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Tome 1, Chapitre 11 Tome 1, Chapitre 11

Tampa, samedi 29 novembre 2031

Angélica referma son livre. Voilà une demi-heure qu'elle relisait le même paragraphe sans parvenir à l'intégrer. Ses yeux lisaient mais son cerveau vagabondait ailleurs. Elle s'était pourtant passionnée pour cet ouvrage quelques jours plus tôt… jusqu'à ce que ses collègues critiquent son auteur, Ian Stevenson. Le célèbre psychologue avait consacré sa vie à analyser des témoignages d'enfants au sujet de leurs vies antérieures, mais aucun, à Rhapsody Blue, ne semblait prendre ses méthodes au sérieux.

La jeune femme soupira et reporta son attention sur la grande baie vitrée de l'aéroport de Tampa – immense théâtre de bleu et de gris, au-delà duquel s'illustraient quelques ballerines ventrues en tutus blancs et aux ailes métalliques. L'argentine observa un instant ce curieux ballet d'atterrissages et de décollages, jusqu'à ce que ses pensées s'envolent à nouveau.

Arrivée trop en avance, elle s'était installée dans un café bondé pour tuer le temps ; ils y servaient du jus d'orange pressé, et depuis sa place, elle pouvait même distinguer le panneau des arrivées. Ses mains soulevèrent le gobelet posé devant elle et le portèrent à sa bouche. Après deux gorgées, elle lécha le sucre laissé sur ses lèvres, puis vérifia l'heure. Encore trente minutes… Elles seraient bientôt là.

Tout cela valait-il vraiment le coup ? Le déménagement, le changement d'école des filles, l'adaptation à un pays étranger, à une langue étrangère… ? Angélica craignait d’imposer à sa famille tous ces efforts pour rien, car plus le temps passait, plus sa mission lui paraissait sans lendemain. Déjà deux semaines qu'ils tournaient en rond, sans aucun nouveau cas de code dupliqué à se mettre sous la dent. Faute de mieux, ils poursuivaient leurs enquêtes sur les profils déjà connus et procédaient à diverses comparaisons. Quelques coïncidences intéressantes commençaient à apparaître, la plupart reliés au domaine médical. Hélas, ça ne suffisait pas.

« Impossible de prouver quoique ce soit avec si peu de cas » s'était plaint Emilio, le chercheur de l'équipe.

« Pourrais-je au moins jeter un œil au profil jumeau de Catalina ? avait-elle proposé pour débloquer la situation. Je pourrais vous indiquer si j’y trouve des points communs avec ma fille. »

Son offre avait été rejetée par Denzel : « Une promesse reste une promesse ». Soit elle acceptait d'amener Catalina pour se faire examiner, soit son cas resterait ignoré, comme il le lui avait garanti. Dommage, elle aurait tant voulu savoir…

La demi-heure s'était écoulée. Angélica abandonna ses réflexions pour un temps. Elle rangea ses affaires, jeta son gobelet, puis quitta le café. Ses filles, comme elles lui manquaient ! Jamais elle n'avait passé autant de temps sans les voir. Arrivée devant les portes de débarquement, elle se plaça de façon visible et patienta une durée qui lui sembla infinie. Catalina avait-elle encore fait boguer les machines ? Ou bien Salomé ? Non, impossible… Sa cadette ne partageait son code RB qu’avec une seule autre personne, en Uruguay. Elle ne devrait pas rencontrer de problèmes aux États-Unis – à moins que son jumeau n’y ait voyagé et ne soit aussi enregistré dans leur base de données. Quant à sa sœur, elle était née avant l’émergence du système Rhapsody Blue : si elle possédait un jumeau de code, celui-ci serait mort avant d’avoir pu passer au scanner.

« ¡ Mamááá ! »

La voix stridente de sa fille dissipa aussitôt ses inquiétudes.

« Mamááá, tu m'as trop trop manqué ! »

Catalina échappa à sa grand-mère pour se précipiter dans ses bras. Angélica la serra fort contre son cœur. Salomé, plus réservée et l’air fatigué, vint l’embrasser en même temps que Sofía et toutes trois prirent la direction de la sortie en jacassant.

