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Tome 1, Chapitre 4 « Mystère au village Conriston » Tome 1, Chapitre 4
L’étrange lumière se manifesta une nouvelle fois, aveuglant Éléa qui se protégea instinctivement le visage à l’aide de ses mains. Depuis quand était-elle dans cet étrange endroit, froid et lugubre ? Elle ressentait des auras démoniaques qui ne faisaient que s’accumuler. Lorsque la clarté disparut à nouveau laissant place à l’obscurité la plus totale, elle était prête à affronter n’importe qui ou n’importe quoi.
    — Qui est là ? cria-t-elle tout en gardant son sang-froid.
    
    C’est à ce moment précis qu’ils apparurent : une dizaine de silhouettes à l’aspect humain qui l’encerclaient. Éléa sursauta surprise et les observa. Tout ce qu’elle pouvait voir n’était que des yeux à la couleur de sang. Elle n’avait jamais vu de regards aussi froids, aussi terrifiants, un regard semblable à la mort. Voyant qu’ils s’approchaient lentement, elle tenta une première fois d’activer ses pouvoirs, sans succès. Elle remarqua alors qu’elle n’avait pas l’Artefact sur elle.
    
    Une bourrasque se déchaîna, puis un tremblement de terre envoyant une partie de ses assaillants quelques mètres en arrière. Elle se retourna vivement, sentant une aura positive derrière elle. Un inconnu en armure blanche volait près d’elle, à l’aide d’une paire d’ailes. Il se posa rapidement et l’attira contre lui, dévoilant ensuite un gigantesque cercle magique blanc sur le sol. En un fragment de seconde, leurs opposants avaient été réduits en un tas de cendre. Il prit son envol et disparut dans la pénombre. Éléa tenta de le retrouver, mais sans succès :
    — Revient Sachiel !
    
    Éléa ouvrit les yeux précipitamment et se redressa. Elle s’était à nouveau endormie en cours d’Algèbre et les élèves la dévisageaient, surpris par une telle interruption.
    — Éléa qui est Sachiel ? Tu veux peut-être nous faire part de tes inquiétudes ? demanda le professeur d’un air interrogateur.
    — J’aimerais bien le savoir moi-même… répondit Éléa, gênée.
    — Je crois que tu auras tout le temps d’y réfléchir en restant dans le couloir jusqu’à la fin du cours.
    
    L’adolescente rassembla à la hâte ses affaires, un peu honteuse et sous les rires moqueurs de ses camarades de classe, puis sortit rapidement. Elle lança son sac contre le mur en face d’elle et s’affala contre le mur derrière elle. Jamais elle ne s’était endormie à ce point en cours, il lui arrivait de rêvasser, mais pas de s’endormir aussi profondément au point de se mettre à rêver. Éléa ferma les yeux et tenta de se rappeler son étrange rêve.
    
    Sachiel…
    
    Ce prénom refit alors surface et une vague image du visage de ce mystérieux jeune homme lui revint en mémoire. Qui était-il ? Elle n’avait jamais entendu parler de ce garçon. Lentement, les cheveux d’Éléa se mirent à virevolter au grès d’une légère brise qui venait de se lever, faisant soupirer de bonheur la jeune fille qui mourrait de chaud, assise dans ce foutu couloir… Comment était-ce possible que le vent se mette à souffler de l’intérieur d’un bâtiment ? Elle ouvrit rapidement les yeux et s’aperçut qu’elle n’était plus à l’Institut, mais dans un magnifique jardin clôturé par de petites barrières blanches. Elle regarda autour d’elle à la fois surprise et émerveillée par les dizaines de couleurs et variétés de fleurs aux formes fantaisistes. Sous ce qui ressemblait fortement à un saule-pleureur, un petit banc en pierre blanche avait été installé et de grosses pierres couleur sable menaient n’importe quel visiteur, du banc jusqu’à un ruisseau où l’eau s’écoulait tranquillement.
    
    Elle se mit à sourire lorsque ses mains effleurèrent l’une des grandes fleurs qu’elle aimait tant. Elles ressemblaient beaucoup à des clochettes, mais leurs tailles étaient quatre fois plus grandes en comparaison à celles que l’on trouvait sur Terre. Elle ferma les yeux quelques instants lorsque les pétales émirent une douce mélodie. Elle se sentait si paisible, si reposée, comme si ce jardin était un véritable paradis. Pourtant une question lui trottait dans la tête, mais elle faisait en sorte de ne pas y penser : comment avait-elle fait pour voyager jusqu’ici ? Était-ce un nouveau rêve ? Elle s’approcha du ruisseau, retira ses chaussures et plongea aussitôt ses pieds dans l’eau fraîche. Elle sentit à nouveau la présence de cette curieuse personne, se leva rapidement et se retourna.
    — Sachiel… ? demanda-t-elle, confuse.
    — Nous nous rencontrerons bientôt, je te le promets.
    — Qui es-tu réellement ?
    — Je ne peux te le dire pour le moment, mais nous nous connaissons depuis longtemps.
    
    Éléa voulut poser davantage de questions, mais « Sachiel » se dissipait progressivement. Elle venait à nouveau de le rencontrer et pourtant elle n’avait toujours pas pu voir à quoi il ressemblait ni savoir pourquoi il venait à elle.
    
