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Tome 1, Chapitre 28 Tome 1, Chapitre 28

Les jours passèrent et Tony était fier de présenter sa découverte. Désormais, il avait la possibilité d’améliorer le réacteur A.R.K. et d’en faire une technologie révolutionnaire dans le domaine de l’énergie verte et autogénérée. Personne ne savait exactement comment il était parvenu à un tel résultat. Il tenait bien gardées les informations de son père. En réalité, il craignait une nouvelle trahison depuis Obadiah. Dans tous les cas, le Conseil d’Administration applaudissait cet exploit qu’Howard Stark n’avait pas su réaliser et il approuvait le projet. L’unique personne au courant était François. En effet, Tony avait eu besoin d’un coup de main pour son invention. Ni Pepper ni Charline ne pouvait l’aider, car elles n’avaient pas les connaissances nécessaires.

Il avait croisé l’adolescent par hasard au détour d’un carrefour au centre de Malibu. Celui-ci faisait des achats pour de nouvelles expériences technologiques au grand dam de sa mère. Ils avaient alors longuement discuté. Le milliardaire lui avait fourni quelques conseils et ce fut le déclic. Tony avait lu son dossier de stage et ses projets étaient prometteurs. Ce jeune homme était un individu qui pouvait beaucoup apporter à Stark Industries maintenant qu’elle changeait de direction. Intéressé par la dépollution que l’entreprise avait engendrée au fil des années, Tony désirait travailler avec François. Au début impressionné, le français avait accepté la proposition de Tony.

Bien entendu, il avait craint que son bégaiement ne vînt poser des difficultés, car Tony Stark faisait attention à son image. Au contraire, cela montrait la diversité et le refus de discrimination. Et pourtant, avant l’arrivée de sa sœur dans sa vie, Tony n’avait jamais hésité à renier les personnes trop « différentes » à son goût ; un passage de son existence qu’il aimerait oublier.

Dans l’atelier, François admirait le matériel du milliardaire et il adorait bricoler dessus. Il se sentait à l’aise, dans son élément et Tony voyait en lui son successeur. Le prendre sous son aile était probablement son meilleur choix depuis bien longtemps. Jamais il n’avait été autant en fusion avec une personne dans ce milieu, hormis Ezekiel.

— Il faudra bosser sur les deux projets en parallèle. Le réacteur pourrait être la batterie de ton innovation. Allier les deux serait un grand avantage, sans compter que beaucoup d’investisseurs seront intéressés par cette technologie, expliqua Tony.

— Vous avez l’intention de vendre votre réacteur A.R.K. aux plus offrants ?

— Pas le réacteur en tant que tel, mais ton système de dépollution, s’il montre toute son efficacité, sera demandé par un bon nombre d’entreprises et d’administrations.

Jamais François n’avait imaginé travailler un jour avec Tony Stark, et encore moins voir son projet tant apprécié par lui. Le CEO s’intéressait fortement à son invention qui donnerait une valeur ajoutée à son entreprise.

« Monsieur, interpella J.A.R.V.I.S. par l’oreillette, votre sœur vient d’arriver. »

Cela signifiait que François devait quitter les lieux. Personne ne devait apprendre la vérité sur leurs origines et il savait que Charline commençait à souffrir de ne pas revoir ses amis, au moins François avec qui elle s’entendait bien. À de nombreuses reprises, elle avait été tentée de tout avouer, mais cela serait le mettre en danger avec sa mère. Ils ignoraient quels étaient les sbires d’Obadiah et à quel point Hydra était corrompue. Rester dans l’ignorance assurait leur sécurité pour l’instant et combien de temps cela durerait-il ?

— J’ai un rendez-vous, mais je vais demander à Pepper de te laisser les accès au bâtiment Recherche & Développement de Stark Industries. Elle te fera une visite et tu rencontreras les chefs de projets. Prends les dossiers avec toi — fit-il en l’aidant à préparer les affaires — et n’hésite pas à utiliser le matériel là-bas. Pepper viendra te chercher chez toi si cela te convient.

— Wouah ! C’est… c’est…

Inattendu ? François était surpris de cette proposition et il en fut honoré. Il ne savait pas comment le remercier, surtout que, sous l’émotion, il ne parvint pas à placer les mots correctement.

