Pourquoi vous inscrire ?
«
»
Tome 1, Chapitre 27 Tome 1, Chapitre 27

À New York, un homme venait de découvrir une sombre vérité. Un dossier crypté s’était retrouvé entre ses mains à force de fouiller afin de trouver les pires horreurs de son père. Qui aurait pu prédire qu’il dénicherait sur de tels documents ? Qui aurait pu prévoir une telle trahison ? Choqué et anéanti, Ezekiel se laissa tomber lourdement sur le fauteuil de l’ancien bureau d’Obadiah. Au quartier général d’Hydra, il tentait de rassembler toutes les données dans le but d’éliminer l’organisation une bonne fois pour toutes. Seulement, jamais il n’aurait imaginé faire cette terrible découverte. Comment parviendrait-il à regarder son meilleur ami en face ? Comment réussirait-il à lui avouer ce qui s’était passé cette nuit-là ?

La nouvelle le détruirait. Tony ne l’accepterait jamais. Des morts inutiles. Des morts pour une simple vengeance. Des morts pour une simple entreprise. Obadiah n’avait reculé devant rien et il n’aurait reculé devant rien. Il aurait abattu Tony sans remords et il en aurait fait de même avec sa sœur dans le but d’avoir les pleins pouvoirs sur Stark Industries. Une telle puissance entre les mains d’un seul homme, un fou, un psychopathe, aurait mené le monde à la 3e Guerre Mondiale. Et dire qu’il s’était fait passer pour l’ami de la famille. Il avait épaulé les héritiers Stark. Il avait pleuré les défunts parents. Il avait rendu hommage au grand Howard Stark et il n’avait cessé de présenter la douce Maria comme la meilleure femme et mère qu’il avait pu rencontrer dans sa vie. Comment un homme pouvait-il être aussi irrespectueux et odieux ? Personne n’avait rien vu venir. Obadiah avait finement caché ses traces et, aujourd’hui, son fils déterrait ses plus sombres secrets, ceux qui auraient dû rester sous terre à jamais.

Ezekiel referma le dossier. Comment aurait-il ce courage d’annoncer à son ami d’enfance que ses parents n’étaient pas morts dans un accident ? Il n’existait aucune façon de le dire avec tact et sans causer de souffrance ; or, Tony méritait de connaître la vérité.

L’agent d’Hydra rangea les documents dans une sacoche, récupéra la clé USB et quitta le bureau avec hâte. Il ne souhaitait pas s’attarder dans le coin. Les lieux étaient devenus dangereux pour lui. Son comportement risquait d’être suspect et il ignorait en qui avoir confiance. Seule une poignée d’individus le secondait dans sa mission : priver Hydra des armes Stark Industries et l’éliminer définitivement.

— C’est fait ? questionna-t-il à un collègue qui le rejoignit dans le couloir.

—Oui. Quand voulez-vous passer à l’action ?

— Le plus tôt possible. J’ai quelques affaires à vérifier et à régler. Tenez-vous prêt !

Ezekiel respira profondément. Il analyserait avec soins les dossiers entre ses mains avant d’aller affronter Tony.

Ce dernier se trouvait dans la maison de campagne de ses parents en compagnie de Charline. Depuis l’annonce de la fermeture définitive de la manufacture d’armes, le Conseil d’Administration et les actionnaires ne cessaient de faire pression dans le but de connaître les perspectives d’avenir de l’entreprise. À défaut de réponses satisfaisantes dans les plus brefs délais, ils menaçaient de l’écarter de la gérance en invoquant un stress familial qui le rendait inapte à diriger Stark Industries et à protéger ses intérêts. De ce fait, il avait cherché un os à leur donner à ronger. Et là, il eut l’idée de se replonger dans le projet de son défunt père : le réacteur A.R.K..

Il s’agissait d’une source d’énergie unique et autogénérée. Howard Stark en avait fait son projet fard avant de réaliser qu’il s’engageait dans un cul-de-sac. Le seul prototype était le réacteur géant utilisé sur le site de Los Angeles et qui servait à alimenter plusieurs bâtiments. Loin d’être optimisé et sans trouver une solution durable, le réacteur A.R.K. avait été abandonné bien des années auparavant. Aujourd’hui, Tony décida qu’il était temps d’éplucher à nouveau le dossier. Il était convaincu que son père avait détenu des informations primordiales, mais qu’il n’avait pas eu l’occasion d’aller jusqu’au bout du projet.

