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Tome 1, Chapitre 4 Tome 1, Chapitre 4

Un véhicule pénétra au Domaine Stark dès que le portail automatique s’ouvrit. Il emprunta le sentier principal et il prit la route de gauche qui menait aux écuries. Là-bas, Tony patientait l’arrivée du vétérinaire. Il avait donné un coup de main à Joe, le palefrenier, avant de récupérer Chamallow. Celui-ci se prélassait dans le champ et il profitait d’une retraite bien méritée.

Chamallow était un ancien champion de course. Son propriétaire l’avait gardé un temps pour tenter de continuer à gagner de l’argent ; si le cheval ne pouvait plus courir, il avait espéré le reconvertir. Malheureusement, les années d’entraînement intense et de courses avaient eu raison de la bonne santé de l’animal. La pauvre bête s’était retrouvée sur le chemin de l’abattoir. Lui, ainsi qu’une dizaine d’autres coureurs, avait été sauvé in extrémiste par le Refuge de la 2de Chance. Puis, à la suite d’une demande de soutien financier comme matériel, Tony avait découvert ce refuge grâce à sa sœur. Un généreux don avait été offert ; Chamallow fut adopté et Charline se lança dans le bénévolat. Cela remontait à près de sept ans désormais.

Tony se souviendrait toujours du regard de sa sœur face à l’annonce dans le journal. Dès son plus jeune âge, elle avait une grande sensibilité envers l’environnement, et notamment à l’égard du monde animal. Elle avait décidé très jeune de renoncer à la viande, car elle ne supportait pas de manger un être vivant, de causer la mort et d’avoir un cadavre dans son assiette. Elle avait toujours refusé de porter du cuir et de la fourrure. Charline avait été plus loin en devenant végétalienne et, aujourd’hui, elle adoptait le mode de vie vegan. Cela lui convenait, lui ressemblait et elle était en paix avec elle-même.

Son tuteur s’était adapté à ce changement de vie ; par respect envers sa sœur. Il avait même échangé l’intégralité du cuir dans ses voitures pour du simili cuir. Le résultat était incroyable et jamais il n’aurait imaginé une telle qualité de ce produit. Cependant, il restait un carnivore et, tout comme il acceptait ses décisions, Charline le respectait en retour.

— Doucement, mon beau, rassura-t-il alors que l’étalon gris eut un mouvement de recul.

Son assistante arrivait à grands pas et l’animal avait été effrayé par la vivacité de Pepper. D’ailleurs, à son attitude, Tony s’attendait à une remontrance. Qu’avait-il fait encore ? Enfin, que n’avait-il pas fait en réalité.

— Tony, vous avez une réunion à la Stark Indutries dans trente minutes. Obadiah vient de m’appeler. Il vous attend avec Ezekiel.

— Je vous avais pourtant annoncé que je n’y participerai pas. Chamallow a rendez-vous avec Andrew. J’ai promis à Charline de m’en occuper.

— Joe peut le faire…

Elle se tut face au regard de son patron. Charline et ses protégés passaient avant tout le reste. Cette réunion n’était pas primordiale. Son associé saurait se débrouiller sans lui à ses côtés. L’étalon avait un souffle au cœur et l’adolescente était inquiète pour lui. Tony tenait à être présent pendant la visite du vétérinaire.

— Inventez quelque chose. Dites que je suis souffrant, proposa Tony.

— Vous êtes irresponsable vis-à-vis de votre entreprise.

— Mais elle ne serait rien sans moi. Je lui donne déjà beaucoup, alors elle peut me laisser un moment de tranquillité.

Rien ne le ferait changer d’avis. Tony ne mettrait pas les pieds à cette réunion. Il était le patron. En quel honneur devrait-il se plier à certaines règles ? Sa présence n’était pas nécessaire, alors il se trouvait exactement là où il devait être : auprès de Chamallow. Pepper n’insista pas, car elle avait conscience que cela ne servirait à rien. Elle le connaissait suffisamment pour abandonner et éviter de perdre son temps. Au lieu de cela, elle lui tendit des documents qui réclamaient sa signature depuis trois jours.

— Aucun papier suspicieux ? plaisanta le milliardaire.

