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Tome 1, Chapitre 8 « Un combat » Tome 1, Chapitre 8
— Comment ne pas y croire ? Comment ne pas voir qu’enfin une solution viable existe ?
    
    Je ressens encore la sensation de soulagement lorsque je suis entré dans cette sphère.
    Novo avait raison, je suis arrivé dans un Nouveau Monde, et presque instantanément j’en négligeai l’ancien.
    
    Mais aujourd’hui, c’est bien différent, le passé ne s’oublie jamais.
    

    
    À partir de cette date, je vécus comme n’importe quel Novalien. J’habitais dans la capitale continentale, Glosbe.
    Mes journées s’animaient de découvertes en étudiant les autres vies.
    
    Novalia me permettait de côtoyer toutes les races en ne me déplaçant que quelques heures. Tout pour combler ma soif de savoir.
    
    Je me trouvais satisfait en m’autorisant d’apprendre à jouer du piano dans mes nombreux moments libres, à lire tous ces livres que je ne pensais jamais pouvoir ingurgiter, toujours par faute de temps.
    
    Impossible de comprendre comment nous pouvions vivre avant.
    
    Nous avions accès à ce qui se passait dans l’autre monde, mais peu s’en intéressaient vraiment. Cela ne dura que quelques mois avant qu’une nouvelle catastrophe ne se produise.
    
    La Terre avait continué de subsister sans de réelles modifications.
    Les différents pays avaient construit des protections contre le climat, et cela avait rapidement découlé en guerre climatique, lorsque la vérité du projet HAARP fut mis à jour.
    Les États-Unis maîtrisaient le climat au travers d’une structure bâtie en Alaska. La tension politique monta de plusieurs crans, et chaque nation s’équipa en conséquence.
    
    Mais la catastrophe resta naturelle.
    Un glacier immense se détacha du pôle nord et dériva dans l’océan Atlantique. Le niveau de l’eau augmenta à un degré jamais vu, des terres furent inondées, des populations évacuées.
    Il fallait traiter le problème, et la solution prise fut militaire.
    
    Ils ont tenté de le réduire en morceaux à l’aide de petites charges explosives, mais une composante aléatoire provoqua une déflagration d’importance.
    Le glacier fut détruit, mais les conséquences en demeurèrent terribles puisqu’on constata la naissance d’un tsunami.
    
    Il était trop tard pour réagir.
    La digue de New York ne tint pas le choc, et la catastrophe emporta les millions d’habitants.
    
    Cela amplifia les tensions planétaires. Nous en subîmes les répercussions.
    Les résidents des bidonvilles ont tenté à plusieurs reprises de percer la sphère pour entrer en zone protégée.
    Le temps des sacrifices fut de retour.
    
    Novo entama une phase de sécurisation de la structure.
    Il ne pouvait pas ôter la vie d’aucun représentant, même extérieur à la sphère. Mais rien n’empêchait de les repousser.
    Le système s’électrifiait dans l’espoir que le choc acquiert le même effet que sur les vaches dans leur pâture.
    Pour autant, l’homme reste unique et ne respecte pas les lignes tracées. Les attaques se poursuivirent.
    
    Ces évènements me rappelèrent ce que j’avais pensé à mon arrivée.
    L’injustice, pourquoi des sacrifices lorsque l’on peut sauver tout le monde.
    
    La plupart des gens n’y prenaient pas attention puisqu’ils se savaient en sécurité. Mais pas pour moi, j’en perdais le sommeil.
    Novo décela mon malaise et ne trouvant pas de solution, il proposa une entrevue avec les douze premiers protecteurs.
    
    Pour la première fois, j’allais entrer dans Apidae.
    Un immense bâtiment ressemblant à une abeille, les ailes levées vers le sommet du dôme. Le symbole du combat pour la planète, issue de l’importance de la pollinisation.
    
    C’est impressionnant de découvrir ce verger vertical, où tout est mis en place pour que l’air reste le plus pur, pour préserver les insectes et leur travail.
    
    J’ai goûté à plusieurs reprises au nectar qu’elles produisent.
    C’est incomparable à ce qu’il nous était proposé avant. On n’y pense pas habituellement.
    Mais aujourd’hui, c’est différent, mes réflexions ne demeurent qu’exclusivement tournées vers l’extérieur, à ces malheureux qui combattent pour leur survie.
    
    — Monsieur Senesael, excusez-moi, mais vous êtes attendu.
    
    Un androïde humanoïde s’avance vers moi. J’ai un temps d’arrêt, je suis accoutumé aux drones et aux bras robotisés, mais pas à cette technologie.
    
    — Ne vous inquiétez pas. C’est moi, Novo. Vous voilà chez moi et les premiers protecteurs. Je suis désolé, j’aurais dû vous prévenir.
    
    — Ce n’est rien. Je… Je suis un peu perturbé en ce moment.
    
    — Oui, je le sais.
    
    — Ce n’est pas vraiment cela qui va me rassurer.
    
    — Oh ! Je vois. Encore une fois, je vous prie de m’excuser. Je comprends que je peux paraître invasif, mais c’est pour votre bien. Je vous garantis que je veille au bien-être de chacun d’entre vous.
    
    — Avec vos fameux quotas.
    
    Ses réactions demeurent physiquement les mêmes que celles d’un homme.
    Il laisse une distance entre nous pour que je puisse me sentir en sécurité, et ne cherche plus à entretenir le dialogue.
    De son bras, il m’indique l’ascenseur en verre qui permet de rejoindre chaque étage.
    
    Les appartements se situent au sommet des ailes. Ils peuvent observer une bonne partie du pays de leur hauteur considérable.
    Je ne peux m’empêcher de penser qu’il reste une sorte de noblesse au travers de ce contexte.
    
    Le monte-charge nous emmène rapidement au sommet du flanc le plus élevé.
    Une pièce panoramique à 360 degrés s’ouvre à nous, à une altitude de 1348 m.
    Bien heureusement, je ne ressens pas le vertige, mais j’ai tout de même une réserve et une appréhension à m’engager sur une surface en verre.
    
    — Ne vous inquiétez pas, nous avons à l’avance testé la robustesse des lieux.
    
    — Et nous nous avouons vaincus !
    
    La décoration est épurée, une grande table en résine blanche apporte du relief. Les chaises y sont incorporées et s’ouvrent automatiquement à notre approche.
    Les douze protecteurs sont déjà installés, un gobelet à la main.
    
    La sensation de rencontrer mon créateur.
    

Texte publié par Calamus, 21 novembre 2020 à 16h15
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