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Tome 1, Chapitre 14 « Partie 1 » Tome 1, Chapitre 14

Lundi 22 décembre 2031


    
Partie 1

    « Pling ! Pling ! Pling ! »
    
     Angélica fit tinter son verre de champagne contre celui de ses collègues. Dans une salle aux allures d'amphithéâtre décorée pour la soirée de Noël, James Palmer – le président de Rhapsody Blue – venait de porter un toast en l'honneur de sa petite équipe. C'était sans doute la première fois qu'elle le voyait en vrai, et d'aussi près. L'homme, dont le visage apparaissait régulièrement dans les médias, ne se présentait que rarement dans leurs bureaux. À ce qu'elle avait entendu, il préférait travailler à distance depuis chez lui ou quelque résidence secondaire, et ne se déplaçait qu'aux événements et réunions d'importance.
    
    La jeune femme l'imaginait plus grand. Plus jeune, aussi ; sans le maquillage des plateaux TV, elle distinguait maintenant quelques pattes d'oie au coin de ses yeux, ainsi que les ridules qui striaient son front. On le disait bon surfeur et il en possédait l'allure avec ses longues dreads blond cendré et sa peau tannée par le soleil. Et s’il répondait fréquemment aux interviews télévisées en tee-shirt, il leur avait fait l'honneur, ce soir, d'enfiler un costume. Quel curieux personnage. Si riche et si puissant, et pourtant si… désinvolte ?
    
    Lorsque monsieur Palmer descendit de la tribune pour se mêler à ses employés, Angélica se retourna vers son équipe :
    
    « Les choses sérieuses vont enfin pouvoir commencer.
    — Exact, répondit Emilio. Nous voici avec sept nouveaux cas de codes dupliqués ! Beau travail, Keitaro.
    — Ahah, merci. Mais Denzel m'a aidé pour négocier. C'est lui qui a proposé de faire passer mon projet comme une mesure de sécurité.
    — Evidemment. Nous savons que vous n'êtes pas assez retors pour ça, commenta Angélica à voix basse et en levant sa coupe vers lui. »
    
     Le japonais lui répondit par un sourire incertain. Ses yeux dérivèrent sur Denzel, occupé à trinquer plus loin, hors de portée d'oreilles.
    
    « C'était un compliment », précisa-t-elle pour dissiper le malaise.
    
    Keitaro ne comprenait que le premier degré, elle l’avait presque oublié. Cette fois encore, elle aurait mieux fait de tenir sa langue. Ses yeux se posèrent sur Varun, qui comprit le message et prit la parole à son tour :
    
    « Nous avons donc quatorze noms et dates de naissance, c'est bien ça ?
    — Pas seulement, rectifia Keitaro avec son accent épouvantable. Nous possédons des données assez complètes pour la moitié d’entre eux, car il y a toujours un japonais ou un américain dans chaque duo. Et pour leurs jumeaux de code, il faudra enquêter pour les retrouver... »
    
     Pourvu que les noms des sept inconnus ne soient pas trop communs, songeait Angélica. Heureusement qu’ils possédaient leurs dates de naissance pour confirmer leur identité.
    
    « Sept cas, je m'attendais à plus, intervint Charlotte, l’air déçu.
    — N'oubliez pas qu'une majorité d'enfants n'est pas enregistrée, répondit Emilio. Et que nous n’avons accès qu’aux bases de données américaines et japonaises. Pour confronter celles des quatorze autres pays entre elles, il faudrait demander à leurs gouvernements... »
    
    ...Ce qui n’était pas une option pour Denzel, acheva Angélica, dans sa tête. Ni pour le président Palmer. Le silence qui tomba entre eux lui confirma que le reste de son équipe en était bien conscient. La jeune femme en profita pour avaler une gorgée de champagne. À ce rythme, la route semblait longue vers une éventuelle réussite. Obtiendrait-il un jour une réponse au sujet de Gabriel ? Saurait-elle vraiment si son défunt mari existait encore, quelque part, dans un autre corps ? Comme ces interrogations lui semblaient lointaines… Si seulement l’Agence se montrait moins craintive, ils pourraient avancer plus vite.
    
    « Quand partez-vous pour l'Uruguay ? demanda Charlotte en se tournant vers elle.
    — Le 27, deux jours après Noël, répondit Angélica, ravie de changer de sujet. Je partirai avec Varun, et Catalina, bien sûr. Emilio sera déjà sur place. »
    
     Le but de ce voyage était de rendre visite à la famille de Marisol, l’adolescente qui possédait – de son vivant – le même code RB que sa fille. En récompense pour sa coopération, Angélica avait obtenu l’accord de Denzel pour communiquer directement avec elle, ainsi que son adresse exacte. Sur ce point, Requin Perfide s’était montré parfaitement honnête. Il avait seulement émis le souhait qu’elle soit accompagnée par quelques-uns de ses collègues, et que personne ne divulgue la moindre information au sujet de leur mission, ou du motif réel de leur visite.
    
