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Tome 1, Chapitre 22 Tome 1, Chapitre 22

Tampa, vendredi 13 février 2032

« Gary… ton père est mort. »

La nouvelle était tombée peu après la fameuse « affaire des codes dupliqués », il y a environ un mois. Et curieusement, elle ne lui faisait ni chaud ni froid. « Okay et alors ? » avait-il failli demander à sa mère par téléphone. Par égard pour elle, il s’était retenu. Son père, il ne l’avait pas revu depuis 20 ans. Qu’est-ce que ça pouvait bien lui faire, de savoir qu’il n’existait plus ? Il n’avait jamais téléphoné, jamais dit où il allait, où il vivait, jamais envoyé de mail ou de courrier, rien. Non pas que Gary ait vraiment cherché à le retrouver… Il n’était qu’un gamin quand il s’était retrouvé seul avec sa mère. Déjà à l’époque, son chagrin avait très vite laissé place au soulagement. Souvent ivre, violent dans ses gestes comme dans ses mots, son géniteur ne leur avait toujours apporté que des emmerdes. En plus de dilapider toutes leurs économies au casino.

Le comble, c’est qu’il continuait à les faire chier jusque dans la mort. Lorsque Gary avait rendu visite à sa mère deux semaines plus tôt, elle lui avait montré l’avis de décès… ainsi que la reconnaissance de dettes qui l’accompagnait. Leur seul héritage. La somme inscrite sur le document lui avait brûlé les yeux. Comment s'y prendraient-ils pour rembourser tout ça ? Il y réfléchissait encore. Quant au fameux voyage qu'il s’apprêtait à offrir à sa mère, il avait terminé aux oubliettes : à ce rythme-là, ça devrait attendre qu'il gagne au loto…

Derrière le comptoir du Coco Loco, Gary laissa échapper un soupir. Il y avait foule ce soir, mais personne ne faisait vraiment attention à lui. Il évitait, en général, d’exprimer ses états d’âme sur son lieu de travail, mais se dit qu’avec la musique, on ne l’aurait de toute façon pas entendu. On pouvait soupirer en souriant. Question de pratique et d’habitude.

« Drililiiiing ! »

Oh mais qui voilà ? Son japonais préféré venait de passer la porte. Gary rangea ses idées noires au placard ; il les ressortirait plus tard, quand personne n’aurait besoin de lui. « Hello ! » salua son client. Il avait bien meilleure mine que la dernière fois.

« Hey ! Ça fait un bail que j’vous ai pas vu par ici. La dernière fois, on aurait dit qu’vous aviez le diable à vos trousses. J’avais peur qu’il ait fini par vous rattraper ! »

L’asiatique en costume laissa échapper un petit rire poli puis, comme d’habitude, enfila son bidule dans les oreilles. Gary secoua la tête, amusé ; son client n’avait pas dû comprendre un seul mot de ce qu’il venait de lui dire. Mais d’ailleurs… Il connaissait son nom maintenant !

« Momoyama, c'est ça ? Et qu'est-ce qu'on boit, ce soir ? Une bière ?

— Oui, une bière s'il vous plait. Et oui, c’est mon nom. Comment le savez-vous ? »

Attendri, Gary le vit examiner sa veste, puis son sac à la recherche de l’indice qui l’avait trahi.

« Ahaaa ! J'en connais des choses... Alors c'était bien vous, à la conférence de Rhapsody Blue ? J'ai cru vous reconnaître à la TV, mais j'étais pas sûr.

— C’est là que vous avez entendu mon nom… Je comprends ! C'était moi, oui. »

Les pupilles de Gary s'élargirent ; son visage se fendit d'un sourire en tranche de courge. Envolés, les soucis. Une star des médias se tenait devant lui ! Ce serait un crime de ne pas en profiter pour assouvir sa curiosité. Avec une attitude de conspirateur, il s'approcha du japonais pour lui chuchoter :

« Alors vous travaillez dans la fameuse équipe dont tout le monde parle ? La réincarnation, tout ça ? »

La star à lunettes hocha la tête en guise d'assentiment.