    
***

    
    12h40
    Heaven City
    (Institut Edelweiss)

    
    Un second bâillement prit Éléa par surprise tandis qu’elle attrapait son plateau sur la pile qui était devant elle. Un rire éclata par-derrière l’obligeant à revenir sur la terre ferme. Laila passa son bras autour de son amie et la rapprocha d’un mouvement brusque. Elle lui ébouriffa les cheveux et la relâcha tandis qu’Éléa se débattait :
    — Je vois qu’il y a des choses qui ne changent pas ! La semaine dernière le cours de français, aujourd’hui le cours de maths ! s’exclama-t-elle en rigolant à nouveau.
    — C’est très drôle Laila… Je te rassure que ce qui s’est passé ce matin n’était pas normal, répliqua Éléa.
    — Est-ce que tu serais en train de chercher une excuse valable ?
    — Si je te dis que je me suis endormie dans le couloir et que je me suis retrouvée dans un jardin sur Neacia ?
    
    Laila cligna des yeux, abasourdie par ce qu’elle venait d’entendre. Après la bataille quotidienne afin d’avoir un repas à peu près équilibré, Éléa alla s’installer à une table légèrement reculée des autres.
    — Très bien, je t’écoute, quelle est ta supposition ? interrogea son amie en posant son plateau sur la table.
    — Pour l’instant, je n'en ai aucune. Ces rêves sont vraiment curieux. Ils ne sont pas prémonitoires puisque je les vis sur le moment présent et puis je n’arrive pas à découvrir le visage de ce « Sachiel ». Il est comme le Croesau Arian : il aime partir au moment opportun.
    — Attendons la suite des événements, je suis sûre que l’on trouvera bien quelque chose. Si ça se trouve, c’est peut-être le prochain Gardien ?
    
    Le silence retomba alors. Chacun était concentré sur son repas. Le communicateur d’Éléa brisa ce silence. Elles sortirent de la cafétéria précipitamment pour répondre à l’appel de leur ami Chevalier :
    — Bonjour les filles ! s’exclama Lidakil d’une voix joyeuse.
    — Besoin d’un coup de main sur une nouvelle affaire ? demanda Éléa le sourire aux lèvres.
    — Exactement ! Votre présence est requise au palais. Vous pensez pouvoir sortir de l’Institut sans encombre ?
    — Ne t’en fais pas, je connais l’établissement dans ses moindres recoins, ajouta Laila qui surveillait d’un coup d’œil leurs affaires. Est-ce que Merus est prévenu de notre arrivée ?
    — Le pauvre a failli avoir une défaillance cardiaque quand il a su que sa précieuse boutique allait être à nouveau dérangée.
    
    Le Chevalier raccrocha.
    
    Éléa était restée dans le couloir, surveillant qu’aucun professeur ne les voit, tandis que Laila attrapait discrètement leurs sacs à dos. L’Institut possédait de nombreuses issues de secours connues du public, mais aussi quelques passages que seul le personnel de l’établissement était censé connaître. Elles sortirent en catimini pour rejoindre la librairie. Merus les avait accueillis avec un sourire plus ou moins forcé. Il devait l’admettre que cela lui plaise ou non, les Gardiens étaient jeunes et il devait, malgré tout, les respecter.
    
    Une fois de l’autre côté du bâtiment, Laila enfin eut un avant-goût de Neacia avec l’avant-poste. Lidakil et Cirth étaient proches de l’entrée, prêts à les accueillir. Si tout cela commençait à être normal pour Éléa, son amie restait sans voix devant tant de merveilles : les Chevaliers en armures étincelantes en train de s’entraîner au combat, les chevaux reposant à l’ombre d’un arbre et l’imposant, mais néanmoins petit bâtiment qui surplombait le lieu.
    — Laila, je suppose que tu te souviens de Cirth ? demanda Lidakil en désignant son jeune ami qui venait de finir son entraînement à l’arc.
    — Oui, magnifique précision d’ailleurs ! s’exclama-t-elle en pointant l’arme du doigt.
    — Je te montrerai deux ou trois trucs quand on aura un moment de libre si tu veux, répondit le Chevalier, fier que quelqu’un ait enfin remarqué ses talents.
    
    Une fois arrivé sur Neacia, le petit groupe se dirigea vers le Palais tout en expliquant à Laila quelques points essentiels sur Midgard qu’elle découvrait pour la première fois. Elle n’était pas la seule à être émerveillée, Éléa l’était toujours. Le changement de décor était si brutal qu’il leur faudrait un certain temps avant qu’elles ne s’y habituent. Sur le trajet, Laila fut surprise de voir autant de gens s’arrêter pour lui offrir un bouquet de fleurs, lui dire simplement bonjour ou même s’incliner à leur passage. Elle se demanda comment ils pouvaient avoir autant de respect pour une personne aussi jeune qu’elle et qu’ils voyaient tous pour la première fois.
    
