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Tome 1, Chapitre 4 « Oscar » Tome 1, Chapitre 4

« Yre. Une Déesse ? Peut-être, peut-être pas. Mais c'est une force bien présente, mouvante. Changeante même. Quoi qu'elle soit réellement, nous la sentons, et c'est par elle que nous pouvons lancer des sorts, soigner les blessés et assurer la guérison des malades. Alors, n'est-ce pas plus important d'avoir la foi, que de vouloir l'expliquer ? »

Matriarche Alandrielle, date inconnue.

« Les Principautés Vanciliques formaient autrefois un territoire très puissant. Bien que les quatre princes se livrassent constamment des querelles intestines, leurs Chevaliers de l'Ordre des Purs et des Justes, comme ils se nommaient, furent d'un grand secours durant les premières années de la lutte contre Dehest. Ces nobles âmes parcouraient les terres à la rescousse des faibles et des opprimés, ils faisaient front aux côtés des troupes, proclamaient des discours galvanisant. Ils représentaient l'espoir des Principautés, ainsi que leur force. Mais ils ne pouvaient pas lutter contre les discordes intérieures, entre leurs suzerains. Sans structure stable, ils finirent par sombrer. Certains périrent, d'autres disparurent tout bonnement. Des rumeurs disent que certains seraient devenus des bandits ou se seraient rendus à l'ennemi après quelque marché occulte. Les Principautés tombèrent évidemment peu après. Ne subsiste aujourd'hui que l'Alliance Princière, vestige du passé, retirée dans la dernière parcelle fracturée de leurs terres. »

Cassandre Brett Nergilus, historienne d'Esperanth, Duché d'Anoréa, 4e ère, 917.

***

Le sentier avait disparu depuis plusieurs lieues. Le terrain verdoyant avait laissé place à des pierres glissantes et des plantes épineuses. Cette région de Laaria était sauvage, et aucune route ne passait dans les environs. Depuis son point d'observation, Oscar remarqua qu'il ne pouvait même plus voir le dernier village dans lequel il s'était arrêté. Alors il continua vers le sud, vers la rivière Challal marquant la frontière avec le Berceau Sylfan, espérant enfin trouver le mystérieux Temple d'Yre.

Environ un mois auparavant, le jeune homme avait fait la rencontre d'une prêtresse. Il apprit qu'elle avait quitté le fameux Temple caché pour entreprendre un pèlerinage et apporter son aide à qui en avait besoin. Cette rencontre remit Oscar sur la piste qu'il avait abandonné des années plus tôt, faute d'indices concrets. Désormais, il touchait au but.

Les bouleaux frissonnaient sous le vent froid et projetaient de longues ombres sous les rayons du soleil couchant. L'espoir gonflait le cœur du jeune homme qui força l'allure au lieu de s'arrêter. À la nuit tombée, il découvrit un immense ravin. Les falaises se perdaient dans les ténèbres. Tout en bas, un bois s'étendait jusqu'aux rives de la rivière. Progressant avec grande prudence malgré son impatience, il parvint à trouver un sentier praticable le long de la paroi rocheuse. C'est alors qu'il vit l'éclat orangé d'une lumière au loin. Tache rectangulaire dans le noir, l'aventurier conclut qu'il s'agissait d'une porte ouverte, tel un signe envoyé pour le guider vers son but. Une fois parvenu au bas du chemin, il tira une lanterne de son paquetage et l'alluma. Oscar se faufila entre les arbres et les énormes champignons jusqu'à trouver un pont ancien lui permettant de rejoindre la berge sud. Des vers luisants virevoltèrent sur son passage juste avant qu'il ne discerne enfin les murailles du Temple dans la pénombre. Il s'arrêta devant la haute porte donnant sur le cloître silencieux. L'aventurier frappa du poing de façon à se faire clairement entendre. Plusieurs minutes s'écoulèrent avant qu'un son ne lui parvienne. Enfin, une voix féminine ferme mais mélodieuse retentit :

— Qui se présente ici à cette heure ?

— Je me nomme Oscar. Je suis, pour ainsi dire… un pèlerin.

— Pour ainsi dire ?

— J'ai été envoyé ici.

— C'est peu probable. Que cherchez-vous entre ces murs ?

— Honnêtement, je ne sais pas. Ma mère souhaitait que je trouve cet endroit. J'aurais dû venir il y a longtemps, mais je me suis égaré.