Lorsque Charline avait compris que son frère envisageait de fouiller le grenier et le bureau de leur père dans la maison de campagne, elle n’avait pas hésité à lui proposer son aide. L’avenir de la Stark Industries était aussi son affaire et elle refusait de laisser Tony seul dans ce combat. La douleur à son dos avait disparu et ses ailes s’étaient redressées en quelques jours. La jeune fille ne volait toujours pas, mais cela ne serait tarder.

Ensemble, ils fouinaient dans les archives de leur père dans la longère campagnarde à plus d’une heure de New York. Aucun des deux ne savait exactement ce qu’ils cherchaient, surtout Charline dont les notes lui étaient incompréhensibles. Son frère était plus apte à comprendre et à dénicher les informations importantes. Des photos, des cahiers annotés, des croquis, les malles étaient pleines de documents brouillons et incomplets. La plupart de ces données, Tony les connaissait déjà et rien dans tout ceci ne permettait d’améliorer et de parachever le réacteur A.R.K.. Était-il réellement un projet voué à l’échec ? Et si Howard avait eu tort depuis le début ? Leur père était entêté et loin d’être stupide. S’il avait tant eu foi à ce projet, cela était pour une bonne raison. Avait-il découvert quelque chose qu’il n’avait pas pu finaliser ? Pour quelle justification ? Ces recherches prouvaient qu’il n’avait jamais cessé.

— Il n’y a rien, désespéra Tony en balançant des feuilles au sol.

Charline abandonna la pochette qu’elle fouillait afin de s’asseoir aux côtés de Tony, à même sur le vieux parquet.

— Papa aurait abandonné s’il avait su que cela ne mènerait à rien. S’il a persisté, c’était qu’il attendait quelque chose. Il savait qu’il pouvait faire plus. Tu as regardé les Super 8 ? Il parle de la Stark Expo…

— Ce n’est pas ça qui va aider, coupa-t-il.

Sa nervosité se faisait nettement ressentir. Sans rien entre les mains, il risquait de perdre Stark Industries. La bataille juridique serait longue et épuisante, et il ignorait s’il aurait le courage de la mener jusqu’au bout. Sa sœur ne voulait pas renoncer à l’entreprise. Elle soutenait son frère dans ce renouveau et elle l’épaulerait.

— Va te reposer ! Je continue. Je vais visionner ces vidéos. Avec un peu de chance, tu seras dessus, rit-elle.

— Oh, non ! Ok. On en regarde une et on va se préparer un repas après, d’accord ?

— Marché conclu, accepta Charline en tendant la main qu’il saisit.

Durant l’heure qui suivit, la fratrie s’était installée dans le salon. Tony avait mis en place le matériel nécessaire afin de visionner les Super 8 que leur avait laissé Howard. Charline s’était occupée de fermer les volets, de préparer boissons et pop-corn. Elle voulait profiter de ce moment pour détendre son frère, lui faire oublier les problèmes de Stark Industries, Obadiah et tout le reste. Au bout du compte, elle ignorait depuis combien de temps ils n’avaient pas savouré de tels moments ensemble : longtemps, trop longtemps. Ils avaient le droit à ce petit bonheur, même un bref instant.

L’adolescente repartit à l’étage des chambres pour trouver un plaid. Là, elle se dirigea vers la sienne qui était restée dans son jus d’enfance. Ils n’étaient que peu revenus après la mort de leurs parents. Tony n’avait pas supporté être ici, sans eux. Leur perte avait été trop douloureuse pour lui. Et puis, le temps avait passé. Les séjours s’étaient espacés et ils avaient abandonné les lieux. Charline regrettait presque de ne pas avoir vraiment vécu sur ce domaine. Il était magnifique. Il était d’un terrain verdoyant, rempli de couleurs et de senteur à partir du printemps. En hiver, il se revêtait d’un beau manteau blanc. Situé au bord d’un lac en bordure de forêt, c’était un havre de paix que Charline redécouvrait.

