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Tome 1, Chapitre 9 Tome 1, Chapitre 9
Ils étaient seul à seul : le shérif incorruptible, et le hors-la-loi impitoyable. A première vue les balles et les jurons auraient dû fuser. Malgré tout l’entretien se déroulait dans le calme.
    
    Si ces deux vétérans n’éprouvaient ni affection, ni estime l’un en vers l’autre. En revanche ils se comprenaient. Par conséquent Falcone savait que Gordon n’aurait pas mis en place cet entretien privé sans prendre certaines précautions. Les plus évidentes étaient les chaines lui entravant les chevilles et les poignets. Ils devaient certainement en exister d’autres.
    
    Dans un premier temps le hors-la-loi observa le bureau. A vrai dire la décoration était plutôt spartiate : un bureau, deux chaises, une pile de papier. Tout l’intérêt reposait sur le fait d’être en territoire ennemi.
    
    Finalement Falcone se lassa assez vite. Pillages, catins, et tord-boyaux constituaient généralement les limites de son horizon. Son expérience lui permit tout de même de comprendre la situation.
    
    « Tu veux quoi ? » Dit-il au shérif.
    
    Il lui parlait pour la première fois, et se montrait pourtant si familier. Bien qu’il la connaisse, Gordon ne comprenait pas vraiment cette arrogance chez les vieux truands. Parce qu’ils avaient survécus généralement par chance un peu plus longtemps que leurs confrères, ils se croyaient au-dessus de tout le monde.
    
    On pouvait bien leur consacrer des livres entiers où ils étaient décrits comme de véritables robins des bois. Le shérif lui connaissait la vérité. Même si certains étaient rusés, et d’autres bons tireurs, au fond ils ne demeuraient tous des nuisibles dangereux certes mais éphémères et surtout oubliables.
    
    Le nuisible faisant face présentement au shérif lui donnait envie de rappeler les conditions de sa victoire. Il n’y avait pas eu de charge héroïque ou de duel solennel. Le rythme des tirs de la bande de Falcone avait diminué pour finalement cesser avec l’arrivée des renforts de la mine.
    
    Et qu’est-ce qui attendait Gordon et ses hommes à l’intérieur de la grotte ? Une bande d’idiots qui s’étaient battus entre eux probablement à cause du butin ou de la panique. Quelques uns avaient fournis en guise d’explication un fantôme dans les tunnels rajoutant ainsi au ridicule de la situation.
    
    Gordon se garda de mentionner ces derniers événements. L’âge lui avait apporté la patience nécessaire à certaines manœuvres comme celle consistant à laisser l’offensive à l’ennemi pour étudier ses failles.
    
    Alors Falcone poursuivit :
    
    « T’as déjà tout. Moi, le butin, et mes complices. »
    
    « Pas tous tes complices. »
    
    Avec cette réplique balancée froidement Gordon orientait la conversation vers le sujet, qui l’intéressait. L’expression intrigué de Falcone disparut rapidement. Il avait comprit. Ce truand était plus malin, qu’il ne le pensait. Le shérif devait bien lui accorder çà.
    
     « Je ne vois pas de qui tu parles. » Répliqua Falcone tout en affichant un air renfrogné.
    
    Gordon comprit le sous-entendu. Il ne voulait pas dénoncer l’informateur. Probablement pas par loyauté, plutôt pour marquer un point. C’était du pareil au même de toute façon.
    
    « Il va s’en tirer sans même s’être sali les mains. Ça te plait ? »
    
    « Je ne vois pas de qui tu parles. » Répéta Falcone toujours aussi tendu.
    
    Le shérif poussa alors un soupir. Bien que la voie de la raison ne marche visiblement pas, il décida de lui accorder encore une chance.
    
    « Tu veux que mon adjoint Bullock s’occupe de toi ? Crois-moi avec lui tu finiras par parler. Ce sera juste plus douloureux. »
    
    Falcone abandonna alors sa crispation contre un sourire triomphal.
    
    « Je ne peux rien dire. Les seules fois où je l’ai vu, il portait un masque de toile. »
    
    Suivi un petit ricanement provocateur auquel le shérif put opposer uniquement son mutisme. Pourtant sans le savoir il bénéficiait d’un souffleur. Un souffleur disposant d’une parfaite réplique mais hélas contraint au silence lui aussi.
    
    Bruce se situait juste en-dessous dans une galerie. Il avait suivi la conversation avec une autre invention de son père : une sorte de cône servant d’extension auditive. Sa fonction première était de repérer l’emplacement des mineurs ensevelis suite à des éboulements.
    
    L’espion partageait la déception du shérif. Bruce avait décelé un indice dans la grotte, dont son éduction privilégiée avait su tirer parti. Il espérait que Gordon fasse de même ou trouve une alternative. Il n’en était rien. Par conséquent l’informateur allait s’en tirer.
    
    Bruce pouvait-il faire quoi que se soit ? Allez trouver Gordon ? Il ne disposait d’aucun moyen de justifier sa connaissance de l’indice.
    
    Une fois encore il savait au fond de lui-même qu’elle était la solution. Il lui suffisait juste de l’admettre.

Texte publié par Jules Famas, 25 mars 2021 à 20h57
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