    Estella les attendait dans la salle de conférence où elle donnait des conseils qui ressemblaient plus à des menaces qu’à autre chose à une dizaine de Sages qui quittèrent la pièce en vociférant des objections à Estella. En voyant les deux Gardiennes, son visage s’illumina soudainement et un sourire se dessina sur ses lèvres.
    — Tu dois être Laila ? Bienvenue à Midgard ! J’espère que le voyage n’a pas été trop mouvementé?
    — Non, répondit aussitôt Lidakil. C’était même trop calme.
    — Chaque chose en son temps. L’Armée s’occupera des Assassins s’ils reviennent, répliqua Estella. Est-ce qu’ils t’ont mis au courant des quelques informations basiques sur notre monde ou notre royaume ? demanda-t-elle en regardant la nouvelle Gardienne.
    — Oui, Votre Majesté, répondit Laila en faisant une révérence plutôt maladroite.
    
    Estella se mit à rire et les invita à prendre place autour de la grande table ronde de marbre gris clair. La salle était particulièrement bien éclairée par de grandes fenêtres ouvertes de part et d’autre. De lourds rideaux violets les décoraient, retombant de chaque côté. Un buffet également en marbre gris clair avait été disposé au milieu de deux ouvertures avec en son centre, un vase et un bouquet de magnifiques fleurs rouges. Quelques gradins étagés étaient positionnés un peu plus loin lorsque certaines réunions impliquaient plus de participants.
    — Dans ce cas, nous allons directement passer à votre mission si ça ne vous dérange pas. Lidakil, si tu veux bien commencer.
    
    Le Chevalier fit apparaître une carte holographique de la région au-dessus de la table.
    — Nous avons reçu un signal de détresse provenant du village Conriston situé au Nord d’ici. Il y aurait de plus en plus de disparitions et des rumeurs vont bon train sur une étrange créature ayant élu domicile dans la forêt non loin de là.
    — C’est pour cela que j’aimerais que vous alliez là-bas enquêter et les aider si possible. Lidakil et Cirth vous accompagneront.
    — Super ! Ça nous fera voir du pays par la même occasion, s’exclama Laila ravie.
    
    Alors que chacun partait se préparer pour l’expédition, Éléa s’approcha de Lidakil.
    — Dis-moi Lidakil, est-ce que le nom de « Sachiel » te semble familier ?
    — À première vue, on dirait un nom angélique, mais je ne connais aucun Ange. Pourquoi cette question ? répondit le Chevalier en repoussant sa chaise.
    — Depuis quelques nuits je fais des rêves étranges avec un homme vêtu d’une armure blanche et j’ai toujours ce nom qui me vient à l’esprit.
    — Étrange… Tu as peut-être lu son nom dans le livre de magie ? Les Anges ont des capacités magiques hors du commun.
    — Oui, peut-être…
    
    
***

    
    13h31
    Royaume de Veradia
    (Neacia)

    
    Le bruit des chevaux galopant à toute vitesse avait réussi à percer l’étrange silence qui avait pris place depuis le début du voyage. Les deux Chevaliers étaient concentrés sur leur environnement et les Gardiennes ne voulaient surtout pas les perturber. Le groupe venait de franchir une plaine s’étendant à perte de vue et donnant sur un paysage vaste et fleuri. C’était une véritable explosion de couleurs.
    
    Après quelques minutes à observer cette merveille, ils reprirent la route, pour rapidement atteindre la lisière d’une forêt réputée pour être dangereuse. En effet, elle abritait un nombre incalculable de monstres. Lidakil était en tête du groupe et Cirth, s’était vite placé à l’arrière pour assurer la sécurité. À peine les premiers chênes passés, que les arbres aux alentours commencèrent à se déplacer comme par enchantement, formant ce qui semblait être un cercle autour d’eux. Lidakil porta aussitôt la main à son épée, prêt à dégainer si besoin. Un hurlement soudain déchira le calme qui régnait en ces lieux.
    
    C’est à ce moment-là que la terre se mit à trembler par intermittence et qu’un Golem des Montages apparut. C’était une créature répugnante faite de pierre et mesurant plus de trois mètres de haut. Elle avait surgi de nulle part.
    — Un Golem par ici ? C’est impossible, il n’y a aucune montagne dans les environs ! s’exclama Cirth surpris.
    — Les Golems des Montagnes sont extrêmement stupides, mais ils peuvent faire d’importants dégâts à cause de leur taille et leur poids. Faites attention ! expliqua Lidakil.
    
    Éléa sauta de son cheval, fit apparaître son sceau magique et commença à l’attaquer à l’aide de ses boules de feu qui devenaient un peu plus dévastatrices chaque fois qu’elle faisait usage de ses pouvoirs. Lidakil et Cirth tentèrent, quant à eux, de se rapprocher du géant, mais il ne tenait plus en place, titubant à droite, à gauche et les deux manquaient de se faire écraser ou d’être dans la trajectoire d'Éléa s’ils s’avançaient davantage.
    