« Terrible ! s'exclama Gary en se redressant. J'ai une célébrité dans mon café ! Faudra que je le dise à la patronne, elle va jamais me croire. »

Il surprit quelques regards curieux parmi la clientèle et réalisa qu'il avait mis son client mal à l'aise ; Momoyama rentrait la tête dans ses épaules à la manière d'une tortue effrayée.

« Oups, désolé... Mais, je... c'est juste énorme ! Pardon, je m'occupe de vot'commande. »

Gary se détourna un instant. Calme-toi, la groupie, tu vas le faire fuir, se fustigea-t-il en actionnant la tireuse à bière. Ses mains tremblaient sous l'effet de l'agitation. Il devait refreiner son enthousiasme... Plus facile à dire qu'à faire, on ne parlait que de ça au café depuis quelques semaines. Et avec la conférence de ce mercredi – dont il avait regardé quelques rediffusions en compagnie du petit-vieux-du-matin – le sujet échauffait encore plus les esprits. Dans cette conf’, l’équipe internationale de Rhapsody Blue présentait le papier qu’elle venait de soumettre. Gary n'était pas différent des autres : même s’il croulait sous les ennuis, il se passionnait pour la question. Croire ou pas croire ? Soutenir l’Agence ou lui cracher dessus ? Telle était, aujourd'hui, le dilemme qui torturait tous ses clients et l’agitait lui aussi, par moments.

Après avoir déposé la bière en face de Momoyama, il resta quelques secondes planté là, à l'observer en silence. Il se gratta la nuque, hésitant. Il craignait de l'importuner avec toutes ses questions – après tout, c’était quelqu’un d’important ! Il se sentit stupide, tout à coup. Jusque-là, il avait toujours traité Momoyama comme n’importe lequel de ses clients ; maintenant, il l’intimidait un peu. Le japonais dut remarquer son trouble car il lui sourit. Gary se jeta à l’eau :

« Dites... Je peux vous demander quelque chose ? Sur vos recherches...

— Mais oui, allez-y, répondit Momoyama en riant. Ce n'est plus un secret, maintenant. »

Conscient d’être épié par une partie de la clientèle, Gary se rapprocha de quelques centimètres et murmura :

« Je sais qu'c'est votre boulot, tout ça. Mais est-ce que vous y croyez vraiment ? À la réincarnation... Personnellement, j'veux dire. Oui, enfin… ce serait logique, puisque vous y travaillez. Mais vous savez… Beaucoup de gens traitent l'Agence de menteurs. Et de manipulateurs. »

D’illuminés aussi, mais ça, Gary le garda pour lui. Quelques plis se formèrent sur le front de l’employé de Rhapsody Blue. L'avait-il vexé ? Pourvu qu'il ne prenne pas la mouche… Le serveur tenta de se rattraper :

« Ce n'est pas forcément ce que je pense, hein ! C'est juste… les racontars, ça y va pas mal, par ici. Mais à vous, je sais que je peux faire confiance. »

Au nom de quoi, il ne savait pas… Une espèce d'intuition lui soufflait que Momoyama était incapable de mentir. Il semblait trop pur, trop innocent. Le japonais redressa ses lunettes, releva les yeux vers lui et répondit :

« Oui. Je crois à la réincarnation. Mais ça, c’est depuis toujours… Ma famille est bouddhiste.

— Ah…

— J'avais quand même quelques doutes. J’y croyais sans y croire, comme la plupart des japonais. Maintenant, je n’ai plus aucun doute. C’est clair dans ma tête. Mais vous êtes libre de penser ce que vous voulez. Après tout, nos recherches viennent de commencer et n’ont pas encore été validées par la communauté scientifique... »

Une réponse honnête. Gary n’en attendait pas moins de lui. Il se redressa et tritura sa boucle d’oreille. Est-ce que ça changeait quelque chose pour lui ? Non, pas vraiment. Il n’arrivait toujours pas à se positionner sur la question. Il esquissa une moue déçue. Il aurait aimé obtenir une certitude de la bouche même de Momoyama. Dans le meilleur des mondes, il lui aurait avoué que tout ça, c’était du pipo.

