Pourquoi vous inscrire ?
«
»
Lecture

Amarthel courait à travers les bois, ses cheveux orange envahissant son visage. À intervalles réguliers, elle esquivait les flèches qui fonçaient vers elle.

Les chasseurs l’avaient prise par surprise, alors qu’elle revenait de la capitale et s’en allait vers son village. Sa sœur lui avait déjà raconté ce qu’ils cherchaient à faire. D’abord, ils trouvaient un Alfe des Montagnes seul et qui leur parût faible. Ensuite, avec leurs flèches enduites d’un puissant sédatif, ils endormaient leur proie, puis se mettaient à deux pour la soulever. Ils lui rasaient le crâne dans son sommeil, puis la laissaient au milieu de la forêt pour qu’elle se réveille.

« Tu l’as eue ?! demanda la grosse voix d’un homme.

— Non ! répondit la jeune femme qui l’accompagnait. Elle est vive, pour une si p’tite chose !

— Continue à tirer ! On va l’avoir ! »

Une nouvelle salve de flèches fila vers elle, à toute allure. L’une d’entre elles manqua de peu la chair molle et grasse du haut de son bras.

Elle connaissait très bien le motif de telles attaques. On disait du cheveu d’Alfe qu’il avait de puissantes propriétés magiques. Les Réthys lui prêtaient des effets aphrodisiaques, tandis que certains humains pensaient qu’à base de romarin, de gingembre et d’un seul de ces cheveux, on pouvait concocter une potion qui vous rendait suffisamment concentré pour travailler toute une nuit durant.

Devant elle se profila un arbre, si haut qu’il semblait dominer cette partie de la forêt et si large qu’on aurait pu s’en faire une maison.

Elle l’escalada, les griffes au bout de ses petits doigts l’aidant à s’accrocher au tronc. Elle s’assit finalement sur une branche épaisse, à une vingtaine de pieds du sol, et s’enveloppa dans sa cape, dont la teinte de malachite lui permit de se mêler au feuillage.

Elle attendit. Au bout de quelques minutes, ils vinrent à passer au pied de l’arbre.

L’homme peinait à reprendre son souffle. Il balaya les environs du regard et étouffa un juron.

« Où est-ce qu’elle a bien pu aller ? grommela-t-il.

— Elle a dû s’enfuir. Tu sais bien que ces Alfes sont des saletés, Svarfugl.

— Celle-là avait assez de cheveux sur la tête pour rembourser tous nos meubles.

— Je sais. Mais je n’ai pas très envie d’aller plus loin dans la forêt. On dit qu’il y a des loups et des sangliers. »

Amarthel étouffa un soupir d’exaspération avec le pan de son mantel. C’était toujours aux siens que ces archers s’attaquaient. Personne n’aurait été assez fou pour toucher à un seul des cheveux d’un Alfe pourpre, tant l’idée qu’ils savaient lier les démons était répandue, et les Alfes noirs se concentraient presque exclusivement à Thatlésia et Imarsand, où personne ou presque n’aurait eu la témérité de s’aventurer avec un arc et des flèches empoisonnées.

L’homme sembla considérer la proposition de sa camarade pendant quelques secondes puis, non sans réticence, il hocha la tête et rebroussa chemin, sans un mot.

Une fois certaine qu’ils n’étaient plus là, la jeune Alfe descendit de son perchoir et reprit sa route.

Au loin, elle voyait déjà se dessiner le haut pic rocheux où sa communauté se regroupait régulièrement pour prier.


Texte publié par Darku_Mage, 7 novembre 2021 à 12h30
© tous droits réservés.
«
»
Lecture
LeConteur.fr Qui sommes-nous ? Nous contacter Statistiques
Découvrir
Romans & nouvelles
Fanfictions & oneshot
Poèmes
Foire aux questions
Présentation & Mentions légales
Conditions Générales d'Utilisation
Partenaires
Nous contacter
Espace professionnels
Un bug à signaler ?
1964 histoires publiées
867 membres inscrits
Notre membre le plus récent est Lyssandre
LeConteur.fr 2013-2022 © Tous droits réservés