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Tome 1, Chapitre 5 « Pluie d'Étoiles » Tome 1, Chapitre 5
14h50
    Heaven City
    (Planète Terre)

    
    Éléa, Laila et Cirth étaient installés confortablement à la terrasse de l’« Hot & Cold », un café situé sur Main Street, sirotant chacun un soda bien frais par cette journée ensoleillée et bien trop chaude pour la saison. Auranor leur avait donné quartier libre pour l’après-midi. Il était retenu depuis la veille à une conférence traitant sur les espèces abritant Neacia et à la façon dont tous pouvaient cohabiter. De ce fait, il avait dû fermer le musée abruptement, utilisant une nouvelle fois l’excuse de l’inventaire à faire.
    
    — Je suis pressée d’être à ce soir ! Le spectacle risque d’être incroyable ! s’exclama Laila excitée tout en lisant un flyer.
    
    — Les pluies d’étoiles filantes sont chose courante sur Neacia. Il y en a quasiment une par semaine, expliqua Cirth qui s’était rapproché de son amie pour consulter le papier à son tour. La seule différence, c’est que nos étoiles peuvent avoir différentes couleurs. Il n’est pas rare d’en voir des multicolores. En gros, ça ressemble presque à un feu d’artifice sauf que ça n’explose pas.
    
    Éléa les observait tout en terminant son verre et souriait en les regardant. Au fil des semaines, les deux s’étaient beaucoup rapprochés. Cirth lui apprenait à manier l’arc et à améliorer son néacien tandis que Laila lui faisait découvrir des facettes de la Terre qu’il ne connaissait pas encore. C’est ainsi que les deux jeunes s’étaient retrouvés au cinéma découvrant la magie des films et des effets spéciaux et le goût sucré du pop-corn.
    
    Éléa leur avait souvent fait la remarque que les deux formaient un beau couple. Ils s’étaient mis à rougir telle une tomate et avaient à peine répondu au compliment, espérant que l’autre répondrait. Elle se leva subitement et déposa de la monnaie sur la table.
    
    — Il faut que je file. Mon père m’attend à la mairie, il veut que j’aide le comité des fêtes à distribuer d’autres flyers pour l’événement de ce soir et à continuer les préparatifs.
    
    — Attends, on va venir t’aider, répondit Laila. Ce serait injuste que tu sois la seule à travailler.
    
    La mairie d’Heaven City était située non loin d’un des nombreux parcs qui avaient été aménagés en centre-ville afin d’égayer un peu et d’apporter une certaine dose de nature parmi les voitures et la pollution quotidienne d’une ville.
    
    Ils montèrent les quelques marches qui les séparaient du bâtiment et entrèrent. L’endroit était en pleine effervescence. Sur la salle de droite, des enfants décoraient des pancartes avec des étoiles phosphorescentes, d’autres créaient des couronnes en assemblant plusieurs étoiles avec du ruban adhésif ou de la colle. Un autre petit groupe principalement composé de petites filles étaient maquillées dans le même esprit : des étoiles, une lune ou bien d’innocents petits nuages. Éléa se mit à sourire. Quelque part, elle les enviait : pas de stress scolaire, pas de peur liée aux Démons… uniquement une peur enfantine liée aux monstres cachés sous leur lit, tard le soir. Éléa enviait leur insouciance face à la réalité et à ce que majorité de la population ignorait.
    
    Le groupe se dirigea vers le premier étage. Se frayer un chemin parmi les différents ateliers ne fut pas de tout repos. En effet, les élèves faisaient des allers et retours incessants entre les différentes salles. Ils finirent par trouver M. Foster qui était occupé à discuter avec un homme, le dos face à eux. Lorsqu’il apparut sa fille, son visage s’illumina soudainement et d’un bond, il se précipita vers elle, l’entraînant par le bras vers ce nouvel interlocuteur :
    
    — Détective Valley, laissez-moi vous présenter ma fille : Éléa.
    
    — Je suis ravie de vous rencontrer, Monsieur, répondit la jeune fille d’un ton las.
    
    Ledit Détective se retourna et lui tendit la main. Lidakil lui faisait face et Éléa comprit que tout ceci n’était que du cinéma pour sa couverture en tant que terrien. Elle se mordit l’intérieur de la lèvre pour se retenir de rire et se décida à jouer le jeu pour son ami.
    
    — Tout le plaisir est pour moi, je suis Barry, Barry Valley, Détective à Rosean.
    
    — M. Valley nous aide à rassembler le plus d’informations possible sur le Croesau Arian afin d’en faire sa capture le plus vite possible, ajouta son père d’un air fier.
    
    — Et comment l’affaire se présente-t-elle ? demanda Éléa amusée.
    
    — Nous faisons de notre mieux pour recueillir des informations sur ce délinquant et mettre en place un dispositif capable de l’arrêter, répondit à son tour le Détective en lui adressant un clin d’œil malicieux.
    