    « Je rentre demain, confirma le chercheur, pour fêter Noël avec ma femme et mon fils. Et vous Charlotte, vous rentrez en France ?
    — Eh oui. Je vais profiter des dix jours de fermeture pour voir ma famille. Et vous, Keitaro, vous ne rentrez pas ? Au Japon aussi on fête Noël, non ?
    — Euh... oui. Enfin, surtout le nouvel an. Mais j'ai plein de travail ici avec les nouveaux cas. Et quelques idées d'amélioration pour mon programme. J’aimerais profiter des vacances pour y travailler.
    — Vous ne vous arrêtez jamais, le taquina Angélica. »
    
    Il lui rendit son sourire, sans répondre. Un sourire étrange et sans joie. Si l’on camouflait le bas de son visage, on aurait presque dit qu'il allait se mettre à pleurer. Allons bon, avait-elle encore dit quelque chose de travers ? Loin de vouloir s'aventurer sur ce terrain aux allures glissantes, elle baissa les yeux sur sa coupe et ne fit aucune réflexion. Elle l'avait suffisamment embarrassé pour ce soir, inutile d'en rajouter. Surtout qu'elle l'aimait bien, leur gentil chef d'équipe, malgré son air un peu coincé.
    
    Pour sa part, elle avait hâte de partir. Les cauchemars de Catalina se poursuivaient, et s'étaient même amplifiés depuis leur dernière séance d’hypnose au sein de l’Agence. Angélica savait qu’elle possédait sa part de responsabilité dans cette situation. Elle espérait que cette rencontre en Uruguay permettrait d'apaiser ces vilains rêves et de chasser, par la même occasion, son sentiment de culpabilité. Si cette tentative échouait, elle aurait bien du mal à se pardonner... et à se faire pardonner. L’angoisse la saisit à nouveau lorsque les mots de sa fille aînée lui revinrent à l’esprit :
    
    « C'est ta faute ! lui avait-elle reproché le week-end dernier. Si tu n'avais pas lu dans sa tête, elle irait bien ! »
    
     Salomé avait toujours refusé l'hypnose, qu'elle considérait comme une forme de magie noire... Sa mère n'avait jamais réussi à la convaincre du contraire. Et les mauvaises nuits de Catalina – avec qui sa grande partageait sa chambre – n'arrangeaient rien à ses préjugés. Sa mère avait-elle eu tort de céder à la curiosité en interrogant sa cadette sur ses vies antérieures ? Elle le saurait bien assez tôt.
    
✲°˖✧*✧˖°✲

     Après un Noël confortable passé en famille, Angélica rejoignit son collègue à l’aéroport de Tampa. Elle remarqua bientôt que l'absence de langue commune n'empêchait en rien de s'entendre comme larrons en foire : Varun abreuvait Catalina de grimaces, de mimes et tours de passe-passe, et sa fille s’écroulait de rire à chaque fois. Avec un trublion pareil à leurs côtés, le trajet lui parut bien plus court qu’à l’aller lorsqu'elle voyageait seule vers l'inconnu.
    Quelques 17h de voyage plus tard, ils atterrirent, épuisés, à Montevideo.
    
    « Vous êtes déjà enregistrés ? leur demanda-t-on, en espagnol, à la douane.
    — Seulement moi, répondit Angélica.
    — Papiers s’il vous plait, pour monsieur et mademoiselle. Lequel de vous deux souhaite passer avec elle au scanner ? »
    
     Le cœur battant d'appréhension, la jeune femme lui présenta le sauf-conduit fourni par Denzel. Ce papier priait les autorités de laisser traverser Catalina sans scan RB. L'agent allait-il l'accepter ? Devraient-ils faire demi-tour à nouveau ? L'homme en tenue formelle saisit le document, le parcourut rapidement des yeux, s'attarda sur le sceau officiel de Rhapsody Blue US et leur dit :
    
    « Excusez-moi une seconde. »
    
    Angélica se décomposa en voyant l'agent s'éloigner pour consulter l'un de ses collègues.
    
    « Qu'a-t-il dit ? » demanda Varun, qui ne parlait pas espagnol.
    
    Elle lui traduisit et tous deux retirent leur souffle, les yeux braqués sur le douanier. Enfin, celui-ci revint, agitant le papier entre ses doigts :
    
    « C'est bon. Pas besoin de scanner pour la petite. »
    
    La mère soupira de soulagement. Elle sourit à Catalina en lui massant l'épaule pour la rassurer, puis hocha la tête en direction de Varun. Ils pouvaient passer !
    