— Eh, François, ne doute jamais de toi.

— Merci beaucoup, monsieur Stark. Et… si… euh… Charly...

— Elle peut désormais prendre contact avec l’extérieur. Elle va beaucoup mieux et je lui dirai de t’appeler, rassura-t-il dans un léger mensonge.

En effet, comme pour tout le monde, François pensait son amie dans un établissement spécialisé en Europe. Il était bien loin de se douter que son absence de nouvelles était due à la sécurité pour éviter d’être pistée ; en revanche, Tony s’occuperait de faire le nécessaire afin de crypter les appels et de les faire passer par plusieurs serveurs à travers le monde. Charline ne pourrait pas rester longtemps au téléphone, mais cela lui permettrait d’être en contact avec ses amis.

Une fois François partit, Tony se dirigea à l’étage des chambres et rejoignit celle de sa sœur. Charline se tenait là, sur la terrasse. Ses ailes étaient délicatement repliées et le vent glissait sur les plumes. Elles devenaient de plus en plus marron et Elinia affirmait qu’il s’agissait d’un processus normal. Blanches à la naissance, elles changeaient de couleur par la suite. Tony voulut s’approcher, mais il se stoppa lorsqu’elles s’étendirent avec un petit battement. Elles étaient magnifiques, fières et elles possédaient une sacrée force. Tony avait malencontreusement pris un coup une fois et il s’en sortait avec un hématome.

— Désolée. C’est devenu un réflexe, raconta Charline avant de remettre ses ailes en place.

— Ne t’excuse pas ! J’ai pris le temps d’étudier le plan du terrain Seirian. Le matériel est presque prêt et on pourra l’emmener là-bas dès demain. Je connecterai J.A.R.V.I.S. au système de sécurité. Je ne veux rien laisser au hasard. Tant qu’ils seront au village, je m’assurerai de leur protection.

Cela prendrait encore quelques mois, mais le processus était en marche : les Seirians quitteraient la Terre. L’Ancien avait confirmé et discuté avec Elinia sur une planète nommée Xilo qui se situait dans la Galaxie du Tourbillon. De nombreux peuples y cohabitaient. Le gouvernement était composé de plusieurs espèces différentes avec des lois communes et des plus spécifiques selon les besoins. De plus, une poignée de Seirians y résidait, des rescapés, et ce peuple était sous protection, car considéré en voie de disparition. Les autorités Xiliennes n’avaient pas hésité à offrir refuge à la communauté Seirianne de la planète Terre.

De ce fait, le départ s’organisait. Les Seirians qui vivaient au cœur de la société humaine étaient libres de rester. En aucun cas, le contact ne serait rompu. Les sorciers mettaient en place des lieux sécurisés où les Ailés pourraient se retrouver et faire le voyage à travers les portails. Toutefois, ce détail était en négociation avec Xilo qui désirait demeurer dans l’ombre ; or, il craignait d’être découvert en cas de failles du côté des sorciers. L’Ancien, aux côtés d’Elinia, œuvrait pour trouver un arrangement acceptable pour tout le monde. Par la suite, les Seirians rejoindraient les leurs sur les terres cédées par le gouvernement Xilien.

En attendant, Tony s’employait à sécuriser les lieux dans le but de contrer toutes attaques d’Hydra. Maintenant qu’il reprenait le contrôle de Stark Industries, il devait gérer la menace de cette organisation, sans compter le départ futur de sa sœur. Tony n’était pas dupe ; Charline partirait sur Xilo. Elle n’avait rien dit, mais cela sonnait comme une évidence pour lui. Dans le fond, il ne s’inquiétait pas. Il était juste triste de cette séparation qui ne changerait rien. Il suffirait d’ouvrir un portail magique. Seulement, comment réussir à vivre sans elle alors qu’ils avaient passé seize ans ensemble ?

— Je ne serai pas toute seule là-bas, apaisa-t-elle en captant ses doutes, je n’aurai pas à me cacher. On pourra vivre au grand jour et Mike a décidé de m’accompagner.

— Son père est au courant ? Aux dernières nouvelles, il envisageait de l’enfermer jusqu’à ses trente ans dans sa chambre avec des barreaux et une porte blindée.