— Aucun, sourit Pepper, j’ai vérifié à plusieurs reprises et votre sœur n’a rien revendiqué.

Tony souffla malgré tout. Ce n’était qu’une question de temps. Charline finirait par glisser une autorisation quelconque dans le dossier de l’assistante afin que Tony se retrouvât à signer un document au pied du mur. Il avait horreur de cette technique et il se méfiait à chaque début d’année scolaire. Malheureusement, pouvait-il vraiment la blâmer alors que l’idée venait de lui ? Il avait eu le tort de lui raconter quelques anecdotes de sa scolarité et, désormais, cela se retrouvait contre lui. Par conséquent, Pepper vérifiait trois fois ses dossiers avant de les présenter à son supérieur.

— Je l’ai croisée ce matin, informa-t-elle, je l’ai déposé non loin du lycée. Elle a rejoint Mike en chemin. Elle avait l’air fatiguée et à fleur de peau.

— Ah ? s’étonna Tony, elle semblait plutôt bien quand elle est partie. Elle vous a dit quelque chose ?

Par moment, l’adolescente avait plus de facilité pour se confier à Pepper qu’à Tony. Elle avait été sa baby-sitter pendant des années. Pepper lui avait prêté son épaule pour pleurer. Elle avait été présente quand elle avait été malade, quand elle avait eu besoin de se confier. Pepper avait été perçue tantôt comme une grande sœur, tantôt comme la mère qu’elle n’avait pas eue. Elles étaient devenues amies et la promotion de Pepper n’avait pas entaché ce lien.

— Non, mais cela était inutile. Les cauchemars sont revenus et… je crois qu’elle angoisse pour les études. Cette année va être importante pour la suite et cela va engendrer beaucoup de stress.

— Elle n’a pas à se mettre la pression. Je ne l’ai jamais contrainte à suivre une branche précise.

Le soupir de Pepper troubla Tony. Il ne se rendait pas compte de la pression qu’il exerçait sur sa sœur. Certes, c’était inconscient de sa part, mais la fragilité de Charline faisait qu’elle ressentait cela comme une gifle.

— Pepper, crachez le morceau !

— Ne lui parlez pas du concours pour le M.I.T.. J’ai la sensation qu’elle ne souhaite pas y participer.

Ah, le fameux concours ! Chaque année, le Massachusetts Institute of Technology organisait un concours qui regroupait les sciences, l’architecture et l’ingénierie. Cette compétition permettait de dénicher les nouveaux génies, de nouveaux projets prometteurs et de préserver de puissants partenariats, dont Tony Stark depuis bien des années maintenant. Il existait deux méthodes pour participer à ce défi : soit par le lycée qui présélectionnait et envoyait au concours ses meilleurs étudiants, soit en candidat libre en s’inscrivant directement auprès de l’institut. De nombreuses opportunités s’offraient aux candidats, qu’ils gagnassent ou non. Certains entraient au M.I.T., d’autres obtenaient une place dans de prestigieuses universités.

Le fait que Charline ne lui eût jamais parlé de ce concours avait laissé supposer à Tony qu’elle y renonçait. Au fond de lui, cela ne l’étonnait pas. Ses envies et ses passions différaient de ceux de son frère, et de ceux de leur père. Craignait-elle de le décevoir ? Tony ne s’était jamais permis de la juger, de critiquer ses choix qui faisaient d’elle un individu exceptionnel à ses yeux. Elle s’était affranchie de ce que leur nom donnait et il l’admirait pour cela. Il serait bien indigne et monstrueux s’il, ne serait-ce qu’une unique fois, la dénigrait.

— Le sujet est parfois arrivé au détour d’une conversation, mais jamais je ne l’ai poussé à s’inscrire. Je refuse qu’elle ose penser le contraire.

— Votre père a fait de brillantes études. Il a eu une brillante carrière, tout comme vous. Elle veut être à la hauteur du nom qu’elle porte.

— Peu importe le nom que l’on porte, Pepper. Ce qui compte, c’est ce qu’on est au fond de nous. Je ne veux pas la voir différente parce qu’elle veut faire honneur à notre père, ou à moi. Je lui parlerai à son retour, assura Tony.

