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Tome 1, Chapitre 14 Tome 1, Chapitre 14

    Quelques jours plus tard, Oana était de retour au lycée. Simon ne la quittait pas d'une semelle. Son groupe de lascars tournait autour d'eux comme des satellites, repoussant les assauts des curieux.
    — Vous apprendrez rien de plus que ce qu’a été dit dans la presse ! criait Kévin sans arrêt.
    Ça faisait rire Oana. Et rire lui faisait du bien ces temps-ci. Finalement, ils n'étaient pas méchants, les nouveaux copains de son ami. Ils n'avaient juste pas les mêmes centres d'intérêt. Parfois, ils se révélaient surprenant. L'un d'eux, par exemple, avait lu tout Stephen King. Elle ne pouvait pas en dire autant !
    Littérature fantastique ou cinéma ancien, il allait falloir choisir car avec le rythme de cours du lycée elle n'aurait pas le loisir de faire les deux. En fait, c'était déjà tranché d'avance : elle préférait tout de même sa bande à elle. Et Pierre lui manquait.
    Il ne tarda pas à revenir lui aussi, il avait quelques pansements et la peau un peu rouge par endroits mais il était en forme. Elle aurait bien aimé s'isoler avec lui mais les autres continuaient à les protéger en permanence, dès qu'ils mettaient un pied dans la cour. De toute façon quand ils parlaient, c'était à propos de leurs amis encore à l'hôpital, et des prochaines visites qu'ils leurs rendraient.
    
    Un peu plus tard, Matthias reprit les cours à son tour. Comme il marchait avec des béquilles, Pierre lui portait ses affaires.
    À un moment, Simon prit Oana à part :
    — Dis-donc, qu'est-ce qu'il a de plus que moi ce Pierre ?
    — Pardon ?
    — Je te vois bien, depuis qu'il est revenu, tu le colles tout le temps et tu lui fais les yeux doux !
    — Alors d'un, il m'a sauvée la vie dans l'incendie où MOI j'étais venue sauver la TIENNE ! Et de deux, ça ne te regarde pas.
    — Bien sûr que ça me regarde : tu es MON amie !
    — Ah oui ? Je ne m'en suis pas trop rendue compte depuis la rentrée, tu vois ! Tu m'as méprisée et j'ai dû me débrouiller pour me faire des potes. Par chance pour moi, ils sont géniaux ! Et ils sont francs, eux !
    Oana fulminait. Elle n'arrivait plus à s'arrêter :
    — T'es jaloux, monsieur je-me-sacrifie-et-elle-me-doit-bien-quelque-chose-en-retour ? Tu vas te plaindre que je t'ai « friendzoné » ? As-tu pensé à l'effet inverse ? J'avais confiance en toi, je te croyais mon ami, et toi tu ne pensais qu'à me mettre dans ton lit ?
    — Eh, non, j'ai pas dit ça !
    — Mais tu l'as écrit.
    Simon devint tout rouge et regarda un point sur le sol, pas très loin de ses pieds. 
    — Alors on fait quoi maintenant ? continua Oana. On en reste là ? Je garde mes potes et tu retournes avec ta bande définitivement ?
    — Euh... non... excuse-moi... on pourrait reprendre comme avant. On était bien repartis, là, depuis ta sortie de l'hôpital.
    — Ça en avait l'air. Mais je crois que c'était faux. On avait tout enfoui sous le tapis. Si tu veux qu'on reste amis, va falloir tout reconstruire. Je n'ai plus confiance en toi. Je ne sais même pas si tu as le fond gentil ou si tu étais sournois toutes ces années !
    — Eh ! Mais bien sûr que je suis gentil !
    — Prouve-le, que tu n'as pas d'idées derrière la tête ! Que tu ne me crois pas ta chose !
    — D'accord ! Ben pour commencer, tu vas passer la journée avec ton Pierre, je ne veux plus te revoir ! On en rediscute demain !
    — Dans ce cas, au revoir !
    
    Oana lui tourna le dos et s'en alla, furieuse. À mesure qu'elle traversait la cour et se rapprochait de Pierre et Matthias, son humeur se calmait cependant. Elle se sentait manifestement mieux avec sa petite bande du lycée. Elle se demanda soudain si elle s'était jamais sentie bien auprès de Simon et à quel moment elle avait fait le choix d'être son amie. Aucun, conclut-elle. Lui avait agi consciemment, pas elle. On ne choisit pas sa famille, mais on choisit ses amis, prétend l'adage. Il était temps qu'elle choisisse réellement les siens !
    
    Elle glissa son bras sous celui de Pierre. Il la regarda, surpris, un sourire solaire s'amorçant sur son visage.
    Matthias plaisanta :
    — À quand le mariage ?
    — Je te parle de Zoé, toi ? se vexa Oana.
    Il se rembrunit.
    — Elle ne dit plus rien, tu sais.
    — Elle est réveillée ?
    — Depuis avant-hier, oui. Mais ses yeux restent dans le vague. J'ai peur qu'elle ait laissé une partie d'elle dans l'incendie.
    — Oh non, ça ne va pas recommencer ?
    Pierre s'immisça :
    — Est-ce que ton enregistreur a tenu le coup ?
    — Je n'ai pas réussi à le rallumer.
    — Il marche sur carte mémoire, n'est-ce pas ? Tu as essayé de l'extraire ?
    — Il est un peu cabossé à vrai dire, le clapet ne coulisse plus.
    — J'ai une boîte d'outils spéciaux pour réparer l'électronique, avec les tournevis à tête triangulaire, ceux à deux pointes et tout... Tu m'apporte ton gadget demain ? Je ne pourrai sans-doute pas le sauver mais avec un peu de chance on arrivera à récupérer la carte !
    Oana ajouta :
    — Zoé avait commencé à m'apprendre un charme pour attirer la bonne faveur des astres. J'en fabriquerai un ce soir, ça ne peut pas faire de mal.
    Pierre lui lança un regard noir d'abord puis ses traits se détendirent en une moue dubitative.
    — Après tout... ce que nous avons vécu est bien la preuve qu'il y a des choses qui nous dépassent !
    Il lui effleura les lèvres juste au moment où la sonnerie d'entrée en cours retentit, et s'enfuit vers les escaliers.

Texte publié par Lilitor, 8 février 2021 à 19h14
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