Hélas, la question du croire ou ne pas croire allait continuer à le hanter. Il trouvait l’idée fascinante, mais plus il y réfléchissait, plus il se sentait mal à l’aise. Entre ça et ces histoires de dettes à rembourser, il ressentait comme une agitation permanente. S’il parvenait à camoufler son stress sur son lieu de travail, une sorte d'angoisse irrationnelle le rattrapait à la porte de chez lui. Le pire venait au moment d'aller dormir : il se retrouvait à cogiter jusqu'à pas d'heures, les yeux tournés vers le carré de ciel nocturne qui se détachait sur son plafond. Un coup, c’était la folie médiatique autour de la réincarnation qui prenait le dessus. Un autre, c’était son père et tous les plans qu’il piétinait en crevant.

« S'il vous plait ? »

Un client souhaitait payer son dû. Gary abandonna ses réflexions pour s’occuper de lui. Après quelques manipulations à la caisse, il lui souhaita une bonne soirée, puis se retourna vers Momoyama qui parcourait les news sur son téléphone :

« Y'a quand même un truc qui m’dérange, avec cette histoire. J’me demandais si ça pouvait s’contrôler ?

— Comment ça ?

— J'veux dire… D’après vos recherches, ce serait possible de choisir sa prochaine vie ? »

— C'est trop tôt pour le dire… Pour l'instant, on observe, on constate, mais on ne comprend pas exactement comment ça fonctionne.

— Bon mais sinon, c'est juste un truc d'humains, pas vrai ? Pas d’animaux ?

— Ça non plus, je ne peux pas vous l'assurer. Vous aimeriez ça ? Devenir un animal ?

— Je… Non, je ne crois pas, non. Et vous ?

— Pourquoi pas. La vie serait plus facile… moins fatigante.

— Oui, c’est sûr. Moins savoureuse, aussi. »

Les animaux, ça ne pouvait pas danser ou faire la fête. Ça se laissait écraser sous les roues de voiture ou manger par de plus grosses bêtes. Papi-grognard avait sans doute raison : mieux valait ne pas revenir, mourir pour de bon et basta, on n'en parle plus. Car si sa vie future dépendait de la façon dont il avait mené la sienne jusque-là, il pouvait s'attendre au pire… Et c’est bien là ce qui lui causait toutes ses insomnies : si la réincarnation était réelle et fonctionnait au karma, il n’en sortirait jamais gagnant.

« En fait, je crois que je préfère encore ne pas y croire, avoua Gary. C'est plus simple comme ça.

— Je vous comprends. »

Ne pas y croire du tout et ne plus y penser... plus facile à dire qu'à faire quand tout son entourage ne parlait que de ça. Quasiment impossible. Pourtant il allait bien falloir car il avait d’autres chats – plus polissons – à fouetter.

✲°˖✧*✧˖°✲

Le lendemain, Gary profita de son jour de congé pour se rendre chez le coiffeur. Il avait besoin de se changer les idées. Et puis sa tignasse devenait vraiment épaisse, limite gênante… Il aurait aussi aimé y ajouter une touche de couleur, mais ne pouvait plus se permettre ce genre de coquetteries. Pas avec l'épée de Damoclès que son père venait de suspendre au-dessus de sa tête. L'heure était aux économies, pas aux dépenses superflues.

Heureusement, il connaissait un petit salon bon marché, proche de son studio, et tenu par un cubain comme lui. Enfin, à moitié comme lui, car seule sa mère venait de Cuba – même si en vrai, l'autre moitié ne comptait pas. Aussi bavard que Gary, le patron l’accueillait toujours les bras ouverts et refusait à ses assistantes le droit de le coiffer. Il lui parlait toujours en espagnol. Et chaque fois qu'il s’afférait sur sa crinière, il lui racontait ses histoires de jeunesse qu’il ponctuait de son rire de génie maléfique. Une sorte de radio humaine sans bouton "off".

« Mais qui voilà ! s’exclama le propriétaire aux cheveux poivre et sel. C’est l’ami Morgan ! Eh bien, il était temps que tu te ramènes… C’est une belle choucroute que tu nous ramènes là.

— Ouais… Désolé. Y’a du travail je crois ! Et bonne année, au fait.