« Attention, précisa Angélica, aujourd’hui, on rentre comme des princesses… en taxi ! Tous frais payés par le nouveau travail de maman. Ensuite, je vous ferai visiter votre nouveau palace… puis on ira manger une glace pour fêter votre arrivée.

— Il n’a pas l’air si mal ce job, finalement, ironisa sa mère. »

Angélica grimaça. Elle avait raison en ce qui concernait l'aspect matériel, mais il lui coûtait de l'avouer.

« Ça dépend pourquoi… On en reparlera. »

✲°˖✧*✧˖°✲

Une semaine de plus s'écoula sans que l'équipe ne parvienne à progresser réellement. Angélica ne pouvait s'empêcher de ressentir de la culpabilité à ce sujet. Elle ne subissait pourtant aucune pression, de personne. Mais la déception générale de l'équipe face à la lenteur de leurs recherches la désolait. Elle-même se sentait frustrée de tourner en rond et de voir ses espoirs – vis-à-vis de Gabriel – lui échapper peu à peu. Malgré tout, son instinct maternel la poussait à tenir sa fille à l'écart de toute cette histoire. Quelle mère digne de ce nom accepterait de sacrifier ses enfants à l'autel de son travail ?

Un soir, pourtant, la curiosité l'emporta.

C'était un samedi. Angélica se trouvait seule à la maison avec sa cadette, qu’elle avait déjà mise au lit ; Sofía et Salomé étaient parties au cinéma. Calée dans le canapé en velours gris perle de son nouveau salon beaucoup trop vaste, elle profitait de cet instant de solitude pour progresser dans son livre. Quelques bruits de pas feutrés lui firent lever la tête en direction de l’escalier.

« Caty ? »

La petite descendit le reste des marches et traîna ses chaussettes sur le carrelage jusqu’au sofa. Elle se frottait le cou des deux mains – signe d’angoisse ou de stress chez Catalina.

« Mamá, j’arrive pas à dormir… J’ai encore fait un cauchemar. »

Angélica prit une moue désolée et lui ouvrit les bras. Sa fille s’y réfugia.

« Ils ne te laissent pas tranquille ces cauchemars, hein ? »

La petite secoua la tête. Sa mère la berça un instant tout en réfléchissant. Elle avait déjà tenté l’hypnose pour l’aider à chasser ses vilains rêves, mais ceux-ci ne cessaient de revenir depuis leur retour d'Uruguay. Peut-être qu’elle ne s’y prenait pas de la bonne façon ?

« C’est quoi que tu lis, mamá ?

— Ca parle de petits enfants qui… racontent leur vie d’avant.

— La vie d’avant quoi ?

— La vie avant de naître. »

Une question brûla soudain les lèvres de la psychologue. Une question un peu folle, mais qu’elle ne put retenir très longtemps :

« Tu t’en souviens, toi ? De la personne que tu étais autrefois.

— Euh… Mais j’étais dans ton ventre, non ? »

Bonne réponse… C’est ce qu’elle lui avait toujours enseigné, après tout. Pourquoi irait-elle s’imaginer autre chose ? Les doigts d’Angélica caressèrent les cheveux d’ébène de sa fille, les démêlant au passage. Quels mystères se cachaient dans cette petite tête d'ange ? Probablement rien de plus que quelques peurs infantiles et tenaces. Elle sourit en repensant à l’auteur de son livre ; Stevenson aurait sans doute vu un lien entre ces cauchemars et une vie antérieure ; il semblait interpréter n’importe quel comportement étrange en ce sens…

La main d’Angélica cessa de se mouvoir un instant. Son regard se perdit au loin. Et s'il existait vraiment un lien ? Les douaniers uruguayens, ou cette nuit passée sur les bancs du Terminal n’étaient peut-être pas la cause du traumatisme de sa fille. Alors que le fait de se rapprocher de l’endroit où son jumeau de code vivait autrefois… ?