    Laila essayait désespérément de se servir de ses pouvoirs, mais quelque chose ou quelqu’un non loin lui bloquait l’accès à sa magie, l’empêchant ainsi de prévoir les mouvements de leurs ennemis. Soudainement, une lumière bleue se mit à jaillir d’un buisson non loin d’elle et une étrange voix résonna dans son esprit :
    
    
« Suis le chemin…
    Trouve la voie…
    Utilise l’énergie bleue »

    
    Elle descendit rapidement de sa monture, s’en approcha tout en restant sur ses gardes et écarta les branchages pour découvrir la provenance de cette curieuse lumière. C’était en réalité un champ de force qui provoquait celle-ci, protégeant un étrange arc à l’intérieur. Que faisait cette arme en plein milieu d’une forêt ? Et si ce n’était qu’une nouvelle ruse de la part d’un Démon ? Laila hésita quelques instants et lorsqu’elle vit qu’elle pouvait franchir la barrière sans le moindre problème s’en empara. À son contact, l’arme se mit à briller de la couleur de son armure : turquoise et son sceau magique s’incrusta dans l’arme.
    
    — Génial je vais pouvoir retourner aider les autres !
    
    Laila se dépêcha de retourner auprès de ses amis. Elle se positionna à quelques mètres d’eux, banda son arc où une flèche bleue apparut, de la même façon que Cirth faisait apparaître les siennes. Elle attendit le moment idéal et lorsque le monstre fut dans son champ de vision, retient sa respiration et décocha l’unique flèche qui alla le cueillir en plein dans l’abdomen. Il tituba en arrière quelques secondes, surpris, puis Éléa utilisa sa magie pour lui donner le coup final. Il disparut en une fine poussière.
    — Bravo, c’était bien joué ! s’exclama le Capitaine. Laila, où as-tu trouvé l’arc ?
    
    La jeune blonde avait remonté ses lunettes et avait expliqué ce qu’il s’était passé tandis qu’ils remontaient tous en selle. Lidakil avait trouvé ça surprenant qu’une arme comme celle-ci puisse être abandonnée en pleine forêt, mais il ne pouvait se battre sur deux fronts à la fois. Leur mission passait en priorité et il aurait tout le temps d’enquêter là-dessus une fois de retour à Midgard.
    
    Au fur et à mesure qu’ils avançaient, la verdure disparaissait au loin et le village Conriston se dressait devant eux. Cirth devenait un peu plus méfiant à mesure qu’ils progressaient. Il connaissait bien cette région et la route sur laquelle ils se trouvaient était fréquemment empruntée par des marchands, car elle reliait toute la partie du Nord-Ouest à Midgard. Seulement, aujourd’hui, ils n’avaient pas croisé un seul marchand.
    
    Éléa regardait intriguer un vieux chariot endommagé par les années et par les intempéries. La végétation reprenait ses droits et l’entourait par endroit.
    
    Laila observait autour d’elle espérant apercevoir quelqu’un ou quelque chose, mais rien à faire. Lorsqu’ils dépassèrent une petite pancarte d’accueil en bois indiquant l’entrée du village, Lidakil descendit de son cheval suivi de ses amis à l’exception de Cirth.
    
    L’enquête pouvait débuter et rien ne devait être laissé au hasard. Chaque objet devenait une pièce à conviction et les prochains humains qu’ils croiseraient, deviendraient de potentiels suspects ou témoins. Pendant ce temps, Cirth faisait le tour de la rue principale, voulant établir un périmètre de sécurité.
    — C’est étrange qu’il n’y ait plus personne alors que nous sommes en pleine journée. Chez nous, les rues sont pleines de vie, d’enfants, de commerçants, s’inquiéta Éléa.
    — Les préparatifs pour la commémoration de l’Arbre Millénaire devraient également être en cours, ajouta Lidakil.
    — C’est un arbre qui ne perd jamais ses feuilles. Que l’on soit en hiver ou au printemps, son feuillage rose est toujours présent. Il ne perd même pas une seule feuille, expliqua Cirth qui venait de les rejoindre.
    
    Éléa avait demandé à s’approcher de l’arbre. L’immense végétal se tenait au centre d’une vaste place, qui pour l’occasion, avait été décorée à l’aide d’une multitude de guirlandes multicolores partant de son centre et redescendait le long de ses nombreuses branches. De chaque côté de celui-ci, des dizaines de tables avaient été disposées pour les festivités. Laila recula instinctivement, tout en faisait apparaître son arc lorsqu’elle ressentit une aura négative.
    — Il semblerait que nous ne soyons pas seuls, déclara la jeune fille.
    — Dans ce cas, restons sur nos gardes.
    
    Tous les regards se portèrent sur l’arbre qui semblait inoffensif. Éléa s’en approcha avec méfiance, ressentant elle aussi l’aura négative. Elle s’arrêta net lorsqu’elle s’aperçut qu’il commençait à perdre ses feuilles au fur et à mesure qu’elle s’en approchait. Elle savait désormais qu’il se passait quelque chose, il était impossible pour une plante de perdre son feuillage à une telle vitesse, alors qu’en temps normal la magie lui faisait garder un feuillage intemporel. Un enfant apparut soudainement devant eux et marcha vers le groupe, le regard vide, comme hypnotisé. Il leva les yeux et un sourire mesquin se dessina progressivement sur son visage. Il se mit à hurler puis se transforma en plusieurs serpents.
    