    Pendant ce temps, M. Foster hochait la tête d’un air satisfait au fur et à mesure qu’il entendait les explications du Détective Valley. Celui-ci prétexta qu’il devait retourner à Rosean rapidement pour régler quelques détails supplémentaires et quitta la pièce, adressant un sourire discret à ses amis.
    
    Le visage d’Ethan Foster s’assombrit alors :
    
    — Tu es en retard, dit-il à sa fille sur un ton sec.
    
    — Tu ne m’avais pas précisé une heure particulière, répondit Éléa en haussant les épaules.
    
    — Étant donné que le musée est encore fermé, la logique aurait été de venir dès les cours terminés au lieu de traîner dans les rues et d’y faire on ne sait quoi.
    
    Éléa ne répondit pas. Elle avait l’habitude de ce genre de remarques, ce n’était pas la première fois et ce ne serait malheureusement pas la dernière. Son père salua brièvement ses amis sans même prendre le temps de se présenter, indiqua à sa fille où se trouvaient les affiches pour l’événement du soir et quitta la salle à son tour. Elle soupira et commença à prendre quelques paquets qu’elle glissa à contrecœur dans son sac à dos.
    
    — Il est souvent comme ça ton père ? demanda Laila surprise.
    
    — Oui, en fait je ne l’ai jamais connu autrement. Par contre, il est différent quand mon frère revient à la maison.
    
    Cirth trouvait son comportement étrange, mais par respect pour son amie et parce qu’il ne la connaissait que depuis très peu de temps, il préféra ne pas lui faire part de son opinion. Il attrapa à son tour une pile d’affiches et s’exclama :
    
    — Bon, au travail ! On va distribuer tout ce bazar en un rien de temps et on aura le reste de l’après-midi pour nous trois ! Tu verras, on va te redonner le sourire !
    
    Il avait vu juste. En à peine deux heures, les cinq cents affichettes avaient été distribuées dans la majorité des commerces et auprès des passants à la fois surpris et contents de voir une ambiance festive commencer aussi tôt. Ils étaient aussi passés par le salon de thé de la mère d’Éléa qui les avait remerciés par quelques pâtisseries pour les encourager dans cette tâche ingrate.
    
    Arrivés devant l’hôtel de ville, ils s’étaient installés dans l’herbe, contemplant à la fois le ciel bleu et les installations qui avançaient lentement. Quelques stands de nourriture étaient déjà ouverts et certaines boutiques de souvenirs finissaient de disposer leurs babioles. Laila attrapa l’un des dépliants qu’elle avait gardés et se mit à le parcourir :
    
    — C’est sympa ce genre d’événement. Il devrait y en avoir plus souvent en ville, on pourrait presque faire concurrence à Rosean.
    
    — D’ailleurs, en parlant de Rosean, est-ce que Lidakil y travaille vraiment ? demanda Éléa en tournant la tête vers Cirth.
    
    — Non. Il cherche simplement des informations sur le Croesau Arian et il a pensé qu’en intégrant la police il aurait plus de succès. Un Chevalier qui est plutôt bien placé dans les forces de police de Rosean lui a fourni les papiers dont il avait besoin, expliqua le Chevalier.
    
    — Les Chevaliers font de faux papiers, on aura tout vu ! s’exclama Laila en rigolant.
    
    
***

    
    Éléa était devant un étrange bâtiment. Lidakil lui avait conseillé quelques jours plus tôt d’y aller lorsqu’elle aurait un peu de temps libre. L’enseigne en bois décrépi disait « La Taverne du bois dormant ».
    
    La jeune fille était stupéfaite que personne n’ait eu l’idée d’y entrer par pure curiosité, ni même remarquer les étranges écritures qui se trouvaient être du néacien, inscrites sur le panonceau.
    
    Lidakil lui avait dit que certains lieux publics étaient dissimulés à travers la ville pour permettre aux néaciens de se regrouper ou de leur procurer une issue de secours en cas de besoin. Éléa ouvrit la porte lentement et entra timidement. L’endroit n’était pas vraiment peuplé, mais les quelques clients qui étaient présents suffisaient à l’intimider. Elle était également surprise par la décoration et l’atmosphère que la Taverne dégageait. L’architecture et la décoration étaient identiques à ce qu’elle avait vu de Neacia jusqu’à présent. Une bonne partie du bâtiment avait été construit en bois foncé. Le bar était situé sur sa gauche. Il était relativement long et accueillait trois clients. De la façon dont ils se tenaient accoutrés au bar et à leurs joues rouges, on devinait rapidement qu’ils devraient songer à arrêter les commandes de boissons. Les deux hommes semblaient engagés dans une conversation sans aucun sens. Le barman, un homme dans la trentaine, les cheveux roux et une carrure plutôt moyenne, fit signe à une femme de venir à sa rencontre. Elle s’approcha d’Éléa, la démarche nonchalante.
    