✲°˖✧*✧˖°✲

     Après une courte nuit à l’hôtel, le trio devait déjà reprendre la route. Le soleil était encore bas dans le ciel lorsqu'ils rejoignirent Emilio. Le chercheur les attendait devant les portes, au volant d’une voiture de location.
    
    « C'est aujourd'hui qu'on va à Tralalilas ? demanda Catalina, les yeux tout bouffis de sommeil.
    — Ca se prononce Tarariras, cariño. »
    
    Situé non loin de Colonia del Sacramento — vers l’intérieur des terres — le village ne comptait que quelques milliers d’habitants. C’était pourtant là que résidait la famille de Marisol, dans un lotissement périphérique.
    
    « Vos ceintures sont bien attachées ? Allons-y ! »
    
    « VrrrrRRRRRR... »
    
    Emilio mit le moteur en marche et les voilà partis. La voiture s'engagea plein ouest, le soleil ascendant juste dans leur dos, sur une route qui traversait la capitale de part en part. Les yeux plissés par la lumière rasante, Angélica admirait le scintillement des rayons du soleil sur le bitume encore humide des pluies de la nuit. C’était l’été en Uruguay ; ils avaient gagné quelques degrés par rapport à la Floride, ce qui n’était pas pour lui déplaire.
    
    « Je peux ouvrir la fenêtre ?
    — Bien sûr, allez-y ! »
    
     Ils cheminèrent un moment le nez au vent, jusqu’à ce que le paysage ne se ruralise et qu’une puissante odeur de fumier ne s’invite dans leur véhicule. Ils se mirent à rire en fronçant le nez et remontèrent bien vite les quatre vitres.
    
    « Quel est le plan, déjà ? demanda Angélica après une demi-heure de voyage, lorsqu’elle fut un peu plus réveillée.
    — Nous avons rendez-vous à 10h30, répondit Varun. N'est-ce pas Emilio ?
    — C'est bien ça. J'ai répété à la famille ce que vous m'aviez dit : nous sommes des représentants d'une association de prévention du suicide et souhaitons rassembler des témoignages pour améliorer notre action. Votre idée était excellente, Varun. Ils m'ont cru sans problème. J'espère seulement qu'ils se laisseront bluffer jusqu'au bout...
    — Et s’ils s’aperçoivent que Varun ne parle pas espagnol ? remarqua Angélica.
    — Il n’a pas besoin de parler, ni de comprendre. Hein, Varun ? Vous observez, vous prenez des notes.
    — Vous serez notre petit stagiaire international ?
    — Non, ça ne conviendra pas, protesta le détective. J’aurai peut-être aussi des questions à poser. Ou besoin de communiquer avec vous. »
    
    Il fouilla dans sa poche et en sortit une petite boite en plastique blanc.
    
    « Tadam ! Regardez ce que Keitaro m’a offert : une oreillette traductrice ! La même que la sienne. Et je préfère le titre d'observateur étranger, si ça ne vous dérange pas trop.
    — Dommage, j’aimais bien l’idée du stagiaire, commenta Angélica, déçue.
    — Trop tard, j'ai déjà créé nos cartes de membres pour tous les trois. Tenez, prenez-les avec vous.
    — Anaïs Gómez, membre associative de l'APSJU, l'Association de Prévention du Suicide des Jeunes en Uruguay, traduisit Angélica en lisant la carte qu’on lui tendait. Aucune faute d’espagnol. Bravo ! Et donc, je m’appelle Anaïs ?
    — Je trouvais ça plutôt sexy, précisa Varun depuis le siège avant. Ça ne vous plait pas ? »
    
     L’argentine soupira, faisant voler une de ses mèches de cheveux. Elle laissa quand même percer un sourire pour montrer son amusement. Puis, dans un élan de curiosité, elle se pencha sur la carte du conducteur.
    
    « Eduardo Pereira…
    — C’est ainsi que je me suis présenté en téléphonant à la famille, précisa Emilio. Je l’ai inventé à la volée. Ça fait un peu telenovelas[1], vous ne trouvez pas ?
    — Si, complètement. À votre tour, Varun, c’est quoi votre nouveau nom ?
    — Shahid Kapoor. Un des meilleurs acteurs et danseurs de Bollywood.
    — Vous êtes sérieux ? Et s’ils cherchent votre nom sur internet ?
    — Mes parents étaient peut-être de grands fans ? Par contre, je vous laisserai vous charger des présentations en espagnol… Ces oreillettes, hélas, ne fonctionnent que dans un sens.
    — Je m'en occupe, proposa Emilio. Il faut juste que je mémorise vos alias… »
    
     L’uruguayen répéta leurs noms en boucle pendant quelques minutes, les yeux rivés sur la route. Pendant ce temps, Angélica caressait les cheveux fins de Catalina endormie sur ses genoux. Elle surprit un regard attendri de Varun.
    