— Ce Temple ne reçoit pas de pèlerins, de visiteurs ou que sais-je d'autre. C'est un lieu sacré destiné à l'apprentissage des prêtresses d'Yre, rien d'autre.

— J'ai croisé l'une des vôtres ! s'exclama Oscar. Une jeune femme, Magda. C'est elle qui m'a indiqué la route.

Le silence retomba un instant. Le verrou finit par s'ouvrir et un battant grinça dans ses gonds, dévoilant la splendide cour. D'un bond, une grande elfe ravissante vêtue d'un long habit noir s'interposa, une main posée sur le pommeau de son épée courbe. Son regard sévère contrastait avec ses traits fins. Elle toisa le jeune homme de la tête aux pieds. À vrai dire, il faisait peine à voir dans sa tunique poussiéreuse et rapiécée. L'elfe soupira en fronçant un peu plus les sourcils et lui fit un signe de tête pour l'inviter à entrer. Oscar s'empressa de la suivre avant qu'elle ne change d'avis.

— Il est tard, vous rencontrerez la matriarche demain. Vous dormirez dans la remise et pas d'entourloupe, je monterai la garde.

— Soit. Je ne causerai pas d'ennuis, ma Dame.

L'elfe se contenta de lui adresser un regard. Ils passèrent devant plusieurs statues de pierre blanche, montèrent quelques marches puis pénétrèrent dans l'édifice lui-même. Le hall était silencieux et vide. L'elfe indiqua un fauteuil à Oscar et lui demanda de patienter le temps qu'une paillasse sommaire soit préparée. Il se délesta de son paquetage et s'affala de tout son long devant les braises presque éteintes. Alors qu'il commençait à s'assoupir, l'elfe en tenue noire réapparut et lui ordonna de la suivre. Ils grimpèrent au dernier étage et, au bout d'un couloir, Oscar découvrit une pièce étroite éclairée par une bougie. Il entra et abandonna son sac encombrant près de la lucarne crasseuse.

— Vos armes, je vous prie, marmonna l'elfe.

— Je ne compte pas blesser quiconque ici.

— Vous ne verrez donc aucun inconvénient à me les confier, n'est-ce pas ?

Oscar maugréa avant de retirer son ceinturon et tendit son épée longue d'une main raide. Il tira également la dague accrochée à son paquetage et haussa les épaules, signifiant qu'il n'avait rien d'autre sur lui.

— Vous les récupérerez demain, sans faute. Maintenant, dormez.

L'elfe ferma prestement la porte et s'éloigna à grands pas. Nul doute qu'elle fut postée à l'autre bout du couloir.

Le jeune homme exténué retira son manteau de cuir usé et sa tunique épaisse. Il tira ses bottes crasseuses avant de s'allonger sur la couche rudimentaire. Les brins de paille piquaient son dos à travers la toile de lin mais le sommeil le gagna immédiatement. Il s'endormit, satisfait d'avoir enfin atteint son but. Le chant d'un coq le réveilla aux aurores. Il entendait des bruits provenant des étages inférieurs. D'un mouvement félin, il s'agenouilla devant la lucarne et posa les mains sur ses cuisses. Il resta ainsi un long moment, la respiration profonde et fluide. Un temps incertain s'écoula avant que quelqu'un ne frappe à la porte. Le jeune homme se redressa, et ouvrit. Deux servantes, jeunes, même pour des elfes se tenaient immobiles les bras chargés. Elles lui tendirent une bassine d'eau chaude, un linge propre et un morceau de savon. Alors qu'Oscar récupérait le linge des mains de la jeune femme aux boucles brunes, celle-ci laissa échapper un rire aigu et rougit jusqu'aux oreilles. Elles s'éloignèrent alors, lançant des regards furtifs vers l'étranger.

Interloqué, Oscar referma la porte en silence et entama sa toilette. Une heure s'écoula, au terme de laquelle le jeune homme s'était préparé convenablement, ou du moins, du mieux qu'il le put compte tenu de l'état de ses atours. Enfin, la grande elfe toujours vêtue de noir revint devant lui. Son regard ne s'était pas adouci mais désormais éclairé par la lueur pâle du matin, elle dévoilait sa remarquable beauté. Oscar se demanda si les légendes concernant la beauté naturelle des elfes étaient finalement fondées. Le tirant de ses pensées, l'elfe lança :

— Si vous êtes prêt, veuillez me suivre.

