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Tome 1, Chapitre 25 Tome 1, Chapitre 25

Dans les jours qui suivirent, Tony fit des allers-retours entre l’Écosse et la Californie malgré les recommandations des guérisseurs. Encore en convalescence, ils lui conseillaient du repos. Malheureusement, Tony Stark était loin d’être un individu qui tenait facilement en place. De plus, il avait des affaires importantes à régler avec son entreprise. Les nombreuses fraudes réalisées par Obadiah avaient mis le Conseil d’Administration en colère et il réclamait des comptes désormais. Pour lui, il était inconcevable qu’il eût pu entreprendre seul de telles démarches. Une enquête interne avait été ouverte afin de déterminer s’il avait eu des complices. Ezekiel était dans le collimateur, bien que Tony doutât de son implication. Il faisait nettement confiance en l’instinct des Seirians pour savoir que son ami d’enfance n’avait pas agi de concert avec son père.

La magie des Seirians ! Tony souffla avec discrétion tandis qu’il guettait le moindre mouvement et le moindre bruit autour de lui. Il sentait le vent et la terre, cette nature si vivante que Charline aimait tant. Il comprenait à présent son désir de vivre dans de grands espaces et d’éviter les villes, tout comme la foule. Sa sœur avait été plus sensible que lui aux pouvoirs qui coulaient dans leurs veines. Il avait beaucoup discuté avec Elinia sur leur peuple et il se surprenait à accepter ce qu’il était sans rechigner, lui qui — pourtant — était un ingénieur et scientifique. Il avait toujours été ainsi, même si leur magie ne s’était pas encore totalement révélée. L’unique détail qui l’inquiétait un peu était les ailes de Charline qui tardaient à surgir.

D’ordinaire, la fille naissait avec si le frère était déjà présent. Dans le cas contraire, elles apparaissaient à la naissance de ce dernier. Charline aurait dû naître avec ses ailes ; selon la matriarche, cela s’expliquait par le fait qu’ils ignoraient ce qu’ils étaient et leur magie « dormait ». Outre cela, elle craignait que la fratrie Stark eût perdu une partie de leur magie, car le sang humain était plus que majoritaire en eux ; à l’inverse du reste des Seirians. Malgré tout, cela ne voulait rien dire et rien n’était définitif. Charline sentait des picotements dans son dos et Elinia gardait espoir qu’elle pût un jour prendre son envol — littéralement parlant.

— Tony, vous êtes avec moi ?

Pepper le sortit de ses pensées. Son assistante était dans l’ignorance. Pour elle, comme pour la majorité du monde, Obadiah avait été abattu par les agents fédéraux, il était accusé de fraudes fiscales et de détournement de fonds financiers, et Tony Stark avait été soigné dans un hôpital privé sur la côte Est. Les sorciers avaient contribué à cette vérité, car il était important de protéger leur existence et celle des Seirians.

— Depuis votre annonce de fermer la manufacture d’armes, l’entreprise a perdu en bourse. C’était prévu, mais avec les événements d’Obadiah, je n’aurais pas pensé que vous iriez jusqu’au bout du processus. Des investisseurs veulent nous lâcher, certains ont déjà lancé la demande et les avocats ne peuvent pas leur donner tort de rompre les contrats.

Elle parla, encore et encore. Sa chevelure rousse tranchait avec son tailleur bleu marine et sa chemise blanche. Elle semblait nerveuse par toutes ces révélations et les conséquences que cela engendrait.

— On va perdre beaucoup d’argent…

— L’argent ne fait pas tourner le monde, Pepper. Les armes non plus. L’entreprise se relèvera, car l’investissement qui était destiné à cette manufacture sera désormais reversé au département Recherche et Développement. L’évolution technologique est l’avenir du monde.

— Je ne vous comprends plus, avoua Pepper en posant son dossier sur le bureau, vous avez tant changé. Que s’est-il passé ?