Charline grimaça.

— Non, et je crains une guerre nucléaire le jour où elle le lui dira.

— Je le comprends. Il est normal pour lui de s’inquiéter, tout comme je ne cesserai de m’inquiéter pour toi. Que feras-tu là-bas ?

— J’apprendrai à voler, à utiliser la magie et il y a une académie. Théa et Keelhna m’en ont parlé l’autre jour. Il y a un département pour la découverte d’autres planètes et d’autres êtres vivants à travers l’univers, de créer des relations diplomatiques. Une sorte de… StarFleet avec l’Enterprise, rit-elle.

Tony se tourna vers elle, perplexe. Elle songeait vraiment à voyager dans l’univers ? C’était de la folie. Il supportait mal l’idée qu’elle déménageât sur une autre planète, alors si elle décidait de partir à l’aventure dans l’espace, il n’y survivrait pas.

— Charly, c’est… non. Tu délires. Il est hors de question que tu fasses ça. Tu veux ma mort ?

— Tony, tu m’as dit un jour que j’avais le droit d’être de choisir mes études et de devenir qui je voulais.

— Oui, comme Présidente des Etats-Unis si tu veux vraiment faire dans le sensationnel, mais pas aventurière intersidérale.

— J’irai dans cette académie, Tony. Je serai formée au sein de One Galaxy, que tu le veuilles ou non. C’est la chance de ma vie. C’est l’occasion pour moi de trouver un but concret à mon existence. Si tu pouvais voir leur technologie, Tony, tu tiendrais un autre discours.

— J’ai Stark Industries ici.

— Et alors ? Ils cherchent des relations avec la Terre et on pourrait faire tellement de choses ensemble.

— Ce monde n’est pas prêt, Charly.

Son frère s’éloigna de la rambarde et tourna en rond un instant. Conscient qu’elle ne changerait pas d’avis, il ne chercha pas à l’en dissuader pour le moment. Après tout, le départ était prévu dans plusieurs mois et elle aurait bien l’occasion de revoir ses projets d’avenir. Il se promit d’en discuter à nouveau avec elle. Tony ne la laisserait pas vagabonder dans l’univers, c’était catégorique pour lui. Le trajet Terre-Xilo était suffisamment aventureux. Voyager dans l’espace, quelle mouche l’avait piqué ?

— Tony…

— On en reparlera, d’accord ? Il y a plus urgent à traiter.

Il était blessé et angoissé de la décision de sa sœur. Vivre séparément serait une épreuve. La savoir en vadrouille dans l’univers serait une torture. Charline ne pouvait pas le blâmer et elle espérait qu’il ne se fermât pas totalement à ce projet qu’elle envisageait avec sérieux. Elle suivit son frère lorsqu’il sortit de la chambre. Un appel d’Ezekiel coupa court au débat. Il était alarmé. Il tentait d’avertir son ami d’un danger imminent, d’un assaut, du Jericho. Il parlait vite et Tony le pria le ralentir pour comprendre. Seulement, il était trop tard. Des coups de feu retentirent dans la villa. Dans le salon en contrebas, des hommes avec des armes de guerre ciblèrent la fratrie Stark à la mezzanine. Tony attrapa sa sœur de justesse et ils se couchèrent au sol.

— Reste à terre ! obligea Tony.

Il la protégea de ses bras et de son corps. Si une balle devait passer à travers le muret, ce serait pour lui et non pour elle. Il profita de courtes secondes de calme pour se relever et entraîna Charline avec lui. Ils s’enfermèrent dans son bureau où il ouvrit un coffre dissimulé par un tableau. Il en saisit une arme à feu, la chargea et se rapprocha de la porte. D’un geste, il exigea de sa sœur qu’elle restât cachée derrière le meuble et de s’éloigner des fenêtres ; les vitres étaient pare-balles, mais il ignorait la puissance de feux de leurs ennemis.

— Tony…

— Ne bouge pas de là, compris ?