— Allons-y.

— Vous allez rencontrer la Matriarche Judith qui s'occupe de ce Temple et de toutes ses habitantes.

— Il n'y a que des femmes ici ?

— Des prêtresses et des servantes fidèles à Yre. Je vous prierai de ne pas laisser vos phantasmes embrumer votre esprit, entendu ?

— Je n'avais rien en tête.

— Bien sûr. Quoi qu'il en soit, pour des raisons évidentes, je ne vous rendrai pas vos armes avant cette entrevue.

— C'est ce que je pensais.

En traversant les salles et les couloirs, Oscar remarqua les regards se poser sur lui. Les murmures et les rires des femmes de tous âges se firent de plus en plus nombreux. L'elfe en tunique noire fit signe à un groupe de jeunes femmes de se remettre à leurs tâches quotidiennes avant de bifurquer pour rejoindre le grand hall.

— Comme je vous l'avais dit, les visiteurs sont très exceptionnels, encore plus lorsqu'il s'agit d'hommes.

— Pourtant me voilà.

— Vous avez mentionné votre rencontre avec Magda. La Matriarche sera enchantée d'en savoir davantage. En outre, j'ai moi aussi des questions à vous poser.

Oscar remarqua la splendeur de la cour alors qu'ils descendaient vers le cloître. L'arbre central était entouré de plantes multicolores au-dessus desquels voletaient des papillons vifs. Des buissons et des massifs floraux bordaient les allées constituées de dalles ocre. Sous l'ombre d'une toile satinée se dressaient une table ronde et plusieurs sièges. Une vieille femme patientait déjà là, sans aucun doute, la Matriarche.

— Asseyez-vous donc, jeune ami, déclara-t-elle. Je me présente, Judith, doyenne de ce Temple isolé. Vous avez déjà rencontré Alhuïa, l'une des Surveillantes. Elles protègent ce lieu saint, et veillent également sur moi.

— Oscar, rien de plus.

— Cela est déjà bien, plaisanta la vieille femme en secouant son chapelet. Ainsi, vous avez croisé la route de ma petite fille, Magda. Dans quelles conditions l'avez-vous rencontrée ?

— De bien sinistres conditions, je le crains. J'étais dans un village de l'Alliance Princière lorsqu'une troupe de Dehest a percé le front. Une poignée de volontaire est restée en arrière avec les soldats pour permettre aux autres de fuir. Rien ne s'est passé comme prévu. Les revenants, ils… Mes compagnons sont tombés les uns après les autres. J'étais gravement blessé et j'ai perdu connaissance. Lorsque je suis revenu à moi, des renforts terminaient de repousser l'envahisseur pendant que les carcasses étaient empilées et brûlées. Après ça, je me souviens seulement être allongé dans l'infirmerie, Magda nettoyant mes plaies. Sa magie m'a remis sur pied.

— Bien, très bien, marmonna Judith.

— Elle disait être en route pour le Duché d'Anoréa, dans l'espoir d'apporter son aide là où la guerre faisait le plus de ravages.

— Bonté divine, soupira Alhuïa. Elle ne sait pas dans quel pétrin elle fonce.

— Oh je crois que si, mon enfant, reprit la doyenne. C'est en parfaite connaissance de cause qu'elle a quitté ces murs. Elle n'avait pas fait l'expérience de la guerre, mais elle n'était pas naïve pour autant !

— Quoi qu'il en soit, je lui ai demandé de m'indiquer la route pour vous trouver, et c'est ce qu'elle a fait sans la moindre hésitation. Je crois que si je ne lui avais pas demandé, elle m'aurait demandé de venir malgré tout.

— C'est probable, cher ami. L'isolement du Temple ne plaît pas à Magda, soupira la vieille femme. Cela dit, ma petite merveille semble pleinement confiante de la voie qu'elle a décidé de suivre. La savoir saine et sauve me réconforte.

— Si vous me permettez, j'aimerais poser une question, reprit Oscar.

— Je vous en prie.

— À quoi bon former des guérisseuses si vous ne quittez pas le Temple et que personne ne peut y entrer ?

Alhuïa se tourna brusquement vers lui mais la matriarche intervint avant qu'elle ne puisse répondre. Un sourire triste tirait son visage.