Si elle savait ! Pepper devait être préservée. Elle devait continuer à ignorer les origines de la famille Stark, d’Hydra et des sorciers. Ce monde était bien plus vaste que ce que Tony avait imaginé et il se demandait comment il allait gérer tout cela à l’avenir. Il devrait penser à beaucoup de choses. Bon, d’abord Stark Industries et il aviserait après.

— Comment va Charly ? Ce nouvel établissement lui convient mieux ?

— Très bien. L’air de l’Europe et le dépaysement lui font le plus grand bien. Elle passe son temps à l’extérieur.

Un demi-mensonge. Charline se trouvait bien en Europe en pleine nature, profitant des vertes collines et du lac ; en revanche, elle n’était pas internée dans un nouvel hôpital. L’adolescente s’y sentait bien. Elle était apaisée, libérée et Tony avait conscience qu’elle ne reviendrait jamais en Californie. Sa sœur était chez elle parmi les leurs en Écosse. La distance était douloureuse, mais la magie leur permettait de se rejoindre avec un simple portail magique. Certes, Tony avait encore besoin d’un coup de main de Gabriel afin de le réussir correctement.

Un frappement à la porte le sortit de ses pensées. La secrétaire annonça l’arrivée d’Ezekiel.

— Qu’il atten…

— Qu’il entre, coupa Tony, Pepper, vous pouvez nous laisser.

Surprise, elle l’observa les yeux grands ouverts. Son père était un traître, et son fils l’était aussi sans aucun doute. Il n’était pas le bienvenu ici. Son supérieur insista d’un regard et son assistante quitta le bureau avant d’y laisser pénétrer Ezekiel. Ce dernier s’installa sur le canapé couleur ivoire près de la baie vitrée. La vue plongeait sur le vaste domaine de l’entreprise. Le parking et les espaces verts s’étendaient et serpentaient entre les nombreux bâtiments. Ezekiel, tout comme Tony, avait vu cet endroit s’agrandir et se développer. Personne n’aurait cru, qu’un jour, Stark Industries deviendrait aussi importante pour le monde et pour l’Amérique.

Tony ouvrit un placard, en sortit deux verres et une bouteille de whisky. Tant pis pour la sobriété et la réunion d’ici deux heures, ils avaient besoin d’un remontant avec ces derniers événements. Son ami d’enfance accepta le verre avec plaisir et ils trinquèrent en silence.

— Comment vous allez, toi et Charly ?

— Moi, je ne sais pas. Entre Obadiah, les Seirians et les sorciers, cela fait beaucoup à digérer et à faire. Pour Charly, elle gardera des séquelles. Elle a toujours des moments de doutes et des pensées dures à sentir pour moi, mais elle va bien. En fait, jamais je ne l’avais vu aussi libre. Elle accepte la situation. Elle apprend à gérer ce qu’on est. Elle se plaît en Écosse en compagnie des autres et Mike l’initie à la magie, pour ce portail bien pratique pour voyager. Je crois que…

Oserait-il l’avouer ? Il était compliqué pour Tony d’admettre que sa tendre sœur ne reviendrait pas vivre avec lui. Sa vie était au sein des Seirians, dans leur communauté. Elle n’était pas faite pour vivre intégrée parmi les Hommes.

— Je crois qu’elle ne reviendra pas. Elle aime sa vie là-bas. Elle ne me le dit pas, mais je sens.

— Est-ce vraiment un mal ? Cela ne m’étonne pas, tu sais.

— Moi non plus. C’est d’une nouvelle vie dont elle a besoin pour continuer et elle l’a trouvé.

En deux ans de détresse, de haut et de bas, c’était la première fois que l’adolescente était aussi sereine et prête à affronter ses problèmes. Avec Michaëla, elles formaient un beau couple. Charline renaissait de ses cendres même si la route restait longue. Cependant, elle acceptait de vivre avec son passé et elle lui faisait face. Tony se devait de la laisser partir. Il en souffrait, mais c’était la meilleure décision.

— Et toi ? Je ne pense pas que tu sois venu uniquement pour parler de Charly et de moi. Qu’est-ce que tu as découvert chez Hydra ?

