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De dentelles et de frissons - Contes fantomatiques
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Tome 1, Chapitre 3 « Le voeu » Tome 1, Chapitre 3

Le manoir des Prideworth était une véritable splendeur, quand il se dressait dans sa gloire toute neuve, rose et blanc sous la lune à peine voilée, déversant des torrents de lumière par ses larges baies sous leur fronton immaculé. Des milliers de bougies éclairaient l'intérieur, le transformant en une immense lanterne magique, dans laquelle on apercevait, comme dans un théâtre d'ombres, les silhouettes des invités dans leurs plus beaux atours.

Everdine l'avait accompagnée jusqu'aux grilles de la résidence. Au moment de la quitter pour retrouver le chemin de la maison, il avait été pris d'une brusque appréhension :

« Tu reviendras ?

― Bien sûr que oui ! »

La réponse avait sonné trop légère, trop désinvolte, pour le rassurer. Il avait regardé s'éloigner la silhouette froufroutante sous son mantel vert sombre, dansant vers la lumière comme une phalène égarée attirée par une flamme trop intense. Il porta la main à son front, qu'elle avait effleuré d'un baiser avant son départ.

Everdine contemplait à présent le souvenir de ses souvenirs, le manoir presque en ruine sous la même lune embrumée. Le seul fils des Prideworth, Josuah, ne s'était jamais marié. Sa soeur Elizabeth était morte deux ans après le bal, d'une fluxion de poitrine. Les biens étaient passés à un lointain héritier : vivant à Boston, il n'avait jamais souhaité s'embarrasser d'une demeure en piteux état, perdue dans une petite ville au milieu de nulle part. Le Manoir était donc resté inhabité, le jardin jadis si soigné rendu au chaos de la nature, où les éléments reprenaient progressivement leur dû.

Everdine détournait les yeux, hésitant, quand une vision furtive accrocha son attention : un éclat vert filtrant par les carreaux souillés et brisés de l'ancienne salle de bal, dans l'aile droite de la bâtisse. Durant quelques instants, il crut même percevoir l'écho lointain des violons. Ses souvenirs avaient-ils invoqué cette brève illusion ? Il serra le pendentif dans sa main desséchée :

« Je voudrais... »

Non, pas ainsi. On ne pouvait annuler un vœu. Juste le contrarier, d'une manière ou d'une autre.

« Je voudrais que ceux qui se souviennent retournent danser au Manoir... »


Texte publié par Beatrix, 15 novembre 2021 à 15h03
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