— C'est une excellente question. Autrefois nous étions plus nombreuses. Les Temples comme celui-ci étaient fréquents. Le fléau que représente Dehest a coûté la vie à nombre de nos sœurs. La chute des Contrées Libres nous a porté le coup de grâce, d'une certaine façon. Oh bien sûr je n'étais qu'un nourrisson à l'époque et vous, mon jeune ami, n'étiez même pas né. Malgré les années, les fidèles volontaires se sont raréfiées, et les Temples ayant échappé aux massacres se sont refermés sur eux-mêmes, afin de protéger ce qu'il restait de notre savoir et de nos forces. Le pouvoir maléfique croissant de Dehest ne faisant que perturbé encore et toujours l'équilibre subtil de l'Immatériel, nos pouvoirs s'amenuisent de jour en jour. Nous ne pouvons plus assumer notre rôle d'antan, je le crains.

— Je vois. Je suis navré.

— Aucune raison de l'être. Il en est simplement ainsi. Désormais, nous venons principalement en aide aux elfes du Berceau, accablés par les assauts des pirates de l'ouest. Si rien ne change, il n'y aura plus aucun savoir à transmettre à nos disciples. Elles seront livrées à elle-même. Magda était tout simplement en avance. Elle a eu le courage de décider avant que le choix ne s'impose à elle. Votre présence, jeune homme, est un message que m'adresse ma petite-fille. Il nous faut quérir de l'aide à l'extérieur de notre enceinte.

Après un instant de silence, Alhuïa intervint :

— Ce n'est donc pas Magda qui vous a incité à venir. Qui l'a fait, humain ?

— C'est une tout autre histoire. Une histoire que je ne comprends pas moi-même.

— J'ai le sentiment que cela ne regarde qu'Alhuïa, reprit la matriarche en se redressant lentement sous les regards étonnés des deux autres. Mon garçon, je te conseille de livrer ce que tu sais et ce que tu as vécu à cette femme ici présente, pour votre bien à tous les deux.

Alhuïa resta bouche bée en regardant s'éloigner la doyenne. Son regard se porta ensuite sur Oscar, mais les mots ne se firent guère plus enclins à quitter son esprit. L'aventurier tout aussi troublé dévisagea celle qui ne semblait se soucier que de la vieille femme désormais en train de discuter avec un groupe de prêtresses.

— J'ignorais qu'elle… murmura l'elfe.

— Qu'y a-t-il ?

— Peu importe. Raconte-moi ton périple, reprit l'elfe d'une voix infiniment plus douce qu'auparavant. Je t'écoute.

— Cela remonte à huit ans, lors de la chute de la Principauté est. Ma mère soignait les soldats blessés dans un temple de la cité de Malm. Lorsque Dehest a vaincu notre armée devant les portes de la ville, elle m'a demandé de partir à la recherche du Sanctuaire d'Yre où elle s'était elle-même rendue durant sa jeunesse.

— Mais tu ne savais rien de tout cela, n'est-ce pas ?

— Non. Sans plus d'informations, j'ai tourné en rond dans notre vaste monde. J'ai fini par abandonné bien sûr. Comment trouver un lieu dont on ignore tout ?

— Puis tu as rencontré Magda.

— Exact, deux ans après avoir enterré cette histoire. C'est là que j'ai compris que cette mission était probablement le dernier vœu de ma mère, et que je l'avais négligé trop longtemps. J'ai repris la route.

— Et te voilà… soupira l'elfe.

Elle quitta l'abri et se mit face au soleil un instant. Oscar se redressa à son tour, ne sachant que faire ou que dire. Alhuïa fit volte-face, une flamme étrange dans le regard.

— Suis-moi.

Ils quittèrent le Temple et rejoignirent un sentier qui pénétrait sous le couvert d'un bois. Ils parvinrent aux abords d'un tertre dont émanait une énergie troublante. Oscar crut sentir des présences autour de lui. Il avait entendu des histoires de spectres et de créatures invisibles, pourtant à cet instant, cela semblait très réel. L'elfe ne semblait pas inquiète et se dirigeait toujours vers la structure de pierre couverte de lianes fleuries et de gravures érodées. Ils pénétrèrent dans une grotte étroite où se dressait une surprenante statue entourée de plusieurs dizaines de bougies. Le personnage figé était un homme aux traits gracieux vêtu d'une armure et d'une longue cape. Sur son flanc reposait une épée dont le fourreau était ciselé de symboles inconnus. Un coffret sobre reposait entre ses mains gantées de fer. Il se tenait contre une stèle elle aussi parsemée d'écritures difficiles à déchiffrer dans la pénombre.

