Pourquoi vous inscrire ?
«
»
Tome 4, Chapitre 21 « Träffa - Rencontre » Tome 4, Chapitre 21

Magdala s’était prostrée sur son lit, froissant sans considération la toilette de soie rouge bordée d’or que l’on lui avait fait revêtir, tirant sur son voile pour le glisser devant ses yeux.

Son esprit bouillonnait, tournait à vide. Elle avait tout essayé afin de s’échapper : les ordres, les supplications, les attaques frontales avec tout ce qui lui passait sous la main –le désespoir l’avait poussée à s’entraîner à assommer celles qui la surveillaient-, jusqu’aux dangereuses fuites par la fenêtre de sa cellule ! Mais rien n’y avait fait. Pire encore, l’on avait petit à petit fini par la priver de tout, cantonnant sa cellule à une simple pièce vide. Ne restaient que sa couche, la large croix fixée au mur et ses démons qui dans le silence laissaient retentir leurs rires mauvais.

L’aube s’était levée. Le vitrail barricadé ne laissait plus filtrer que de minces rais de lumière colorée entre les planches clouées. Face à elle, blottie dans un coin sombre, la figure larmoyante de la pleureuse se découpait de la pénombre, ses larmes roulant sur ses joues décharnées. Mais elle n’en avait plus peur. Elle était lasse.

— Te voici au plus bas, Magdala.

Elle avait lancé au spectre un regard mauvais. Meurtrier.

— Regarde-toi ! ricanait l’ombre en s’avançant vers elle. Prisonnière dans ta belle toilette comme une poupée dans sa cage ! Te revoilà devenue ce que tu n’aurais jamais dû cesser d’être.

— Tais-toi.

— Te revoilà telle que tu aurais dû rester. Tu vas ainsi pouvoir laver ta faute et honorer ton devoir. Donnez une fille à la lignée, n’est-ce point merveilleux ?

Lavende s’était raidie à cette simple idée.

La pleureuse à présent se dressait au-dessus d’elle, son sourire terrible étirant ses lèvres décharnées, ses yeux morts la fixant avec une jubilation à peine dissimulée. Le liquide pâteux qui coulait de ses yeux, de son nez, de sa gorge se tarissait, refluait, prenait une teinte sombre. Tombait lourdement sur son visage poudré, effaçait les fards qui lui coloraient les joues. Sa main cadavérique, squelettique, s’était extraite de sous son vêtement d’ombres pour se plaquer contre sa cuisse. Magdala avait eu un sursaut d’horreur. Sa chair s’était couverte de frissons. Elle avait tenté de se dégager, se dérober à cet hideux attouchement mais la poigne du spectre semblait peser aussi lourd qu’une pierre à moudre le grain.

— Ce jour-là, tu seras aussi docile qu’un agneau n’est-ce pas ? Tu te laisseras prendre par l’honorable homme que l’on t’aura choisi, n’est-ce pas ?

Elle avait contenu un haut le cœur à cette idée. Serré ses poings sur la soie de sa toilette.

Rouge.

Cette tenue lui rappelait le dessus de lit qu’elle avait commencé à tisser, les habits du dessous qu’elle avait ajustés pour sa nuit de défloration. Elle haïssait cette couleur criarde. Seul le rouge délavé de l’amulette des voyageuses qu’elle gardait cachée entre ses seins lui était supportable. Seul ce rouge-là n’était pas teinté d’horribles peurs, d’appréhensions, de ce dégoût qui lui retournait les entrailles. Elle l’avait serrée entre sa main, humée la consoude, la terre, la poussière, le jasmin dont elle exhalait.

Ce mélange subtil lui rappelait Ana. Elle l’avait humé plus encore. S’étourdissait comme elle le ferait contre le corps de son amante.