    « Pour la demoiselle, ce sera un peu plus délicat. Nous pourrions prétendre que les crèches sont fermées pendant les fêtes, et que vous n’avez trouvé personne pour la garder aujourd’hui… ou quelque chose comme ça.
    — Ce n’est pas un peu bancal ?
    — Un peu. Mais si vous avez une meilleure idée, je suis prêt à l’entendre.
    — Ça commence à faire beaucoup de mensonges… »
    
     Varun haussa les épaules.
    
    « On le savait avant de venir. Et puis on ne fait rien de mal. Au pire, ils nous jettent dehors...
    — Et s’ils appellent la police ?
    — Angélica… Tout ira bien, insista l’indien. Faites-moi confiance. C’est mon métier… »
    
     La jeune femme fit la moue et reporta son regard vers la fenêtre. Elle resta silencieuse un moment, perdue dans ses pensées. Le paysage ici n’était pas si différent de la campagne où elle vivait petite. De petites maisons blanches sans étage et aux toits sans relief. Et cette ferme-là, sur le bas-côté de la route… On aurait dit celle de ses grands-parents, où elle passait plus de temps que dans l'appartement étriqué de ses parents. Elle se rappelait ses soirées passées dans le jardin, sous le ciel nocturne. Son grand-père sortait son télescope et leur racontait les étoiles, à elle et leur petit voisin du même âge toujours fourré chez eux – quand ce n’était pas l’inverse.
    
    Gabriel… Es-tu vraiment parti les rejoindre ? Es-tu redescendu des cieux ? Où es-tu, à présent ?
    
    Pour meubler le silence, Emilio alluma la radio, à faible volume pour ne pas réveiller la petite. Et quelques 150 km plus tard, ils parvinrent enfin à Tarariras.
    
    Emilio gara la voiture sur un terrain vague proche de l'endroit indiqué par le GPS. Avant d'ouvrir la portière, Angélica observa les environs. La nature, ici, prenait plus de place que le béton. Une nature assez plate, laissant une large part au ciel qui s’étalait en grand conquérant au-dessus de leurs têtes. Pas un bruit, à part celui des oiseaux et d'un chien dans un jardin proche. La jeune femme sourit. Son cœur se gonfla d'impatience, ainsi que d'une étrange nervosité.
    
    « Allez cariño, réveille-toi, on est arrivé, murmura-t-elle à sa fille.
    — Vous n’êtes jamais venue ici, pas vrai Angélica ? demanda l’indien en sortant du véhicule.
    — Non. Mais j’ai séjourné plusieurs fois dans une petite ville plus au sud, proche de la mer. Colonia del Sacramento. C’est très mignon. Et tranquille… Vous connaissez, Emilio ?
    — Oui. Mais je n’y ai jamais mis les pieds…
    — Vos séjours là-bas, c’était avant la naissance de la petite ?
    — Oui. Catalina n’a pas pu rentrer en Uruguay… comme vous le savez.
    — Vous souvenez-vous de la date exacte ?
    — Voyons… La dernière fois, ce devait être en été ? Quelques mois avant sa naissance. »
    
     Varun hocha la tête d’un air très sérieux, puis claqua sa portière. Angélica se para d'un rictus moqueur.
    
    « Vous pensez qu'on attrape une âme comme on attrape un rhume ? On se promène, enceinte, et hop ! Sur le chemin, un esprit lassé de tourner en rond nous repère et prend possession de notre fœtus ?
    — Et pourquoi pas ? C'est ce que suggèrent nos études, non ?
    — Pas toutes. Il existe aussi un cas de réincarnation intra-familiale, en France...
    — Qui dit intra-familial, dit souvent proximité géographique, fit remarquer le chercheur.
    — Certes. Il n'empêche que je trouve l'idée très dérangeante... »
    
     Elle ne put s’empêcher de grimacer. D'où venait son dégoût, au juste ? Probablement du fait que le phénomène, ainsi présenté, se rapprochait un peu trop du viol à son goût. Emilio rit de sa déconfiture. Varun rajouta son grain de sel :
    
    « Chez moi, on considère que la réincarnation, c’est comme échanger un vieux vêtement contre un neuf… »
    
     Angélica l’observa un instant, cherchant à savoir s’il la faisait marcher ou non. Apparemment, non.
    
    « On devrait peut-être conseiller aux femmes enceintes d’éviter de s’approcher des prisons ? suggéra Emilio. Qui sait quel genre d’esprits errants rôde aux alentours… »
    
     L’indien acquiesça vivement, agitant l’index de sa main droite pour souligner son accord.
    
    « Aaah ça suffit vous deux ! s’emporta Angélica. Vos histoires me donnent la nausée. Quelle heure est-il ? Nous allons être en retard… »
    
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    Notes de bas de page :
    
    1. Feuilletons télévisés produits essentiellement dans les pays d'Amérique latine.

Texte publié par Natsu, 5 avril 2021 à 06h51
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