« Dis-moi, cariño… Mamá a peut-être une idée pour se débarrasser de ces cauchemars.

— Comment ?

— On va recommencer le jeu de l’hypnose, mais d’une autre façon. Tu veux bien essayer ?

— D’accord ! En plus, je l’aime bien ce jeu.

— Alors, c’est parfait. Tu viens ? On remonte dans ta chambre, ce sera plus confortable. »

Plutôt que de partir des symptômes pour en trouver la cause, Angélica comptait cette fois procéder à l’inverse : se projeter vers une hypothétique vie antérieure et voir si quelque chose en découlait. Une expérience qui, selon Denzel, enterrerait toute possibilité d'interroger Catalina à l'Agence selon le protocole, mais elle se fichait pas mal de l'opinion de son employeur. C'était sa fille, après tout.

Chaque séance débutait par une simple conversation et se poursuivait par une étape appelée « induction hypnotique » qui permettait d’atteindre un état de conscience modifié. Pour les enfants, Angélica utilisait des images, des contes ou des jeux de concentration. Et pour Catalina, elle choisit d’invoquer sa nouvelle lubie.

« Rappelle-moi ton animal de ce matin ? J’ai oublié… »

Elle aussi, visiblement. Après une longue réflexion, la fillette en sortit un autre du chapeau :

« Un papillon ! »

Un classique… Bien plus facile que le chameau de la semaine dernière pour le genre d’activités que sa mère voulait lui proposer.

« Très bien. On s’assoit sur le lit ? Et maintenant, on ferme les yeux... Tu sens tes ailes dans le dos ? Fais-les battre pour voir ? »

Lentement, sa fille écarta ses bras vers l’arrière et les agita.

« Tu peux sentir le vent qui les agite ? demanda-t-elle en soufflant sur ses bras nus.

— Oui !

—Parfait. Et si tu profitais de cette brise pour aller butiner quelques fleurs ? Tu peux ouvrir les yeux, si tu veux. »

Quelques minutes plus tard, la petite trottinait de-ci de-là, se régalant de pistils imaginaires. Concentrée sur le jeu et guidée par sa mère, elle semblait avoir oublié le reste du monde. Alors qu’elle s’était immobilisée sur une nouvelle « fleur », Angélica examina la vitesse à laquelle se mouvaient ses pupilles ; Catalina était prête pour l’étape suivante.

« Maintenant que le papillon a bien mangé, il a besoin de se reposer un peu. Il trouve une branche où se poser, puis ferme les yeux un instant. »

L’enfant revint s’asseoir sur le lit, en tailleur, et laissa retomber ses ailes sur ses genoux. Il était temps pour sa mère d’improviser une petite histoire pour l’amener où elle le souhaitait.

« Pour arriver à s’endormir, le papillon se rappelle de quand il était dans un cocon, bien au chaud, à l’abri de la lumière. Comme c’était confortable !

Catalina se recroquevilla et porta son pouce à la bouche — une habitude qu’elle avait perdu depuis longtemps. L’hypnotiseuse saisit un plaid et l’en couvrit pour faciliter l'immersion.

« Mais le beau papillon n’a pas toujours été dans un cocon. Afin d’y rentrer, il existait sous une autre forme… Mais quelle était cette forme ? Le papillon essaie de s’en souvenir. Était-il grand ? Petit ? Était-il une femelle, un mâle ?

— Il était… moyen. C’était une femelle.

— Ça alors ! Et de quel couleur était-il ? Ses… poils ? »

Pas de réponse, cette fois.

« Bon. Et comment s’appelait-il, ce papillon, sous cette autre forme ?

— Elle s’appelait… Mari. Mariposa… »

Angélica secoua vaguement la tête. « Mariposa » signifiait simplement « papillon » en espagnol. Elle n’avait pas l’impression que l’expérience mène vraiment quelque part, mais décida de poursuivre encore un peu.

« Quel joli nom ! Mariposa… Et où vivait-elle ?

—Elle vivait… en Uruguay.

—Ah oui ? demanda sa mère, intriguée.