    — Je peux t’aider ?
    
    Éléa fouilla dans la poche de son jean et en sortit un bout de papier. Elle le tendit à la barmaid en essayant de contrôler les tremblements de sa main. Lidakil lui avait demandé de remettre la missive à la jeune femme.
    
    — On m’a demandé de vous donner ceci.
    
    Elle le prit, se mit à le lire et fit signe discrètement à Éléa de la suivre. Elles montèrent à l’étage et la serveuse ouvrit l’une des nombreuses pièces, dévoilant un petit salon dont les meubles étaient un savant mélange d’osier et de fleurs qui semblaient ne jamais faner. Éléa entra et la jeune barmaid referma la porte derrière elle.
    
    — C’est étrange, pourquoi Lidakil m’aurait-il fait venir ici ?
    
    — C’est moi qui t’ai fait venir, répondit une voix masculine.
    
    Elle sursauta et se retourna aussitôt, faisant face au Croesau Arian. Comme à son habitude, il portait une longe cape noire, dont le capuchon recouvrait son visage. Il l’invita à s’asseoir en face de lui sur l’un des fauteuils. Il tenait dans la main gauche un verre au contenu rouge clair.
    
    — On vous cherche depuis des semaines ! On croyait que vous aviez déserté la ville ! s’exclama Éléa.
    
    — Je veille toujours sur Heaven City, je ne suis d’ailleurs jamais parti. Disons que j’étais bien caché. J’aimerais que tu me rendes un service : surveille les affaires de ton père, surtout celles me concernant.
    
    Elle acquiesça d’un mouvement de tête et continua à l’écouter attentivement, en admiration. Elle était devant celui que tant de personnes cherchaient absolument à arrêter. Jusqu’à présent, Éléa était la seule à l’avoir vu d’aussi près. Très vite, elle retrouva sa lucidité et sa logique :
    
    — Mais si tu m’as fait venir ici, c’est que tu savais que je possédais de la magie ?
    
    — Effectivement, dit-il en faisant glisser son doigt sur le rebord de son verre qui émit un léger son cristallin.
    
    Ce fut son uniquement réponse. Il se leva et s’approcha de l’unique fenêtre de la pièce.
    
    — Reste sur tes gardes. J’ai eu vent que quelque chose se prépare. L’événement de ce soir risque de ne pas être de tout repos. Fais attention à ce Démon qui ne cesse d’attaquer. Celui qui a un tatouage en forme de croissant de lune.
    
    — Tu veux parler de Topaz ?
    
    Éléa n’eut pas de réponse. Il avait déjà disparu. Elle le chercha du regard quelques instants. La porte était toujours fermée et la fenêtre également. Comment avait-il fait ?
    
    Seul le verre qui tenait un peu plus tôt qui était désormais posé sur la table basse était la preuve qu’il avait été présent dans cette pièce. La preuve qu’Éléa n’avait pas hallucinée. Elle l’avait bel et bien rencontré.
    
    
***

    
    Dans l’heure qui avait suivi l’entretien avec le Croesau Arian, une réunion fut organisée au musée afin d’assurer la sécurité de la ville et de ses habitants. Lidakil avait fait venir une dizaine de Chevaliers supplémentaires afin d’être certain que Topaz serait appréhendé bien avant qu’il ne lance une quelconque attaque.
    
    — Les forces de l’ordre seront aussi de sortie, expliqua-t-il. Pour se fondre dans la masse, les Chevaliers devront revêtir l’uniforme d’Heaven City. En cas d’attaque, vous serez déjà sur place, mais l’usage de la magie est interdit sauf en cas d’extrême urgence. Personne ne nous soupçonnera comme ça.
    
    — Dans le pire des cas, si vous êtes démasqués, rappelez-vous que la population n’est pas au courant de notre existence et que pour l’instant, cela doit rester comme tel, ajouta Auranor qui avait tenu à être présent.
    
    Les Chevaliers quittèrent le bureau d’Auranor, laissant les deux Gardiennes, Lidakil et Auranor. Éléa n’était pas vraiment rassurée. Ce genre de rassemblement était toujours la cible favorite pour un attentat, mais est-ce que cela était différent pour les Démons ? Est-ce qu’ils pouvaient causer plus de dégâts ? C’était des questions auxquelles elle ne pouvait avoir de réponses pertinentes et c’était quelque chose qu’elle n’appréciait pas. De plus, cela avait tendance à la rendre nerveuse.
    
    Le reste de l’après-midi fut principalement consacré à la mise en place du périmètre de sécurité. Les deux Gardiennes aidaient de leur mieux en faisant part de leurs connaissances sur Heaven City et certains recoins cachés. Des spécialistes en magie s’étaient déplacés à la demande d’Estella. Aidés par d’étranges outils, ils pouvaient détecter toutes formes de magie dans les environs et savoir avec précision s’il s’agissait d’un Démon, de simples Mages… La technologie néacienne semblait fortement intriguer Laila. Elle qui était passionnée d’informatique, elle posait mille et une questions à l’un des spécialistes. L’homme était plus que ravi de voir que quelqu’un s’intéressait aux différents engins complexes qu’ils avaient amenés.
    