— Non Magdala, tu ne goûteras plus à ce fruit-là…Bourré de vermine impure qui a perverti ton esprit… Ton corps ne t’appartient pas, entends-tu ? Tu es notre propriété, à nous les Magdala ! Le devoir t’attend ! Écarte les cuisses et tais-toi ! C’est ton devoir, fille d’Hawa ! Recueille la semence, enfante dans la douleur et le sang ! C’est ta malédiction, notre malédiction à nous les femmes ! Endure ! C’est ton devoir !

— Assez !

Elle l’avait vivement repoussée, hurlant à pleins poumons. De lourdes larmes coulaient sur ses joues. Le cœur en désordre, elle se débattait, s’arrachait toujours plus aux mains rachitiques de la pleureuse. S’égosillait, non point pour la faire fuir, mais pour vomir cette haine qui lui dévorait l’âme, repeindre les murs blanchis à la chaux de ce désarroi qui creusait son cœur. Le rire lugubre de la pleureuse résonnait dans sa tête. Elle voulait la faire taire, détruire ses dents et sa mâchoire. Griffait l’air, recroquevillée dans un coin de la cellule tel un animal acculé.

— Arrêtez.

Elle avait senti la pleureuse se mouvoir puis s’évanouir. À travers ses yeux embués, la silhouette inconnue qui avait fait fuir le spectre se découpait dans la lumière timide de l’aurore. Magdala avait repris son souffle à grandes goulées, essuyant les larmes qui coulaient malgré elle sur son visage. Elle se sentait vidée, soulagée…et pourtant usée. Son corps, comme retrouvant part à la réalité lui était trop lourd, trop gourd. Elle ne parvenait point à se relever, ni même à redresser la couronne de fleur qui parait son voile et lui tombait devant les yeux.

— Reprenez vos esprits, Däm Magdala, vous n’avez plus rien à craindre.

Des bras prévenants l’avaient aidée à se remettre sur pieds, puis elle s’était laissée menée jusqu’à sa couche. Y avait chu sans aucune grâce, le visage dans ses mains tandis que l’inconnue réajustait sa coiffe avec une attention révérencieuse.

Il fallait qu’elle se reprenne, s’exhortait Magdala. Il fallait qu’elle retrouve ne serait-ce qu’un talent de sang-froid.

— Qui êtes-vous ? s’était-elle entendue interroger d’une voix sourde.

— Marika de Lathium.

Réponse succincte mais suffisante.

Dans l’obscurité de ses paumes, elle avait ouï le froissement rêche d’une aube –à force, elle reconnaissait le froufroutement d’un vêtement religieux, d’une toilette coûteuse ou d’une simple jupe de servante-, perçu le léger parfum léger de la prêtresse qui se tenait devant-elle.

— Vous êtes prêtresse et l’on vous permet de me visiter ? Je pensais que seules les religieuses désignées par Sa Sainteté y étaient autorisées.

— Elles et les cardinaux.

— Ce que vous êtes ?

— C’est cela.

Rouge.

La ceinture était rouge carmin, brodée au fil d’or de grappes de raisins. Tout comme les lèvres. La supérieure était entièrement laquée, l’inférieure seulement scindée en deux par un large trait qui lui donnait un air boudeur, sinon solennel. Sur l’arête du nez, une cicatrice dont les bords étaient encore un peu rosés.

— Je n’ai point ouï dire que les femmes pouvaient prétendre à la cardinalité.

— Personne d’autre avant moi ne s’y était risqué.

Elle sentait poindre une admiration naturelle pour cette femme qui avait défait les règles d’une institution vieille comme le monde. Une sympathie innée.

— Oh…

Elle n’avait su que dire davantage. Puis enfin avait levé les yeux pour la dévisager. Deux tresses à nœuds auburn –coiffure peu commune, presque enfantine, pour une cardinale- qui glissaient sur ses épaules et qu’elle repoussait patiemment dans son dos. Et ses yeux.

Magdala avait expiré longuement, réalisant soudain qu’elle retenait son souffle. Happée par le regard grave de l’inconnue, elle avait l’impression de s’y noyer. Le caramel brûlant de ses iris, comme un ragoût au cœur de l’hiver, la réchauffait jusqu’au plus profond d’elle-même. La mettait à nue, la détaillait du cœur à la chair, de l’âme au voile. Dans son regard, comme dans celui de Moea, de Linnea, d’Ana, Magdala n’était plus Magdala.

