tu es devenu un symbole pour la révolution, ce que tu as fait ces derniers mois, tous ces casques noirs que tu as tués… Marley, ils ont peur de toi maintenant.

— Ryan, je n’ai jamais souhaité faire couler le sang, je ne voulais pas tuer ces hommes, mais…

— Cela n’a aucune importance ils l’avaient mérité !

— Personne ne mérite de mourir… Nous avons tous une place en ce monde et notre présence à chacun sur terre est justifiée.

— Mais nous sommes en guerre et chacun doit choisir son camp !

— Oui Ryan chacun doit choisir son camp, mais si j’ai tué ces gens, ce n’était pas par plaisir… Si je ne les avais pas tués, c’est eux qui m’auraient tué. Nos actes ont toujours des conséquences, tuer un homme te change à jamais, cela te transforme et te détruit. Il y a une différence entre tuer quelqu’un pour sa survie et l’abattre de sang-froid. Je veux que tu me promettes que si tu te retrouves un jour face à cette situation, tu ne choisiras pas la facilité.

— Je comprends ce que tu veux dire, je te promets que si un jour je dois appuyer sur la détente ça sera uniquement si ma survie en dépend (Ryan commence à comprendre le sens des mots que je lui dis, mais je continue de penser qu’il est beaucoup trop jeune pour endurer ça). Marley j’ai eu si peur, j’ai cru que je ne te reverrais jamais en plus quand ils ont… Enfin quand papa est…

— Je sais Ryan. Je suis là maintenant et rien de nous ne séparera.

J’embrasse mon petit frère sur le front, ce petit frère qui a été fracassé, détruit par ce maudit gouvernement.

— Marley, tu dois nous apprendre à nous battre. Alice, Lucius, Will et toi vous devez nous apprendre à nous battre. Nous serons beaucoup plus utiles si nous pouvons nous défendre.

— Mais avec quoi veux-tu que l’on se batte ?

— Ne fais pas la modeste je sais que tu peux fabriquer toutes sortes d’armes dans cette forêt.

— Très bien, mais comment allons-nous nous protéger des patrouilles, tu y as pensé ?

— Oui, nous construirons des cabanes dans les arbres comme on le faisait quand nous étions enfants. Comme papa nous l’a appris.

Je réfléchis un instant… son idée est brillante.

— Demain, nous nous mettrons au travail petit frère.


Texte publié par Chipper2907, 18 juillet 2022 à 11h45
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