    — Pour celui-là, dit-il en attrapant ce qui ressemblait à une boîte à musique, il permet de détecter une source de magie et de la couper à distance. C’est très pratique quand une créature apparaît au milieu de la foule. Les dégâts sont amoindris. Malgré tout, le monstre reste dangereux et à maîtriser très vite.
    
    — C’est fascinant ! Toutes vos machines sont générées par de la magie, je suppose ? demanda Laila en observant la boîte sous tous ses angles.
    
    — Certaines le sont, d’autres non. Quand elles ne le sont pas, elles sont générées par une source d’énergie trouvable uniquement sur Neacia. Elle est elle-même extraite d’une pierre appelée « arc-en-ciel » à cause de ses reflets aux diverses couleurs. Nous avons des générateurs un peu partout en ville avec des pierres issues de ce matériau à l’intérieur, ça évite qu’elles tombent en panne.
    
    Éléa, elle, s’était tranquillement posée dans un coin du musée au calme, continuant son apprentissage du néacien à travers le livre d’incantation. Elle en était désormais à une cinquantaine de pages dont certaines contenaient plus de descriptions que d’incantations. C’était sûrement très utile, mais elle avait l’impression de perdre son temps à déchiffrer le moindre mot. Elle savait que sa magie augmentait, mais elle préférait s’entraîner sur de la pratique plutôt que de la théorie. Elle referma le livre quand elle vit Auranor s’approcher d’elle, un large sourire sur le visage et un énorme livre dans les bras.
    
    — Toi qui voulais absolument connaître l’histoire de Neacia, tu vas être servie ! dit-il en posant l’ouvrage à côté d’elle dans un bruit sourd.
    
    — S’il est entièrement en néacien, je vais mettre des mois avant de le terminer ! s’exclama Éléa.
    
    — Tu as trouvé ton prochain livre de chevet dans ce cas ! répondit l’Analyste amusé.
    
    Il s’éloignait en direction de son bureau en rigolant. C’était certes une bonne idée, mais elle avait déjà tellement à apprendre qu’elle ne savait plus où se donner de la tête désormais. Quel manuscrit avait la priorité ?
    
    Une alarme se mit à retentir bruyamment à travers le musée, faisant sursauter la jeune fille qui se leva aussitôt, faisant tomber ses livres. Un groupe de Chevalier passa devant elle en courant, criant des ordres en néacien. Elle arriva à comprendre quelques mots : danger, créature et Démons. Elle courut les rejoindre pour s’apercevoir que le hall était envahi de chiens à l’allure de spectres.
    
    — Ce sont des chiens noirs, commença Lidakil qui se posta à ses côtés, les bras croisés. On les trouve en général en Angleterre.
    
    — Ils font partie de la famille des Spectras ? interrogea Laila qui venait d’arriver.
    
    — Oui et non. Ce sont des fantômes, mais ils ne peuvent prendre possession d’aucun objet à la différence des Spectras. Ce ne sont que de simples créatures démoniaques qui ne se montrent que lorsqu’ils sont invoqués. Bien souvent, les Démons aiment les avoir en tant qu’animal de compagnie.
    
    Lidakil s’arrêta dans ses explications lorsqu’il entendit quelqu’un applaudir. Le groupe leva la tête sur la droite et ils découvrirent Topaz, assis sur le rebord du balcon de l’étage.
    
    — Je te mets un dix-neuf sur vingt pour ta récitation. Je dois avouer que je suis relativement surpris que tu aies trouvé aussi facilement.
    
    Topaz disparut pour réapparaître à quelques mètres devant eux.
    
    — Tu viens gâcher la fête avant qu’elle ne commence ? demanda Éléa agacée en croisant les bras.
    
    — Il ne faut pas non plus tout me mettre sur le dos. Est-ce que je compte gâcher cette petite fête ? Non. Les étoiles filantes sont un spectacle que j’ai, moi aussi, envie d’observer par pure curiosité.
    
    Personne ne croyait à ses explications. Il n’avait certainement pas changé de camp du jour au lendemain.
    
    — Qu’est-ce que tu viens faire ici dans ce cas ?
    
    — Eh bien, j’avais envie de vous montrer mes nouveaux toutous, comme j’ai encore une longueur d’avance sur vous…
    
    Le silence prit place et le groupe se questionna à tour de rôle par de simples regards, cherchant à comprendre ce qu’il voulait dire.
    
    — J’ai trouvé le prochain Gardien, je l’ai trouvé ! chantonna le Démon. À vous de voir maintenant si vous serez capable de le trouver dans l’immensité de la foule.
    