Elle l’observait, elle, Lavende, l’enfant de chair dont l’on enlevait toute la sacralité.

Elle avait calé sa respiration sur celle de la prêtresse, ainsi qu’elle le faisait parfois pour communier secrètement avec une âme dont elle pressentait la valeur. Soutenu son regard. Marika avait cillé.

— Vos yeux, avait-elle murmuré non point avec surprise mais une pointe de mélancolie.

— Eh bien ?

— Je ne sais, pardonnez-moi…Ils m’ont…bouleversée.

— Ils font souvent cet effet-là, souriait Magdala avec fierté.

— Certainement.

Mais Marika n’était guère plus secouée par le violet profond que par les souvenirs qu’il remuait en elle.

« Un jour, l’enfant que je porte se présentera à vous. »

Elle avait dégluti. Le passé semblait preste d’enlacer le présent. Magdala, assise sur cette couche modeste, liait les deux fils entre eux, reliant malgré elle les souvenirs à la réalité. Elle était venue, l’enfant de cette femme, de l’ancienne porteuse du voile.

« Aidez-la, je vous en prie… »

Mais comment l’aider à présent ? L’Église la surveillait étroitement, et si Simon n’avait pas fait divers arrangements pour lui permettre d’accéder aux appartements de la vestale, elle serait encore cloitrée dans son étude à vérifier les témoignages des récentes détenues. Il lui semblait que tout était déjà réglé selon la volonté du Ciel.

« Mais vous Marika, pourriez-vous lui venir en aide ? »

— Vous devez m’aider.

Elle avait sursauté tandis que les voix, les prières de la mère et de la fille se superposaient. Magdala avait joint les mains, tout son être tendu par une détermination ardente.

— Je ne vous supplierai point si vous déniez ma demande, déclarait-elle d’une voix pondérée. Seulement, voici que je réalise que je ne puis me dresser contre le temple du Très-Haut sur terre. –Marika avait écarquillé les yeux à l’usage de cette expression qu’avait employé la précédente Magdala- J’ai besoin d’alliés. Oh, je ne vous demande point de vous mettre en danger !

— Je me mettrai en danger simplement en vous vêtant sans autorisation vous savez, avait ri la cardinale.

— Vrai ?

— Ah, si vous saviez ! Et vous me demandez de vous venir en aide… Eh ! Qu’attendez-vous de moi ?

Retournement de situation. Les yeux dans les yeux, les deux femmes se souriaient.

— Ne me disiez-vous pas que vous n’étiez point libre de vos mouvements ?

— Ne répondez pas à une question par une question.

Mue par une soudaine inimité, Marika s’était relevée, élisant siège sur le lit à correcte distance de Magdala. Cette dernière, éberluée par sa répartie, gloussait doucement. Marika lui plaisait de plus en plus. Elle semblait être un mélange de toutes ces femmes qui l’avaient inspirée depuis son départ du sanctuaire. La pugnacité en plus, à en juger par son poste et cette assurance qui accompagnait gestes et paroles.

— Dites-moi seulement…si celles qui m’accompagnaient vont biens. Ont-elles été…

Elle avait dégluti, n’osant énoncer tout haut les sombres pensées qui l’obsédaient.

— Elles sont dans le quartier carcéral de l’Inquisition. Dire qu’elles vont bien…Disons qu’elles sont vivantes, oui. Elles le seront jusqu’à leur procès, c’est ainsi que cela a été décidé.

Magdala avait soupiré de soulagement. Ses épaules raides s’étaient abaissées, retrouvant de leur souplesse. Le procès…Il semblait qu’il serait, pour elles, le point d’orgue de leur aventure. Et ensuite ? Ensuite, Magdala le savait. Elle s’était torturé l’esprit, s’imaginant héroïne bravant l’adversité afin de sauver ses chères camarades. Les sauvant de la mort. Hélas ! elle n’était qu’elle, et quand bien même opposait-elle résistance que l’ennemi semblait toujours plus puissant. Elle contre le monde. Quelle fantasque fable de son esprit !