—Oui. À Colonia del Sacramento. »

Toujours rien de surprenant. Catalina avait dû choisir la première destination qui lui était passée par la tête.

« Bon, mais alors, que faisait-elle avant de se réfugier dans son cocon ?

— Elle… allait à l’école. Comme les autres papillons.

— Ah vraiment ? Elle devait avoir beaucoup d’amis.

— Non… »

Le visage de Catalina se ferma soudain. Angélica haussa les sourcils. Elle ne s’attendait pas à cette réponse, ni à cette réaction.

« Vraiment aucun ?

— Non. Ils étaient tous méchants avec Mariposa… Ils… »

La voix de la petite partit dans les aigus, puis s’interrompit. Sous ses paupières, ses pupilles dansaient à toute vitesse.

« Ils ne voulaient pas se taire…

— Se taire, cariño ?

« Oui… Ils ne m’aiment pas… Ils la détestent ! Ils se moquent toujours ! Ils veulent… »

Le ton devenait rageur, accusateur. En plus de mélanger les pronoms, Catalina se mit à crier. Sa main droite enveloppa et caressa sa gorge comme pour la protéger. Enfin, elle éclata en sanglots. Angélica sentit son cœur se serrer. Qu’avait-elle fait ?

« Allons, c’est fini… Le papillon s’est enfin endormi, il ne pense plus à tout ça. Il respire calmement… Oui, comme ça. Il ne pleure plus. Maintenant, il s’appelle Catalina et personne ne se moque plus de lui. Il rêve de choses agréables, de jolies fleurs, de… glaces à la fraise ! Et après un long sommeil, il se réveille. Douuuucement. Et enfin, il ouvre les yeux. »

Catalina prit une grande inspiration. Elle ôta le plaid de ses épaules et sourit à sa mère qui la prit dans ses bras et la berça.

« Pardon, querida… Je n’aurais pas dû faire ça. Excuse-moi… »

Cette fois, c’était Angélica qui pleurait. Elle cachait ses larmes dans le plaid pour ne pas les montrer à sa fille. Elle avait eu peur et en voulait à Denzel – et à son livre – de lui avoir inculqué toutes ces idées. En même temps, elle ne pouvait s’empêcher de se demander si elle avait touché quelque chose d’intéressant.

✲°˖✧*✧˖°✲

Un matin, depuis son poste, Angélica guettait les allers-retours de ses collègues. Elle commençait à bien connaître le rythme et les petites habitudes de chacun. Charlotte arrivait toujours très tôt, Keitaro partait souvent le dernier. Il y avait aussi les pauses café et toilettes que personne, évidemment, ne prenait en même temps. Le seul moment où leur espace de travail restait désert, c’était à l’heure du déjeuner, de 15 à 20 minutes seulement. Certains partaient manger à l’extérieur, d’autres allaient acheter de quoi grignoter devant leur ordinateur. Pas toujours les mêmes, ça dépendait des jours.

Emilio était en congé aujourd’hui ; il devait travailler à distance pour son laboratoire de Montevideo ; une personne en moins à prendre en compte. À 11 :52, Charlotte leva le nez de son ordinateur :

« Quelqu’un mange dehors aujourd’hui ?

— Ça me plairait bien, répondit Varun. Dans 10 minutes ?

— Angélica ? Keitaro ?

— J’aimerais finir quelque chose, répondit le japonais. Mais je vais vous accompagner. Je n’ai rien à manger.

— J’ai un peu mal au ventre, aujourd’hui, mentit Angélica. Je ne sais pas si je vais déjeuner…

— Pas de problème. J’ai des cachets, si vous voulez…

— Ça va aller, merci. Bon appétit ! »

12 :06. Tout le monde était sorti. Enfin ! L’argentine se précipita jusqu’à la porte laissée entrouverte et la ferma sans bruit. Puis elle s’approcha de l’ordinateur de Keitaro et remua sa souris. Hélas, l’écran de veille laissa place à une demande de mot de passe. Prévisible. Elle laissa tomber la machine et ouvrit un premier tiroir qui découvrit un tas de papiers. Elle fouilla en vitesse, sans rien trouver d’intéressant. Elle tenta un deuxième. Verrouillé. Si son collègue, amateur de documents papiers, avait imprimé des données sensibles – telles que le profil de Catalina et de son jumeau de code – c’est sans doute là qu’il les cachait. La clef… Elle se trouvait peut-être quelque part sur son bureau.