    Il claqua des doigts et les chiens disparurent sans prendre le temps d’attaquer puis il s’en alla à son tour de la même façon. Lidakil poussa un juron.
    
    — J’aimerais bien savoir comment ce fumier arrive à venir comme bon lui semble dans le musée, comment il arrive à nous devancer à chaque fois et visiblement à gagner en puissance ? s’exclama-t-il en s’asseyant. Il nous nargue et j’ai horreur de ça !
    
    — Est-ce que vous avez déjà pensé à une « taupe » ? demanda Laila un peu hésitante.
    
    — Impossible, tous les Chevaliers ont prêté serment à Estella. Revenir sur cette parole serait du suicide.
    
    — Suicide certes, mais pas impossible, fit remarquer Éléa.
    
    Lidakil bougonna. Il savait au fond qu’elles avaient raison. Il était tout à fait probable d’avoir un espion dans leur rang. Mais le simple fait de penser à cette idée le rendait malade. S’il y avait bel et bien une taupe, il la trouverait rapidement et s’en chargerait personnellement. Personne ne manquait à ses obligations et surtout celles envers la reine. Il en était hors de question, ils avaient déjà dû batailler tous les deux pour en arriver là où ils en étaient aujourd’hui.
    
    Le Capitaine donna quelques dernières recommandations auprès des Chevaliers qui n’avaient jamais été sur Terre, puis repartit rapidement sur Neacia afin d’en informer Estella. Ils allaient devoir réfléchir à comment organiser la suite des événements si le prochain Gardien était effectivement dans le collimateur de Topaz.
    
    Pendant ce temps, Éléa était retournée chez elle et avait passé quelques heures les yeux rivés dans son livre de Magie. Elle tenait absolument à être au point sur ses incantations. Elle en avait profité pour aussi changer de tenue afin de pouvoir être libre de ses mouvements si quelque chose arrivait dans la soirée. Elle avait cette nette impression qu’elle risquait d’être mouvementée, et ce, beaucoup plus que prévu.
    
    
***

    
    Ethan Foster était déjà rentré lorsqu’elle franchit le seuil de la maison, suivi de sa mère qui était arrivée quelques secondes après elle. Celui-ci l’attendait dans l’entrée, les bras croisés, le regard noir. Au départ, Éléa ne fit pas attention à lui. Elle retira ses Converses rouges et sa veste sans lui adresser le moindre mot. Elle savait pertinemment qu’il allait lui prendre la tête pour des futilités.
    
    — Je peux savoir pourquoi tu rentres si tôt ? Les commerçants t’ont vu te promener et rigoler avec ces deux crétins.
    
    — Sache qu’ils ont tous les deux un prénom. Tu l’aurais su si tu avais bien voulu prendre cinq minutes, histoire que je te les présente, rétorqua Éléa lasse de ce petit jeu quotidien.
    
    — J’ai des affaires bien plus importantes à traiter. La prochaine fois que je t’ordonne de faire quelque chose, tu le feras et seule.
    
    — Qu’est-ce qu’Éléa devait faire ? demanda Mérédith en pointa la cuisine à Éléa qui s’éclipsa.
    
    — Vu qu’elle n’avait pas à travailler cette après-midi, je lui ai dit de distribuer les affiches qu’il restait. Il faut bien qu’elle fasse quelque chose de temps en temps.
    
    — Si cela concerne la Mairie, elle n’a strictement rien à faire. Cela fait partie de TON travail et non du sien. Si tu trouves que c’est trop ennuyant, démissionne et change de poste. Éléa est jeune. Elle a le droit comme tous ceux de son âge de s’amuser et de s’épanouir. Alors cesse cette attitude que tu as depuis quelque temps. Tu n’es pas Maire d’Heaven City. Si tu es aussi attentif aux citoyens comme tu l’es avec ta fille, tu risques même de ne jamais l’être.
    
    Son père ouvrit la bouche pour répondre, mais étant à court d’arguments, il se contenta d’aller dans son bureau en claquant la porte. Meredith alla rejoindre sa fille à la cuisine. Éléa sortait le chocolat en poudre et le lait tandis que sa mère sortait du réfrigérateur une boîte provenant de sa boutique.
    
    — Je t’ai gardé les spécialités du moment. Avec la fête de ce soir, l’équipe a trouvé ça chouette de faire des gâteaux en forme d’étoile.
    
    — C’est une superbe idée maman ! Ils sont magnifiques, répondit sa fille en saisissant l’un des gâteaux.
    
    — Si tu me parlais de tes amis ? Ton père s’en fiche peut-être, mais j’ai bien envie de les connaître.
    