Il refusait qu’elle renonçât à ses rêves et qu’elle se crû contrainte de suivre les traces de leur père. Tony l’avait fait par la force des choses, car il avait été élevé ainsi. Agir à contresens n’avait pas été possible pour lui, bien qu’il en eût envie. Il s’était surpassé dans le but qu’Howard fût fier de son fils. Le père, sans doute inconsciemment, avait toujours poussé son fils à dépasser ses limites.

Ils furent interrompus lorsque la voiture s’arrêta près de l’écurie.

— Ah, salut Andrew, accueillit Tony.

— Bonjour, comment ça va ? fit le vétérinaire en s’adressant au milliardaire autant qu’à sa secrétaire, et comment va notre vieux bonhomme ?

Il s’approcha de Chamallow qui l’observait avec méfiance même s’il le connaissait depuis des années. L’animal restait craintif envers les individus qu’il ne côtoyait pas régulièrement. Après avoir été retiré des champs de courses, il avait été exploité tel un esclave pour du « loisir ». Il s’était épuisé dans le but de satisfaire les touristes richissimes avant de terminer sur le chemin d’un abattoir.

Andrew lui parla doucement tandis que Tony essayait de l’apaiser. L’auscultation fut rapide bien que le vétérinaire préférât l’examiner à la clinique le lendemain. Malheureusement, personne ne pourrait l’y emmener. Tony prenait l’avion à l’aube ; Pepper n’était pas en mesure de s’en occuper et Charline avait cours. Le milliardaire souffla et il posa sa main sur le chanfrein de l’animal. Il ne se permettrait pas de laisser Chamallow sans soin médical. Sa sœur aimait ce cheval, son premier sauvetage, et elle avait créé un lien particulier avec lui. Elle serait dévastée le jour où il partirait.

— Et Joe est chez notre fournisseur de foins demain matin. À moins qu’il vous dépose Chamallow avant l’ouverture, proposa Tony.

— Je suis à la clinique dès 7 h de toute façon.

— Très bien. On fait comme ça alors.

Ils se saluèrent et le vétérinaire repartit.

Le milliardaire se chargea de libérer l’animal dans son champ afin qu’il pût reprendre sa petite vie sans encombre. Il aurait bien assez d’angoisse le lendemain à la clinique vétérinaire. Peu importait ses problèmes de santé et le traitement nécessaire, Tony n’abandonnerait pas l’étalon et il s’engagerait à faire le nécessaire pour qu’il continuât à vieillir paisiblement. Chamallow terminerait sa vie ici, au domaine familial, et entouré de personnes qui l’aimaient. Maintenant, restait à savoir comment annoncer la nouvelle à Charline. En raison de son âge et de son vécu, l’adolescente avait conscience que Chamallow couvait des difficultés, mais cela devenait plus concret désormais.

Chamallow hennit de bonheur dès que la longe fut retirée et il partit en trottinant avec fierté. Tony sourit en l’observant. Il resta de longues minutes ainsi, à laisser son regard naviguer sur la propriété où Chamallow et Voltige vagabondaient. Ce dernier était un rescapé très vif et dynamique malgré son tragique passé. Abandonné par son ancien propriétaire dans un état déplorable, Andrew avait envisagé de l’euthanasier. Au bout du compte, le rocky horse mountain s’était battu. Il avait lutté pour vivre et il s’était relevé. Certes, Tony n’avait pas hésité sur les moyens face à l’insistance de sa sœur.

Aujourd’hui, le jeune cheval de six ans rendait l’existence de la famille Stark assez mouvementée. En quatre ans, il avait retrouvé toute sa fougue et Charline se plaisait en randonnée. En revanche, son frère restait nerveux dès qu’il s’en approchait ou qu’il se montrait un peu trop sauvage envers sa sœur. Il préférait s’occuper du vieux Chamallow et de Cooper, un cheval bien plus calme. Ce petit cheval mustang avait été victime d’un odieux trafic de mustangs. Les autorités avaient stoppé l’organisation avant le franchissement de la frontière canadienne. Les nombreux chevaux avaient été dispersés dans plusieurs refuges à travers le pays. Cooper, ainsi que d’autres, avait été recueilli au Refuge de la 2de Chance.

— Joe, appela Tony, Cooper est sorti ce matin ?

Celui-ci s’approcha de la barrière afin de rejoindre son patron.