— Bonne année, amigo. Tu veux bien patienter un peu ? Je dois finir avec une cliente…

— Bien sûr. »

Le jeune homme se trouva un fauteuil et rangea ses longues jambes sur le côté pour éviter de buter contre la table basse. S'il appréciait le patron, son salon manquait cruellement d’espace. Ou alors, c’est lui qui était trop grand ? Sans doute un peu des deux. Une forte odeur de spray capillaire flottait dans l'air : Gary s'en emplit les poumons comme il l'aurait fait avec un shoot d'héroïne. Sans savoir pourquoi, ce parfum chimique l'enivrait et le détendait à fond. D'un coup, il se sentit mieux et sourit bêtement à lui-même.

Ses genoux s'agitèrent au rythme d'un morceau de reggaeton craché par le mini-post radio déposé en face de lui. À côté reposaient une vingtaine de magazines dont les titres couvraient toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. Les yeux de Gary s'y attardèrent : régimes miracles, derniers potins, conseils relooking… Toujours les mêmes niaiseries sur papier glacé. Le genre qu’on feuillette sans y penser. Pourquoi les gens gâchaient-ils leur argent pour ces torchons ? Apprenaient-ils vraiment quelque chose ? À moins qu’ils ne trouvent ça distrayant ? Sa mère en achetait parfois, mais il n'avait jamais osé y toucher comme s'il craignait d'être contaminé par quelque maladie honteuse.

Et s'il résolvait enfin ce mystère ? Après un coup d’œil autour de lui – pour s’assurer que personne ne le regardait – il saisit l'une des revues et la parcourut rapidement.

Au fil des pages, il découvrit des corps lisses et glamours photoshopés. Des starlettes trop maquillées. Quelques photos d’ailleurs couvrant des pages entières pour peu de texte. Des conseils pour mieux vivre, mieux séduire, mieux cuisiner, mieux sexer, mieux acheter, mieux mieux mieux… Du rouge, du rose, du flashy, du je-t’en-mets-plein-les-yeux. En fait, c’était presque hypnotisant. On en mangeait comme un paquet de chips laissé à portée de main. Le jeune homme comprit enfin.

Des vendeurs de rêve.

Il était bien trop facile de se perdre dans ces futilités ; elles permettaient d'oublier la banalité du quotidien, de s'imaginer qu’un autre chemin était possible. Qu’il suffisait d’un peu de volonté, d’un brin d’efforts, pour réussir à s’élever et devenir un autre.

Mensonges…

Il existe toujours un autre chemin, Gary en était persuadé. Et pour avoir lui-même essayé, il savait qu’on ne changeait pas de voie ni de vie sans sacrifices, à coups de shampoing texturisant ou recettes de curry bio. « Tsss » fit-il en rejetant le magazine sur la pile. Tous ces rédacteurs devaient générer un max de fric sur le dos de gens comme sa mère... ou son coiffeur. Mais pouvait-il vraiment les blâmer ? Il avait aussi, autrefois, abusé de la crédulité d’autrui.

Sur l’une des couvertures, un sous-titre vert fluo attira son regard : « Énergie vitale, le pouvoir des graines ». Gary se figea. Ses yeux se perdirent au loin. Une idée géniale venait de lui traverser l’esprit…

« Morgan ? l’interrompit le coiffeur.

— Oups, désolé ! Je… pensais à autre chose.

— Tu cherches de nouvelles idées de régime ? lui dit l’autre en riant. À moins qu’une jolie brune de papier n’ait ravi ton cœur ?

— Errh…

— Allez, fais pas cette tête… Viens t’asseoir, je vais m’occuper de ton cas. »

Gary le suivit docilement. Sans surprise, le patron aborda lui aussi le dernier sujet brûlant : la réincarnation. L'idée le rendait furieusement enthousiaste et il finit par avouer qu’il avait toujours cru au « voyage des âmes » comme il l'appelait. Il évoqua sa tante medium qui savait parler aux esprits et gagnait sa vie à coup d’exorcismes d’enfants :

« S’il existe des âmes errantes ou des gens possédés, c’est bien la preuve que la mort n’est qu’une étape ! Ma tante avait raison depuis le début… Mais non, il a fallu que la science s’en mêle pour que les gens commencent à accepter l’idée. C’est toujours pareil. »

Gary se garda bien de mettre en doute les talents et la bonne foi de sa parente et se contenta de quelques interjections polies : « Ah vraiment ? Ah oui ? Ah bon ? Ça alors… C’est fou ! » Il n’avait pas vraiment envie d’entendre tout ça, mais n’essaya même pas de détourner la conversation. Avec lui, il savait qu’il avait perdu d’avance.