    Meredith s’installa sur l’un des hauts tabourets et regarda sa fille, l’air attentif. Éléa lui expliqua alors sans vraiment rentrer dans les détails comment elle avait rencontré le groupe, comment chaque individu l’aidait à mûrir et à développer ses capacités. Avec eux, elle se sentait revivre, à l’aise. Elle était dans son élément. Elle parla malgré tout de Neacia, tout en transformant légèrement la vérité. Neacia n’était plus qu’un monde inventé pour un projet de roman sur lequel ils travaillaient tous ensemble.
    
    — Et toi, tout se passe bien à la boutique ?
    
    — Oui, nous avons une nouvelle employée. Elle avait un peu de mal avec la caisse alors je lui ai proposé une formation accélérée. Elle se débrouille mieux depuis. Tu sais, si un jour le musée t’ennuie, je serais ravie de t’intégrer à l’équipe.
    
    Éléa la remercia par une accolade. Comment lui dire que sa place au musée avait davantage d’importance qu’auparavant ? Que son rôle ne servait plus que de mise en scène comme pour le reste de l’équipe afin de pouvoir protéger les innocents ? Non, elle devait garder sa place au musée Oceana. Elle était plus qu’indispensable.
    
    Pour satisfaire l’insatiable curiosité de sa mère, elle lui avait demandé de l’accompagner à la fête.
    
    
***

    
    17h50
    Centre-ville
    Heaven City
    (Planète Terre)

    
    Les préparatifs étaient dans l’ensemble terminés et les gens commençaient à arriver par petits groupes. Les marchands de confiserie et de ballons remportaient un franc succès auprès des plus jeunes tandis que les stands dédiés aux sciences trouvaient leur bonheur parmi les dizaines de vidéos explicatives en relation avec l’astronomie. Une dizaine de familles s’était réunie sur place, installée sur des couvertures, attendant patiemment que la nuit tombe.
    
    Meredith et Éléa se promenaient à travers les différentes allées lorsqu’elles croisèrent Laila et Cirth main dans la main. C’était là, l’occasion qu’Éléa attendait pour présenter ses amis. Meredith bavarda longuement avec Laila ; sa mère étant une cliente régulière du salon, lui demandant de ses nouvelles. Après être restée quelque temps avec le groupe, elle était partie rejoindre son mari non loin de l’estrade en bois aménagée pour le discours du Maire.
    
    Les autres étaient repartis du côté du musée afin de recevoir les derniers ordres de Lidakil qui était en train d’ajuster son armure.
    
    — Je n’aime pas ce genre de situation, dit-il tandis que Laila l’aidait à mettre ses épaulières. Sur Neacia, ce serait plus simple à gérer. Nous n’aurions pas à nous cacher ni à élaborer des stratégies pour éviter que les terriens ne nous voient. Ce soir, si ça tourne mal, les médias prendront le dessus et le pire pourrait rapidement arriver.
    
    — Ne t’en fais pas, tu as très bien fait ton travail. Tout sera sous contrôle tu verras, répondit Laila pour le rassurer.
    
    — Allez profiter du spectacle. S’il y a le moindre problème, je vous contacterai avec les communicateurs.
    
    
***

    
    Éléa était dans la foule et observait, attentive au moindre mouvement tandis qu’autour d’elle ont applaudissait le Maire dont le discours venait de prendre fin. Qu’est-ce que Topaz avait l’intention de faire et quelle était l’identité du prochain Gardien ? Il lui fallait absolument les réponses à ces deux questions au plus vite.
    
    Au fur et à mesure que l’obscurité gagnait le ciel, la pression montait sur le groupe qui était persuadé que quelque chose allait se produire.
    
    Cirth s’était mis près des marchands ambulants, l’une des zones principales pouvant être attaquées vu qu’elle était la plus proche de la foule. Laila s’était positionnée sur le toit d’un des bâtiments. De là, elle avait un champ de vision global à l’aide d’une incantation lui permettant de zoomer sur la zone de son choix et espérait par la même occasion que ses pouvoirs s’activent. Elle ferma les yeux quelques secondes et se concentra. Une vision. C’était tout ce dont elle avait besoin…
    
    Visiblement, rien ne semblait lui parvenir dans l’immédiat.
    
    Soudainement, des cris s’élevèrent de la foule et dans un mouvement de panique, les spectateurs s’écartèrent rapidement. Trois Assassins avaient réussi à se mêler dans la foule. Le groupe devait agir rapidement, mais ils ne pouvaient pas s’exposer aux terriens. Ils étaient désormais dans une impasse et ils devaient réfléchir vite. Éléa se retourna, attrapa son sac à dos en vitesse et en sortit son manuel de magie. Elle tourna rapidement les premières pages, un peu paniquée et s’arrêta sur une incantation. Elle leva la main vers le ciel et récita à voix haute celle-ci.
    
    Les habitants s’écroulèrent les uns après les autres, pris par une soudaine fatigue. Désormais il ne restait plus que les Chevaliers, les Gardiennes et les Assassins qui étaient éveillés. Éléa tourna une nouvelle fois les pages de son manuscrit et récita une autre formule tout en posant ses mains au sol, ce qui eut pour effet de les transporter sur Neacia de façon quasi instantanée.
    
