Pourquoi vous inscrire ?
«
»
Tome 1, Chapitre 10 Tome 1, Chapitre 10

Le trio quitta la demeure sans poser de questions. Aucun d’eux ne désirait s’engager sur le sujet épineux de la Stark Industries. Sur le chemin de l’établissement scolaire, ils discutèrent du journal, de l’inscription à la présidence de l’association étudiante et du M.I.T.. François souhaitait y entrer, grâce à une bourse, et ce concours organisé par l’institut constituait une chance unique pour lui. Son dossier était soigneusement rangé dans son sac. Malgré sa détermination et son envie, il craignait déposer sa candidature. Il avait peur de ne pas être au niveau face aux autres étudiants qui avaient eu la possibilité de suivre des études prestigieuses jusqu’à présent. Michaëla et Charline avaient beau le rassurer, le doute gonflait le cœur de François. Ses parents avaient donné le reste de leurs économies à cette école, alors il n’avait pas le droit d’échouer. Et puis, c’était son rêve.

Charline, curieuse, s’interrogea sur les projets qu’il envisageait de présenter. Ce fut avec hésitation que son nouvel ami accepta de lui en parler. Après tout, elle était la sœur de Tony Stark. Cet homme n’était pas n’importe qui et François se sentait bien petit et impressionné par lui. Il respira profondément et il sortit une pochette de son sac.

— Wouah ! C’est génial, confirma Charline.

L’adolescent rougit face à ce compliment auquel il ne s’était pas attendu. Sa parole se bloqua et aucune des deux filles n’insista afin de le contraindre à parler. Au contraire, elles l’encourageaient dans son dossier qui méritait sa place au concours. D’ailleurs, c’était des jeunes tels que lui dont le M.I.T. avait besoin, tout comme la Stark Industries.

— Tu as un parrain pour ton dossier ? La plupart des candidats en ont un. Il a pour objectif de les soutenir jusqu’au concours final, informa Charline.

— Oh… euh… non. C’est… c’est obligatoi…re, paniqua François.

Il était pourtant persuadé d’avoir absolument lu toutes les conditions et cette histoire de parrain le perturba. Aurait-il raté un chapitre sur les règles ? Aurait-il mal lu une partie ? L’héritière Stark l’apaisa rapidement. Son but n’avait pas été de l’angoisser.

— Non, non. Ce n’est pas du tout obligatoire, mais cela permet d’avoir une aide bien précieuse et, on ne va pas se mentir, d’être pistonné au bout du compte.

— Bah… je ne connais personne ici. Alors bon. Et je n’ai pas envie d’être pistonné.

Charline et Michaëla se regardèrent un instant. Leur nouvel ami n’aurait pas le choix que de se soumettre à certaines « règles » implicites s’il désirait monter les échelles, obtenir une place et une bourse. Certes, la détermination et les résultats personnels y jouaient pour beaucoup ; en revanche, il fallait avouer qu’avoir un grand nom en soutien offrait un coup de pouce non négligeable.

— Je sais qui pourrait être ton parrain : mon frère.

— Quoi ? s’écria François, surpris par cette annonce.

Comment le grand Tony Stark pouvait-il être parrain d’un tel événement et, surtout, de lui ? François voulut refuser, mais Charline le devança.

— Mon frère a des contacts privilégiés au sein du M.I.T. et il parraine un étudiant chaque année. Les dossiers étant en cours, il n’a pas encore eu l’occasion d’y mettre son nez. Cela ne coûte rien d’essayer.

François finit par accepter et promit de transmettre son dossier par voie numérique à son amie, ainsi, Tony l’analyserait et il prendrait rapidement une décision. Charline connaissait bien son frère et elle ne doutait pas de son choix.

Les heures défilèrent à une allure folle. Chacun vérifiait son programme, ses activités dans le but d’avoir un emploi du temps organisé. Les cours reprenaient officiellement que le lundi suivant et tous s’activaient afin de démarrer une nouvelle année sans courir au dernier moment dès le lundi matin. Charline et François passèrent au journal pour récupérer les sujets de la semaine. Puis, les deux filles se chargèrent de l’inscription à la présidence de l’association étudiante. Et ils terminèrent sur les différentes options sélectionnées pour l’année. Charline laissa totalement de côté les ennuis avec la Stark Industries, ses problèmes personnels avec les cauchemars et les crises. Son esprit était occupé à autre chose, il se focalisait sur des objectifs bien précis et l’adolescente profita d’une matinée bien remplie en compagnie de ses amis.