    Le quatuor réagit rapidement, chacun sortant son moyen de défense. Laila fut la première à donner l’assaut : elle décocha une flèche là où les créatures s’étaient rassemblées.
    — Évitez de vous faire mordre, nous ne savons pas quel type de poison ces bestioles produisent ! Laila et Cirth continuez de les distraire, je me charge de l’arbre avec Éléa, ordonna Lidakil.
    
    Le Chevalier prit de l’élan et accourut en direction du serpent le plus proche qui essaya de le mordre au mollet, mais il esquiva les crocs de la bête d’un saut sur le côté droit, puis attaqua à son tour. Son épée s’entoura d’un halo vert tandis que le jeune homme récitait une incantation en neacien. Son pouvoir se déchaîna lorsqu’il eut terminé de réciter les quelques phrases, mais les serpents disparurent avant même que l’attaque ne les touche, forçant le Chevalier à stopper son incantation. Éléa fit disparaître la boule de feu qu’elle avait dans la main droite tandis que le reste de l’équipe restait sur ses gardes, peu convaincu que la menace ait vraiment disparu.
    
    Une femme apparut. D’une corpulence assez mince, à la peau légèrement verdâtre et ne mesurant pas plus d’un mètre soixante-dix. Elle portait une longue robe blanche déchirée par endroits et ses cheveux noirs d’ébène ondulaient d’une curieuse façon. Éléa la reconnut tout de suite :
    — La mythologie grecque fait aussi partie de votre culture ? demanda Éléa surprise.
    — Certains monstres et créatures nous sont effectivement familiers, mais peuvent avoir quelques différences avec leurs confrères terrestres, expliqua Lidakil en attrapant le bouclier qui était resté sur sa monture.
    — Les humains sont stupides et naïfs… s’exclama la créature. Vous allez tous périr par ma malédiction si mes biens ne me sont pas restitués.
    — Nous pouvons vous aider ! répondit Éléa en s’approchant d’elle.
    — Fais attention Éléa, dit Lidakil.
    — Menteuse… Tous les humains ne sont que des menteurs…
    
    La jeune fille s’approcha et lorsqu’elle fut assez près d’elle, la regarda droit dans les yeux.
    — Voyez par vous-même. J’aurais déjà dû être pétrifiée, n’est-ce pas ? Toutes les créatures peu importe d’où qu’elles viennent ne sont pas forcément mauvaises de nature. Certaines le sont parce que quelqu’un les a forcées à le devenir.
    
    L’inconnue resta silencieuse, méfiante, dévisageant la jeune fille.
    — Tu as une odeur différente… Vous aussi, fit-elle remarquer.
    — Nous sommes différents. Avez-vous entendu parler des Gardiens ? Nous avons pour mission de protéger Neacia et ses habitants, expliqua Laila à son tour.
    — Je suis néfaste à la population… J’ai anéanti des villes et des villages, semé la terreur à travers des générations…
    
    Voyant que les Gardiennes ne changeaient pas de point de vue, elle finit par capituler après quelques minutes de réflexion.
    — Je suis Medusa et comme vous avez pu le constater je suis l’une des descendantes de celles que vous appelez « Hydre ».
    — Comment se fait-il que nous ne soyons pas pétrifiés ? demanda Cirth. Je croyais qu’un simple regard et nous étions transformés en statue ?
    — Uniquement si nous le souhaitons, répondit Medusa. C’est comme la Magie, pour l’utiliser vous avez besoin d’incantations et bien c’est pareil pour nous.
    
    Lidakil avait rangé son bouclier et s’était à son tour approché, curieux de la tournure des événements.
    — Je croyais que les Hydres étaient une race éteinte, fit remarquer Lidakil à son tour.
    — Non, nous avons vécu des années de paix et de prospérité dans un petit village que nous nous sommes façonné, loin de la civilisation humaine. Malheureusement, lors de la seconde Guerre contre les Orcs, nous avons été réduites en esclavage par les Démons et obligées à nous en prendre à nouveau aux humains. Le peu d’entre nous qui avons survécu est constamment attaqué et notre village est en proie aux voleurs.
    
    Cirth avait sorti l’étrange petite boîte qui leur servait de moyen de communication et s’écarta un peu du groupe afin de faire un rapport sur la situation à Estella.
    — Est-ce que tu sais ce qui s’est passé ici ? demanda Lidakil.
    
    Medusa hésita quelques instants avant de répondre. Elle n’était plus habituée à ce qu’on se préoccupe de sa condition.
    — Il y a quelques nuits de cela, des bandits se sont attaqués à mon campement et en ont profité pour me dérober des reliques très précieuses à mon peuple. Voyez-vous, je suis une sorte d’historienne. Je parcours Neacia afin de mettre à jour certaines parties de notre histoire qui ont été perdues il a de ça, très longtemps. Depuis, je les piste sans relâche et cela m’a mené à ce village qui était déjà désert. Quand je vous ai vu arrivé, je pensais que vous étiez les voleurs et j’ai donc utilisé des illusions pour vous piéger, expliqua-t-elle timidement.
    
    Le Capitaine fit apparaître une carte holographique du village et délimita les périmètres à couvrir.
    — Dans ce cas, il va falloir fouiller cet endroit de fond en comble et trouver le moindre indice.
    
