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Tome 3, Chapitre 6 Tome 3, Chapitre 6

La vision lointaine du village suffit à Ivy pour y sentir un changement. Aucun signe de vie n’émanait de l’endroit, comme des silhouettes en mouvement ou du bruit. Même les cultures semblaient sur le déclin.

Un doute lui vint. Etait-il encore temps ? Bien sûr ! Elle avait déjà sauvé des gens prétendus morts. Alors cette tâche n’était rien comparer à ce genre de prouesse.

Elle pénétra dans le village ouvertement. Pourquoi se cacher lorsqu’on rentre chez soi ? De toute façon une attaque furtive aurait été contre-productive. Même si elle tuait cet esprit malfaisant, son influence néfaste perdurerait. Elle devait le battre au grand jour devant tout le monde pour détruire cette maladie jusqu’aux racines.

Il ne se trouvait à l’intérieur que les femmes et les enfants. Les regards sur son passage étaient respectueux, impressionnés, ou craintif mais rarement surpris. Ivy avait déjà accomplit tant d’exploits. Revenir du royaume des morts n’en ferait qu’un de plus.

Son effet fonctionnait. Personne ne lui barrait la route. Elle se dirigea symboliquement vers la place lui revenant de droit : son tipi au centre du village.

Il s’y trouvait ses plantes, ses breuvages, la source de son pouvoir. Une fois entre ses mains elle éradiquerait l’épidémie s’attaquant aux siens.

Deux surprises l’attendaient à l’intérieur. Un homme était étalé à l’entrée. Le visage plein de sang sans aucune marque de coupure, c’était clair. On avait usé du red hood sur lui. Son regard vide indiquait que le malheureux n’avait pas supporté la douleur, et était tombé dans un état catatonique. Et le pire est que rien chez l’indien n’indiquait un mauvais état de santé. On lui avait donc fait subir ce traitement si risqué inutilement du moins selon les critère d’Ivy.

Le pire était à venir. Quelqu’un avait déjà prit possession des lieux et y disposer ses propres affaires. C’était comme lui arracher un organe !

En se retournant Harley la troubla, tant elle avait changé.

Sa robe écarlate avait été découpée juste au-dessus du genou. Sa coiffure était faite de deux longues couettes. Son visage était couvert d’une sorte de poudre blanche avec du noir au niveau des yeux.

On aurait dit une sorte de poupée de porcelaine grandeur nature. D’abord surprise elle fut ensuite réjouit par la présence d’Ivy.

« Ivy ! J’ai justement besoin de toi. Je ne parviens pas à recréer le red hood. »

Elle lui demandait son aide comme à une amie ! Ivy ne se laissa pas troubler. Sa haine l’y aidait. Car si le coyote d’une certaine manière lui était indifférent, il en allait autrement avec Harley.

« Tu viens de le faire. » Dit froidement Ivy en désignant le pauvre indien agonisant.

« Oui, mais ça ne fonctionne pas comme avec Joker. »

Ainsi le coyote se nommait en réalité Joker. En chemin Ivy avait déjà prévu une approche spécifique. Toutefois la comédie de Harley lui inspira une autre voie.

« Tu ne me trompes pas. J’ai compris pourquoi le coy... Joker n’a pas réagit normalement au red hood. Tu as essayé de le soigner avant. Sa transformation est la conjugaison de nos deux médecines. »

« Suis-je bête ? » S’exclama Harley en se frappant le front.

Qu’elle perdure dans son cinéma, si ça lui chante. Ivy n’avait pas encore fini de toute façon.

« Tu es comme moi, une guérisseuse. Tu l’as forcément compris. Pourtant cet homme a subit uniquement les effets du red hood sans modification. »

Suite à ces derniers mots Harley abandonna son numéro d’imbécile heureuse, et se fit tremblante. La nouvelle stratégie improvisée d’Ivy fonctionnait. Par conséquent elle continua.

« Pourquoi as-tu fait un test, que tu savais d’avance inefficace ? »

Harley préféra ne pas répondre.

« En fait tu fais semblant de chercher. Mais pour qui ? Ce Joker évidemment. Et dire qu’au début, c’est lui que je considérais comme mon ennemi. Il n’est que ta créature, ton pantin. Du moins tant qu'il ignore ton mensonge. »

« Tu ne peux pas me faire çà. » Cria Harley. « J’ai besoin de lui. Il est parfait. Il est mon chef-d’œuvre. »

« Il n’est qu’un résidu de ta magie perverse. »

Ça fonctionnait. Les mots suffiraient à démolir le véritable esprit malfaisant venu ravager son village.