Son regard fixa l’extérieur alors que le parquet grinçait sous ses pieds. Le bois et les pierres apparentes offraient chaleur et douceur. Les poutres avaient été peintes de papillons, d’oiseaux et de licornes. Sur le mur, de nombreux clichés étaient accrochés. Charline en saisit une qui montrait l’ensemble de sa famille : Maria, Howard, Tony et elle bébé. Elle ne se souvenait plus de cette époque, trop jeune, et le visage de ses parents ne lui restait en mémoire que grâce aux photos de la villa. Tony avait continué à entretenir cette longère, probablement dans l’espoir d’y revenir un jour.

Des larmes coulèrent sur ses joues. Seraient-ils déçus de leur fille ? Comment auraient-ils réagi face à leur enfant au fond du gouffre au point de songer au suicide et à s’automutiler ? Leur présence lui manquait. Elle aurait aimé grandir à leurs côtés et vivre toutes ces joies et ces peines avec eux. Elle aurait aimé être dans les bras de sa mère et avoir la sécurité de son père. Elle aurait aimé se réfugier dans leur réconfort et leur assurance. Tony l’avait élevé avec dignité. Il avait été le père, le frère et l’ami, mais jamais il ne pourrait remplacer la présence de leurs parents. C’était un vide que Charline ressentirait toujours et qui ne se comblerait jamais.

Elle sortit de ses pensées lorsqu’une main se posa sur son épaule. Elle tourna ses yeux vers Tony qui lui sourit tendrement.

— Tu es sûr de vouloir regarder ces films ?

— Oui. Il y a peut-être quelque chose qu’on a raté. On doit aller jusqu’au bout et tout vérifier.

Par la suite, ils se mirent à regarder les nombreuses vidéos. Une. Puis une deuxième. Et une troisième. Hormis présenter la Stark Exposition, aucun indice sur le réacteur A.R.K.. Ces documentaires ne leur serviraient pas et Tony se décourageait de trouver une solution. Il continuait de croire au projet de leur père, mais il fallait parfois se rendre à l’évidence : et s’il s’était trompé depuis le début ?

— Eh, celui-là…

— Arrête ! Cela ne sert à rien. Papa ne savait sans doute même pas ce qu’il faisait.

— Papa était un génie. Il n’aurait pas fait tout cela s’il n’était pas certain de tenir une révolution entre ses mains, répliqua Charline.

Tony l’observa, surprit de son ton.

— Et puis, il y a ton nom sur cette bobine.

— Sérieux ?

En effet, sur la boîte était indiqué : « Stark Expo 1974 — Tony ».

— Ce n’est pas une coïncidence. La dernière. S’il te plaît, insista sa sœur.

Tony accepta, car il était assez curieux de savoir ce que leur père avait à lui dire. À lui. Pourquoi avoir marqué son nom ? Avait-il un message pour lui ? Après tout ce temps. Après toutes ces années. Pourquoi ne pas lui avoir parlé de son vivant ? Il sortit de ses pensées lorsque Charline activa le Super 8. La vidéo présentait Howard en répétition pour la Stark Exposition de 1974. La décoration laissait supposer les locaux de Los Angeles. De temps en temps, Tony — enfant — s’incrustait et mettait en colère son père. Charline en rigolait tandis que son frère se remémorait avec nostalgie cette époque où il aurait aimé qu’il fût plus présent pour lui.

Alors qu’ils avaient songé le film terminé, Howard réapparu après plusieurs secondes d’écran noir. Il ne s’adressait pas au public, non, il s’adressait directement à son fils. Tony, étonné, écouta attentivement sans pour autant attendre quelque chose en particulier. Il regrettait seulement que son père ne lui eût pas parlé de vive voix quand il en avait eu l’occasion. Probablement que l’adolescent qu’il avait été aurait fait la sourde oreille.

« Tony, tu es trop jeune pour comprendre, alors je fais ce film pour que tu puisses, un jour, saisir le sens de ce travail. J’ai construit tout cela pour toi — fit-il alors qu’il montra la maquette de la Stark Expo — et pour le monde. C’est le travail de toute ma vie. C’est la clé de la vie, la clé de l’avenir. Je suis limité par la technologie de mon temps et quand tu comprendras, et que tu reprendras mes travaux, tu changeras le monde. Ce qui est et restera ma plus belle création, c’est toi. »

Touché par ces paroles, Tony retint ses larmes tandis que sa sœur se leva, intriguée par ce qu’elle venait de voir. Elle prit soin d’éviter de renverser le matériel avec ses ailes quand elle s’approcha du Super 8. Elle stoppa le film et le rembobina pour le remettre une seconde fois.