— Tu n'es pas le premier à avoir foulé ce sanctuaire, avoua Alhuïa. Certains pensaient savoir pourquoi ils étaient là, d'autres non. Dans tous les cas, j'ai dû les renvoyer tous, car là n'était pas leur place. Avance et lis ce que tu vois.

La Surveillante pointa la stèle du doigt. Oscar s'approcha. Le temps ayant fait son œuvre, les premières lignes étaient tout simplement illisibles. C'est alors que son cœur s'emballa. Il ne s'agissait pas d'un texte, mais d'une série de noms, gravés au fil du temps, et ce, depuis des générations. Enfin, sa respiration se coupa en déchiffrant les deux derniers. Son regard se tourna vers Alhuïa qui se tenait derrière lui.

— En reconnais-tu certain ?

— Évidemment ! Celui de mon grand-père et le dernier, celui de ma mère. Est-elle ici ?

— Non, à mon plus grand regret. Lorsqu'elle est venue visiter ce lieu, elle était plus jeune que toi, mon enfant. Aujourd'hui, c'est ton tour.

— Pourquoi ? Quel est cet endroit ?

— Si le silence répond à ton nom, tu n'en sauras pas plus.

Oscar fut frappé par la réponse froide de l'elfe dont les yeux se chargeaient de larmes. Elle lui tendit un stylet d'acier qu'il saisit d'une main légèrement tremblante. Il retourna devant le bloc de pierre et commença à graver son nom. La tâche parut prendre des heures. Des dizaines de questions et de doutes tournoyèrent dans l'esprit d'Oscar. Il ne savait pas pourquoi il avait accepté, mais si c'était bien le souhait de sa mère, il pouvait ainsi mettre un terme à cette étrange aventure.

— J'ai fait tout ce que vous aviez demandé jusqu'à présent. J'espère que vous ne comptez pas me renvoyer en silence, car je ne partirai pas.

Avant même qu'Alhuïa n'intervienne, un crissement les fit sursauter tous les deux. Ils contemplèrent alors la statue qui s'animait par saccades. Au fur et à mesure que le personnage s'activait, il se fissurait. Finalement, son regard se posa sur le jeune homme et un gémissement lent et rauque emplit l'air. Le chevalier gris arracha le couvercle du coffret et le tendit à Oscar avant de tomber en poussière. Le silence retomba subitement laissant le jeune homme en possession d'une clef ornementée digne des plus grands orfèvres de Mirh.

— Mon enfant, sanglota Alhuïa, il y a bien des choses que tu dois savoir.

De retour au Temple, ils allèrent trouver la matriarche. Celle-ci contempla le visage larmoyant de son amie et prit sa main dans les siennes. Telle qu'elle était à cet instant, Alhuïa apparut très vulnérable aux yeux d'Oscar.

— Mère, bredouilla la grande elfe en tunique noire, je dois m'absenter. J'espérais que vous comprendriez après mes explications, mais j'ai le sentiment que vous en savez déjà plus que vous ne l'avez montré ces dernières années.

— En effet, j'ai compris certaines choses. Ne t'en fais pas. Quoi que tu fasses désormais, même si tu quittes ton rôle au sein de ce lieu, saches que toi et les tiens êtes les bienvenus. Il est temps que le temple joue son rôle dans le grand plan de notre avenir et le moins que je puisse faire et de vous offrir soutien et hospitalité.

— Je vous suis reconnaissante, Mère.

— Oh, ma chère, il aurait fallu que je sois plus vieille que toi pour m'appeler ainsi.

Alhuïa échappa un rire troublé par un sanglot. Oscar resta muet et immobile. Totalement dépassé par tout ce qui se passait autour de lui, la petite clef au creux de sa main.

— Nous devons nous préparer pour prendre la route au plus vite.

— Où allons-nous ? demanda Oscar qui revint soudain à lui.

— Nous devons rejoindre Castelbrume sans plus attendre. Ne t'inquiète pas, nous avons plusieurs longues journées de route devant nous, je t'expliquerai ce que tu dois savoir.

Une heure plus tard, ils quittèrent le temple d'Yre montés sur de robustes chevaux gris et prirent la route du nord menant au cœur du royaume humain de Laaria.


Texte publié par Galaad1800, 12 octobre 2021 à 11h56
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