— Si vous dites vrai, alors j’aurai seulement besoin… que vous les placiez sous votre protection. Vous en avez le pouvoir, je le sais. Les cardinaux ont une large influence au sein de l’Église, m’a-t-on appris. Je présume ainsi que l’Inquisition est soumise à vos ordres, que vous avez un pouvoir sur elle que je n’ai point. Je ne doute point de votre dépendance au Chef de l’Église quant à vos décisions…Cependant… j’ose espérer que le devenir des prisonnières, pour peu qu’elles demeurent engeôlées, ne le préoccupe guère et que vous seriez ainsi libre aux inquisiteurs vos ordres.

— Pourquoi vouloir à ce point adoucir leur devenir ? Alors qu’elles vous ont enlevée ?

— Est-ce le discours officiel tenu en haute-cour ?

— Si fait.

— Quel ignoble mensonge ! avait rugi Magdala en dardant sur Marika un regard brûlant. Que des religieuses avides de viles rumeurs propagent pareille menterie m’horrifiait déjà, mais cela ?!

— « Enlèvement » est pourtant le terme utilisé par…pardonnez ce terme peu révérencieux mais je n’ai point mémoire de son nom, la nordique qui vous a surement donné ceci.

— Ana….

Son poing s’était crispé autour du pendentif rouge que Marika désignait. Ses lèvres tremblaient. Ses yeux écarquillés brulaient d’horreur. Un instant, Marika la croyait sur le point de fondre en larmes ou de maudire la terre entière.

Ana avait couvert son initiative dans ce projet. Ana, comme elle le lui avait promis, avait endossé la responsabilité de ses actes. De leurs actes. Elle avait martelé ses cuisses de rage, poings serrés, frustrée par cette impuissance qui se jetait encore à son visage.

— Bon sang mais quelle idiote ! Pourquoi…m’a-t-elle fait cela ?

Une rancœur sourde faisait battre ses tempes. Elle ressassait la nuit de leur fuite, son sacrifice vain. Elle aurait pu échapper à la garde ! Et pourtant, afin d’éviter à Ana la peine capitale, elle s’était soumise à leurs mains, demandant seulement que son amante soit épargnée…Et voici qu’elle sabotait ses efforts ? Elle avait étouffé un hurlement.

Pourquoi n’était-elle point capable de la protéger ?!

— Reprenez-vous. Ce n’est pas maintenant qu’il faut flancher.

Magdala avait lancé à Marika un regard enragé. Qu’est-ce qu’elle en savait ?! Elle tenait bon depuis des jours, et chaque matin était porteur de mauvaises nouvelles et de nouvelles craintes qu’il lui fallait endurer et accepter. Comment osait-elle lui tenir sermon de la sorte, avec autant de détachement alors qu’elle ignorait tout des tourments qui lui serraient la gorge ?

— J’aimerai bien vous voir à ma place ! s’était-elle écriée en se dressant de toute sa hauteur.

— Oh, de grâce ! Pas de cela avec moi ! Je ne suis pour rien dans vos épreuves, vous ne les devez qu’à vous-même. Seulement, si vous vous laissez dépérir, je crains que vous ne soyez en mesure de vous défendre et de défendre vos camarades.

D’un geste amical mais ne permettant aucune résistance, la cardinale l’avait fait rasseoir, gardant pressée sur son épaule sa main pour contenir la bête colérique qui s’agitait devant-elle.

— Gardez la tête froide, Däm Magdala. Je vous en prie. Car devant le Conseil Judiciaire, l’on tentera sans cesse de vous piéger. Si vous perdez votre calme devant le clergé et la noblesse, vous n’obtiendrez aucune compassion de leur part…de notre part. L’on saura vous mettre en défaut. C’est, hélas, notre métier que de démêler le vrai du faux, sinon de s’approprier une vérité qui nous arrange.