    Il n’avait pas fallu beaucoup de temps pour que les groupes de recherche se forment. Cirth accompagnait les Gardiennes pour assurer leur sécurité, même si elles commençaient à maîtriser leurs armures respectives. Medusa avait souhaité tenir compagnie à Lidakil. De par sa carrure et son armure qui différait légèrement de celle de Cirth, elle en avait conclu qu’il devait avoir un rôle important et que c’était la personne à qui s’adresser si elle voulait aider au mieux son peuple. Malheureusement, le Chevalier n’était pas particulièrement doué en Histoire et répondait à ses questions avec quelques difficultés.
    « Où est Auranor quand on a besoin de lui ? » pensa-t-il, sans exprimer le moindre sentiment de gêne.
    Il voyait que Medusa était passionnée par sa culture et quelque chose lui disait qu’elle n’avait pas pu partager son savoir avec beaucoup de monde.
    
    Le village Conriston était plutôt petit, mais construit d’une curieuse façon, ce qui faisait qu’une rue sans issue pouvait malgré tout en cacher une autre si elle avait le malheur d’avoir une porte dérobée. De plus, la carte holographique ne prenait pas en compte ces modifications, leur faisant faire tout un tas de détours qui agaçait le pauvre Capitaine au fur et à mesure qu’ils progressaient.
    — Il semblerait qu’il n’y ait aucun indice par ici, dit Medusa en ouvrant une porte.
    — J’ai bien peur que cela ne soit qu’une perte de temps et la nuit commence à tomber, il va falloir nous abriter. Un endroit abandonné n’est jamais très bon signe. D’ici quelques heures, d’autres voleurs viendront par ici.
    — Je crois avoir aperçu une auberge à l’entrée, avec un peu de chance, nous y trouverons de la nourriture et des couvertures.
    
    Les recherches avaient duré plus de quatre heures avant d’annoncer que le groupe passerait la nuit au village. Éléa avait demandé à Lidakil comment ils feront avec leurs parents sur Terre. Le Chevalier lui avait indiqué que le temps était différent lorsqu’ils étaient sur Neacia. Une fois de retour sur Terre, ce serait comme s’ils s’étaient absentés quelques secondes à peine.
    
    Comme l’avait indiqué Medusa, l’auberge se trouvait à l’entrée du village et était dans un état relativement correct. À peine entrés, Lidakil s’empressa d’allumer un feu dans la cheminée, pendant que Cirth avec l’aide de Laila, amassaient le plus de bois possible pour la nuit autour de l’auberge. Laila s’était rapidement dirigée vers la cuisine afin de faire l’inventaire de ce qu’ils avaient comme nourriture. La viande était périmée du fait que les propriétaires n’avaient pas eu le temps de s’occuper de ces petits détails. Il restait principalement du fromage, des fruits, quelques légumes et des biscuits secs.
    
    Tandis que le dîner se déroulait dans une bonne humeur, Medusa proposa à la fin du repas, quelques gourmandises de sa région que tous acceptèrent avec joie. À la vue du gâteau, Cirth en avait déjà l’eau à la bouche, ce qui eut comme effet de faire rire ses amis. Lorsque les pâtisseries furent toutes englouties, le groupe était attentif aux différents récits que contait l’historienne avec entrain.
    — Il est dit qu’il y a très longtemps, le peuple des Hydres avait la possibilité de vivre sous l’eau, créant des villes subaquatiques immenses. Vous imaginez ça ? Toute une civilisation capable de se développer sous l’eau !
    
    Éléa n’en croyait pas ses yeux ni ses oreilles. Combien de personnes pouvaient se vanter d’avoir sympathisé avec un symbole fort de la mythologie grecque ? Alors que celle-ci n’était qu’un ensemble de mythes dont on cherchait encore des détails. Les deux avaient passé une bonne partie de la soirée à discuter pendant que Laila, qui avait trouvé dans un buffet un jeu d’échecs, montrait à Cirth comment y jouer. Celui-ci se débrouillait plutôt bien pour quelqu’un n’aimant pas vraiment les jeux de logique.
    Lidakil avait décidé de prendre le premier tour de garde. Il n’était pas exclu du groupe, mais avait préféré se retirer légèrement afin d’être parfaitement concentré, à l’affut du moindre bruit suspect.
    
    
***

    
    Le lendemain, après un petit-déjeuner léger composé principalement de pain et de fromage, le groupe s’était réuni afin de faire le point sur la situation et de décider pour la suite de leur enquête. Lidakil trouvait cela surprenant et quelque peu inquiétant que rien d’anormal ne se soit produit durant la nuit. En fait, même les pires crapules n’avaient pas osé s’approcher de l’endroit.
    
    Éléa avait suggéré d’utiliser une formule de localisation, mais celle-ci n’avait pas fonctionné. Elle avait été s’asseoir dans un coin, recroquevillée sur elle-même perplexe et déçue.
    