Quand il sortit du salon, il se sentait étrangement épuisé. Depuis qu’il avait choisi son bord, toutes ces absurdités au sujet de la réincarnation lui tapaient sur les nerfs. Elles le faisaient douter malgré lui et il détestait ça. Il caressa un instant l’idée de se payer un T-shirt précisant « J’y crois pas, foutez-moi la paix ». Il devait quand même quelques remerciements à son coiffeur : grâce à lui et à ses magazines, il tenait peut-être l’idée du siècle pour résoudre ses problèmes de dettes ! Et il comptait s’y atteler tout de suite.

Alors qu'il approchait de son appartement, il bifurqua dans une rue parallèle. Un peu plus loin se trouvait un convenient store[1] dont les portes automatiques s'ouvrirent devant lui. Il attrapa un panier, puis se dirigea vers le rayon presse. Là, il se planta devant la section de revues féminines et piocha indifféremment dans la masse jusqu’à remplir son bac en plastique rose. Satisfait, il prit la direction des caisses. Lorsqu’il remit son panier au vendeur, celui-ci lui jeta un coup d’œil halluciné.

« 'pourriez faire vite ? J’ai une manucure dans 10 minutes », mentit Gary d’une voix haut-perchée, en examinant ses ongles d’un air affecté.

Le commerçant s'occupa de ses produits à la vitesse de l'éclair, les yeux rivés sur son écran. Gary fut sorti en moins de deux, ses achats en main, et ravi de sa bonne blague.

C'que t’es con, Morgan… Y'a vraiment pas d'quoi rire, en plus.

De retour chez lui, il étala sur le sol le contenu de ses deux sacs plastique. Allez, c’est parti ! Il s’empara d’une paire de ciseaux, puis se lança dans une séance de découpage forcené. Il s'attaquait en particulier aux recettes de grand-mère et aux techniques et produits miracles. Après une bonne heure de travail, il s’estima satisfait. À sa gauche reposaient les cadavres d'une quinzaine de magazines déchiquetés. À droite, un joli petit tas de papiers. Il était temps de passer à l'étape suivante.

À cet instant, la question qu’il avait posé la veille à Momoyama lui revint en tête : « Vous pensez que ça se contrôle ? Qu’il est possible de choisir sa prochaine vie ? »

La prochaine, il n'en savait rien... Mais il avait peut-être trouvé le moyen de changer l'actuelle, sans même avoir besoin de mourir.

Mon pote, y’a vraiment que toi pour avoir des idées aussi tordues.

Toujours assis par terre, Gary s'étira vers son bureau pour attraper un stylo. De son autre main, il récupéra le premier article de la pile : une pseudo-pub qui ventait les bienfaits d'une tisane de désintox. Après l'avoir lu jusqu'au bout, il leva les yeux vers son velux, cherchant dans ce carré de ciel bleu un peu d'inspiration.

D’autres bribes de sa conversation de la veille lui revinrent en mémoire. « Oui. Je crois à la réincarnation », affirmait Momoyama. « Mais vous êtes libre de penser ce que vous voulez. »

Dans sa tête, une sorte de blocage sauta à la manière d'un bouchon de champagne ; une foule d'idées se bousculèrent aussitôt sur l'autoroute partant de son cerveau, pour aboutir à la pointe de son stylo. Gary saisit un prospectus traînant au sol, et sur le revers encore vierge, laissa libre court à son imagination. La surface lisse et bleutée se retrouva bientôt couverte de notes et de schémas.

Il va me falloir plus de papier.

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Notes de bas de page :

1. Sorte de commerce de proximité proposant une grande variété de produits et services, et parfois ouvert 7j/7j, 24h/24h.


Texte publié par Natsu, 10 mai 2021 à 07h09
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