— Vous aussi ?

— Bien-sûr.

Elle n’en tirait point fierté mais n’avait pas la lâcheté de s’en dédouaner. Oui, parfois, elle posait les questions qui mettaient l’accusé dans l’embarras. Parfois, elle relevait la simple incohérence de témoignage qui condamnait. Parfois, elle essayait de défendre, d’amoindrir la faute comme elle le pouvait tout en se heurtant à ses confrères. Parfois, les séances s’éternisaient. Mais tel était son emploi. Celui par lequel elle payait son écot à la vie.

— Il faudra que je lutte…contre vous ? Contre toute l’Église ?

— Vous y arriverez. Je vous y aiderai.

— Pourquoi ? Qu’y gagnerez-vous ?

Un étrange éclat dans ses yeux bruns.

— Rien de plus que la satisfaction d’avoir honorer mon serment.

« Je lui viendrai en aide, Däm Magdala. Vous avez ma parole. »

Un sourire empreint d’une nostalgie douce. Magdala avait cru voir dans ses yeux le visage serein de sa génitrice. Son cœur avait omis un battement tandis qu’une folle hypothèse lui traversait l’esprit.

Elle savait que Sina, sa mère, avait été rapatriée à la Maison-Mère juste avant sa naissance. Sa santé était mauvaise, la grossesse se passait mal et l’on avait craint qu’elle ne rende l’âme sans les meilleurs soins, sans donner d’héritière. Quatorze ans auparavant…

Soudain, elle voulait interroger Marika au sujet de ce serment, confirmer cette théorie qui la stupéfiait.

— À qui…avez-vous fait serment ?

— À vous bien-sûr. Ne vous ai-je point promis mon aide ?

Magdala avait pincé ses lèvres pour s’empêcher d’insister, pourtant terriblement désireuse d’en savoir davantage. Et cependant qu’elle était plongée dans les souvenirs de sa mère, le froissement de l’aube l’avait fait sursauter. Marika s’était agenouillée devant-elle comme elle l’aurait fait devant une sainte.

— Je fais serment de vous apporter mon aide. Demandez et je ferai en sorte de vous exaucer.

Une promesse sur une autre, souriait-elle pour elle-même.

Magdala n’avait point bougé. Considérait la prêtresse qui lui souriait.

Elle lui rappelait Ana. Son cœur s’était serré.

Si elle voulait s’en sortir, il lui faudrait l’utiliser jusqu’à l’os. Elle en était mortifiée, pour sûr. Mais aujourd’hui, elle devait laisser les sentiments de côté. Si elle voulait défaire les liens funestes qui entravaient Ana, elle devait tromper, manipuler, se jouer même des plus tendres. Son visage s’était durci. Son regard brûlait d’une volonté de fer : celle d’user de chaque personne qui lui serait charitable. Pour retrouver ce que l’on lui avait pris.

— Aidez-moi à arranger tout cela. Et faites en sortie que l’on apporte des soins à mes camarades.

Elle lui avait tendu un brin de lavande arraché à sa coiffe.

— Elle comprendra.

Le rameau avait quitté ses doigts. L’instant d’après, Marika s’était dérobée.


Texte publié par Yukino Yuri, 16 juin 2021 à 10h50
© tous droits réservés.
«
»
Tome 4, Chapitre 21 « Träffa - Rencontre » Tome 4, Chapitre 21
LeConteur.fr Qui sommes-nous ? Nous contacter Statistiques
Découvrir
Romans & nouvelles
Fanfictions & oneshot
Poèmes
Foire aux questions
Présentation & Mentions légales
Conditions Générales d'Utilisation
Partenaires
Nous contacter
Espace professionnels
Un bug à signaler ?
1811 histoires publiées
825 membres inscrits
Notre membre le plus récent est angel
LeConteur.fr 2013-2021 © Tous droits réservés