Sereine, elle refuserait presque de rentrer chez son frère. Serait-il encore en plein conflit avec Obadiah ? Serait-il tendu ? Elle ne voulait pas vraiment affronter un Tony de mauvaise humeur. Charline ferma les yeux un instant et décida de ramener ses pensées à la réalité. Elle respira profondément de manière régulière pendant deux minutes et elle reprit contact avec le moment présent. L’association des Étoiles Filantes apprenait aux personnes à gérer leurs émotions grâce à leur respiration. L’animal était présent pour soutenir et prévenir, mais il y avait un gros travail personnel à réaliser également. La jeune fille s’était rendu compte qu’elle avait abandonné cela inconsciemment. Elle avait imaginé en avoir enfin terminé avec ses crises, alors elle avait délaissé quelques exercices. Elle le savait et elle se devait de ne rien lâcher.

La sonnerie de son téléphone coupa les trois amis dans leur conversation : Tony. Charline n’hésita pas et un sourire illumina son visage avant qu’elle ne raccrochât quelques secondes plus tard.

— Il a récupéré Chamallow, informa-t-elle, il va bien. Andrew lui a passé pas mal d’examens, on aura des résultats plus tard, mais il confirme qu’il a la forme malgré son souffle au cœur.

— C’est une bonne nouvelle ça. Il aura un traitement à terme ou il peut continuer à vivre normalement ? questionna Michaëla.

— À voir avec les résultats qu’il attend. Pour le moment, plus d’exercice. Il mérite de profiter tout simplement de sa retraite dans les champs.

Les trois amis discutèrent de tout et de rien. François parla de sa vie en France, de ses grands-parents paternels qui reniaient leur belle-fille et qui n’avaient pas vu leur petit-fils depuis plus de dix ans. Malgré cela, François avait eu une vie bien heureuse. Ses parents avaient eu bien des amis avant la maladie de son père. Le départ en Californie était comme une nouvelle vie, même si les difficultés n’étaient pas terminées. Puis, il apprit à mieux connaître Charline et Michaëla. Cette première était née à New York. Elle avait navigué entre la Grosse Pomme et Los Angeles avant que son frère ne décidât de vivre définitivement à Malibu. Tandis que Michaëla avait toujours vécu en Californie, bien que l’adolescente cachât bien précieusement ses origines de sorcières.

Après avoir bouclé la paperasse, les filles proposèrent à François de lui montrer le parc de l’établissement, ainsi que la bibliothèque. Par la suite, peu après le déjeuner, ils décidèrent de rentrer chez eux. Ils délaissèrent les transports en commun pour profiter du beau temps et, au bout de bonne demi-heure de marche, François abandonna ses amies. Il avait promis à sa mère de l’aider dans le rangement et le nettoyage de leur maison.

De retour au domaine Stark, les deux adolescentes empruntèrent le chemin de la villa dans l’intention de se poser et de grignoter avant une balade à cheval. L’atmosphère était légère. Elles souriaient. Elles riaient. Personne ne pouvait se douter que l’une d’elles était en proie aux doutes, à une détresse persistante et croissante. Elle craignait même de ne jamais guérir : de se stabiliser, oui, mais guérir… cela était devenue une douce utopie à laquelle elle ne croyait plus. À dire vrai, c’était une dure réalité qu’elle devait affronter. Seulement, c’était plus facile à dire qu’à faire.

À peine eurent-elles passé la porte d’entrée que la voix de J.A.R.V.I.S. se fit entendre. Tony réclamait auprès de sa sœur en privé. Ce détail bloqua la jeune fille qui s’inquiéta soudainement. D’un regard, Michaëla l’encouragea. Son frère n’allait pas la manger. De toute façon, Charline n’y échapperait pas alors autant prendre son courage à deux mains. Après une profonde inspiration, elle se dirigea vers l’escalier qui menait à l’atelier de Tony. Celui-ci était devant ses ordinateurs dont les écrans se mirent en veille à l’instant où Charline poussa la porte vitrée. Il l’invita à s’asseoir sur une chaise à ses côtés et il préféra ne pas s’attarder dans le silence.

Il posa sur le bureau le dossier universitaire de sa sœur. Elle eut un mouvement de recul, un instinct de fuite face à ce secret découvert plus vite que prévu. Seulement, Tony la devança, car il avait prédit sa réaction. Avec douceur, mais fermeté, il la stoppa en lui attrapant le bras. Il imposerait une discussion, qu’elle fût plaisante ou non.

— Je l’ai trouvé dans ta poubelle quand j’ai déposé des affaires dans ta chambre, expliqua-t-il, pourquoi tu ne m’as rien dit ?

Par peur ? Par honte ? Pour ne pas affronter son échec ? Tant de réponses étaient possibles et elles étaient toutes justes. L’adolescente rompit le contact visuel avec son frère. Elle ne supporterait pas de voir la déception dans son regard. Il n’était pas dupe. Elle lui avait menti sur sa scolarité depuis deux ans. Sa colère serait légitime pour elle et elle s’attendait à recevoir une bonne leçon de morale ; or, rien ne se produisit. La main de Tony prit le menton de Charline afin de plonger ses yeux dans les siens.