— Qu’est-ce que tu cherches ?

— C’est la clé. Il vient de donner la solution. Faut avoir un peu d’imagination, mais son truc ressemble à un… c’est… un…

— Truc ? taquina son frère.

— Attends, tu vas voir.

Elle s’empara d’un cahier et dessina sur une page vierge un croquis de la Stark Expo vue du ciel.

— Un vaisseau spatial ? En forme de soucoupe devant et de chauve-souris derrière ?

Charline ne cacha pas son désappointement et continua son ébauche. Celui-ci finit par évoquer quelque chose à Tony, car il eut un air sérieux. En pleine réflexion, son regard passa de l’esquisse à l’arrêt sur image de la maquette de la Stark Exposition.

— Merde ! C’est un atome, déclara-t-il, si on pouvait modéliser la maquette, on découvrirait ce que papa avait en tête. Il voulait créer quelque chose de nouveau. C’est cet élément qui pourra alimenter durablement et efficacement le réacteur.

— Voilà, c’est ce que je voulais dire.

Il saisit la feuille et embrassa sa sœur sur le front dans un grand sourire.

— Ma sœur est un génie.

— Comme quoi, sortir du M.I.T. major de sa promo’ ne fait pas tout, taquina l’adolescente, tu vas faire quoi maintenant ?

— Je vais faire venir la maquette dans l’atelier. J.A.R.V.I.S. s’occupera du reste, mais je dois aussi voir Keelhna pour les plans du territoire. Il doit terminer de faire le tour aujourd’hui.

— Bah, je peux m’en charger, proposa Charline, je connais bien le domaine maintenant et je t’ai déjà vu gérer les plans de sécurité plusieurs fois. Je maîtrise le terrain là-bas, je saurai bien repérer les zones où installer les caméras et les radars. Tu n’auras qu’à compléter et affiner par la suite. Tu ne peux pas tout gérer, Tony. Laisse-moi t’aider. Tu as déjà fait beaucoup jusqu’à maintenant et je veux participer.

L’homme avait la sensation de ne plus reconnaître sa sœur. Elle prenait le dessus sur sa souffrance. Elle luttait contre son malaise pour avancer dans la vie, car, désormais, elle avait un but. Elle refusait de s’effondrer, de céder son existence entre les mains du sort sans réagir. Elle n’acceptait plus de voir les autres se démener pour elle tandis qu’elle lâchait prise. Tony en était convaincu, sans cette nouvelle chance avec les Seirians, Charline aurait fini par abandonner et par se laisser mourir. Leurs origines ne l’effrayaient pas. Elle les accueillait les bras ouverts. Elle doutait encore par moment. Il sentait qu’elle combattait et qu’elle résistait, mais elle se relevait.

— Quoi ?

— Jamais je ne t’avais vu aussi ainsi : combattante, déterminée, joyeuse. Ou alors ce sont des deux dernières années qui m’ont fait oublier qui tu étais vraiment. Je ne sais pas.

— Peut-être un peu des deux. Je me redécouvre et je ne laisserai pas la fatalité avoir raison de moi.

En plus d’une semaine au sein des Seirians, Charline avait changé et Tony ne saurait exprimer son soulagement et son bonheur de la voir aussi rayonnante. Il continuerait de s’inquiéter pour elle, mais il dormait désormais l’esprit tranquille ; à la condition qu’aucun drame ne survînt entre temps, car elle avait besoin de stabilité.


Texte publié par Charlotte-Marguerite, 9 novembre 2020 à 13h24
© tous droits réservés.
«
»
Tome 1, Chapitre 27 Tome 1, Chapitre 27
LeConteur.fr Qui sommes-nous ? Nous contacter Statistiques
Découvrir
Romans & nouvelles
Fanfictions & oneshot
Poèmes
Foire aux questions
Présentation & Mentions légales
Conditions Générales d'Utilisation
Partenaires
Nous contacter
Espace professionnels
Un bug à signaler ?
2085 histoires publiées
921 membres inscrits
Notre membre le plus récent est Lone Wolf
LeConteur.fr 2013-2022 © Tous droits réservés