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saison 2, Chapitre 2 « Chapitre 1 » saison 2, Chapitre 2

Cette fois-ci, c'est le vrai retour d'Eikichi, Tokias et Sekka !

Et comme vous pourrez le voir, ce sera dans la joie et la bonne humeur !

Petite question : est-ce qu'il y aurait besoin d'un résumé de la partie précédente ?

Bonne lecture !

*****

Le soleil était désormais haut dans le ciel. Cela faisait plusieurs heures qu’ils étaient sortis du gouffre et qu’ils se trouvaient coincés à la frontière du Clan Ryûka. Autant de temps durant lequel Tokias cherchait un moyen de retourner de l’autre côté.

Son estomac se crispait de temps à autre à cause de la faim, néanmoins Tokias était bien trop concentré sur la vue en contrebas pour y prêter la moindre attention.

À genoux au bord du précipice, penché au-delà du raisonnable, il observait les parois sous lui. Certes, la forêt maudite était un lieu dangereux, mais il préférait y retourner plutôt que de s’aventurer dans le territoire du Clan Ryûka.

Malgré le désespoir qui affûtait son regard, aucun chemin ne se dessinait. Même s’ils parvenaient à redescendre, ils n’auraient aucun moyen de passer en face. Les zones à flots étaient rares et le courant bien trop fort pour envisager une traversée.

Avant de retrouver Sekka et Eikichi, il s’assit en tailleur et se frotta le visage. La soif lui asséchait la bouche. Il l’humidifia avec sa salive sans que cela le soulage.

Un juron, très vite suivi par plusieurs autres, franchit ses lèvres.

Leurs armes avaient été emportées par la rivière, leur tenue n’était plus que l’ombre d’elle-même. S’ils étaient tous capables de marcher, plusieurs blessures bénignes étaient à déplorer. Envisager une randonnée de plusieurs jours dans ces conditions était déjà ambitieux, alors en territoire ennemi...

Il aurait été facile de tout mettre sur le dos d’Eikichi, mais Tokias avait conscience d’avoir sa part de responsabilité : il aurait dû se réveiller et arrêter son ami. Il leva les yeux vers le ciel où le soleil réchauffait une atmosphère qui se chargeait peu à peu d’humidité. Il ne faudrait pas longtemps à la saison des pluies pour éclater. À l’ouest, la barrière de montagne les séparait encore du territoire Ryûka. La crête à son sommet lui paraissait inaccessible tant elle était haute.

Tokias finit par se relever. Avec un regain d’optimisme, son regard fouilla de nouveau la forêt maudite : peut-être que son père était sur leurs traces. Il se sentait honteux d’espérer que son papa vienne à son secours, sans parvenir à imaginer un meilleur scénario.

Après de longues secondes, il soupira, puis reprit le chemin en direction de ses deux compagnons de galères. Eikichi était toujours étendu sur le dos, les yeux braqués vers les pics rocheux. Les traits de son visage étaient crispés par son mal-être. Ses doigts étaient agrippés aux rares touffes d’herbe. Sa poitrine se soulevait par à-coups comme si cela ne lui était plus naturel.

Intégrer le baku aurait dû l’apaiser, pourtant Eikichi en sortait affaibli. Tokias s’inquiétait que son ami se perde dans son essence yôkai et qu’il devienne un akuma : un kageka plus animal qu’humain. Il observa ses yeux, ses mains en quête d’anomalies, mais rien ne l’alerta.

Sekka les rejoignit quelques secondes plus tard, les doigts pleins de terre et quelques végétaux nichés dans sa ceinture.

— Alors ? demanda-t-elle.

Cela sortit Eikichi de sa transe. Il se releva sur les coudes, plein d’espoir. Tokias secoua la tête.

— Je n’ai trouvé aucun moyen de retourner vers la forêt maudite. Nous sommes obligés de passer par là.

Il pointa un lit de rivière asséché où de nombreuses pierres instables n’inspiraient aucune confiance. Malgré ça, c’était un sentier plutôt dégagé et accessible en comparaison aux pans de roches, parfois convexes, d’où sortaient plusieurs pointes acérées.

Le teint d’Eikichi pâlit au fur et à mesure où ses yeux remontaient le chemin qu’ils allaient emprunter.

— On mange un peu avant de se mettre en route ? proposa Sekka.

Tokias observa sa cueillette avec méfiance.

— Tu as trouvé quoi ? On ne peut pas se permettre de tomber malade en plus du reste.

Sekka lui adressa un regard blasé.

— Ah bon ? Je l’ignorai ! Je te signale qu’on a eu quelques périodes de disette pendant que tu profitais du confort d’Heikô. J’ai participé à la recherche de nourriture, comme tout le monde !

De nouveau, elle parvenait à appuyer exactement là où cela faisait mal. Il allait répondre, mais Eikichi détourna ses pensées avant.

— Ça se mange cru ? On n’a pas d’eau pour les cuire.

Sekka donna deux racines épaisses à Tokias.

— Il vaudrait mieux rôtir ça avec l’onibi.

Ravi d’avoir quelque chose d’utile à faire, Tokias trouva la présence très discrète de son yôkai et l’insuffla dans son ombre. Le feu follet géant s’éleva sans difficulté, alimenté par le soleil et la chaleur ambiante. Il jeta les racines un peu plus loin et les enveloppa dans la flamme.

Sekka s’approcha d’Eikichi et posa une main sur son front.

— Tu n’as pas de fièvre ?

— Je n’en ai pas l’impression, la rassura-t-il.

— Je n’ai rien trouvé pour soigner ou nettoyer ta blessure.