Sauf que celle qu’elle considérait comme une confrère c’est-à-dire une sorcière, disposait encore d’un tour en réserve. Il s’agissait même de son plus ancien. Durant son enfance le fait d’être une fille et jolie lui valaient doublement d’être classée parmi la caste des idiots. Avec le temps elle avait apprit à retourner ce préjugé à son avantage. Comme dans le cas présent où tout en jouant la menteuse maladroite, elle s’était emparée subrepticement d’un scalpel.

A présent qu’Ivy se croyait en position dominante, l’occasion d’agir était venue. D’un coté une coupe vive et imprévisible. De l’autre un corps savamment entretenue par la science des plantes.

Un bond en arrière permit à Ivy de survivre et également de sortir du tipi. Puis en se redressant elle réalisa, qu’elle saignait. Pourtant la lame l’avait à peine effleurée. D’où sortait cette arme ?

Harley émergea à son tour de l’ouverture de la tente. Enfin elle présentait sa véritable nature en affichant un sourire d’enfant sadique, de celui qui arrache les ailes des mouches.

Les squaws qui avaient suivi à distance Ivy, se rassemblèrent autour des deux femme-médecines. Aucune d’entre elle n’interviendrait. Cet affrontement les dépassait.

Ivy eut l’impression de rejouer son combat avec le Joker. A la différence que cette fois elle menait le jeu. Elle avait provoqué cet affrontement, et même prévu une tactique. D’ailleurs le moment était venu de l’utiliser.

D’un mouvement circulaire du bras elle jeta une sorte de poudre vers sa consœur. C’était trop ample pour être esquiver. Harley se contenta de se couvrir le visage tout en sachant que cela ne suffirait probablement pas. Elle se doutait aussi qu’un effet néfaste ne serait pas long à venir. Par conséquent elle attaqua. Même si elle conservait sa rapidité, ils manquaient l’effet de surprise et surtout la technique.

Ivy vit son geste trop large venir de la droite. Elle pivota et esquiva. Sentant venir le vent de la défaite, la doctoresse se rua de toutes ses forces en avant. Ivy se décala une fois de plus. Son absence brusque provoqua un déséquilibre. Soudain Harley se rattrapa d’une main sur le sol, comme si elle avait prévu sa chute.

La feinte fonctionna. Ivy ne put éviter le véritable assaut. La lame trancha dans son flanc gauche.

Même si elle n’était pas mortelle, la blessure demeurait grave. La victoire changeait de camp.

Harley s’approcha afin d’achever l’indienne, lorsque quelque chose la retint par les chevilles.

Des racines émergeant du sol grimpaient sur ses jambes. Elles continuèrent de progresser sur l’ensemble de son corps tout en l’enserrant.

Perdue brusquement au milieu de ce cauchemar Harley parvint tout de même à réagir. Elle porta son regard sur Ivy. Car sa rivale détenait forcément l’explication à ce phénomène.

Un autre mystère l’attendait. Ivy était transformée. Sa chevelure flottait. Sa peau était verte. Ses vêtements étaient devenus des feuillages. Le plus effrayant n’était même pas ces changements inexplicables, mais l’expression de haine pure sur le visage.

Après quelques instants de silence Ivy se décida à parler. Sa voix raisonnait de partout comme si une foule entière s’exprimait en coeur.

« Notre rôle à toutes les deux est de préserver la vie. Tu as osé le renier. Tu vas expier. »

Suite à ces paroles les racines finirent de recouvrir intégralement Harley. Ensuite la doctoresse sentit une forte douleur au niveau de son cou. On l’étranglait. Face à cette situation sans le moindre semblant de logique, n’importe qui aurait sombré. Mais pas elle. Elle ne pouvait pas mourir. Sa création comptait sur elle. Jamais elle ne l’abandonnerait.

Harley expulsa toute sa rage dans un cri bestial. C’est alors que tout disparu. Plus de plantes, plus d’étranglement, plus de voix, rien que les ténèbres. Puis elle se sentit bercée. Une sorte de coup de tonnerre se fit entendre. Puis quelqu’un l’appela, quelqu’un d’incroyablement doux.


Texte publié par Jules Famas, 15 mai 2021 à 06h38
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