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Tome 1, Chapitre 3 « Une vérité » Tome 1, Chapitre 3
— Novalia se présente comme la plus belle chose que pouvait créer l’homme. Un projet qui demandait de nombreux sacrifices. Choix difficiles à prendre, mais en réalité ce n’était rien en comparaison des dévouements de la nature pour nous permettre de subsister.
    
    Mon cœur bat à toute vitesse, les larmes se mettent à couler. Rarement, les souvenirs font remonter autant d’émotions.
    J’avais tout oublié, même le visage de mes parents.
    

    
    Ils critiquaient cette initiative, avec véhémence.
    Je n’osais leur dire ce que je pensais réellement. L’expérience avait séduit mon esprit et mon âme. Au fond de moi, je rêvais d’aventure et n’attendais que le signal de départ.
    Mais comme toujours, un élément me retient. En réalité la peur de l’inconnu qui se dissimule sous différentes formes.
    
    Les années passèrent, les multitudes d’informations offraient de suivre l’avancée de Novalia, mais peu de gens s’y intéressaient vraiment.
    Cela avait tout de même permis aux gouvernements et aux entreprises de prendre conscience de l’instabilité de notre planète.
    Surtout au vu de l’augmentation des catastrophes naturelles.
    
    La réalité s’arrêta majoritairement au discours politique, mais rarement sur de véritables réformes. Nous continuions à scier notre branche.
    
    Il se déroula près de vingt ans, pendant lesquelles le monde se perpétuait à cheminer vers le gouffre, où Novalia poursuivait de construire son pays, ou j’étais devenu ingénieur en botanique.
    La nature m’avait prise et ne m’avait pas abandonné.
    
    2043, la nuit du 21 au 22 août, il est 23 h 18 et je vois clair comme en plein jour.
    Je me souviens être sorti sur le balcon de mon appartement à Chicago et de me brûler les yeux en essayant de découvrir ce que le ciel cachait.
    
    Fait impressionnant, des aurores boréales apparaissent sur l’horizon. Je n’en crois pas mes sens et commence à paniquer.
    Je me dirige vers la télévision pour l’allumer, lorsque tout à coup, une coupure de courant m’arrête.
    Je me tourne vers la ville et constate que la panne est généralisée.
    Je prends mon téléphone dans l’espoir d’obtenir encore du réseau, il ne s’allume plus.
    
    La suite ne fut pas plus reluisante.
    La population eut le même réflexe, comme si l’instinct poussait l’homme à se rassembler pour lutter.
    Nous sommes tous descendus dans les rues pour échanger, nous rassurer et débattre sur cet évènement aussi soudain et inconnu.
    
    Les premières informations parlèrent de perturbations électromagnétiques qui avaient mis à mal les appareils et les réseaux terrestres.
    Puis au fur et à mesure que les énergies revenaient, d’une semaine à plusieurs mois, nous avions à nouveau accès au monde.
    Ce temps apparut interminable, l’impression de retourner à l’âge de pierre. Les hommes retrouvaient un instinct de survie qui pouvait pousser le plus saint aux pires exactions.
    
    La vérité demeura encore plus traumatisante.
    Cette fameuse nuit, l’astre de feu a éjecté de la masse coronale, ce que l’on appelle plus communément une éruption solaire.
    
    Cette masse s’est divisée en deux parties et a pris la direction de notre chère planète. Ce fait naturel reste fréquent et d’ordinaire l’association de notre atmosphère et de notre magnétosphère protège la terre et ses occupants.
    Mais cette fois-ci, plusieurs facteurs aggravants sont entrés en jeu.
    
    La première densité a déformé notre magnétosphère qui est l’élément principal de prévention. Les particules chargées ont détruit les satellites et créé les aurores boréales, ainsi que cette lumière intense. Ce que nous avons tous pu voir cette nuit-là.
    Mais la deuxième arriva presque immédiatement. La magnétosphère qui peut se symboliser en une couche de protection de plusieurs dizaines de milliers de kilomètres n’a pas eu le temps de se reformer.
    Elle ne prenait plus qu’une centaine de kilomètres. Et l’homme dans son égoïsme et son confort de vie a réduit l’atmosphère à une passoire.
    
    Les conséquences furent catastrophiques.
    L’Asie se trouvait aux premières loges lorsque les aurores boréales se transformèrent en décharges électriques et créèrent des incendies, explosions et autres phénomènes de destruction.
    Tous les appareils électroniques furent endommagés, laissant les survivants dans l’incompréhension et l’inconnu.
    
    Imaginez un monde où l’informatique régit tout, qui se retrouve sans cet élément essentiel.
    Plus de courant, plus de gaz, ni de fuel puisque les grandes machineries fonctionnent à l’électricité. Le carburant vient vite à manquer, rendant obsolètes les groupes électrogènes.
    Plus de traitement d’eau, les équipements médicaux inutilisables, et l’agriculture à l’arrêt fragilisent toute existence.
    Deux mois pour que Chicago reprenne la vie, ce fut le temps nécessaire afin que quatre-vingt-dix pour cent de la population asiatique disparaisse.
    
    Il n’y eut qu’un seul endroit sur terre qui ne subit aucun dommage, Novalia.
    Ils avaient construit un immense dôme au-dessus du pays pour recréer leur atmosphère et former une cage de Faraday, les protégeant des impulsions électromagnétiques.
    
    On a tous eu cette sensation que lorsque l’on touche le fond, on continue de sombrer.
    C’est ce qui se passa à cet instant, quand je réalisai que mon père possédait un pacemaker.
    
    J’appris quelques heures après qu’il n’avait pas survécu, et que ma mère s’était suicidée face à l’effondrement de son monde.
    
    Lorsque vous apparaissez au fond, une seule voie vous ramènera à la surface. Un changement de direction radical.

Texte publié par Calamus, 19 novembre 2020 à 16h00
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