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Tome 1, Chapitre 2 « L'inconnu » Tome 1, Chapitre 2

Objet/chose « valise »

Émotion/état « nostalgie »

Couleur « orange »

La matinée était glaciale. A peine le temps d’enfiler ma cape que je partais pour ma virée quotidienne au village. Tandis que mes bottes frappaient le sol, froid et dur, ma chimère, Odaya gambadait loin devant moi.

Chaque jour la même rengaine se répétait. Je quittais silencieusement l’orphelinat pour aller m’installer dans une ruelle passante du bourg d’Heudin afin de récolter de quoi vivre. Ou survivre.

Le menton enfoncé dans le col de mon manteau d’hiver, la buée s’échappait de ma bouche à chacune de mes respirations.

Le soleil se levait à l’horizon. Malgré le froid, la journée s’annonçait ensoleillée. Le ciel se parait de ses plus belles couleurs : A l’horizon, une base orange se dégradait peu à peu pour tendre vers le jaune, avec des teintes de rose.

Malgré la morosité de ma vie, je ne me lassais jamais d’un tel spectacle. La vie était belle, si le Grand pouvait nous offrir de tels paysages.

Cette journée s’annonçait comme toutes les autres. Odaya garda son avance lorsque nous arrivâmes dans la ville, qui s’éveillait à peine. Elle s’installa à notre emplacement habituel. Je sorti de mon sac une grande couverture, l’installa au sol et prit place.

Après quelques caresses à ma compagne de toujours, je saisi délicatement ma lyre.

J’ai appris à jouer de cet instrument dès mon plus jeune âge. A l’époque, ma mère était une virtuose reconnue dans tout le pays. Je la suivais à chacun de ses déplacements. Elle était une femme mondaine, appréciée pour ses qualités artistiques, mais aussi et surtout pour ses qualités humaines. La nostalgie me saisit systématiquement lorsque je repense à ce temps qui me semble bien lointain… lorsque je ne doute pas du fait qu’il ait existé un jour…

Les minutes passèrent et les voyageurs commencèrent à devenir plus nombreux, se dirigeant vers leurs occupations quotidiennes. Alors que j’allais commencer un nouveau morceau, un homme s’arrêta à mon niveau. Bien entendu, je suis habituée à attirer l’attention des passants avec la musique de son instrument, mais ce spectateur était différent. Il était habillé de façon chic, encapuchonné dans son épais manteau noir. Je pouvais discerner ses yeux, avec une entaille sur sa pommette gauche. Mes yeux se posèrent sur ses mains gantées, tenant une valise à code.

Il la posa au sol, et attendit en silence la fin de mon morceau.

Lorsque la mélodie prit fin, je me mis à souffler sur mes doigts endoloris par le froid et le grattement sur les cordes.

J’eus à peine le temps de lever les yeux que l’homme à la valise se tenait maintenant à quelques centimètres de moi. Il s’agenouilla pour se mettre à ma hauteur. Odaya se mit à grogner. Il me tendit une paire de gants en laine. Je les saisi sans trop comprendre ce qu’il se passait. L’instant d’après, l’homme planta son regard dans le mien, toujours agenouillé, et me murmura « Ma chère Victoire, ta mère est fière de toi ».

Bouche bée que cet inconnu connaisse mon prénom, j’allais pour lui demander comment il me connaissait ; mais il se releva, fit volteface, empoigna sa valise et quitta les lieux d’un pas rapide et assuré.

Ma mère est fière de moi… Pourquoi avait-il parlé au présent ?


Texte publié par Lerafie, 6 mai 2021 à 12h58
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