    Une fois disposés à sortir de l’auberge, ils découvrirent que la pluie de la nuit précédente avait laissé d’innombrables flaques d’eau et de la boue un peu partout, réduisant un peu plus leurs chances de trouver un quelconque indice. Néanmoins, en se rapprochant de la place, Laila remarqua que l’eau de pluie semblait s'écouler sous la fontaine. Sur Terre, les fontaines étaient en général fabriquées sur un système de tuyaux réutilisant la même eau, et Laila se demanda si celles sur Neacia utilisaient plutôt la magie pour éviter de s’encombrer avec de la tuyauterie.
    
    Elle posa la question à Lidakil qui lui répondit que certaines fontaines pouvaient cacher des passages secrets utilisables en cas de guerre, mais que ce genre de fabrication devenait de plus en plus rare.
    
    Medusa jugea bon d’accorder plus d’importance à la fontaine et d’y regarder les fresques taillées dans le bas de celle-ci. Éléa la rejoignit sous peu, elle aussi intriguée.
    — Tu vois les espèces de symboles au-dessus ? Il s’agit de neacien datant de quelques siècles. Le langage actuel n’a plus grand-chose à voir avec celui-ci, expliqua-t-elle en montrant différentes parties.
    — Tu es capable de les déchiffrer ? demanda Éléa de plus en plus curieuse.
    — Ma mère était spécialiste en vieux neacien, mais elle n’a pas eu assez de temps pour m’enseigner tout ce qu’elle savait, dit-elle le regard triste. Je peux lire quelques phrases assez simples, mais pour le reste, cela relève du mystère.
    — Est-ce que tu peux déchiffrer quelque chose ? interrogea Lidakil en se baissant.
    
    Elle se concentra et passa délicatement son doigt sur chacun des symboles pour en dépoussiérer certains.
    — Ça parle d’une porte céleste, d’une bataille, sûrement une référence à la seconde Guerre contre les Orcs. Il se pourrait bien que la porte soit une autre référence au passage secret, mais là, ça ne reste qu’une supposition.
    
    Tous se mirent à observer la fontaine sous toutes ses coutures. Si un levier ou un bouton était dissimulé quelque part, ils ne tarderaient pas à le trouver.
    Medusa le trouva caché derrière l’un des symboles, comme elle l’avait supposé. Lorsqu’elle appuya sur celui-ci, la fontaine se décala progressivement sur la gauche pour y faire apparaître un escalier descendant vers un étroit tunnel. Lidakil passa le premier puis les autres suivirent, descendant prudemment, ne sachant pas ce qu’ils y trouveraient au bout. Cirth fermait la marche. Le sol était jonché de carcasses d’animaux, d’un mélange de branchages, de feuilles mortes et de rats qui semblaient y trouver leur bonheur dans ce macabre mélange. Les torches accrochées aux murs étaient déjà allumées, ils pouvaient supposer que quelqu’un était passé par ici avant leur arrivée.
    — Je me demande bien ce qu’on va pouvoir trouver d’autre… s’exclama Éléa avec un air de dégoût.
    — Tout sauf des cadavres. Je n’ai pas envie de devoir gérer une crise de cette ampleur. Le Royaume n’a pas besoin d’une chose pareille en ce moment, répondit Lidakil en rallumant une torche qui venait de s’éteindre.
    
    L’avancée dans les tunnels se fit dans un silence pensant. L’anxiété se faisait ressentir parmi eux. Ils appréhendaient la future découverte d’une autre catastrophe. Peut-être plus importante que celle qui les avait accueillis à l’entrée du village.
    — C’est quand même étrange comme endroit, on dirait presque un labyrinthe, fit remarquer Laila.
    — Oui, l’endroit idéal pour un Démon ou toute autre créature pour se cacher et attaquer par-derrière, répliqua aussitôt Cirth.
    
    Voilà qu’un nouveau problème se posait. L’unique solution était de se séparer, mais l’idée n’enchantait personne. Le groupe dut prendre une décision rapidement et malgré tout ils se séparèrent en deux groupes : Éléa, Laila et Medusa d’un côté, Cirth et Lidakil de l’autre.
    
    Personne n’était vraiment rassuré à l’idée de se promener dans un tel endroit, mais ils étaient bien obligés. Les filles prirent le chemin le plus à gauche et à l’aide d’une incantation firent apparaître une multitude de boules de feu de petite taille leur éclairant alors la route. L’endroit n’était pas aussi morbide que l’entrée, mais il n’en restait pas moins sinistre. Au bout d’une vingtaine de mètres, elles débouchèrent cette fois dans ce qui ressemblait fortement à une ancienne bibliothèque en ruine. Des voix s’élevèrent d’une des allées. Medusa suivit ses comparses qui allèrent se réfugier dans un renfoncement un peu plus loin.
    — Ce n’est pas vrai, où est ce fichu bouquin ?! gronda une voix masculine.
    — On ne va quand même pas chercher dans ce tas de ruines, ça nous prendrait des jours ! se lamenta un homme maigrichon.
    — Il nous faut ce livre, abruti ! Si tu n’es pas capable de le chercher, va au moins surveiller les prisonniers !
    
    En entendant cela, Medusa s’éclipsa discrètement pour suivre celui qui s’éloignait. Éléa et Laila se rapprochaient du second qui continuait de chercher quelque chose parmi les livres. Lorsque l’ouvrage ne l’intéressait pas, il le jetait par-dessus son épaule en grognant.
    — Je sais que vous êtes là, vous empestez la magie à des kilomètres, dit-il sans prendre la peine de se tourner.
    