— C’est la merde ! Des membres du conseil sont corrompus même s’ils tentent de le cacher. J’avais pensé cette branche éteinte avec la Seconde Guerre Mondiale. Hydra était déchirée à cette époque. L’organisation vivait une véritable guerre interne. Les extrémistes avaient toujours existé, mais ils étaient restés dans l’ombre en attendant le moment propice. L’arrivée d’Hitler au pouvoir était cette occasion pour eux de se montrer et de prendre le contrôle d’Hydra. Après cette guerre, Hydra a fait croire à sa disparition pour se relever. Depuis, on agit discrètement dans le plus grand secret. Notre but est de protéger le monde, et de découvrir quelles espèces vivent à nos côtés, d’être en contact avec elles et d’apprendre d’elles, car on sait que l’univers est grand et qu’on n’est pas seul. Les Seirians étaient comme une légende pour nous.

« On a eu tort. Ces fumiers étaient là, parmi nous, et personne n’a rien vu venir. Je n’ai jamais compris la raison pour laquelle mon père tenait tant à débusquer les Seirians, ni pourquoi il voulait absolument se saisir de Stark Industries. J’ai lutté pour faire comprendre qu’il fallait travailler avec toi et non contre toi. Que jamais tu ne céderais ton entreprise ! Mon père agissait sous la haine et la vengeance, car il avait songé que Howard lui laisserait les rênes. Tout ce qui comptait pour lui était les armes et ce qu’elles pourraient apporter à sa cause. Quand il a compris que tu envisagerais de fermer cette manufacture, il est devenu dingue et il faisait tout pour t’écarter. Il ne me parlait pas beaucoup, mais son regard en disait long.

« Même sans cette manufacture, j’essayais de convaincre le conseil que Stark Industries et toi seriez de puissants atouts pour nous. Tu es un génie dans l’innovation technologique et ce sont des personnes telles que toi qui nous manquaient. Au bout du compte, je suis plutôt heureux que rien n’ait été conclu. »

— Je n’ose même pas imaginer ce qui se serait produit sur Obadiah avait mis la main sur l’entreprise. Il aurait mené le monde à la 3e Guerre Mondiale. Il a souvent attaqué Charly. Ses remarques déplacées n’étaient pas si anodines que cela finalement.

— Il la jugeait responsable et aucun doute qu’il l’aurait éliminé à terme. Tu savais qu’il lui avait raconté qu’elle aurait dû mourir à la naissance ?

La colère dans les yeux de Tony prouvait que non. Obadiah avait osé ? Heureusement qu’il était mort, sinon, le milliardaire lui aurait fait la peau. Qu’avait-il fait d’autre ? Qu’avait-il dit d’autre ? Aucun doute pour les deux amis que des cadavres dormaient sagement dans un des placards d’Obadiah et qu’ils attendaient patiemment d’être découverts.

— Je comprends mieux certaines de ces paroles maintenant. Que comptes-tu faire avec Hydra ?

— Je l’ignore encore. Je me demande si cela vaut le coup de tenter un sauvetage. Peut-être qu’Hydra a fait son temps et qu’il faut tout détruire.

— C’est extrême quand même.

— Que faire d’autre ? Si le conseil est corrompu, je n’espère plus grand-chose et ce serait la solution la plus raisonnable pour tous nous protéger. L’unique avantage est qu’ils ne possèdent pas tes armes de guerre, seulement de petits calibres, et je sais où les trouver.

Et il les détruirait. Ezekiel détruirait absolument tout. Il soupira avant de vouloir reprendre la conversation, mais il se stoppa en remarquant le regard troublé de son ami.

— C’est Charly ? Cela ne va pas ?

— Je ne sais pas. C’est bizarre. Elle semble troublée et perdue. Elle est avec Mike et… bon sang, il va vraiment falloir qu’on arrive à canaliser ce partage.