Son regard grave et colérique imposa l’obéissance. Il refusait que sa sœur fût dans la ligne de tir. Peu importait ces individus, il les abattrait sans remords pour protéger Charline. Était-ce là la mise en garde de son ami ? Il avait évoqué un assaut. Le Jericho ? Pourquoi ce projet était-il… non ! Tony comprit. Il avait détruit l’intégralité des fichiers concernant le Jericho ; or, il préservait tout sur son serveur privé ici. Hydra désirait se le procurer. L’organisation était informée sur les capacités de cette arme. Hors de question qu’Hydra s’en emparât et il répondit à l’interrogation muette de sa sœur.

— Ils veulent les sauvegardes du projet Jericho. J.A.R.V.I.S. a été déconnecté et je dois accéder à l’atelier pour tout remettre en route, et supprimer ce foutu fichier. Toi, tu restes là…

— Quoi ? Non, Tony ! Je peux t’aider !

— Charline, pour une fois dans ta vie, tu vas m’écouter. Tu ne bouges pas d’ici.

Comment braver ses yeux brûlant de haine pour ces intrus et d’inquiétude pour sa sœur ? Son ton et sa façon dont il s’était adressé à Charline confirmaient qu’il ne céderait aucune marge de manœuvre. Il affronterait seul leurs adversaires. Tony s’approcha de la porte avec prudence. Il l’ouvrit, le couloir semblait désert. Il sortit l’arme braquée et il renferma Charline. Elle se sentait si inutile. La peur la prenait aux tripes, mais elle ne pouvait laisser son frère leur faire face seul. Il avait déjà reçu une balle. Il avait failli y rester et elle n’accepterait pas que cela se reproduisît. Elle réfléchit un instant avant d’entendre des échanges de tirs et des bruits d’affrontement. Et si Tony ne parvenait pas à supprimer le fichier ? Charline ne connaissait pas ce projet Jericho, mais il devait être important pour qu’une telle entreprise fût organisée contre eux afin de dérober ces informations.

Elle respira un bon coup, saisit son courage à deux mains et se faufila hors du bureau. Elle traversa la mezzanine, se rua dans l’escalier et se retrouva face à un agent d’Hydra. Il visa et tira en manquant sa cible. L’adolescente s’était réfugiée derrière le bar. Elle prit sa tête entre ses mains afin de se protéger des chutes de débris : les verres, les bouteilles, les miroirs, tout explosa à l’impact des balles. Coincée derrière le meuble, elle n’avait aucune issue : d’un côté, elle serait devant l’ennemi et, de l’autre, c’était la baie vitrée avec la terrasse surplombant l’océan Pacifique. Son regard s’y stoppa un instant. Et si c’était là son unique salut ?

Ses entraînements de vol prouvaient qu’elle était à deux plumes de réussir. Un petit coup de pouce ne serait pas de refus ; l’adrénaline et la menace étaient peut-être cette aide dont elle avait besoin. Sauter dans le vide, littéralement. C’était son échappatoire. Si elle n’agissait pas maintenant, Hydra la kidnapperait et elle s’interdisait de servir de cobaye à ces monstres. Elle avait peur. Le courage et la détermination de son frère se diffusèrent en elle. Charline eut cette force de prendre une décision, de prendre la décision qui pourrait très bien la tuer si elle échouait. Si seulement ils prenaient soin de garder leur double anneau avec eux, Tony et Charline auraient pu se sortir de cet enfer. Le manque d’habitude.

Charline ferma les paupières. Elle inspira et expira profondément, et avec calme. Tout aller se jouer maintenant, en quelques secondes. Elle sentait ses ailes vibrer et s’agiter face à ce qui allait se produire. Elles voulaient s’étendre et être enfin dans les airs. La Seirianne voulait voler. C’était un désir indescriptible et elle savait, au plus profond de ses entrailles, qu’elle y parviendrait. Elle était une Seirianne. Elle était une Ailée. Sa vie était dans les cieux et non sur la terre ferme. Charline ouvrit les yeux. Une lueur de détermination y brillait. Elle attendit que son ennemi rechargeât son arme pour agir. Elle se releva et fonça vers la terrasse dont la baie vitrée était ouverte. Elle courut sans s’arrêter, sans se retourner. Elle sentit ses ailes se déployer. Elle entendit son adversaire hurler : « Elle va s’échapper. » Charline monta sur le rebord du mur et sauta.


Texte publié par Charlotte-Marguerite, 14 novembre 2020 à 10h03
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