« Mais enfin, qu’est-ce que vous faites ? »

Angélica s’immobilisa, la main plongée dans une boite à stylo. Charlotte se tenait sur le seuil, l’air soupçonneux. Répondre quelque chose. Vite.

« Je… Euh… Je cherchais une gomme. J’ai perdu la mienne… »

La française fronça les sourcils et rejoignit son propre bureau.

« Vous en avez trouvé une ?

— Non…

— Tenez, prenez la mienne. Je venais juste chercher mon téléphone, je l’avais oublié.

— Ah. Merci… À tout à l’heure ! Bon appétit. »

Le cœur battant à tout rompre, Angélica se força à sourire à sa collègue qui disparut à nouveau dans le couloir, et sans refermer la porte. L’argentine se pinça les lèvres. Elle l’avait échappé belle. Mieux valait renoncer pour aujourd’hui et revenir sagement à son poste.

Ce soir-là, Angélica prit soin d’attendre 30 minutes après le départ de Charlotte pour quitter les lieux à son tour. Elle se sentait épuisée, et honteuse aussi. En sortant de l’ascenseur elle se hâta de rejoindre l’extérieur, quand une main se posa sur son épaule. Elle se figea, craignant le pire. Son souffle resta bloqué dans sa poitrine. Elle n’osait pas se retourner.

« Angélica, vous avez un instant ? »

C’était la voix de Varun. La jeune femme relâcha l’air bloqué dans sa poitrine et se retourna.

« Bien sûr…

— J’ai quelque chose pour vous. »

Curieuse et un peu méfiante, Angélica se laissa guider vers le petit parc de l’autre côté de la rue. Lorsqu’ils furent hors de vue des employés, il lui tendit une pochette plastique.

« Je crois que c’est ce que vous cherchiez. »

L’argentine cligna des yeux, feignant de ne pas comprendre. Elle récupéra la pochette et l’ouvrit. À l’intérieur se trouvaient quelques feuilles imprimées. Un nom, une photo. Un pays : Uruguay. Et une longue liste de données personnelles. Elle releva les yeux vers son collègue :

« Pourquoi ?

— C’est bien ça, n’est-ce pas ? Charlotte m’a dit qu’elle vous avait vu fouiller…

— Oui. Mais je ne comprends pas…

— Ça fait un moment que j’y travaille. J’ai installé une caméra derrière l’ordinateur de Keitaro. Je n’apprécie pas la façon dont Denzel vous cache ces données… C’est du chantage pur et dur, et je déteste ça. Désolé d’avoir tardé, je craignais votre réaction. Vous auriez pu me dénoncer... »

Elle lui sourit. Pour peu, elle l’aurait enlacé.

« Merci monsieur le détective.

— Un plaisir. Et si vous tenez vraiment à me remercier… invitez-moi à dîner, un de ces soirs. »

Il lui adressa un clin d’œil taquin, auquel elle répondit par une grimace. Évidemment, se dit-elle, tu pensais que ce serait gratuit ?

« Je plaisantais, dit-il en riant. Vous ne me devez absolument rien. Bonne soirée Angélica, à demain. »

Gentleman, il la salua sans un mot de plus et traversa la rue en sens inverse. Surprise par ce revirement, elle l’observa s’éloigner avec reconnaissance. Puis, n’y tenant plus, elle rouvrit la pochette et parcourut en vitesse la première feuille du profil tant convoité. Il faisait trop sombre sous les arbres. Elle se rapprocha d’un lampadaire et reprit sa lecture. Enfin, elle s’arrêta sur le paragraphe relatif à la cause du décès. Ses yeux s’écarquillèrent.

« Ah ! »


Texte publié par Natsu, 22 mars 2021 à 05h49
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