Tony n’était pas dupe sur ce genre de désir qu’éprouvait sa sœur. Il savait ce que les deux adolescentes envisageaient de faire et il ne put empêcher un malaise le saisir. Il refusait de ressentir cela. C’était de la vie privée de sa sœur. Cependant, elle n’avait que seize ans. Elle était trop jeune. Bordel ! Jamais Tony n’avait abordé un tel sujet avec Charline. En réalité, il l’avait souvent repoussé et jamais il n’avait pensé que cela arriverait un jour. Enfin, pas tant qu’elle serait mineure. Devait-il les laisser faire ou les arrêter ? S’il acceptait, ce partage serait bien trop intrusif et, non, il ne pouvait pas laisser faire.

— Eh, Tony ! Je pense qu’elles sont assez grandes pour savoir ce qu’elles font.

Autant dire que son ami était amusé par la situation. Tony Stark ne se gênait pas pour faire tomber les femmes dans son lit quand bon lui semblait ; en revanche, il était dans tous ses états lorsque sa petite sœur s’apprêtait à être dans les bras de quelqu’un.

— Tu as accepté leur relation, alors tu ne pourras pas les interdire de franchir le cap. C’est dans l’ordre naturel. Si tu t’interposes, elles t’en voudront.

— Non. Non, Zéké ! Tant que Charly sera sous ma responsabilité, elle ne fera rien du tout.

Et il ne pouvait pas laisser ce partage aussi vivace. De plus, oui, elle avait peur. Elle doutait et elle craignait. Une terrible angoisse pointait le bout de son nez et Tony se demandait si sa sœur en avait conscience. En réalité, elle n’était pas prête. Il devait la protéger. Tony sortit le double anneau que lui avait laissé Gabriel et il tenta avec maladresse d’ouvrir un portail. Le milliardaire était tellement nerveux qu’il ne parvenait pas à réaliser la moindre étincelle de magie, là où Charline avait réussi en seulement quelques heures.

— Tu es trop stressé, Tony.

— Ferme-là !

Ezekiel ne lui en tint pas rigueur. Au contraire, il se chargea de guetter l’extérieur afin que personne ne vînt les déranger. Après toutes leurs précautions, il serait idiot d’être démasqué maintenant. Au bout de plusieurs essais infructueux, Tony réussit à former un maigre portail jusqu’en Écosse.

— Occupe Pepper le temps que je revienne. Elle va encore me faire un scandale, demanda-t-il à son ami qui se retint de rire.

Le temps était maussade en Écosse. La brume ne se levait pas depuis le matin et l’atmosphère aurait pu accueillir un tournage de films d’horreur ou fantastique. De l’autre côté du lac, le fantôme d’un château se dressait sur une colline tandis que le vent sifflait sur les landes. Le soleil percerait, mais pas aujourd’hui. Le village des Seirians s’animait tranquillement. Certains se préparaient pour le marché organisé dans la petite ville humaine à plusieurs kilomètres de là le lendemain ; d’autres s’occupaient de leurs terres. Malgré le couvre-feu et les restrictions d’Elinia, rien ne devait les empêcher de vivre, car ils avaient besoin de ces échanges avec le monde extérieur. Cependant, par sécurité, des sorciers accompagneraient les Ailés. De leur côté, Théa et Keelhna méditaient sur cette possibilité de quitter cette planète afin de vivre sans se cacher et sans crainte. La matriarche discutait avec l’Ancien et elles préservaient le secret, même pour les héritiers qui n’étaient pas conviés au débat. Tant que rien ne serait officiel et certain, rien ne serait dévoilé.

Dans une petite maison mise à disposition de la fratrie Stark, deux adolescentes se rapprochaient. Michaëla aimerait tellement plus de la part de sa petite-amie ; or, celle-ci se bloquait. Elles s’aimaient, mais Charline n’était pas prête. Elle agissait par automatisme, par désir, car il était incontrôlable et peut-être qu’elle devrait céder. Seulement, la peur finit par prendre le dessus. Elle oppressait sa poitrine alors que Michaëla s’apprêtait à lui retirer la chemise à manches longues. Non ! Charline ne voulait pas. Elle résista un instant avant de se braquer face à la terreur. Ce tissu était tout ce qui lui restait pour cacher ses cicatrices, pour cacher cette honte qui ne s’effacerait jamais. Elle refusait que Michaëla les vît.