Eikichi enleva le bandage déjà très distendu qui protégeait sa main. Tokias délaissa l’onibi pour les rejoindre. Il ne put retenir une grimace quand il vit sa paume. La peau était rouge, boursoufflée, et la plaie, plus profonde que dans son souvenir. Tokias se frotta l’arrière de la tête, ses doigts s’emmêlèrent dans son chignon défait.

Si Eikichi n’était pas fiévreux, les chances que ce soit le cas dans les jours à venir ne laissaient guère de doute. Et ce n’était pas son seul souci concernant son ami.

— Comment se passe l’intégration du baku ? demanda Tokias

— C’est… ça ne ressemble pas trop à ce qu’on a appris à Heikô.

— Comment ça ?

— Son essence est envahissante, mais pas écrasante.

— Tu as du mal à l’empêcher de se matérialiser ?

Il s’agissait d’un des signes qui indiquait qu’un kageka perdait le contrôle de son don et perdait son humanité.

— Pas vraiment. Je ressens juste sa présence. Tu penses que l’insuffler dans mon ombre me soulagerait ?

Sans hésitation, Tokias secoua la tête :

— Non, il faut que tu évites de puiser dedans tant que tu n’as pas personne d’expérimenté pour te guider.

Tokias rompit le lien avec son onibi et celui-ci se désagrégea. Sekka récupéra les racines avec mille précautions, jonglant avec pour ne pas se brûler.

— À table, dit-elle avec un ton enjoué complètement hors propos.

Soudain, Sekka se figea, le regard perdu en direction de la berge opposée. Tokias l’observa à son tour dans l’espoir d’y voir son père.

À la lisière de la forêt, la kitsune les fixait. Son pelage roux se détachait de la végétation sombre et lui donnait des airs surnaturels. Ses trois queues battaient le sol. Un glapissement que Tokias ne parvenait pas à interpréter rebondit sur les parois des montagnes.

— Qu’est-ce qu’elle nous veut ? s’agaça Tokias.

— Peut-être que le baku lui a fait quelque chose, avança sans conviction Eikichi.

— Elle ne va quand même pas sauter ? s’inquiéta Sekka.

— Nous ne sommes pas sur son territoire, tenta de les rassurer Tokias. Elle n’a aucune raison de le faire.

Malgré ça, le doute demeurait. Un nouveau glapissement lui donna envie de partir sans même prendre la peine d’avaler quoi que ce soit.

— On devrait peut-être s’éloigner, proposa Eikichi. On mangera quand on sera hors de vue d’elle.

Tokias acquiesça sans attendre.

*****

La semaine prochaine, le chapitre sera donc du point de vue d'Eikichi. Ils profiteront du grand air !

À vendredi prochain !

Glossaire :

(n'hésitez pas à me signaler les termes qui vous ont posé problème !)

Akuma : un akuma (dans mon univers !) est un kageka qui se laisse dévorer par son yôkai. Il perd son humanité et se transforme parfois physiquement. Guidé par l'instinct animal , il ne fait alors plus la différence entre le bien et le mal.

Atsuko : concubine de Chiaki

Chiaki : Daimyo de Tamura

Daimyo : Chef territorial, il a un pouvoir de justice, de politique et de représentation.

Haneki-dono : Grand Maître du Sanctuaire Nord d'Heikô

Hanko : (terme non inventé) ce sont des tampeau, des sceaux qui permettent d'identifier la personne qui a écrit un document. Cela remplace notre signature. Ils sont encore utilisés de façon courante aujourd'hui et nombreuses sont les familles qui en possèdent deux : un pour les documents très officiels (achats de maison, mariage) et un deuxième pour le quotidien ( signer un reçu pour le facteur...)

Hiragana : (terme non inventé) c'est un syllabaire japonais

Jubokko : (terme non inventé, mais légende réinterprétée) yôkai, arbre vampire, il a l'apparence végétale, mais se nourrit du sang de ses proies.

Kage : c'est le don que possède Eikichi et Tokias. Il leur permet d'insuffler un esprit yôkai dans leur ombre pour en faire usage comme d'une marionnette. Le terme est tiré du mot ombre en japonais.

Kageka : c'est un utilisateur du kage

Kasha : Yôkai qui a l'apparence d'un chat géant et dont plusieurs parties de son corps sont enflammées

kitsune : (terme non inventé, mais légende réinterprétée) yôkai, renard à la forme et la taille mouvante

kôjô : c'est le nom du ryû possédé par Yumi

Konazawa : ville où se trouve le Sanctuaire où ont été formé Eikichi et Tokias

Kotone : concubine de Chiaki

Nikô : ville portuaire à l'ouest de l'île où sont envoyés Riani et Ôdan

Ôdan : camarade de promotion de Tokias et Eikichi

Onibi : (terme non inventé, mais légende réinterprétée) yôkai ressemblant à un feu follet géant et kage de Tokias

Onigiri : boule de riz fourrée !

ryû : dragon (asiatique bien sûr !). Les individus sont très différents les uns des autres et ils possèdent des capacités différentes. Ils sont considérés comme éteints en Saneyama

ryûka : individus capables d'insuffler l'essence d'un dragon dans son ombre. Ce sont des kageka très rares et ils appartiennent tous au Clan Ryûka dont ils sont les membres les plus puissants.

Saneyama : île sur laquelle se déroule l'histoire.

Sekka : petite soeur de Tokias

Tamura : ville où se déroule la mission d'Eikichi et Tokias

Tomoe : (prénom japonais) nouvel aspirant kageka

Yukata : (terme non inventé) kimono en coton très léger qui, à l'origine, ne se portait que dans les bains publiques


Texte publié par Sizel, 27 janvier 2023 à 10h02
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