    Elles avancèrent vers le type qui n’arrêtait pas pour autant ses recherches.
    — Que faites-vous ici ? demanda Laila.
    — Ça ne vous regarde pas les gamines. Déguerpissez tant que je suis de bonne humeur, répliqua-t-il en haussant les épaules.
    — Est-ce que vous avez volé les reliques de Medusa et où sont les villageois ? insista Éléa.
    
    L’homme soupira, lâcha brutalement le livre qu’il tenait et se retourna enfin, dégainant un pistolet.
    — Qu’est-ce que ça peut vous faire ? Vous êtes qui ? Vous faites partie des Chevaliers ? Remarquez, je peux peut-être vous revendre en tant qu’esclaves.
    
    Les Artefacts des Gardiennes s’activèrent, déployant leurs armures respectives face à ces menaces. L’homme parut surpris quelques secondes puis explosa de rire.
    — Ma parole, qui l’aurait cru que je tomberais sur les Gardiennes ! V’là qui risque d’être fort amusant. Oui, j’ai les reliques de l’autre. À quoi elles vont lui servir ? Ça fait des années qu’on aurait dû réduire à nouveau ces immondes créatures en esclavage.
    — Zayne Grimsbane, vous êtes en état d’arrestation pour vol, discrimination raciale, l’interrompit Cirth qui venait dans leur direction.
    
    Laila sursauta soudainement, attendit que Cirth soit près d’elle pour lui murmurer à l’oreille :
    — Il va essayer de s’enfuir en utilisant une sorte de potion étrange.
    
    Un sourire s’était dessiné sur le visage du Chevalier. Lorsque le voleur comprit qu’ils étaient au courant, il essaya de s’enfuir en récitant rapidement une incantation, mais Cirth venait de le devancer. Le voleur vit ses pieds devenir de plus en plus lourds puis tomba lourdement au sol. Il attrapa dans la hâte son pistolet et visa Cirth. Éléa se mit devant lui et invoqua son bouclier, faisant ricocher la balle.
    — Tu n’iras pas bien loin, voleur, lui dit Éléa en neacien.
    
    Le jeune Chevalier était à la fois surpris et ravi des progrès qu’elle faisait jour après jour. Elle gagnait en confiance et développait ses capacités à la magie et en neacien. Laila faisait elle aussi des progrès, mais étant arrivée récemment, elle prenait un peu plus son temps pour assimiler le nombre incroyable de données qu’elle voyait à chaque fois qu’elle venait sur Neacia.
    Des voix s’élevèrent du couloir principal et les villageois disparus arrivèrent progressivement dans une foule impressionnante, découvrant avec stupéfaction les lieux. Lidakil tenant fermement le second voleur par le bras se fraya un chemin et marcha en direction de ses camarades :
    — Je vois que vous avez réussi ! s’exclama-t-il.
    — Oui, j’ai eu de l’aide par nos deux apprentis Gardiennes, répondit Cirth qui attachait le premier voleur à l’aide de cordes. Où étaient les habitants ?
    — Ces deux enflures avaient trouvé une incantation pour transformer tout être humain en pierre. Medusa est en train de finir de les libérer, l’une de ses reliques contenait une potion agissant comme un contre sort. C’est pour ça qu’ils lui avaient dérobé, expliqua Lidakil.
    
    Lidakil sortit son appareil de communication et composa un étrange code, activant ce qui semblait être un portail dimensionnel. Un Sceau magique noir était au sol et lorsque les voleurs marchèrent dessus, ils disparurent.
    — Je suppose qu’ils vont à la prison d’Herael ? demanda Éléa.
    — Non, répondit le Capitaine. Herael est réservée aux Démons et aux créatures ayant un niveau de magie assez élevé. Pour les crapules de ce genre, ils vont à Erolith. C’est tout aussi dangereux, mais ça évite que les détenus passent des accords avec les Démons. Si ça se produisait, nos prisons seraient complètement vides et ce serait le chaos total ici ou même sur Terre.
    
    Le village de Conriston fut de nouveau accessible aux marchands ambulants et aux visiteurs au bout de quelques jours. Estella avait envoyé un groupe de Chevaliers afin de surveiller les entrées et sorties de celui-ci pendant la fête de l’Arbre Millénaire et d’aider les villageois à réparer les éventuels dégâts.
    
    Pour les remercier de les avoir secourus, la Maire, une femme d’une cinquantaine d’années, aux cheveux noirs attachés en deux tresses fines, invita les Gardiennes, les deux Chevaliers et Medusa à rester pour les festivités. Tous acceptèrent à l’exception de Medusa qui déclina poliment l’invitation. Elle devait rentrer chez elle, elle avait passé trop de temps sur les routes. Elle retrouva sa monture qu’elle avait laissée non loin de l’entrée et après avoir fait ses adieux à ses nouveaux camarades, reprit la route. Une longue chevauchée l’attendait.
    
    

Texte publié par AURORA, 17 septembre 2020 à 14h06
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Tome 1, Chapitre 4 « Mystère au village Conriston » Tome 1, Chapitre 4
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