— Ne m’évite pas, Charline. Je ne t’ai pas appris à avoir peur de moi. Parle-moi ! encouragea-t-il.

— Je… j’ai décroché, avoua-t-elle, j’ai totalement décroché. Je suis désolée de t’avoir menti, mais… je fais honte à notre famille.

— Je n’ai jamais voulu que tu te mettes la pression pour les études, Charline. Et tu es loin d’être une déception pour moi et pour notre famille. Regarde-moi ! insista-t-il une seconde fois alors qu’elle dévia son regard, tu es brillante. Tu dessines merveilleusement bien. Tu viens d’être engagée dans le journal et tu mérites tellement plus de considération pour tes œuvres. N’importe quelle école d’art serait ravie de t’accueillir. J’ai fait un parcours exceptionnel au M.I.T. et alors ? Tu m’apprends tellement plus.

Charline fronça les sourcils. Que pouvait-elle bien apprendre à son frère ? À cet homme qui était un génie et un inventeur extraordinaire ? Il était doué dans tous les domaines et il avait tellement enseigné à sa sœur qu’elle se demandait bien, oui, en quoi elle lui donnait des leçons. Charline n’était rien face à Tony Stark. Rien.

— Tu m’as appris à regarder les autres, avoua-t-il, à m’intéresser à ceux qui m’entourent. Tu m’as appris le bonheur, l’amitié et l’amour. Tu n’es pas nulle. Tu n’as juste pas les compétences dans certains domaines, tout comme moi je n’en ai pas dans d’autres. Tu m’as appris à monter à cheval et encore, je ne passe jamais la seconde, rit-il, et je t’ai vu t’essayer à la voltige équestre. Mets-moi debout ainsi sur un cheval et c’est les urgences assurées.

Le silence suivit. Que répondre aux paroles de Tony ? Charline se sentit soudainement idiote d’avoir douté de son frère. Au fond d’elle, elle avait confiance en lui, mais mal dans sa peau et dans sa tête, elle n’avait pas pu s’empêcher d’imaginer causer une profonde déception.

— Je ne suis pas en colère contre ton mensonge ou ton décrochage scolaire, ni même déçu. Ce qui me fait le plus mal est le fait que tu puisses te méfier de moi.

Les larmes de sa sœur le stoppèrent dans ses paroles. Elle essaya de se retenir en vain. Elle pleura durant de longues minutes dans les bras de son frère, impuissant face à sa détresse. Certes, cela lui faisait désormais un poids en moins sur les épaules, mais il y avait tant de difficultés qui s’accumulaient et Tony se questionnait : sur quoi d’autre mentait-elle ? Devait-il mener l’enquête dans le but de percer son jardin secret ? Non. Il ne le pouvait pas. Le risque serait trop grand. Le risque serait qu’elle se refermât. Tony ne devait pas rompre la communication. Jamais. C’était sacré. C’était l’unique porte de sortie. Il la consola comme il le pouvait en cet instant. Il se demandait si c’était une bonne idée de partir en voyage durant le week-end. Charline avait besoin de repos, quitte à ce qu’elle reprît ses somnifères. Elle était suffisamment épuisée de la sorte, alors un trajet de plusieurs centaines de kilomètres en deux jours risquerait d’aggraver la situation.

Il l’embrassa sur le front en lui promettant une conversation sur ce qu’elle désirait pour son avenir. Ce sujet devait être abordé et il n’en démordrait pas. En attendant, il préférait qu’elle profitât de son amie et d’un peu de tranquillité. De plus, Tony avait des affaires à régler avec Obadiah. Il était en pleine réunion sur le site de New York et ils avaient prévu une visioconférence. Afin d’éviter que Charline ne découvrît le projet, il demanda à J.A.R.V.I.S. de mettre les vitres de l’atelier en mode « discret ». Elles se teintèrent. De l’extérieur, elles étaient opaques et personne ne pouvait voir ni entendre ce qui se passait dans l’atelier. En revanche, de l’intérieur, Tony pouvait voir de l’autre côté. Cela était assez pratique pour préserver une certaine discrétion tout en ayant la possibilité d’observer. Tony respira profondément. Il était prêt pour la réunion.


Texte publié par Charlotte-Marguerite, 9 septembre 2020 à 18h23
© tous droits réservés.
«
»
Tome 1, Chapitre 10 Tome 1, Chapitre 10
LeConteur.fr Qui sommes-nous ? Nous contacter Statistiques
Découvrir
Romans & nouvelles
Fanfictions & oneshot
Poèmes
Foire aux questions
Présentation & Mentions légales
Conditions Générales d'Utilisation
Partenaires
Nous contacter
Espace professionnels
Un bug à signaler ?
2085 histoires publiées
921 membres inscrits
Notre membre le plus récent est Lone Wolf
LeConteur.fr 2013-2022 © Tous droits réservés