    Elle n’avait pas choisi ce lieu par hasard. Éléa avait tout juste eu le temps de l’apercevoir dans le livre d’histoire qu’Auranor lui avait donné quelques heures plus tôt lorsqu’ils étaient encore au musée. Leur champ de bataille était d’anciennes ruines d’une cité jadis prospère qui durant la première Guerre contre les Orcs avait entièrement péri. Les habitants, ne voulant pas revivre sur un lieu rempli de chagrin, à l’odeur de mort toujours présente, l’avaient tout simplement laissé à l’abandon. Certains bâtiments tenaient encore malgré le temps, mais ce n’était plus qu’une question de temps avant qu’ils ne s’écroulent, redevenant qu’un simple tas de pierres. L’endroit se révélait être l’endroit idéal pour un combat, si cela tournait mal ils pouvaient toujours se mettre à couvert dans les ruines encore debout.
    
    Surpris, les Chevaliers étaient aussi désorientés que les Assassins, mais étant maintenant sur un terrain plus favorable, ils se lancèrent dans le combat en chargeant.
    
    — Brillante idée l’incantation de téléportation, mais cela a dû te demander une quantité incroyable d’énergie ! s’exclama Auranor.
    
    — J’ai la tête qui tourne un peu et une horrible envie de vomir, répondit Éléa qui couvrait sa bouche à l’aide de sa main.
    
    Laila, voyant l’état de son amie l’aida à s’asseoir, en retrait dans ce qui semblait être une ancienne étable. Éléa en profita pour s’allonger dans le foin humide, attendant que les symptômes se décident à passer pendant que Laila s’accroupit derrière le muret, faisant apparaître son arc.
    
    — C’est vraiment dommage que mes pouvoirs ne s’activent que quand ça leur chante, avoua Laila un peu déçue.
    
    — Ça viendra, ne t’en fais pas. Quand Auranor m’a fait passer mon analyse, il m’avait dit que les Gardiens possédaient plus de magie que les autres. Et puis, tu sais, je ne contrôle pas toujours les miens non plus. À part, les incantations, c’est tout ce que j’arrive à faire, la rassura Éléa.
    
    Auranor n’avait pas encore eu le temps de faire son analyse. Elle était certaine qu’une fois les résultats dans les mains, Laila se rendrait compte qu’elle était essentielle au groupe et que les pouvoirs comme les facultés mentales se travaillaient au fur et à mesure. Parfois, Éléa avait l’air d’agir comme si elle savait pertinemment ce qu’elle faisait, mais ce n’était qu’une apparence. Elle était elle aussi, morte de peur dans les situations anormales.
    
    Le silence finit par s’installer lorsqu’elles remarquèrent que les bruits des combats avaient cessé et décidèrent d’y retourner incognito. Et elles avaient eu raison. Les Chevaliers avaient été faits prisonniers par Topaz et une horde de Démons qui s’était téléportée, les prenant au dépourvu. Comment avait-il su où ils se trouvaient ?
    
    — Gardiennes ! cria Topaz. Rendez-vous ou Son Altesse perdra son Capitaine et quelques-uns de ses précieux soldats !
    
    Laila interrogea son amie du regard.
    
    — Tu crois qu’on peut attaquer ? À deux contre une dizaine ? demanda Laila.
    
    — Ce serait du suicide, je n’ai pas assez de force pour utiliser les incantations, mais il est hors de question de se rendre.
    
    Elle soupira.
    
    — Tant pis, nous n’avons pas vraiment le choix de toute façon.
    
    Les Artefacts s’activèrent, recouvrant les Gardiennes de leurs armures respectives. Éléa se redressa et observa la situation : Topaz continuait à proliférer des menaces à l’encontre de Lidakil. Une incantation de téléportation serait l’idéal, mais elle n’avait pas assez d’énergie pour le faire fonctionner et le Démon devait s’attendre à ce qu’elle la refasse comme dernier recours. Non, il fallait les surprendre à leur tour.
    
    — Est-ce que tu peux téléporter un objet ? demanda Laila le sourire aux lèvres.
    
    — S’il n’est pas trop grand, je pense que ça devrait fonctionner. Pourquoi ?
    
    — Tu te rappelles des spécialistes en magie qui sont venus au musée ? L’un d’eux m’a montré un procédé capable de détecter toute forme de magie et de l’annuler. Si on arrive à y avoir accès, les Démons n’auraient plus de pouvoirs et nous non plus par la même occasion…
    
    — Cela pourrait créer un effet de surprise ! Je vais essayer.
    
    Éléa ferma les yeux et se concentra. Elle avait un peu plus de mal que d’habitude, mais finit par y arriver. L’étrange machine était apparue dans les mains de sa camarade. Elles se levèrent et avancèrent vers Topaz qui les attendait.
    