— Non. Charly a prévu de le monter ce soir.

Excepté qu’elle ignorât que son frère avait prévu une petite soirée en famille. Elle n’aurait pas le temps de se charger des trois animaux et de profiter de son temps libre.

— Tony, la…

— Pepper, vous m’étouffez, coupa le milliardaire, le temps d’arriver, la réunion touchera à sa fin. Cela ne sert à rien. Obadiah vous fera un topo.

L’entreprise ! Toujours l’entreprise. Pourquoi ne pouvait-il pas respirer et prendre du temps pour lui ? Il avait la sensation de ne plus rien avoir sous son contrôle et il avait horreur de cela. En réalité, depuis deux ans, tout lui échappait. Il n’avait pas su protéger sa sœur alors qu’il œuvrait en ce sens sans relâche. Tony et Charline avaient toujours été complices et la voir souffrir de la sorte le rongeait de l’intérieur. Il s’était concentré sur sa santé, sur son bien-être et il en avait délaissé la Stark Industries. Pepper ne pouvait pas lui en vouloir, mais elle lui notifiait de temps à autre qu’il avait des responsabilités. Il était CEO de l’entreprise et il n’avait pas le droit de la négliger ainsi. De plus Obadiah savait également faire pression, sans doute pour le bien de tout le monde. Il voyait cet empire sur le fil du rasoir et il tentait d’éviter la chute.

Tony soupira. Il se félicitait de son parcours. Pour lui, rien n’était à refaire. Pourtant, sans son père, aucun doute que Tony aurait choisi une autre voie. Il aimait le travail manuel, c’était un fait ; en revanche, il appréciait tout particulièrement manier le bois. Son regard se tourna vers l’écurie. Une magnifique petite bâtisse en bois construite par lui-même. Cette œuvre était l’une de ses plus grandes fiertés.

Son assistante n’insista pas lorsqu’il la repoussa. Elle le laissa rejoindre Cooper qui était prêt pour une chevauchée dans les collines. Tony quitta alors le domaine afin de profiter d’un peu de liberté. Sa sœur lui avait donné ce goût des grands espaces et cette envie de s’échapper. Qui pouvait croire que Tony Stark vagabondait de la sorte sur un mustang ? Lui, le plus grand fabricant d’armes ? Lui, l’une des anciennes élites du M.I.T. ? Charline lui offrait une autre vision de la vie qu’il ne regrettait pas. Par conséquent, il l’encourageait à faire de ses rêves une réalité. Il l’encourageait à suivre son cœur et à construire son avenir tel qu’elle le désirait. Il refusait qu’elle s’engageât sur ses traces, les siennes et celles de leur père. Tony avait été influencé par Howard, personne ne pourrait contredire cet état de fait, mais pour Charline, d’autres portes s’ouvraient à elle. Tony ferait en sorte à ce qu’elle le sût et qu’elle empruntât celle qu’elle souhaitait.

Le cavalier s’engagea un petit sentier qui longeait sa propriété et qui menait sur un chemin pédestre jusqu’à la plage. Il progressa tranquillement et laissa Cooper marcher à son rythme, sans le presser ni le contrarier. Ce petit cheval était d’une infinie douceur et d’un calme frôlant l’insolence. Tony et Cooper formaient un beau duo. C’était notamment grâce à lui que le milliardaire avait appris à monter à cheval et à apprécier ces moments qu’il partageait désormais pleinement avec sa jeune sœur. Au début, certes, cela avait surpris le quartier et les paparazzis qui le suivaient comme son ombre. À l’inverse de ce qu’il avait songé, l’opinion publique avait été assez clémente.

Les oreilles de l’animal se dressèrent avec vivacité. Un toussotement de voiture brisa le silence des lieux tandis qu’une voix de femme s’éleva.

— Une demoiselle en détresse, conclut Tony, allons à son secours !

Il encouragea Cooper à trotter jusqu’au bout du sentier. Puis, il aperçut un vieux véhicule sur le rebord de la route principale. Une femme de son âge à la belle chevelure brune observait avec désespoir son moteur.

— Pas aujourd’hui. Pas maintenant. Titine, tiens le coup encore quelques mois, supplia-t-elle.