Charline recula et repoussa avec gentillesse sa moitié qui ne comprenait pas. Michaëla posa ses mains les cuisses nues de sa conjointe. Elle les remonta en douceur. L’une d’elles parvint à sa main, son poignet, puis son bras. Toutes les deux en petite culotte, il ne manquait pas grand-chose pour libérer Charline de sa nervosité. Pourquoi s’arrêter maintenant ? Elle avait besoin d’être rassurée et Michaëla tenta le tout pour le tout. Néanmoins, son geste eut des effets non désirés.

Charline se sentit menacée. Cette insistance lui rappela ces médecins à l’hôpital ; leurs mains sur son corps afin de la contraindre et de la prendre au piège. Ce souvenir lui donna des frissons. Elle rejeta avec violence Michaëla qui avait essayé de la retenir.

—Charly…

— Laisse-moi ! lâcha-t-elle.

L’adolescente quitta la chambre en courant. Elle sortit de la maison sans savoir où aller. Elle voulait juste fuir, fuir cette oppression, fuir cette sensation d’étouffement et de jugement. Autour d’elle, les Seirians l’observèrent, inquiets. Vêtue d’une simple chemise et d’une culotte, elle ne passait pas inaperçue. Ses regards la ramenèrent à l’établissement psychiatrique. Pétrifiée, elle ne bougea pas et se contenta de serrer ses bras autour d’elle. Charline n’entendit pas des appels. Michaëla, après avoir remis un pantalon, s’était précipitée à l’extérieur et elle s’approcha en compagnie de Théa qui avait vu la scène de loin.

—Charly ! Regarde-moi !

Mais rien à faire. Elle ne réagissait pas. Michaëla finit par poser sa main sur son épaule et Charline la repoussa avec brutalité en hurlant.

— Ne me touche ! Ne me touche pas !

Et elle courut droit devant, sans s’arrêter. Elle n’avait cure de ses pieds meurtris par sa folle course. Elle fonça sans un regard en arrière. Plus jamais elle ne serait contrainte à quoi que ce fût. Plus jamais elle ne serait soumise et vulnérable. Des larmes coulèrent sur son visage. Elle voulait sa liberté. Elle voulait être libre. Charline se sentit pousser des ailes. Rien ne l’arrêterait. Elle ne laisserait plus jamais personne poser les mains sur elle. Elle refusait le contact, elle n’en voulait plus et même Tony ne pourrait rien y faire. C’était sa faute après tout.

Puis, Charline fut déséquilibrée sans en comprendre la raison. Elle ne s’était pas emmêlé les pieds ni pris un caillou ou une racine. Elle chuta en avant sans parvenir à se retenir. La jeune fille tomba lourdement sur le sol. Elle s’écorcha les bras, les genoux et se mordit, malheureusement, la langue. Elle demeura quelques instants étalée sur l’herbe humide. Frigorifiée, elle tremblait bien qu’elle n’en avait cure. Elle finit par vouloir se relever et elle grimaça sous la douleur de ses écorchures.

—Charly ! Charly ! cria-t-on au loin.

Elle connaissait cette voix qu’elle préféra ignorer, trop occupée par cette brûlure et cette lourdeur dans son dos. C’était comme si elle avait reçu un éléphant et qu’elle devait ensuite le porter.

— Eh, Charly ! Est-ce que ça va ?

L’homme se positionna face à elle et l’aida à se redresser. Leurs yeux se croisèrent. La main de Tony essuya avec délicatesse le visage de sa petite sœur. Elle ne le repoussa pas. Son frère était l’unique personne à la toucher sans rejet. Il ne s’inquiétait pas des blessures, car elles n’étaient que des égratignures, et il sourit de bonheur. Charline comprit ce qui venait de se produire et c’était une joie incontrôlable qui l’envahissait. Leur regard se tourna vers cette paire d’ailes blanche et beige qui sortait des omoplates de Charline. Enfin, elles étaient là. Charline leva la tête vers le ciel. Bientôt, elle volerait.


Texte publié par Charlotte-Marguerite, 3 novembre 2020 à 13h19
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