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Tome 2, Chapitre 6 Tome 2, Chapitre 6

Le grand moment était proche, et toucherait l’ensemble de Gotham.

Alfred dans sa cellule du bureau du shérif se morfondait. Agression avec une arme à feu, ça pouvait aller loin. De part sa loyauté indéfectible il eut aussi une pensée au sujet de Bruce Wayne.

Il était censé le contacter si quelque chose d’important se produisait dans le comté. Personne d’autre ne savait que Bruce était en planque aux alentours de la route des diligences.

Au moins il restait Lucius pour faire fonctionner la mine. Et puis maitre Bruce finirait par revenir une fois sa... neutralisation effectuée.

Bane lui se portait mieux. Une visite chez la médecin n’étant pas envisageable, il s’était soignée lui-même. Il disposait de connaissances de base en anatomie, et la blessure n’était pas très grave.

Il ne lui restait plus qu’à attendre l’instant propice, et mettre enfin son plan à exécution. Bane était le seul à savoir parfaitement où il allait, le chanceux.

Au contraire le shérif Gordon lui se trouvait dans l’ignorance totale. Du fait de ses multiples tâches à gérer, la possibilité d’une venue de Double Face lui avait échappé. Il était juste gêné d’avoir dû enfermer Alfred. C’était un brave homme. En plus Gordon détestait les chasseurs de prime, ces brutes souillant le domaine sacré de la justice. Hélas Bane était dans son bon droit.

Disposant des renseignements et du matériel nécessaire Sélina était fin prête. Elle attendait juste la bonne occasion.

Alors le chaos arriva. Il prit la forme d’une explosion au nord de la ville entre deux maisons. Sa puissance ravagea les deux bâtiments. Le bruit s’étendit sur tout Gotham. Suivirent les cris, et les mouvements de panique.

En quelques instants la paisible bourgade était transformée. Ce lieu avait connu par le passé son lot de violences. Mais elles se limitaient à des pillages au révolver et à la carabine. Là il s’agissait d’une destruction à l’arme de guerre dénuée de sens.

Y en aurait-il une autre ? Fallait-il se cloitrer chez soi ou fuir ?

Cette seule et unique action avait suffit à faire plier le genou à l’ordre.

*************************

Même mit à terre l’ordre ne renonçait pas.

Devant le local du shérif Gordon restait stoïque. Toutefois ce n’était qu’une façade. L’homme de loi était tout aussi perdu que ses concitoyens. A la différence que lui avait un rôle crucial à tenir dont des vies dépendaient. Il se devait d’agir.

Faute de mieux il se reporta sur une procédure peut-être pas adaptée. Alors que la docteur Quinzel s’occupait des quelques blessés installés dans la salle communale, l’homme de loi lui rassemblait.

Il y avait là la totalité ses hommes auxquels s’ajoutaient quelques volontaires.

Tous attendaient que le shérif distribue les armes et organise les patrouilles. Ils voulaient retrouver le responsable de cet assaut. Gotham résistait. Ce spectacle redonnait un peu d’assurance à Gordon.

Parmi ses subordonnés se distinguaient une longue chevelure brune. C’était celle de Renée Montoya sa seule recrue féminine. Même si ses vêtements masculins et sa persistance dans le célibat choquaient encore, elle avait su se faire une place chez les shérif-adjoints.

Elle avait toujours cette manie de plisser les yeux comme si elle guettait en permanence une proie. Brusquement ses paupières s’ouvrirent complètement. Comment l’avait-elle pressentit ? A vrai dire elle-même l’ignorait. Tout en criant « attention » Montoya sortit du rang, et plaqua son supérieur à terre.

Au même moment un véritable déluge de balles frappa une première rangée.

Double Face grâce à son ancienne personnalité connaissait les hommes de loi et leur façon de procéder tout particulièrement Gordon. Harvey et lui avaient combattu la bande de Falcone ensemble.

Poser un explosif aux abords de Gotham sans faire repérer était faisable. Par contre trainer une gatling en pleine ville et l’installer dans la maison en face du bureau du shérif, c’était une autre affaire. Le chaos ambiant servit de diversion, et provoqua le rassemblement du shérif et de son équipe.

Quant à la gatling il s’agissait de la première mitrailleuse de l’histoire vraiment efficace. Il suffisait de tourner la manivelle de ce lourd engin, et les hommes tombaient. Grâce à lui Double Face éliminerait tous ces laquais de l’ordre, qu’il avait réunit à leur insu.

Même ceux ayant échappé à la première salve étaient à terre complètement désemparé dans cet endroit à découvert.

Gordon dégaina son révolver. Que pouvait-il faire d’autre ? Son adversaire se trouvait bien à l’abri à l’intérieur du bâtiment. Il était aussi impuissant qu’Alfred suant la peur dans un coin de sa cellule.

Une seule personne était encore debout : Bullock. Malgré les trous sanglants dans sa vaste bedaine, il refusait encore l’évidence de sa mort. La seconde salve le lui rappellerait.

Pourtant elle ne vint pas. A quoi devait-on ce miracle inespéré ? Aux vautours.

Ce rassemblement d’oiseaux au loin intrigua Batman pendant sa planque. Si Bruce était un homme de science agissant de manière purement rationnelle, son alter-ego préféra se fier à son instinct. Il se rapprocha, et vit le chariot avec les deux cadavres. La pièce de monnaie n’avait pas été favorable à ce malheureux couple.

A présent Batman était plus familier avec la mort et le sang. Il passa outre le spectacle macabre, inspecta rigoureusement l’endroit, et découvrit quelques balles oubliées à l’intérieur du véhicule. Il comprit alors comment Double Face l’avait trompé.

Batman dû improviser. Il se rendit par le biais des galeries jusqu’à Gotham. Malheureusement son arrivée se fit juste après l’explosion. Désemparé et désireux de se rattraper son erreur, il se reporta sur l’expérience de Gordon. Lui avait l’air de savoir quoi faire. Il le suivit toujours à partir des sous-sols en usant de son extension auditive. Ainsi Batman se tenait prêt à intervenir si nécessaire.

Ce qui l’amenait à présent juste derrière Double Face. Batman avait vu les deux morts, et à présent son adversaire abattait ses concitoyens sous ses yeux. Les termes « victime » et « aider. » n’étaient plus à l’ordre du jour face à tant de violence.

Alors pourquoi Batman ne neutralisa-t-il pas Double Face immédiatement ? Humanisme forcené ? L’envie de vaincre Crane sur toute la ligne ?

« Harvey ! » Cria-t-il.

Double Face se retourna tout en dégainant son révolver, puis se figea. Batman brandissait une reproduction du masque de Jonathan Crane. Il se doutait que son ancien ennemi l’avait porté, tandis qu’il traumatisait le marshall.

Constatant l’effet de l’objet, Batman surenchérit.

« Tu n’as plus à lui obéir. Il n’est plus là. »

Double Face baissa son arme. Le doute l’envahissait.

Face à ce répit inattendu Gordon lui n’hésita pas

« Tirez ! » Ordonna-t-il en montrant l’exemple.

Les balles partirent. Batman se coucha. A peine releva-t-il la tête que Double Face avait disparu. C’était un échec une fois encore. Le meurtrier était en fuite.

Quant à Bullock toute sa hargne lui permit d’émettre un dernier mot :

« Salaud ! »

Cette épitaphe lui allait à merveille. Même aux portes de la mort il ne cédait rien y compris à la politesse.


Texte publié par Jules Famas, 22 avril 2021 à 18h00
© tous droits réservés.
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