Une Française ? Ici ? Tony s’étonna, mais ne rebroussa pas chemin pour autant.

— Bonjour, je peux vous aider ? proposa-t-il.

La naufragée de la route releva la tête et posa ses yeux marron sur son sauveur. Son t-shirt « Printemps de Bourges 22-27 avril 2003 » était taché de terreau et d’herbes fraîchement coupées, tandis que des plantes de saisons bataillaient à l’arrière de la petite voiture. D’un sourire, elle avoua :

— Elle fait encore des siennes. Impossible de la redémarrer.

Elle lui expliqua ensuite que son véhicule était capricieux et qu’il peinait à se remettre en marche. Un garagiste lui avait conseillé de le changer. Malheureusement, la femme avait utilisé une grande partie de ses économies pour venir ici et elle avait sa maison à rénover correctement. Elle ne pouvait donc pas se permettre d’investir dans une nouvelle voiture.

— Je peux regarder ? Je suis mécanicien.

Tony descendit de Cooper et l’attacha proprement à un tronc d’arbre avant d’examiner le moteur ; le problème semblait venir de là.

— Qui est votre garagiste ? C’est un voleur, annonça-t-il après avoir bidouillé dans le moteur, redémarrez.

Et la voiture redémarra.

— Oh, merci beaucoup !

— Aucun souci. D’après ce que je vois, ce n’est qu’une pièce à changer. Un bon garage peut s’en occuper, mais il vous fera payer le prix fort. Vous êtes du coin ?

— J’ai emménagé ici avec mon fils, répondit-elle en montrant la maison quelques mètres plus loin.

Tiens donc ! La maison hantée ! C’était donc elle la nouvelle propriétaire ? Vu l’état du véhicule et son manque de moyen flagrant, pas étonnant qu’elle eût cédé pour cette demeure. Ce domaine avait été vendu à perte, car personne n’en voulait. Il était donc un bon plan pour ceux qui souhaitaient habiter le quartier sans trop se ruiner ; excepté les travaux à effectuer dans la maison.

— On est donc voisin. J’habite juste là, informa Tony dans un sourire et en désignant le mur d’enceinte de sa propriété. Si cela vous arrange, je pourrais regarder votre voiture. J’ai de quoi réparer dans mon garage.

— Je ne veux pas vous importuner.

— Ce n’est pas le cas. Cela me ferait plaisir. Et puis, il faut bien s’entraider entre voisins, non ? Je m’appelle Tony Stark.

Ce nom lui évoquait vaguement quelque chose sans savoir où elle l’avait entendu.

— Chloé Connor-Langlois. Et… d’accord, mais pas avant la semaine prochaine. J’en ai besoin pour l’instant.

De toute façon, Tony partait pour New York le lendemain et, à son retour, il emmenait sa sœur en virée pour le week-end. Ils discutèrent quelques minutes supplémentaires durant lesquelles le milliardaire apprit que son fils avait seize ans et qu’il faisait sa rentrée au Silver School Malibu.

— Ma sœur est là-bas. Ils se croiseront sans doute. Je lui poserai la question. Elle adore la France et parle couramment français, rassura-t-il.

— Et pas vous ? plaisanta Chloé.

— Aucun traducteur ne pourra vous aider si jamais je tente de parler français, avoua Tony, ma sœur est beaucoup plus cultivée que moi dans ce domaine.

Ils rirent tous les deux avec légèreté.

— Je dois y aller. J’ai encore pas mal de travail qui m’attend. Je déposerai la voiture la semaine prochaine ?

— Bien sûr. Vous n’aurez qu’à sonner à l’interphone.

Ils se saluèrent et chacun reprit sa route. Tony l’observa du coin de l’œil alors qu’elle rentrait chez elle. Cette Chloé était bien charmante même si une ombre de tristesse semblait s’accrocher à son regard. Il aurait presque voulu l’inviter à prendre un café, mais il s’était retenu en remarquant son alliance et elle n’avait pas mentionné son mari : chose assez étrange. Ce silence intriguait Tony qui se promit de mener l’enquête. Outre sa curiosité mal placée, il aimait malgré tout savoir qui habitait en face de chez lui.


Texte publié par Charlotte-Marguerite, 18 août 2020 à 08h59
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