    — Enfin ! s’exclama-t-il. J’ai bien cru devoir verser du sang avant que vous ne sortiez de votre trou à rat.
    
    Sans plus attendre, Laila actionna la machine qui une fois au maximum de sa puissance, libéra un faisceau de lumière violet montant haut dans le ciel. Les Chevaliers comprenant ce qu’il venait de se passer contre-attaquèrent. Lidakil donna un coup de genou dans le poignet de Topaz, qui surprit, lâcha son épée en poussant un juron. Le Capitaine la rattrapa en plein vol et la pointa vers son ennemi.
    
    — Si tu crois qu’une simple épée va m’arrêter, tu te trompes !
    
    Il claque des doigts, espérant que ses chiens noirs réapparaîtraient à ses côtés. Il n’en était rien. Il répéta l’opération plusieurs fois, mais rien ne se passait.
    
    — Dispositif anti-magie, expliqua Laila, le sourire aux lèvres. Vraiment très pratique dans des cas désespérés. Tu n’es pas le seul à savoir créer un effet de surprise.
    
    Les quelques Démons ainsi que Topaz qui n’avaient pas réussi à prendre la fuite furent arrêtés par la garde royale. Les Gardiennes furent félicitées pour leur courage, leur sang-froid et l’utilisation de technologie néacienne. Lidakil envoya une escouade sur Terre afin de délivrer les habitants de l’incantation de sommeil et d’effacer de leur mémoire, le moindre souvenir des Assassins.
    
    Le chemin vers le Palais fut un peu plus long que d’habitude. Une carriole avait été mise à disposition par le village voisin pour les blessés et les deux jeunes filles qui étaient complètement épuisées. Après un trajet d’environ deux heures et demie, ils atteignirent le Palais où Estella les attendait en salle de réunion. Éléa et Laila avaient deux chambres préparées à leur attention, mais elles avaient préféré y renoncer malgré la fatigue afin de participer au débriefing de la mission.
    
    Le chaos régnait dans la vaste salle de réunion. Les Gardiennes avaient été placées sur la droite, aux côtés de Lidakil et de Cirth. Du côté gauche, il y avait les Sages et Estella.
    
    Éléa observait les Sages à la fois curieuse et méfiante. Au moindre mot que prononçait Lidakil, certains levaient les yeux au ciel comme agacés par ses propos. Il les voyait très bien faire, mais préférait les ignorer. Les Sages ressemblaient à ces aristocrates terriens pensant avoir le contrôle absolu et avoir la réponse à tous les problèmes. Personne en dehors de leur petit groupe de privilégiés ne semblait les apprécier. Estella, de par son rang, essayait de prendre en compte leurs remarques intempestives et d’ensuite, les écarter discrètement en leur montrant qu’ils avaient tort de penser ou de dire cela.
    
    — Vous auriez dû prendre des précautions avant d’amener cette horde de Démons sur nos terres ! Si la situation avait mal tournée, ils auraient pu s’en prendre à la population ! pesta l’un d’eux.
    
    Éléa décida qu’il était grand temps pour elle de donner son point de vue.
    
    — Dans ce cas, je vous invite grandement à revêtir une armure et à venir nous rejoindre lors de la prochaine réunion concernant une mission. Je suis certaine que les hauts gradés de l’Armée seraient plus que ravis d’apprendre vos connaissances en stratégie.
    
    Le Sage qui avait parlé ne répondit pas, surpris que quelqu’un ait osé le contredire. Lidakil se retenait de rire, bien content que le vieux Sage ait reçu ce qu’il méritait depuis fort longtemps.
    
    — Quelle effrontée ! Parler ainsi à l’un des membres du Conseil !
    
    — L’effrontée aimerait également vous faire remarquer que Midgard croule sous l’insécurité causée par les Démons et les Assassins. Allez en dehors du Palais de temps à autre, j’ai eu vent très récemment que la marche était plutôt bonne pour les articulations à partir d’un certain âge.
    
    Cette fois-ci, ce fut Estella qui se retenait de rire. Éléa avait de la répartie et elle l’appréciait beaucoup. Elle se moquait tout en apportant des détails véridiques, ce que les politiciens détestaient habituellement.
    
    Ceci mit fin à la réunion.
    
    Lidakil proposa aux Gardiennes de les raccompagner sur Terre, mais elles choisirent de dîner parmi les Chevaliers. La pluie d’étoiles étant terminée depuis longtemps, elles voulaient se détendre à Midgard en compagnie de leurs amis. Cirth, fou de joie à cette idée, les dirigea vers la Taverne du Dragon Bleu où il commanda un festin de roi qui se déroula sous les rires, du chant et des histoires sur le folklore néacien.
    
    

Texte publié par AURORA, 6 novembre 2020 à 17h42
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Tome 1, Chapitre 5 « Pluie d'Étoiles » Tome 1, Chapitre 5
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